lundi, février 2nd, 2015

 

Que devient Nafis­sa­tou Diallo ?

Mondialement connue après avoir accusé DSK d’agression sexuelle en mai 2011, la femme de chambre guinéenne aurait utilisé une partie de la somme que lui a versé l’an­cien direc­teur du FMI pour ouvrir son établis­se­ment à New York.

Depuis le 22 août 2011 date où elle s’était rendue chez le procu­reur avec son avocat, Nafis­sa­tou Diallo (35 ans) se fait le plus discrète possible. Alors que l’on se deman­dait ce que deve­nait la femme de chambre guinéenne, nos confrères de RTL nous donnent quelques infor­ma­tions au moment où s’ouvre aujourd’­hui le procès du Carl­ton de Lille où l’ex-direc­teur géné­ral du FMI est pour­suivi pour proxé­né­tisme aggravé.

«Trois ans après avoir quitté New York après le dénoue­ment de l’affaire, la mère de famille est reve­nue dans sa ville pour ouvrir un restau­rant avec l’argent donné par Domi­nique Strauss-Kahn, révèlent RTL. Les deux parties avaient conclu un accord secret portant, selon les rumeurs, sur plusieurs millions de dollars (Domi­nique Strauss-Kahn aurait fina­le­ment versé « seule­ment » 1,5 million de dollars à Nafis­sa­tou Dialo et ses avocats, dans l’affaire du Sofi­tel, selon le « Jour­nal du dimanche »). Une partie de cette somme a donc servi à mettre sur pied cet établis­se­ment qui propose des plats améri­cains et ouest-afri­cains. (…) Selon son ancien avocat, « elle et sa fille vont bien (…) Elle a peut-être plus d’argent qu’elle n’en a jamais eu mais je sais de façon certaine qu’elle aurait préféré rester femme de chambre dans cet hôtel et que rien de tout ça ne soit arrivé car elle était heureuse.”


Le prix du carburant à la pompe passe de 10 000 GNF à 9 000 GNF

Le Gouvernement guinéen a annoncé une baisse légère du prix du carburant à la pompe, soit une réduction de 1 000 francs guinéens.Selon ce communiqué, au lieu de 10 000 francs guinéens, le litre se vend désormais à 9 000 francs guinéens à la pompe, soit 1 000 francs guinéens d’écart.

Cette baisse, initialement attendue le 28 février prochain, est consécutive à la chute du prix du baril du pétrole dans le monde qui passe sous la barre de 50 dollars.

Lors de la dernière grève générale illimitée décrétée par le syndicat sur l’ensemble du territoire national, la baisse du prix du litre du carburant faisait partie des accords entre l’Etat et les grévistes pour lever le mot d’ordre de grève.

Pour l’opposition, il s’agit d’une baisse tardive et insignifiante. Le syndicat lui crie à la provocation.

A suivre …

 


Violences à Labé : Plusieurs blessés dont un par balles (source : UFDG)

LABE- Une manifestation du principal parti d’opposition en Guinée, a été réprimée ce lundi 2 février 2015 à Labé, une localité située au nord-ouest du pays. Une dizaine de blessés a été enregistrée lors des accrochages entre manifestants et forces de l’ordre, a appris Africaguinee.com, de sources hospitalières.

La manifestation de l’union des forces démocratiques de Guinée a dégénéré à Labé (capitale de la Moyenne Guinée) située dans les contreforts du Fouta-Djalon. Les manifestants dénoncent les « mutations abusives et politiques » au sein de l’administration. La marche a dégénéré en affrontements, faisant plusieurs dégâts matériels et des blessés.

‘’On a reçu à peu près une dizaine de blessés. Mais ce sont des blessures mineures, il n’y a pas de blessures graves. Ils ont bénéficié des soins, ils ont été libérés. Il n’y a pas eu d’hospitalisation’’, a indiqué à notre rédaction, le Dr Sow de l’hôpital régionale de Labé.

