mercredi, janvier 14th, 2015

 

La culture : Alpha Condé sollicite Djibril Tamsir Niane

La culture guinéenne, ainsi que toutes anciennes gloires sont bien mal en point. Normal pour les acteurs, le temps et les ans étant inexorables, mais pas normal pour la culture, qui est atemporelle, ou intemporelle, selon les entendements, et qui ne doit pas s’abâtardir.

La première République de Sékou Touré, muselée et isolée par la France et par ses amis, s’était recroquevillée et s’enfermée sur elle-même.  Elle n’avait d’autres choix que de développer la culture et le sport pour se faire entendre, connaitre et briser « l’embargo » sur le pays et le discrédit sur l’homme du 28 septembre. Doit-on rappeler que le monde était en pleine Guerre froide ? Et doit-on pour cela la condamner pour avoir été hagiographe, apologiste, panégyriste et d’avoir fait le culte de Sékou Touré, celui qui avait fait d’elle une profession ? Les Ballets africains et Djoliba, les orchestres nationaux, le Hafia FC avaient cassé le voile de l’isolement. La Guinée avait retrouvé sa place dans le concert des nations et Sékou Touré avait joué son rôle de façon tapageuse sur la scène politique internationale.

La deuxième république, par peu de vision et par souci de s’accommoder à la volonté populaire de changement et de libéralisme, avait vu cela comme une ‘’mamaya’’ et avait tenté d’étouffer à petit feu cette culture, en la laissant pour compte. La culture a la vie dure, ce sont des Européens qui venaient apprendre à jouer notre musique, tandis que nos jeunes artistes, assoiffés de changement, parce que leur culture n’avait contribué qu’à légitimer tous les maux et dérives de la première république, s’étaient orientés vers d’autres sonorités : Rap, reggae, hip hop, musique urbaine et autres, des musiques de contestation, de dénonciation de la mauvaise gouvernance sans fin.

La cassure était nette, salvatrice et salutaire. Les politiciens véreux étaient mal à l’aise dans le dilemme. Ils ne savaient plus à quel Saint se vouer. Seulement, des dérives, il y en avait eu avec de nouveaux looks physiques et vestimentaires, l’emportement de la jeunesse pour la drogue, aussi. En Haïti, actuellement, la police des mœurs s’attaque aux rastas avec leurs dreadlocks, c’est dire…

Conflits de générations : Il y a spectacle. Les anciens, qui ont vu leur marché ou gagne-pain raflé par la nouvelle génération, les accusent de tapages, et les jeunes les prennent pour des vieux os et griots has been, qui ne sont maintenant là que pour pleurnicher sur leur sort, parce qu’ils ne sont plus à mesure de mobiliser leurs fans, comme eux qui emplissent tous les lieux de spectacle.

Les gloires des première et deuxième générations sont en train d’être décimées par le temps. Dans les divers ballets, ensembles instrumentaux et orchestres, il n’en reste pas grand monde, et ceux qui tiennent encore sur les pieds, les macrobiens, ils sont grabataires. Les nostalgiques, on en entend témoigner et parler avec emphase de leurs souvenirs et de leur jeunesse, mais pour ceux qui leur ont fait vivre pleinement ces moments féériques, il n’y a que des mots et des paroles volatiles. C’est évident que tout le monde veut aller au paradis, mais personne ne veut payer le prix, Merci à Ticken Djafakoly de nous le dire.

Des cris de détresse, de SOS, ont été lancés dans le désert, mais Alpha Condé, protecteur des arts et de la culture, vient de capter les signaux pour sortir de son long mutisme. Il a fait le déplacement au Centre culturel Franco-guinéen et a  demandé à Djibril Tamsir Niane, un autre vieil os de la culture et de la civilisation du Manding, de l’aider à faire revivre cette culture, qui est dans la tradition de cette famille. Sa fille, la directrice du Petit musée de la Minière, Mme Bangoura, qui, bon an, mal an, a toujours cru que cette culture délaissée a encore sa place, vient d’être entendue par le chef de l’Etat.

Reste à savoir ce qu’il faudrait pour rendre l’attrait d’antan à cette culture. A part les moyens, qui vont faire défaut, puisque le ministère de la Culture est sans domicile fixe, il y a aussi le problème de salle de spectacle digne du nom.

