dimanche, février 1st, 2015

 

CAN 2015 : le Ghana assomme le sily … (national ?)

Passé de justesse en poule, le Ghana a éliminé sereinement la Guinée (3-0), en quarts de finale de la CAN 2015. Quadruple lauréats de l’épreuve, les « Black Stars » s’offrent une cinquième demi-finale de rang à la Coupe d’Afrique des Nations. Les coéquipiers d’André Ayew défieront la Guinée équatoriale pour une place en finale.

Le Ghana n’aura pas douté un seul instant ce dimanche après-midi. Emmenés par un Atsu des grands jours, les coéquipiers d’André Ayew n’ont jamais été inquiétés par la Guinée et se sont facilement imposés (3-0). Dans ce quart de finale disputé à Malabo, on savait que la clé du match résidait dans le sérieux de la défense de la sélection de Michel Dussuyer ; solide jusqu’ici dans cette CAN. Mais il aura suffi de quatre minutes pour qu’elle craque sur un but d’Atsu, sur le premier mouvement ghanéen.

Menée, la Guinée aurait dû se montrer dangereuse, tenter, mais il a fallu attendre la 74e pour voir la première situation des coéquipiers de Mohammed Yattara. A cet instant, Appiah (44e) et Atsu (60e) encore lui avaient déjà tué tout suspens. L’exclusion dans les arrêts de jeu du gardien guinéen N. Yattara (94e) ne fut que le dernier épisode d’un match catastrophique du Syli national. Le Ghana rejoint les demi-finales pour la cinquième fois consécutive où il rencontrera la Guinée Équatoriale, tombeuse samedi de la Tunisie (1-2, a.p).

La Guinée, elle, pourra regretter sa première mi-temps complètement ratée. Incapables de s’approcher des buts de Dauda, les coéquipiers de Traoré, inexistant au cœur du jeu guinéen, ont subi tout au long du match l’intensité mise dans les duels par le Ghana. Balayée physiquement, la sélection de Michel Dussuyer a failli, collectivement et individuellement, à l’image des deux premiers buts encaissés. Sur celui d’Atsu (4e), c’est toute la défense qui est passive avant que Sankoh relance directement sur Appiah pour le 2-0. A ce niveau-là, les erreurs se payent cash et la Guinée n’a jamais su s’en relever.

L’eldorado européenne de la prostitution africaine

Des filières de prostitution structurées se sont mises en place entre l’Afrique et l’Europe. Lorsqu’elles ne tombent pas aux mains des mafieux, ces femmes développent un business florissant.

Lausanne, quartier de Sévelin. Dans les sous-sols d’un immeuble résidentiel abritant une dizaine de salons, Irma et Dolly s’apprêtent à recevoir dans leur chambrette leurs premiers clients du soir. Prostituées camerounaises installées en Suisse depuis respectivement deux ans et six ans, elles ont choisi de travailler dans un salon de massage, propriété d’une compatriote naturalisée suisse.

Dans un pays où la prostitution est légale, elles disent exercer en toute sécurité. C’était déjà le cas lorsqu’elles évoluaient dans l’une des deux rues fréquentées par leurs consoeurs, entre 22 heures et 5 heures du matin. Selon l’inspecteur Sylvain Lienhard de la brigade des moeurs de Lausanne, le Cameroun et le Nigeria sont les deux pays les plus représentés dans le milieu de la prostitution africaine : une dizaine de Camerounaises et huit Nigérianes arpentent quasi quotidiennement la rue de Genève. Comme la loi l’exige, toutes doivent être indépendantes et munies d’un permis de séjour.

Leur venue en terre helvète ? L’histoire d’une saine émulation : une cousine est revenue au pays avec des signes extérieurs de richesse après seulement neuf mois d’absence. Pour Olivier Enogo, auteur d’un ouvrage sur les filières africaines de la prostitution, l’entourage familial élargi constitue l’un des principaux réseaux d’exportation. Une connaissance aguerrie ouvre la voie à la candidate en lui présentant les bonnes personnes.

Dans bien des pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest, la prostitution n’est pas perçue comme un fléau en soi mais comme un moyen de subsistance.