Les organisateurs de cette manifestation disent avoir enregistrés dans leurs rangs, dix-neuf blessés. ‘’Nous avons enregistré 19 blessés dont un (1) par balles’’, a confié à notre reporter la députée Mariama Taata Bah, qui dénonce la répression de leur marche « pacifique » par les force de l’ordre.

‘’On nous a jeté des gaz lacrymogènes. Là où je suis,  (16h GMT) les affrontements continuent dans les rues’’, déclare-t-elle.

L’élue accuse le garde-corps du préfet d’être derrière les tirs par balles. ‘’J’étais sur les lieux, les agents de maintien d’ordre n’étaient munis que de leur matraques et de gaz lacrymogène. Mais celui qui était en train de tirer, c’était le garde-corps de Monsieur le Préfet.  C’est lui qui a blessé le monsieur par balles’’, a lancé l’honorable Tâta Bah.

Nos multiples tentatives de joindre le préfet sont pour l’instant restées vaines.

Nous y reviendrons !

 

Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel: (00224) 655 31 11 12


Accident de circulation : huit morts et plusieurs blessés entre Dabola et Mamou

Huit (8) personnes sont décédées des suites d’un accident  de circulation ce dimanche 1er février 2015 entre Dabola et Mamou. Un véhicule de transport en commun de type minibus a violemment heurté  un camion stationné sur la chaussée, ce qui a entraîné la mort sur le coup des huit (8) passagers et occasionnant des blessés, dont l’apprenti et le chauffeur du minibus.

C’est devenu quotidien ! Il ne se passe plus un jour sans que ce genre d’article ne soit relaté. Et il n’y a pas de mesures pour stopper l’hémorragie ! Que Dieu ai pitié de nos pauvres âmes, mais surtout, de notre indifférence coupable !


[CAN 2015] Michel Dussuyer: «J’ai décidé de quitter la Guinée»

Michel Dussuyer a annoncé la fin de sa collaboration avec l’équipe nationale de Guinée, ce 2 février, au lendemain de l’élimination du Sily National en quart de finale de la CAN 2015. L’entraîneur français assure que sa décision, mûrement réfléchie, n’a rien à voir avec la défaite 3-0 face au Ghana.

RFI : Michel Dussuyer, confirmez-vous le fait que vous quittez votre poste de sélectionneur de l’équipe de Guinée ?

Michel Dussuyer : J’ai décidé de quitter l’équipe de Guinée et de tourner une longue page. Parce que ça fait presque cinq ans que je suis à la tête de cette équipe. C’est un long chemin, une très belle aventure, que ce soit sur le plan professionnel ou le plan humain. Mais je souhaite tourner la page et repartir sur un autre projet.

Quand avez-vous pris cette décision ?

Je l’avais en tête depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. J’avais en tête cet objectif de qualifier la Guinée pour la CAN 2015, avant de faire une bonne CAN.

Ce bon parcours vous a-t-il donné envie de poursuivre ?

Non. C’est une décision murement réfléchie. Il y a toujours des cycles. Là, on arrive en fin de cycle, je pense. Il y a la perspective d’avoir un nouveau challenge. Pour tout le groupe, il y a aussi la perspective d’avoir un nouveau coach, une nouvelle vision, une nouvelle façon de travailler. On s’enrichit toujours avec le changement. Et puis cinq ans, ça fait long. Surtout en Afrique où ça compte double.

Aviez-vous informé les joueurs et les dirigeants de votre souhait ?

Non, je n’en ai parlé à presque personne. C’était quelque chose qui était en moi. Je ne voulais surtout pas que les joueurs le sachent. Parce que ça aurait pu changer beaucoup de choses dans leur esprit durant cette phase finale, ou lors des éliminatoires.

Vous avez parlé d’un nouveau challenge. Avez-vous déjà un nouveau projet de programmé ?