Le cinéma « Le 8 Novembre » n’est pas en ‘’Liberté’’ ?


Amedy Coulibaly, frères Kouachi: le point sur l’enquête en cours

Dix-sept morts, des blessés, des millions de personnes marquées, mais aussi des questions qui demeurent. Après la semaine d’attentats que la France vient de vivre, l’enquête se poursuit, pour comprendre pourquoi et comment trois hommes au moins en sont venus à planifier la mort de journalistes, de policiers et finalement aussi de juifs français. La mise en ligne, dimanche 11 janvier, d’une vidéo où l’on voit probablement le tueur Amedy Coulibaly, ne permet pas d’exclure l’existence d’un réseau terroriste structuré derrière les individus.

Dans cette vidéo de propagande et de revendication sortie dimanche, soit deux jours après la mort des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, il est fait mention de la prise d’otages au Hyper Casher, l’épicerie juive située porte de Vincennes, où quatre personnes ont perdu la vie sous les balles d’Amedy Coulibaly. Par conséquent, le montage et la diffusion sont nécessairement l’acte d’un tiers. Remonter jusqu’au lieu où cette vidéo a été mise en ligne est l’un des axes de l’enquête. La Syrie, où l’épouse religieuse de Coulibaly a trouvé refugeselon la diplomatie turque, est une piste.

Dans la vidéo, on voit probablement Amedy Coulibaly, sous différents habillements. Il se dévoile sous le nom de guerre d’Abou Bassir Abdallah al-Ifriqi, soldat du califat. On le voit entouré d’un impressionnant arsenal. Les enquêteurs ont d’ailleurs fait le rapprochement entre une arme retrouvée dans le supermarché casher et l’agression d’un joggeur, mercredi dernier à Fontenay-aux-Roses (banlieue parisienne). L’arme : un pistolet Tokarev. Il s’agit désormais de savoir si Amedy Coulibaly est celui qui a tiré sur le joggeur, et pourquoi. Or, la victime a survécu et évoque une personne de type européen. Alors, si le tireur n’est pas Coulibaly, il y a de quoi accréditer la thèse d’une cellule structurée.

En possession des tueurs, des armes puissantes, rares et coûteuses

Ce n’est pas tout. Il y a aussi cette explosion, survenue jeudi à Villejuif, toujours en banlieue parisienne. Dans la vidéo, la pose d’explosifs sur le réservoir d’une voiture « à Paris » est attribuée à Amedy Coulibaly. La détonation de Villejuif n’a pas fait de victime, mais autant d’actions menées en si peu de temps, cela semble difficile à réaliser pour un homme seul. En somme, le film d’Amedy Coulibaly fournit de nombreux éléments étayant les pires craintes des enquêteurs : celles d’un réseau important et très organisé.

Notons que les frères Kouachi, comme Amedy Coulibaly, détenaient un armement considérable. Les spécialistes de la police judiciaire estiment la valeur de cet arsenal sur le marché noir à 7 000 euros pour les frères Kouachi, 6 000 pour Coulibaly. En outre, il est notamment question d’armes rares, comme ce lance-roquettes entre les mains de Chérif et Saïd Kouachi et ce pistolet mitrailleur Scorpio, en possession d’Amedy Coulibaly. Le Scorpio, c’est l’arme utilisée par les forces spéciales russes. Doté d’une redoutable puissance, ce pistolet est rare, et cher.

Pas de revendication claire des attaques survenues en France

Dans une planque d’Amedy Coulibaly, un appartement situé à Gentilly (Val-de-Marne), les policiers ont notamment retrouvé du matériel militaire et des brassards de police. Outre une carte Vitale et une carte d’identité au nom du tueur, y étaient notamment exposés quatre pistolets Tokarev, venant s’ajouter aux deux qu’il avait avec lui à sa mort (en plus de ses kalachnikovs), des munitions, des téléphones, des bombes lacrymogènes, un gyrophare, un gilet tactique et des jumelles. Mais aussi un Coran et des bannières semblables à celles du groupe Etat islamique. Comment les terroristes ont-ils pu accumuler autant de matériel et d’armes ? L’enquête s’annonce compliquée.