En période estivale, des Africaines – dont des femmes mariées – se retrouvent ainsi en France ou en Suisse et gagnent en deux ou trois mois l’équivalent de deux années de revenus d’un couple. La filière est d’autant plus exploitée que, dans bien des pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest, la prostitution n’est pas perçue comme un fléau en soi mais comme un moyen de subsistance. Il arrive ainsi que des familles ou des villages entiers se cotisent pour permettre à l’une des leurs de s’envoler, dans l’espoir d’un retour sur investissement.

Mais il y a aussi celles qui se débrouillent seules sur le web. Elles se disent en quête d’un mari apte à les sortir de la misère. Les adresses internet telles qu’affection.org pullulent de profils d’Africaines. S’il y a des naïves, la plupart savent bien ce qu’elles font et se retrouvent assez vite sur le trottoir ou sur des sites spécialisés.

Toujours selon la brigade des moeurs de Lausanne, les passeports des filles voyagent également beaucoup, preuve qu’elles les prêtent volontiers à des connaissances du pays désireuses de venir se prostituer. À chaque interpellation, la police vérifie qu’elle ne sont ni issues des réseaux de traite d’être humains, ni recherchées, ni inscrites au fichier des personnes disparues.

De 30 à 150 euros la prestation

Et il n’y a pas que la Suisse. Jeune quadra, Emmanuelle est arrivée en France il y a dix-sept ans avec un visa de touriste. Aide-soignante la nuit dans un hôpital d’Orange, dans le sud de la France, cette mère de quatre enfants âgés de 18 mois à 16 ans déclare qu’elle se prostitue tous les jours entre 14 heures et 17 h 30 pour arrondir ses fins de mois.

À 30 euros la fellation, 50 euros la pénétration et 150 euros la sodomie, cette grande adepte de tontines (système de prêt basé sur les relations de confiance) n’est pas peu fière d’avoir épargné en trois ans de quoi s’acheter sa petite entreprise de cinq salariés : un salon de coiffure et de soins esthétiques dans la ville où elle réside. Elle affirme ne rien regretter, elle qui est propriétaire de son appartement à Orange et d’un duplex dans sa ville natale de Banga, au Cameroun.

Mais si les « Suissesses camerounaises » au look tapageur de sapeurs congolais sont le groupe le plus visible et le plus souvent cité, la prostitution consentie concerne tous les pays. Les Marocaines trustent les Pays-Bas tandis que les Gabonaises et les Ivoiriennes occupent le sud de la France. Toutes redoutent la concurrence des Nigérianes et des Ghanéennes, qui cassent les prix. Elles sont réputées arriver par l’intermédiaire des « mamas », une particularité des filières africaines.

Anciennes prostituées affranchies (elles ont réussi à acheter leur liberté en remboursant leur dette aux passeurs), les mamas « encadrent » les nouvelles recrues et les enferment moralement. Basées en Afrique ou en Europe, les mamas vantent leurs réseaux et se targuent de posséder des dizaines de passeports – souvent ceux de leurs obligées déjà établies en Europe -, qu’elles monnaient. Et aident à brouiller les pistes : les nouvelles recrues transitent par différents pays avant d’atteindre leur destination finale.

Le soupçon de traite humaine n’est jamais vraiment très loin.

Ici, en effet, le soupçon de traite humaine n’est jamais vraiment très loin. À Paris, le Syndicat du travail sexuel (Strass), qui compte parmi ses adhérents des Africaines décomplexées, épanouies, refuse pourtant cette assimilation constante entre prostitution et exploitation. Pour Bug, porte-parole de l’organisation, il est important de souligner que toutes les prostituées ne sont pas exploitées et qu’il y a moins d’exploitées que les chiffres officiels le prétendent.

800 euros la journée en appartement

Il les estime en revanche soumises à la pression de la police et de l’État, en particulier quand elles sont en situation irrégulière. Ce qui pousse les Africaines à conquérir de nouveaux territoires grâce à internet : la Norvège et la Suède, par exemple, leur sont désormais accessibles, tout comme le Canada. Internet influence aussi leur manière d’exercer. Selon Emmanuelle, on peut prendre son temps car on reçoit à domicile. Cela va en revanche plus vite dans la rue, ce qui permet de faire du chiffre. Certes, ses copines qui travaillent en appartement gagnent parfois jusqu’à 800 euros quotidiennement. Mais il leur arrive aussi de ne pas voir le moindre client passer pendant plusieurs jours.