Non, aujourd’hui, j’ai juste besoin de souffler un peu. Ces derniers mois ont été fatigants. On est en course depuis le mois d’août. Jusqu’à aujourd’hui, ça a été beaucoup de travail et de pression. J’aspire à souffler un peu. Au moment où je vous parle, je n’ai aucune perspective d’avenir.

Avez-vous été pleinement soutenu par vos dirigeants, par l’entourage de la sélection, selon vous ? Est-ce qu’une éventuelle absence de soutien a pu compter dans votre décision ?

Travailler en Afrique, ce n’est pas facile tous les jours. Il y a beaucoup de pression, il y a beaucoup de discours autour de l’entraîneur. On a l’habitude mettre beaucoup de choses sur son dos. Je dis toujours que la victoire a beaucoup de père tandis que la défaite est orpheline. Le seul papa, dans ce cas-là, c’est l’entraîneur. Mais je pense que c’est un peu partout pareil. C’est un métier très exigeant. […] Après, cinq ans, c’est un très beau parcours. Je suis très heureux d’avoir vécu cette aventure avec les joueurs. Ça a été des moments formidables vécus avec eux. Je garderai un souvenir très très fort de cette aventure.

Propos recueillis par Frédéric Gassmann avec David Kalfa


CAN 2015 : Et maintenant … Il nous faut un entraîneur du cru !

En remportant brillamment la Can 2013 avec le Nigeria, Stephen Keshi avait remis sur la sellette le sempiternel problème de la compétence des coachs africains. Sont-ils capables d’amener leurs équipes au plus haut niveau, la réponse est oui. Même si l’héritage colonial et les mentalités rétrogrades des décideurs sont encore des géants à abattre, les performances et les qualités des entraîneurs locaux devraient désormais être les seuls critères de choix.

 

LES SUCCES DES ENTRAINEURS AFRICAINS

 

Il apparaît aujourd’hui ‘hui que les entraîneurs africains sont aussi compétents que les expatriés. Leurs prouesses sont devenues nombreuses et diverses. Dernière en date , le succès de Stephen Keshi à la dernière coupe d’Afrique des nations , Celui de l’égyptien Mahmoud al gohary qui avait qualifié son équipe pour la coupe du monde de 1990 et le camerounais Jean Paul Akono qui a remporté la médaille olympique en 2000 .Bref les exemples sont légions .Tenez depuis le lancement de la Can quatorze locaux l’ont remporté contre onze expatriés .Pas étonnant dans ces conditions que la proportion d’entraîneurs africains à la tête de sélections du continent soit en nette progression depuis le début des années 2000.Une autre raison de cette progression est la formation. Depuis quelques années, les entraîneurs africains vont dans les mêmes écoles que leurs homologues des autres continents. Ils bénéficient des mêmes cours et peuvent donc avoir les mêmes résultats. La bonne connaissance du contexte social et de ses dérivés roulent aussi en faveur des locaux.

 

LA MEFIANCE DES DECIDEURS LOCAUX

 

Des atouts qui en ce moment restent mal exploités par les décideurs africains qui continuent à accorder en priorité les postes de sélectionneurs nationaux aux expatriés. Les vieux démons persistent .Dans la riche histoire entre le ballon rond et l’Afrique, les entraîneurs européens ont longtemps été préférés. Selon Slateafrique.com en quarante ans par exemple, le Maroc a fait appel à dix-neuf experts étrangers pour quinze nationaux, le Cameroun à dix-neuf Européens pour sept locaux, le Ghana à vingt pour quatorze, la Côte d’Ivoire à seize pour quatre. En Coupe du monde de 1970 à 2010, les sélections africaines ont été encadrées par dix-huit entraîneurs non-africains et seulement huit nationaux. Paradoxal diraient certains. Mais il faut bien comprendre que l’Afrique a ses réalités. D’abord historiques, bien sûr. Ce sont par exemple les colons français qui ont importé le football en Afrique de l’Ouest. Lors des indépendances, les liens sont restés et comme l’Afrique manquait alors de cadres techniques, ce sont les Français qui ont été appelés à la tête des sélections. Le même phénomène s’est reproduit à l’échelle du continent. Les pays anglophones, comme le Ghana ou le Nigeria, ont un temps voué un culte aux Brésiliens, avant de s’en remettre aux Yougoslaves. Quant aux pays d’Afrique centrale, ils s’appuyaient plutôt sur les Allemands. Et ce n’est pas tout. Les dirigeants des fédérations exigent souvent un droit de regard sur l’aspect sportif et ne veulent pas voir leur influence réduite par le succès d’un coach local, dont la voix se ferait plus puissante en cas de succès. Dans cette optique, engager un Européen qui pliera ses valises une fois sa mission terminée est une solution préférée par ceux qui, dans l’ombre, tirent les ficelles.