Amedy Coulibaly, qui se revendique de l’Etat islamique, et Chérif Kouachi, qui dit avoir été envoyé par al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), étaient des proches de Jamel Beghal, l’une des figures de l’islamisme radical en France. Cet individu est actuellement détenu. Il y a cinq ans, tous deux lui ont rendu visite, alors que Jamel Beghal était en résidence surveillée dans le Cantal. Officiellement, il s’agissait de lui apporter des livres et de la viande hallal. Hayat Boumeddiène, l’épouse d’Amedy Coulibaly, a dit aux autorités en 2010 qu’elle s’était elle-même rendue sur place à deux reprises. A charge aujourd’hui pour les enquêteurs de déterminer si Beghal a récemment été en lien avec l’un d’eux. Ni le groupe EI, ni Aqpa n’ont clairement revendiqué les attaques de la semaine.


Al-Qaïda revendique l’attentat contre Charlie Hebdo

Dans un message vidéo mis en ligne ce mercredi 14 janvier, al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a revendiqué la tuerie perpétrée il y a une semaine au cœur de la rédaction du journal Charlie Hebdo. L’enquête, toujours en cours, avait déjà déterminé la filiation entre les frères Kouachi et la branche yéménite d’al-Qaïda.

Le communiqué vidéo en arabe sous-titré en anglais, extrêmement clair, a été transmis à la rédaction de RFI puis diffusé sur internet avec ces mots : « Nous, al-Qaïda dans la péninsule arabique, revendiquons la responsabilité de cette opération destinée à venger le prophète » Mahomet.

Ces mots ont été prononcés par l’un des plus hauts cadres d’al-Qaïda au Yémen dans la péninsule arabique (Aqpa), Nasser Ben Ali al-Anassi. « Des héros ont été recrutés et ils ont agi», a-t-il ajouté. Les héros en question sont les frères Kouachi, auteurs du massacre de douze personnes au journal Charlie Hebdo, qui ont été envoyés en mission pour Aqpa et qui ont « réussi leur opération ». Le message précise que l’attaque a été menée sur ordre d’Ayman al-Zawahiri, chef d’al-Qaïda centrale.

Le discours est prononcé sur fond d’images des attentats et de la grande marche de dimanche 11 janvier. Aqpa revient notamment sur la présence des chefs d’Etat à Paris dimanche : « Les leaders de la mécréance ont été choqués par ces événements. Ce sont eux qui nous combattent en Afghanistan, Gaza, en Syrie, en Somalie et au Yémen. »

En revanche, concernant la prise d’otages et des assassinats perpétrés par Amedy Coulibaly dans le supermarché casher de la porte de Vincennes, le leader terroriste s’est seulement félicité qu’ils aient eu lieu. L’action terroriste d’Amedy Coulibaly a « coïncidé » avec celle des frères Kouachi, a poursuivi al-Anassi.

Mercredi 7 janvier, vers 11h30, les deux frères Kouachi ont pénétré dans les locaux deCharlie Hebdo, situés dans le XIe arrondissement pour éliminer la quasi-totalité des membres de la rédaction de l’hebdomadaire satirique présents ce jour-là, soit douze personnes. Deux jours plus tard, Amedy Coulibaly prend en otage plusieurs personnes dans un supermarché casher, dans l’est de Paris. Quatre juifs sont abattus.

Source  : RFI


Marche de soutien à Charlie Hebdo à Conakry

La presse guinéenne, en collaboration avec la représentation diplomatique française en Guinée, a organisé une marche silencieuse au centre de Conakry en soutien au journal Charlie Hebdo, dont le personnel a été la cible d’une attaque meurtrière le 7 janvier à Paris en France.

Initiée par l’Alliance des femmes et médias, la marche a réuni, outre des diplomates et des ministres en fonction, des leaders syndicaux, des acteurs de la société civile, des avocats, des défenseurs de droits de l’homme, des hommes de culture et les médias.