Bug sait que la plupart des prostituées effectuent un long périple à travers l’Europe avant de débarquer en France. Les plus douées peuvent espérer rejoindre la Suisse et les Pays-Bas, lieux qui font figure d’eldorado.

Mais il ne s’agit pas d’une filière en or. Pour une ou deux « réussites », il y a des dizaines d’histoires tristes, voire dramatiques, de récupération : arrivée en indépendante dans le métier grâce à son parcours migratoire, une prostituée peut ainsi se faire rattraper par des groupes mafieux lorsque ceux-ci décèlent chez elle un fort potentiel (un chiffre d’affaires honorable). Un « testeur » se faisant passer pour un client est alors envoyé pour « l’évaluer ». Si l’examen est concluant, tout est mis en oeuvre pour la soumettre. Commence alors la descente aux enfers : blocage de passeport, maltraitance. Elle se retrouve, bon gré mal gré, dans un réseau.


DR Cherif : « L’écriture rend la mémoire paresseuse selon un manding »

Enseignant de profession, Dr Alhassane Chérif est psychologue clinicien et anthropologue. Il a passé plus de 40 ans en France où il a fait des expertises confirmées par les plus grands spécialistes de la métropole. Il a créé et gère depuis plusieurs années une clinique et un centre d’aide psychologique au service des familles migrantes en France. Une somme d’expériences qu’il a mise à profit pour demeurer au service de l’humanité. Une vocation qu’il défend avec passion et qu’il a tenue à transcrire dans deux ouvrages officiellement lancés dans la soirée du mercredi 15 janvier 2014 au centre culturel Franco-guinéen. Ce sont, ‘’L’importance de la parole chez le manding de Guinée’’ et ‘’Le sens de la maladie chez les Africains’’. Il a accepté de se prêter aux questions de notre rédaction au cours d’une interview sans tabous …

Guinée-Culture.org : Comment un psychologue peut-il se retrouver dans la littérature ?

Alhassane Chérif : Excellente question. Je vous renvoie à notre grand maître, en l’occurrence Sigmund Freud, un médecin neuropsychologue qui a été le père fondateur de la psychanalyse et de la psychologie. A vrai dire, le lien entre la psychologie et la littérature, notre domaine de prédilection, est très étroit et dès lors que l’on s’occupe de l’être humain et qu’on a compris son fonctionnement anatomique et métabolique, on se dit après mais il y a bien quelque chose derrière qu’il faut chercher à comprendre, c’est-à-dire tout ce qui est de l’ordre de la pensée et de la métaphysique, le fonctionnement psychique même de l’individu. C’est ce qui ramène naturellement à l’écriture qui n’est autre que de la parole couchée sur du papier. L’écriture est une manière de témoigner de ses expériences, de ses recherches et de ses émotions. C’est pour tout cela que ce livre a été recommandé aux étudiants français.

Guinée-Culture.org : En quoi la parole est importante dans la société mandingue comme vous le soulignez dans votre ouvrage ?

Très belle histoire qu’il convient de raconter. En effet, il était une fois je faisais une expertise pour tribunal pour enfant de Paris. J’étais avec le président de la juridiction en compagnie de mes confrères, quand comparaissait un homme d’un certain âge dont l’enfant était en réalité un surdoué. Mais, qui souffrait de trouble de comportement, d’hyperactivité…bref il était dans tous ses états, difficile à cerner en matière de discipline. L’anecdote, c’est que cet enfant était interdit de classe, une sanction qu’on cru devoir lui infliger, tellement qu’il troublait les cours. Mais, quand il s’absentait pendant une semaine, il revenait occuper comme toujours, la première place dans les évaluations en classe. Le père ne parlait qu’approximativement la langue française. Le président du tribunal m’a alors dit de lui traduire ceci, ‘’engagez-vous en signant ce document que vous vous occuperez désormais de votre enfant et qu’il ne refera plus de bêtise en classe. Le père de l’enfant a affirmé haut et fort qu’il n’était pas nécessaire de signer ce document et que sa parole donnée valait de l’or, en tout cas mieux que l’écriture que la signature qu’on lui demandait de coucher sur papier. C’est à partir de là que l’inspiration de ce livre, ‘’L’importance de la parole chez le manding de Guinée’’ est née. Comme pour dire qu’il faut toujours une motivation pour se mettre à écrire.