 

Stephen Keshi, l’entraîneur aujourd’hui encensé du Nigeria, a ainsi failli passer à la trappe quelques jours avant la CAN 2013. Des rumeurs couraient que le ministre des Sports nigérian souhaitait le démettre de ses fonctions après un désaccord à propos de la composition du groupe de joueurs retenu pour le tournoi. Le pire c’est que les entraîneurs participent eux-mêmes à enfler ce désamour. Ils se livrent souvent à des actes de tribalisme et de corruption. Généralement sous-payés, ils sont tentés de monnayer les sélections.

 

LE CHOIX DE LA COMPETENCE

 

Certes, en2002, Bruno Metsu a amené le Sénégal en quart de finale de la Coupe du monde. En qualifiant le Cameroun pour l’Afrique du Sud, Paul Le Guen, lui, a redressé une situation bigrement compromise. Et le Ghana a obtenu une inattendue deuxième place lors de la dernière CAN avec Goran Stevanovic. Pourtant, la Côte d’Ivoire fut grande et victorieuse en 1992, à Dakar, lorsque son équipe était dirigée par un Ivoirien Yéo Martial. L’Égypte est l’incontestable championne toutes catégories en Afrique, Hassan Shehata, Égyptien pure souche, auteur du doublé 2008 – 2010 en est un des artisans. Preuves que les entraîneurs africains pourraient faire aussi bien que leurs pairs européens recrutés, eux, à prix d’or et placés dans des conditions d’absolu confort matériel.

 

MOT DE STEPHEN KESHI APRES LE SACRE

 

J’espère que plus d’entraîneurs africains auront des postes et rendront leur pays fier. C’est un peu difficile quand on est un coach africain, certaines fédérations pensent vous donner le boulot comme si c’était une faveur. Elles veulent demain une équipe merveilleuse, et le lendemain gagner la Coupe du monde. Il faut un peu plus de patience en Afrique. Je suis vraiment fier de ce qu’a fait l’Afrique du Sud : elle ne s’est pas qualifiée pour les demi-finales, mais son entraîneur (le Sud-Africain Gordon Igesund,) est encore en poste. La plupart des entraîneurs n’ont pas la liberté de s’exprimer par eux-mêmes, il faudrait un peu plus de patience. Moi, quand j’ai fait mon premier match, on m’a dit que ce n’était pas bien, qu’on allait me virer, mais ce n’est pas comme ça qu’il faut faire dans le foot. C’est Dieu qui a fait que je suis encore là.


Ministère de la Culture : Qui pour remplacer Ahmed Tidiane Cissé ?

Le ministère de la Culture est resté assez longtemps vacant. Les guerres de positionnement et de succession, les tractations et manœuvres accompagnées de coups-bas se font en sourdine, mais faut-il aussi avoir le profil d’un homme de culture, de celui qui aime la culture, qui respire pour la culture, et non un homme qui veut se servir de la culture et qui ne la servira pas. Un vrai ministre de la culture, ou pour prétendre en être un, doit avoir fait ses preuves et bénéficier de la notoriété et de la reconnaissance nationale, africaine  et internationale. De tels hommes rares existent cependant dans l’ombre, parfois effacés devant des agitateurs  qui font beaucoup plus de bruit pour rien.