A la tête du cortège, l’on notait la présence, de l’Ambassadeur de France à Conakry, Bertrand Cochery, son homologue du japon, Naotsugu Nakano, mais aussi de la présidente du Conseil National de la Communication (CNC), Mme Martine Condé, de l’écrivain Djibril Tamsir Niane, et des avocats.

Du siège du CNC à Kaloum, le centre administratif et des affaires de Conakry, plus de 500 marcheurs sont allés jusqu’à l’Ambassade de France, en passant devant la Gendarmerie Nationale, la Place des Martyrs et le Carrefour de la BCRG.

Durant le trajet, ils brandissaient des posters des martyrs du 7 janvier, certains tenaient des papiers sur lesquels on lisait « je suis Charlie », d’autres enfin brandissaient des banderoles.

Au terme de la marche, le porte-parole de la presse, Boubacar Yacine Diallo, a affirmé que ses confrères ont décidé de prolonger la marche prévue à Paris sur Conakry.

En réponse, le diplomate français, Bertrand Cochery, a remercié tous les participants à cette marche silencieuse, avant d’appeler les uns et les autres à redoubler de la vigilance.

S’exprimant, en marge de la marche, le président Alpha Condé a justifié son absence à Paris à côté de ses pairs africains en raison de son agenda.

« Je devais partir mais le président Zuma doit venir. Donc, c’est une contrainte qui ne m’a pas permis de me déplacer. Je le ferais aussitôt après ».

 


Ebola : Les pays touchés reconnaissants au Roi d’Arabie

Les ambassadeurs des pays touchés par le virus Ebola (Mali, Guinée, Libéria et Sierra Léone) accrédités à Dakar ont salué lundi, l’assistance financière que leur a apportée le Roi d’Arabie Saoudite pour la réouverture des écoles dans leurs pays respectifs

Le Roi d’Arabie saoudite Abdullah bin Abdulaziz Al Saoud a fait don de 35 millions de dollars aux pays africains affectés par Ebola . Le don est géré par la BID
Il s’articule autour de plusieurs actions dont la mise en place dans chacun des trois pays touchés, d’un centre médical spécialisé pour prendre en charge les cas suspects,

Grace au don il est prévu la fourniture aux écoles des capteurs thermiques et des équipements de dépistage pour l’identification des malades atteints par le virus et leur traitement, freinant aussi par-là la transmission de la maladie à d’autres personnes.

En provenance de la Guinée Conakry, le président de la BID qui recevait les ambassadeurs des pays précités a dit que l’une des priorités de l’Arabie Saoudite dans les pays touchés par Ebola reste la réouverture des écoles.

«En cette circonstance très douloureuse que constitue Ebola, l’école est la meilleure cible des interventions. Et cela, l’Arabie Saoudite l’a bien compris. L’avenir d’un pays, ce sont ses enfants. Et l’avenir des enfants, c’est l’école. C’est pourquoi, nous ne pouvons que remercier le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite», a dit l’ambassadeur du Mali au Sénégal, Aly Kali Ascoforé.

Selon Dr Kadéba Condé, chargé d’Affaires de l’ambassade de la Guinée Conakry à Dakar, cette aide saoudienne vient «réconforter la Guinée déjà désespérée par Ebola qui a beaucoup ravagé dans le pays».

«Les pertes énormes et la psychose ont mis l’économie guinéenne à genou. Nos écoles ont souffert de cette épidémie. C’est pourquoi, si le Roi d’Arabie Saoudite pense à nous, nous n’en sommes que reconnaissants», a poursuivi Dr Condé.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’épidémie Ebola a fait de 8 235 personnes sur les 20 747 cas.

 


Lutte contre Ebola : l’espoir renaît à Macenta

Il y a un an débutait en Guinée ce terrible mal destructeur d’espoir qu’est la fièvre hémorragique à virus Ebola. Un an après, ce ‘’tueur silencieux’’ continue horrible besogne sur le sol et l’environnement immédiat. Que de dégâts causés au sein de milliers de familles, pour certaines simplement endeuillées, et pour d’autres quasiment décimées !

Contre ce terrible mal, la lutte doit continuer avec beaucoup plus d’ardeur et surtout de vigueur car la force d’Ebola réside dans la lassitude et surtout, dans le découragement des combattants. Désormais tous les Guinéens doivent se donner la main, maintenant qu’une lueur d’espoir commence à poindre à l’horizon qui, naguère sombre, commence à s’éclaircir par endroit.