Guinée-Culture.org : Vous voulez dire que la parole a la même valeur que la signature chez le manding ?

Absolument ! D’ailleurs quand j’ai rencontré les griots, ceux-là même qui fabriquent la parole, à Kankan où je me suis rendu pour mes recherches, m’ont dit de ne jamais coucher leurs propos sur du papier. Un des maitres de la parole, Djéli Mory Kouyaté, m’a confié ceci, ‘’je te donne ma parole, mais je t’en prie ne l’écris jamais’’. A la question de savoir pourquoi une telle consigne, il m’a dit que l’écriture a trois défauts, le premier c’est qu’elle rend la mémoire paresseuse, deuxièmement c’est qu’elle n’est pas secrète, et enfin il a recommandé qu’il faut que l’on sache sauvegarder notre propre culture. Je lui ai répondu que tout ce qu’il dit est vrai avant d’ajouter que nous avions une culture dense qui méritait d’être connue et reconnue à l’étranger. Pour qu’on comprenne que nous en avons une contrairement aux allégations mensongères. Il m’a conseillé en définitive tout de même de ne pas tout écrire.

Guinée-Culture.org : Où se situe l’importance alors de la parole au manding ?

La parole se situe à tous les actes posés au manding. Du régalement des conflits à la maturation des enfants en passant par les cérémonies rituelles ou d’initiation. C’est ainsi qu’avec la parole dite, on peut tout de suite faire un travail de deuil. La façon de dire la parole guérit la parole mais peut tout aussi tuer la tuer. Donc attention ! Guinée-Culture.org : Ne pensez-vous pas qu’il y a une menace de disparition de la culture mandingue sans l’apport de l’écriture ? Cette remarque est importante. Parce qu’aujourd’hui on s’aperçoit qu’on file tout droit vers cette disparition, même s’il reste évident que quelques pans de la valeur culturelle guinéenne en générale et mandingue en particulier vont continuer à résister. D’autant plus qu’en Guinée, comme un peu partout en Afrique, vous passer à coté d’un vieillard, sans lui demander quoi que ce soi, il va vouloir vous interpeller et vous confier certains de ses secrets. Et vous le savez bien, ces vieillards sont des monuments du savoir. Et, comme le disait Ahmadou Hamapté Ba, « un vieillard qui meurt en Afrique est une bibliothèque qui brûle ». Il y a encore des vieillards mourant d’envie de léguer leurs savoirs qui existent dans nos villages. Mais, il faut aussi que l’Etat s’en mêle. Je crois qu’il faut une sorte de synthèse entre ce que l’occident nous apporte et ce que nous disposons. Dorénavant, je vous assure que l’occident n’a plus de valeur culturelle intrinsèque. Ils viennent les chercher chez nous en Afrique.

Guinée-Culture.org : Dans votre second ouvrage, vous abordez la question liée aux sens des maladies en Afrique. Peut-on en savoir plus ?

En fait, cela me ramène à ma profession. Ce sont mes confrères travailleurs sociaux et psychologues qui m’ont dit qu’ils ne savent pas prendre en charge les malades en provenance de l’Afrique qui avaient une manière complètement différente de poser leurs problèmes. Ils amènent des langages de discours qu’ils ne comprenaient pas du tout. Ce que j’ai appelé les étiologies culturelles. C’est-à-dire la sorcellerie, les djinn, les envoutements, les rivalités… Au début quand un patient s’exprimait ainsi, mes confrères occidentaux posaient le diagnostic de paranoïa. Il a fallu que je leur dise que la paranoïa c’est bien autre chose et que la folie c’est la psychose. Maintenant, il faut écouter ces gens là parce que c’est leur façon à eux d’exprimer leur souffrance. Par exemple quand une patiente vient me dire que c’est sa mère qui est à l’origine de sa névrose, ça veut dire que c’est sa mère qui est sa sorcière. Cette façon que l’Africain a d’extérioriser son mal n’est pas forcément mauvaise, au contraire. C’est pourquoi, il faut mettre sa souffrance au compte des invisibles. Il est facile de constater que dès le bas âge, l’enfant africain est entouré d’amulettes, de bracelet… qui sont sensés le protéger. C’est en quelque sorte de la médecine préventive. Dès qu’on enlève ces objets à l’enfant c’est que, de l’avis de leurs parents, il n’est plus protégé.