 

Pour cette Guinée multiculturelle moribonde, ou qui tend vers un déplorable abâtardissement, il est indispensable de faire réapparaître ses propres essences et valeurs culturelles, c’est-à-dire celles du terroir profond.

 

Quand Sékouba Bambino avait sorti avec le Bembeya jazz national le clip ‘’Sabou’’, Bambino était accoutré dans une grand boubou ceint par une bande d’étoffe et avait une queue de cheval qu’il agitait en se trépignant. Agacé par ce snobisme, Lansana Conté, le président-paysan, au sens propre comme au figuré, avait dit ce que partageaient beaucoup de personnes : Il faut rester authentique !

 

Le folklore, la danse, les chansons ne constituent pas tout, Il faut aussi connaître le pourquoi de tels ou tels rites, us et coutumes ancestrales. Il faut pouvoir expliquer leur bien fondé, si l’on veut les conserver ou démontrer leur obsolescence, s’ils sont jugés nocifs. La tradition orale et la littérature écrite doivent être connues par les jeunes générations en perte de repère. Tout ce qui, de la tradition, peut tenir encore la route dans le modernisme pour former un bouillon de cultures profitable à l’éducation des masses et indispensable pour l’unité et la concorde nationale, doit être ravivé.

 

Si les populations avaient été sensibilisées dans le sens de leurs rites, us et tradition, la réticence aux mesures de lutte contre Ebola n’allait pas faire autant de démobilisation et causé autant de ravages.

 

Un homme de culture est universel, il a dans l’esprit la diversité du terroir, dans sa globalité et dans son ensemble entier. Il ne doit, donc, pas être un homme politique. C’est un homme qui connait les causes et conséquences des mutations ou des bouleversements qui sont intervenues à un moment donné de l’histoire, il sait comment réaménager le présent en vue de le perfectionner pour le futur. Dans le métissage culturel inévitable avec cette mondialisation, il faut forcément perdre quelque chose pour acquérir quelque chose de nouveau, mais il faut garder l’essentiel : l’essence et l’identité. « Sur la route infinie de l’histoire, meurent de vieux objets, naissent de nouvelles espérances », AST.

 

La Culture, comme l’Education ne sont certes pas rentables matériellement, ce qui est temporel et passager, mais elles sont rentables spirituellement et moralement, ce sont des acquis intemporels et impérissables. Un peuple n’a de fierté que quand il peut exhiber, faire connaître sa culture et la faire aimer des autres sur la scène mondiale, et pas quand il pastiche les autres, parce qu’il ne pourra jamais faire mieux.

 

On a vu dernièrement des concours de danse organisés en divers endroits de la capitale : Les danses du terroir ou « Namouies farés ». Ces concours de danses du terroir, qui sont organisés par des animateurs culturels sans repère et en perdition, utilisent comme support musical du « coupé-décalé » ivoirien ou du « soukous » congolo-zaïrois ou du « zook » des Kassav. Les jeunes qui sont déclarés gagnants et vainqueurs de ces « namouies farés », des danses parfois très lascives et obscènes, n’ont jamais vu leurs pères ou les pères de leurs pères danser de la sorte. C’est à la télé qu’ils ont vu et entendu de telles danses et sonorité… Ce sont les animateurs culturels qu’il faudrait d’abord éduquer et sensibiliser, les journalistes ensuite, et les intellectuels suivront pour ramener les nouvelles générations aux sources.

 

Quand la maison Tamsir Niane avait organisé un concours de photos sur Ebola au Centre culturel franco-guinéen, Alpha Condé s’y était rendu et avait déclaré qu’il demanderait au vieux Djibril Tamsir Niane de l’aider à faire revivre (ou renaître) la culture guinéenne, et pourquoi pas à Fifi Niane, la directrice du petit musée de la Minière. Toutes les générations sont là.