Ainsi, Macenta qui, il y a trois mois était considéré comme le foyer intarissable de l’épidémie en Guinée, présente de plus en plus des signes plus qu’encourageants. En effet, cette préfecture qui comptait en mi-octobre plus de 1000 personnes-contacts à suivre n’en compte aujourd’hui que 3 (trois) ! Ce qui n’est pas rien, quand on sait qu’Ebola ne se transmet quasi exclusivement que de la personne malade ou décédée à la personne saine, soit directement, soit par l’intermédiaire des objets souillés par le contaminant.

En plus de la réduction drastique du nombre de contacts au cours de ces deux derniers mois, le Centre de Traitement anti Ebola (communément appelé CTE) de Macenta a reçu son dernier malade positif Ebola le 20 décembre. Par ailleurs depuis le 1er janvier ce centre est vide de tout malade, contrairement au mois de novembre ; où il était tellement débordé qu’il évacuait des malades sur d’autres CTE du pays.

Bravo donc à toutes les équipes et courage à toutes ! A Dr Facinet Yattara, le coordinateur préfectoral de la lutte contre Ebola, nous disons qu’il faut tenir bon. Surtout, ne pas céder au découragement face aux réticences observées par-ci et par-là dans d’autres localités de la Guinée, car ce qui a été possible à Macenta peut et doit être possible ailleurs.

 


L’épidémie d’Ebola « sous contrôle » à Guéckédou

Nous contrôlons entièrement la situation dans Guéckédou”, a confirmé Dr. Abdourahamane Batchily, coordinateur régional de riposte contre Ebola en Guinée Forestière. “Nous n’avons plus de contacts à suivre à ce jour”, a-t-il ajouté dans un entretien diffusé mardi soir sur la radio nationale.

EbolaTous les contacts ont terminé leur période de suivi, selon Dr. Batichily. Depuis le 19 décembre 2014, “on n’a notifié aucun cas d’Ebola pour le compte de la préfecture de Guéckédou. La situation est complément maitrisée”, a-t-il annoncé, dans la foulée.

Désormais dans la localité, “nous sommes avec la surveillance active. On ne parle que de 4 malades dans le centre de traitement d’Ebola à Guéckédou dont 2 en provenance de Kissidougou, un de Kankan et un de Faranah”, souligne le coordinateur régional de riposte contre Ebola en Guinée Forestière.

Les acteurs engagés dans la lutte contre Ebola dans la région mettent les bouchées doubles pour le lancement des comités de veille en vue de renforcer le dispositif de riposte.

D’ores-et-déjà, “la sécurité est renforcée le long des frontières au niveau de bec du perroquet, une bande terre entre la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Parce que la situation n’a pas été maitrisée en Sierra Leone. Il faut donc tout faire pour éviter une nouvelle chaîne de contamination à Guéckédou”, a indiqué Abdourahamane Batchily.

Le coordinateur régional annonce aussi qu’une planification qui s’articule autour de 4 axes dont la prise en charge des cas d’Ebola, la surveillance active de personnes contacts, la gestion sécurisée des dépouilles mortelles et la communication sociale. “Si nous continuons sur cette lancée, il n’y aura pas de nouveaux cas d’Ebola à Guéckédou”, a-t-il conclu.

 


Ebola: le FMI va verser une nouvelle aide 150 millions de dollars

Agence Ecofin) – Le Fonds monétaire international (FMI) vient d’annoncer qu’il s’apprête à verser une aide supplémentaire de 150 millions de dollars au Liberia, à la Sierra Leone et à la Guinée, les trois pays les plus touchés par l’épidémie d’Ebola. «En Guinée et en Sierra Leone, les programmes d’assistance financière du Fonds vont être augmentés (…) Au Liberia, on envisage un versement en une fois dans le cadre de la facilité de crédit d’urgence», a précisé Charles Amo-Yartey à l’agence Reuters.