Guinée-Culture.org : C’est dire qu’en Afrique les maladies s’expliquent moins par les microbes que par d’autres vecteurs ?

Il faut dire que les vecteurs de sens existent. Tout comme les valeurs, les maladies sont universelles et elles frappent indifféremment un belge, un français, un congolais ou un guinéen. En fait, désormais il faut une double grille de la même pathologie. Une occidentale et l’autre africaine. Parce que les deux ont leurs diagnostic, leurs pronostics…ce n’est donc pas pour rien qu’actuellement les tradipraticiens se rendent dans les hôpitaux pour concilier leurs savoir avec ceux de leurs homologues de la médecine moderne. Il faut donc des médiateurs interculturels.

Guinée-Culture.org : C’est dire qu’on peut dresser deux diagnostics d’une même maladie ?

Non ! En fait, il s’agit de deux grilles de lectures pour une même maladie. C’est juste la façon d’exprimer sa souffrance qui change. Même mes confères de l’OMS sont d ‘accord que chaque peuple a ses façons de traiter les maladies qu’il ne faut jamais négliger. Cela dit le tradipraticien africain prend mieux en charge son malade mental que le médecin occidental. Il ne faut donc pas qu’on n’est des complexes par rapport à la médecine occidentale que l’on n’a pas le droit de négliger non plus. Au demeurant, si vous ne comprenez pas un malade il vous sera difficile de le guérir. Parce qu’il n’est sûr qu’il ait confiance en vous. Alors que le traitement est tout d’abord psychique


Sily National : A (CAN) un entraîneur guinéen ?

Les entraîneurs locaux sont une denrée rare à la CAN 2015. Et de plus en plus de voix s’élèvent pour le regretter.

Ils n’étaient que trois sur la ligne de départ et un seul a réussi à franchir le premier tour: les entraîneurs locaux sont une denrée rare à la CAN-2015, un phénomène qui témoigne du manque de reconnaissance des techniciens africains sur leur propre continent.

Le sélectionneur de la RD Congo Florent Ibenge est l’unique rescapé de ce petit contingent, le plus faible de toute l’histoire du tournoi, le Sud-Africain Ephraim Mashaba et le Zambien Honour Janza ayant déjà plié bagage au bout de deux semaines.

Ces trois-là font donc figure d’exceptions et la prédominance des entraîneurs étrangers en Afrique est une tendance lourde qui n’a cessé de s’accentuer au fil des années.

Durant cette CAN, six Français, deux Portugais, deux Belges, un Allemand, un Argentin et un Israélien ont trusté la fonction de sélectionneur, perpétuant la tradition des fameux « sorciers blancs », indissociables d’une Coupe d’Afrique.


CAN 2015: la Tunisie entre tristesse et colère

On se souviendra longtemps de ce quart de finale à Bata entre le pays organisateur, la Guinée équatoriale et la Tunisie. Un penalty litigieux a fait basculer le match dans tous les sens du terme. L’Equato-Guinéen Javier Balboa qui l’a transformé a aussi marqué sur coup franc.

Les statistiques peuvent parfois être cruelles. En neuf matches contre les pays organisateurs, la Tunisie n’a jamais remporté une seule victoire en phase finale de la CAN. Mais cette rencontre face à la Guinée équatoriale, les Aigles de Carthage ne risquent pas de l’oublier de sitôt. L’arbitre mauricien Rajindraparsad Seechurn a sifflé un penalty très litigieux en faveur de la Guinée équatoriale dans les arrêts de jeu du temps règlementaire, transformé par Balboa (90e+3). Du coup, il y a eu une prolongation où le même joueur a fait la décision sur un coup franc (103e). Dès le penalty, le match a pris une drôle de tournure, les esprits se sont échauffés. Des militaires se sont positionnés au bord du terrain et la prolongation a dû sembler interminable pour les Tunisiens qui n’y arrivaient plus.