 

Rappelons à la postérité que le vieux Tamsir Niane est le seul archéologue médiéviste guinéen, on n’en connait pas d’autres, qui a retrouvé par ses fouilles, l’emplacement de la capitale de l’empire du Manding : Niani. Cette capitale se trouve bel et bien en Guinée, dans les confins des environs de Siguiri-Mandiana. Une fierté que les Guinéens n’ont pas encore pris en considération et accueilli à sa juste valeur, parce que les politiques considèrent jusqu’à maintenant que l’histoire n’est seulement bonne que dans les oubliettes…


Elie Kamano : « les juifs sont le seul peuple qui a tué tous ses prophètes »…

Mais quelle mouche a piqué Elie Kamano ? Lisez !

 

Lefaso.net : Dans quel cadre êtes-vous au Burkina Faso ?

Elie Kamano : Je suis au Burkina parce que tout simplement nous avons suivi avec grand intérêt ce qui s’est passé ici. En tant qu’artiste engagé, révolutionnaire, je pense que c’est un bel exemple que le peuple burkinabè a donné aux autres peuples africains. Avec tous les morceaux satiriques que j’ai chantés, je pense que le moment est propice pour moi de venir encourager et féliciter une fois de plus la jeunesse burkinabè pour tout son combat.

Depuis la Guinée, comment avez-vous vécu les évènements des 30 et 31 octobre ?

Sans me lancer de fleurs, sans langue de bois, en Guinée, il n’y a qu’un seul Sankariste, c’est Elie Kamano. J’ai suivi les évènements à la lettre, étape par étape. J’étais tellement content que j’ai écrit un discours pour féliciter la jeunesse burkinabè et à travers cela, donner un signal aux autorités de mon pays pour leur dire que le pouvoir appartenait à la population, à la masse et que nul ne pouvait confisqué le pouvoir contre le gré du peuple. J ‘ai voulu faire un sit-in au grand rond-point de Matoto, les autorités l’ont empêché. J’ai donc vécu l’événement avec vous, bien que je ne fusse pas physiquement présent, mais j’étais spirituellement là, parce que ma musique était là avec vous.

Vous avez cité le Burkina dans vos chansons, appelant à la démocratie. La prophétie s’est-elle accomplie, comme vous le demandez dans une de vos chansons ?

La prophétie est en train de s’accomplir. Dans plusieurs morceaux, j’ai cité Blaise Compaoré, Yaya Jammeh, Mouammar Kadhafi, Robert Mugabe, plusieurs dictateurs. Je crois que ma prophétie est en train de s’accomplir. S’il plait à Dieu, ceux qui restent encore, cette vague qui s’est annoncée en Tunisie, en passant par l’Egypte, la Lybie, a posé ses valises au Burkina Faso, sur sa route, il y a le Cameroun qui est dans le viseur, le Togo, le Congo, le Soudan, même la Guinée. Donc pour le moment, le combat n’est pas encore terminé.

Vous êtes connu pour avoir un langage très virulent dans vos chansons, d’où vous vient cela ?

C’est dû à mon amour pour Thomas Sankara qui m’a inspiré depuis ma tendre enfance, je l’ai connu à l’école, quand on m’a parlé de l’histoire du Burkina Faso. Plus tard, j’ai étudié son histoire. Je me suis dit, voici un homme intègre, un homme digne, un homme fier, un africain à qui je voudrais ressembler. Et puisque chacun a un modèle dans la vie, il a été pour moi un modèle et musicalement, il fallait aussi que je pose des actes qui vont dans le même sens, dans le même élan que les actes qu’il a posés au Burkina et en Afrique. C’est ce que j’essaie de faire. Mon franc parlé, ma dignité, ma fierté et mon refus d’être corrompu, d’être acheté, tout cela vient tout droit de la philosophie de Thomas Sankara, c’est tout.

Quelle est votre source d’inspiration ?