Ces fonds devraient être débloqués au cours du premier trimestre 2015. En septembre 2014, le FMI avait versé 130 millions de dollars pour la lutte contre la fièvre hémorragique Ebola qui a fait plus 8235 morts sur 20 747 cas recensés, selon le dernier bilan l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

A noter que des chercheurs du département de sociologie de l’Université de Cambridge, de l’Université d’Oxford et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine ont estimé, dans une étude publiée le 22 décembre dernier, que les politiques de rigueur budgétaire imposées par le FMI ont affaibli les systèmes de santé des pays africains les plus durement frappés par le virus Ebola. En réponse à ces accusations, un porte-parole du FMI a rétorqué que le mandat de l’organisation n’incluait pas spécifiquement le domaine de la santé et qu’il était «totalement faux» d’affirmer que la propagation d’Ebola était «une conséquence de la politique de l’institution».

 


Le président Sud-Africain, Jacob Zuma, en visite officielle à Conakry

Le président Sud-Africain, Jacob Zuma, en visite officielle à Conakry, a condamné avec son homologue guinéen, Alpha Condé, les attaques perpétrées en France et au Nigeria.

Au cours d’un déjeuner d’Etat au palais Mohamed V des Nations, de conakry, mardi, Jacob Zuma, qui s’exprimait en Anglais et dont les propos ont été traduits par un interprète, confie : « A cet effet, nous voudrions nous joindre à la communauté internationale en condamnant les récentes attaques en France et au Nigéria et nous exprimons toute notre compassion aux familles éplorées ».

Pour sa part, M. Condé dit partager les mêmes points de vue que son homologue sud-africain en ce qui concerne les grands dossiers de l’actualité.

Les deux Chefs d’Etat font allusion à l’attaque ayant visé la rédaction de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo et les représailles des armées Nigériane et Camerounaise contre Boko Haram.

Jacob Zuma, est arrivé lundi soir à Conakry pour apporter son soutien à la Guinée durement touchée par Ebola.
L’Afrique du Sud dispose d’entreprises implantées en Guinée dans les secteurs des télécommunications et des mines.


Charlie Hebdo: un raz-de-marée sur les kiosques en France

A peine arrivé dans les kiosques, le numéro 1178 de Charlie Hebdo, 3 euros pièce, a fait l’objet d’une ruée. Ce « numéro des survivants », qui caricature le prophète Mahomet en Une sous la bannière « Tout est pardonné », est d’ores et déjà en rupture de stock. Habituellement tiré à quelques dizaines de milliers d’exemplaires, Charlie Hebdo sera finalement imprimé cette semaine 5 millions de fois, les 3 millions initialement prévus étant manifestement en deçà de la demande. Les scènes qui ont lieu ce mercredi en France sont à la limite du réel.

 

harlie Hebdo tiré à 5 millions d’exemplaires. Qui l’eût cru ? Une semaine jour pour jour après le massacre à la kalachnikov qui a décimé les rangs de l’hebdomadaire satirique français à Paris, le nouveau numéro historique du journal, réalisé par les rescapés de l’équipe, a fait ce mercredi matin l’objet d’une gigantesque cohue généralisée dans l’intégralité des 27 000 points de vente du territoire français.

Les 700 000 premiers exemplaires distribués sont tous partis, a annoncé l’Union nationale des éditeurs de presse (UNDP). A 10h, il n’y avait plus rien. Mais les distributeurs avaient prévu en amont d’en distribuer chaque jour, et avaient proposé que ce Charlie Hebdo reste en kiosque pendant huit semaines au total. Et ces derniers ont donc précipitamment ajouté dans la matinée que 2 millions d’exemplaires supplémentaires seront imprimés.

Par endroits, des accrochages violents

A Paris et dans le reste du territoire français, ce fut en effet partout la même scène : des marchands de journaux assaillis dès l’ouverture par des clients parfois jaloux. L’Agence France-Presse rappelle que les ventes du journal étaient pourtant, avant le drame, en berne avec environ 30 000 ventes. Et l’AFP de pointer la « drôle de revanche » de l’hebdo, alors que l’un des frères Kouachi avait asséné en pleine rue, juste après leur attaque : « On a tuéCharlie Hebdo ! »

Il est rapporté que dans une supérette du XXe arrondissement de Paris, lorsque le rideau de fer s’est ouvert, les plus agiles se sont glissés par dessous comme au premier jour des soldes. Un fait parmi la multitude d’autres. Les écriteaux « plus de Charlie Hebdo » ont pullulé partout en France dès les premières heures. Il y a même eu des accrochages violents. Les témoignages de kiosquiers à bout affluent. Certains lecteurs chanceux s’affichent en photo avec leur perle rare sur les réseaux sociaux. C’est la tendance « selfie » du jour.