Bilel Mohsni : « On s’est fait escroquer et c’est tout un pays qui est énervé »

Avant de regagner leur bus, les Aigles de Carthage ont réagi vivement. Pour sa deuxième CAN, le Bordelais Wahbi Khazri, la mine triste, ne voulait plus entendre « parler de l’équipe nationale ». Après un mois avec ses coéquipiers, il ne comprenait pas que l’aventure se termine ainsi.

Bilel Mohsni, remplaçant pour ce match, devait bouillir sur le banc. « Dès le début de cette CAN, on a été obligé de supporter des conditions de vie difficiles à Ebebeyin. Il y a des moments où on n’avait pas d’électricité ou d’eau et même pas de télévision. On nous a transportés dans des bus sans climatisation pendant des heures et on n’a rien dit. On est arrivé ici pour jouer contre le pays organisateur et on s’est dit que c’était bien d’évoluer dans un grand stade avec du public ». Le joueur des Glasgow Rangers est remonté comme une horloge. « Et voilà, ce soir on tombe sur un arbitre qui était avec eux, et la fête est gâchée. »

À quelques mètres de lui, des gens exultent. Le contraste est saisissant. Les nerfs à vif, Bilel Mohsni aurait pu nous parler pendant des heures pour se soulager. « On s’est fait escroquer et c’est tout un pays qui est énervé. On s’est fait avoir par l’arbitre et par la Confédération africaine de football ». Il ajoute entre autres : « au lieu de savourer leur victoire, nos adversaires sont venus nous insulter. C’est honteux ! » Après un tirage au sort contesté il y a deux jours pour désigner le Mali ou la Guinée, le football africain a vécu une soirée dantesque.

Ahmed Akaichi, qui a ouvert le score pour la Tunisie a bien du mal à trouver ses mots en français. Le joueur de l’Espérance de Tunis balance : « Ce n’est pas normal. C’est un point d’interrogation. Je crois qu’Issa Ayatou [le président de la CAF] ne peut plus rien pour le football africain. Il faut qu’il s’en aille. C’est un foot misérable. L’arbitre a tout fait pour que la Guinée équatoriale gagne. C’est un football misérable », répète le joueur.

Georges Leekens : « C’est une injustice »

« Le résultat est forcé », explique Georges Leekens, le sélectionneur tunisien. « Ils sont à domicile. J’avais dit vendredi que j’espérais que l’arbitre soit au niveau, il ne l’était pas, c’est simple, c’est dommage. Nous sommes très malheureux, la Tunisie ne mérite pas ça. C’est une injustice ». Derrière ses lunettes, l’ancien entraîneur de l’Algérie a le regard exténué. Il continue : « On n’a pas été traités comme il faut depuis deux semaines qu’on est là, et ça on ne l’a pas mérité, ça n’a rien à voir avec la Guinée équatoriale. » Il poursuit : « ce n’est pas seulement ce match, il y a deux penalties contre nous et deux qu’on n’a pas obtenus, c’est beaucoup en quatre matches. Une fois, d’accord, deux fois, d’accord, trois fois c’est difficile, quatre fois c’est trop ! » La veille, il avait plus ou moins fait part de son inquiétude en disant qu’il faisait « confiance à l’arbitrage ». Il se fait tard, le stade se vide, tous les Tunisiens ont fini par s’engouffrer dans leur bus.

« Je comprends la colère des Tunisiens d’avoir perdu, parce qu’ils avaient le potentiel pour gagner avec plusieurs buts d’écart. Ils ne l’ont pas fait, nous, on s’est défendu avec nos armes, et à la fin, le match était pour nous, on a été meilleurs dans la prolongation. Un penalty contre soi, tout le monde le contestera », dira le coach de Guinée équatoriale. Pas certain que cela redonne du baume au cœur à la Tunisie.


Affaire faux visas angolais : Triomphe de la justice guinéenne

Accusées pour « faux et usage de faux », vingt-et-une personnes ont été innocentées par la justice guinéenne.

De source locale, la libération de ces citoyens pour délits non constitués et la restitution de leurs documents de voyages jugés authentiques par le tribunal,constitue un ouf de soulagement pour ces candidats à l’exil.