Mon inspiration, je la tire de mes prières. Je suis croyant, je pense qu’on n’a pas besoin d’être dans un état surnaturel pour être inspiré. L’inspiration pour moi est un coup de grâce et c’est Dieu qui la donne. Il y a deux catégories de personne qui chante. Il y a d’abord les personnes qui ne forcent pas, qui sont douées, et l’autre catégorie, c’est ceux qui essayent de chanter, qui apprennent à chanter. Nous faisons partie de la catégorie de ceux à qui Dieu a donné ce don de chanter. Mais la musique est un instrument de vérité et non de propagande. Donc si Dieu nous a donné ce don de dire tout haut ce que le peuple pense tout bas, alors il faut bien utiliser ce don pour que le peuple profite. Mon inspiration, c’est comme un jeu d’enfant pour moi. Quand je prie, je demande à Dieu de m’inspirer au même titre qu’il a inspiré les plus grands artistes de ce monde.

Etes-vous seulement faiseur de Reggae ou Rasta ?

Je suis reggae, je ne suis pas rastaman dans l’âme. Je suis musulman.

De Lansana Conté au Pr. Alpha Condé, votre degré d’engament a-t-il en varié en Guinée ?

Je suis resté sur la même ligne, la même optique avec les mêmes objectifs et la même vision. Parce que rien n’a changé dans mon pays, rien n’a évolué. La révolution pour moi, c’est un état d’esprit, c’est une action qui pousse à changer les mentalités, amener, inciter les gens à se réveiller ; éveiller les consciences pour un éventuel changement, ce que vous avez réussi au Burkina. Mais chez nous malheureusement, il n’y a qu’un seul révolutionnaire, et c’est Elie Kamano…

N’est-ce pas prétentieux, il y a bien d’autres artistes engagés ?

Ce n’est pas de la prétention. Il n’y a pas de musicien engagé en Guinée, à part Elie Kamano. Vous pouvez faire vos enquêtes, vous êtes un site très lu, depuis la Guinée je vous connais. Aujourd’hui, chacun au pays cherche à chanter les femmes, les hommes riches, à chanter pour avoir l’argent. C’est différent de mon combat. La relation que je tisse aujourd’hui avec le peuple est plutôt basée sur le combat que je mène. Il y a quatre ans maintenant que je n’ai pas sorti d’album, depuis « Où va l’Afrique ? » et « Parole de fou », mais jusqu’à présent je reste quand même l’artiste le plus écouté et le plus adulé en Guinée.

L’arrivée de Alpha Condé, n’a donc rien apporté en terme de changement ?

Rien n’a changé. Alpha Condé est venu avec les mêmes méthodes. Il nous avait promis le changement, il a dit qu’il prenait la Guinée là ou Sékou Touré l’avait laissé pendant que culturellement Sékou Touré a laissé la Guinée comme étant la plaque tournante de la culture et du football africain. Mais aujourd’hui qu’est-ce qui est dans le domaine culturel ? La culture est le parent pauvre du gouvernement. C’est dommage, ce qui ce passe au plan culturel. Le plus petit budget dans ce gouvernement appartient à la culture, pour faire quoi ? Ce ne sont pas les talents qui manquent en Guinée, mais la politique mise en place par les autorités fait un blocus de telle sorte que des artistes talentueux meurent à la fleur de l’âge. C’est très dangereux. Dieu m’a donné la chance, j’ai été très dur dans ma formation et aujourd’hui je fais une carrière internationale, mais ça n’a pas été facile, parce que la Guinée est le peuple juif de l’Afrique.

Pourquoi vous le dites-vous ?

Je le dis parce que les juifs sont le seul peuple qui a tué tous ses prophètes. La Guinée est un pays qui tue les hommes qui émergent.

Vous avez eu des démêlées avec la justice de votre pays depuis quelques années, quelle est la source de vos ennuis ?