300 000 exemplaires destinés à l’export

La vente est prévue dans plusieurs pays étrangers, ce numéro « collector » de Charlie Hebdoétant devenu un symbole de la liberté d’expression dans le monde. Michel Salion, un des responsables des Messageries lyonnaises de la presse (MLP), explique sur RFI : « Habituellement, Charlie Hebdo diffuse à l’étranger principalement dans les pays francophones, mais aussi dans d’autres pays d’Europe. Ca représente une dizaine de pays pour 4 000 exemplaires. Pour ce numéro-ci, nous sommes à plus de 300 000 exemplaires destinés à l’export. »

Et d’énumérer parmi « la vingtaine de pays » en passe d’être franchie : « Singapour, l’Australie, l’Inde, la Hongrie, la plupart des pays européens, la Grèce… Il ne faut pas oublier qu’en plus de la version papier, Charlie Hebdo a annoncé qu’il y aurait probablement des versions numériques dans le futur et dans certains pays, peut-être même des impressions traduites. Mais ça, c’est de la responsabilité directe de Charlie Hebdo. »

Sur Internet, quelques malins visent le « jackpot »

« Demain dans la journée, il y a de nouveau 400 à 500 000 exemplaires qui vont partir. Et ainsi de suite : vendredi, samedi… On a organisé l’entreprise de façon à ce que l’on puisse faire ça jusqu’à lundi prochain inclus », nous confiait Michel Salion avant la vente. Mais de nouvelles livraisons sont désormais prévues dès ce mercredi après-midi. « On a beaucoup de demandes d’entreprises, d’associations, du monde culturel et politique », confie à l’AFP Véronique Faujour, présidente des MLP. Et de préciser que quatre sites d’impression ont été ouverts, au lieu des deux prévus initialement.

« Il y en aura pour tout le monde », rassure la responsable des MLP, qui implore : « Surtout pas de spéculations, ne jouons pas sur les pénuries et prenons patience. » Peine perdue ? Des centaines d’exemplaires sont déjà en vente à l’achat immédiat sur Internet, à des prix qui dépassent l’entendement et dont on peine à croire qu’ils pourront trouver preneur puisqu’ils atteignent jusqu’à 100 000 euros pour un utilisateur d’eBay, qui propose un journal qui « semble neuf, mais ayant déjà été lu », et dont il propose une livraison « dans le monde entier ».

Les vraies transactions : quelques dizaines d’euros

Si certains vendeurs promettent de reverser une partie de la vente à l’équipe du journal sous forme de dons, personne n’est prié de les croire. « Il n’y a pas de collecte de rue pour Charlie Hebdo ! Attention aux crotales qui profitent. Le mieux est de vous abonner », a tweeté l’urgentiste Patrick Pelloux, chroniqueur pour l’hebdomadaire, tandis que Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières, dénonce un comportement « indécent ». « Des gens se sont amusés à déposer à l’étranger la marque  » jesuisCharlie « , il y a une espèce de commerce parallèle qui s’organise, qui est absolument indigne, lamentable, indécent », dénonce-t-il.

Les transactions réelles semblent s’effectuer à des niveaux plus raisonnables, à en juger par les prix qui s’affichent pour les exemplaires mis aux enchères sur les sites de vente. Les cours vont de quelques euros à une quarantaine. Outre le dernier numéro, d’autres vendeurs proposent des exemplaires d’autres moments forts dans la vie du journal, comme le numéro paru la semaine dernière, le jour même de l’attaque meurtrière des frères Kouachi. Ou encore, celui de novembre 2011 rebaptisé « Charia Hebdo ». La semaine dernière déjà, les enchères s’étaient envolées sur eBay.

Source. RFI.