En rappel, le 23 janvier dernier, la police de l’air et des frontières a arrêté 27 citoyens guinéens à l’aéroport international de Conakry-Gbessia. Vingt-et-un d’entre eux ont été accusés de « faux et usage de faux », avant d’être déférés à la maison d’arrêt de Conakry.

La relaxation des détenus est perçue comme une victoire pour certains critiques. Une telle perception puise son origine dans la mise en œuvre d’une justice équitable, dépourvue de toutes pratiques corruptrices.

Les tribunaux dans la plupart des pays, qu’ils soient développés ou en voie de développement, sont réputés pour être souvent partiaux dans leur activité, moyennant des pots de vin.Si l’on jette un regard sur les crises qui ont frappé un certain nombre d’Etats sur le continent africain, force est de constater que « la justice des vainqueurs » est l’instrument, sur le plan politique, entre les mains de ceux qui réussissent à s’imposer.

« Nous avons subi un tort, mais la justice nous a donné raison », s’est exclamée une des victimes (jeune diplômé en Sciences Economiques et gestion et sans emploi), avant d’ajouter qu’elle est « satisfaite et heureuse ».

Ainsi, la Guinée triomphe-t-elle, par le verdict de son jugement, de la corruption ou de toutes autres pratiques pouvant porter atteinte à la liberté des personnes.


La Guinée avec ses partenaires internationaux pour garantir la transparence et l’intégrité du processus électoral

Suite aux récents entretiens à Addis-Abeba et à Davos, entre le Président de la République guinéenne, Alpha Condé, et les représentants des Nations Unies, de l’Union européenne et de l’Union africaine, le Ministre guinéen des Affaires étrangères rencontrera prochainement ces institutions internationales pour étudier en détail l’appui pour garantir les meilleures conditions de transparence et d’intégrité du processus électoral en Guinée. Fin décembre 2014, la Guinée a adhéré au principe de financement par l’Union européenne du processus électoral.

Le Ministre guinéen des Affaires étrangères, Louncény Fall, a déclaré :

« La tenue de scrutins libres, pluralistes et transparents est le fondement de tout régime démocratique. Le Gouvernement guinéen salue l’appui, notamment technique, de ses partenaires internationaux pour contribuer à garantir la totale transparence du processus électoral en Guinée ».

 

« Selon le principe de souveraineté, un Etat doit être capable de financer ses élections. Toutefois, étant donné les réalités financières, liées au coût de la lutte contre Ebola et au lourd impact de l’épidémie sur notre économie, la Guinée a d’ores et déjà adhéré, le 20 décembre 2014, au principe d’appui financier de l’Union européenne dans le cadre du processus électoral. La Guinée continue à étudier avec ses partenaires internationaux, tous les appuis financiers et techniques permettant d’assurer des élections libres et transparentes ».

 

« La Guinée est engagée depuis des mois dans un dialogue étroit avec les organismes internationaux et les chancelleries internationales pour assurer les meilleures conditions de transparence du processus électoral. »

« Dans ce cadre, la Guinée a invité les missions d’observateurs internationaux à suivre la prochaine élection présidentielle, afin de pouvoir observer et valider la transparence et l’intégrité du processus ».

 

« Le Gouvernement respecte l’indépendance de la CENI dans la préparation et la mise en œuvre du processus électoral, selon les standards internationaux de transparence ».

 

Durant les dernières élections législatives en 2013, la Guinée a accueilli plusieurs missions d’observateurs internationaux, notamment de l’Union européenne, pour suivre le scrutin et en garantir l’intégrité et la transparence.

 

A Addis-Abeba, où se réunit l’Union africaine, le Président Alpha Condé et le Ministre Louncény Fall ont obtenu un soutien de l’Union africaine pour la demande d’annulation totale de la dette extérieure des trois pays touchés par Ebola : la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria.

 

Récemment, à Davos, le Président Alpha Condé a rencontré Jim Yong Kim, Président de la Banque Mondiale, Christine Lagarde, Directrice générale du FMI, Helen Clark, Administratrice du Programme pour le Développement des Nations Unies, et des représentants de l’Union européenne, pour poursuivre la mobilisation internationale contre Ebola, demander l’annulation de la dette extérieure, relancer l’investissement, et poursuivre le processus de renforcement de la démocratie en Guinée.