C’est simplement parce que j’ai dit à Alpha Condé qu’il était Burkinabè d’origine et il ne veut pas le reconnaître. Moi j’aime le Burkina Faso parce que ce sont des hommes intègres. Si on me dit aujourd’hui que je suis Burkinabè d’origine, je serai très fier parce que le Burkina, c’est le pays de Thomas Sankara. Tout africain doit être fier de s’identifier au Burkina Faso. Si j’avais dit à Alpha Condé qu’il était Français d’origine, il serait très content, Suédois ou Américain, il serait très heureux. Mais pourquoi il est frustré quand je dis qu’il est Burkinabè d’origine ? On dit à longueur de journée que Alassane Ouattara est Burkinabè.

Le Burkina est fier que ses fils aillent gouverner dans d’autres pays. C’est une fierté, Barack Obama sait qu’il n’est pas Américain d’origine, il est Kenyan. Ali Bongo, on vient de dire qu’il n’est pas Gabonais…si vous convoquez un artiste aussi populaire et écouté en Guinée à la justice parce que tout simplement que le président est Burkinabè, c’est parce qu’il y a anguille sous roche. On est tous Africains, j’adore le Burkina Faso. C’est le pays que j’ai aimé avant tout les autres après mon pays.

Tout homme engagé, patriote, aime son pays et le défend. C’est pourquoi je ne me suis pas entendu avec le capitaine Dadis Camara. J’avais vu en lui un patriote comme Sankara. Je voulais qu’il arrête, qu’il organise des élections et qu’il revienne après, chose qu’il n’a pas compris. Il est resté dans l’euphorie du pouvoir, dans la boulimie du pouvoir, et on l’a trompé et il a échoué. Aujourd’hui, il a du mal à rentrer même dans son pays.

La nationalité du président est-elle la seule source de vos ennuis judicaires ?

C’est la seule source. On m’a demandé d’aller chanter devant lui, j’ai refusé. Ils m’ont donné de l’argent que j’ai dépensé, ils m’ont réclamé et j’ai dit que je ne payais rien parce que je suis Guinéen, je fais partie du contribuable. L’argent a été donné pour corrompre, il voulait corrompre. 40 millions de francs guinéen, environs 3 millions de FCFA.

Parlant de la nationalité de votre président, vous avez déclaré dans un journal « son père vient du Burkina, il est mossi balafré (…) Si vous constatez, beaucoup de contrats sont aujourd’hui donnés aux Burkinabè et aux Maliens et c’est déplorable », pour le panafricaniste que vous dites être, ne faut-il pas aller au-delà de ces clivages ?

C’est déplorable, je maintiens ce que j’ai dit, parce qu’aujourd’hui, un président ne peut pas être élu au Burkina Faso en tant que panafricaniste, je ne parle pas en tant que Guinéen. Etre élu au Burkina pendant qu’il a des origines ivoiriennes ou guinéennes et donner des marchés aux Burkinabè, aux Ivoiriens, pendant que les Burkinabè souffrent, pendant qu’ils meurent. Je ne suis pas d’accord. On aime bien les blancs, mais en Afrique du sud, on a dit non à l’apartheid. Ils ont construit, ils ont tout fait, mais on a dit non à l’apartheid. D’abord l’Afrique du sud appartient aux africains. Tous les Guinéens qui sont aujourd’hui prisonniers, enchaînés, en Angola, des milliers qui meurent sans que notre gouvernement ne réagisse, vous savez pourquoi ? Parce que le président Alpha Candé a de gros contrats dans les sociétés en Angola. Pour défendre ses intérêts, il préfère fermer sa g….., devant ce crime, il préfère donner des marchés à n’importe qui sauf aux Guinéens. Des jeunes Guinéens qui se battent, qui marchent à longueur de journée, pour trouver du travail, n’en trouvent pas. Je ne suis pas d‘accord ; c’est quel panafricanisme ça ?

Je ne suis pas xénophobe, mais j’aimerais que les chômeurs, les personnes qui souffrent qui meurent en Guinée, qui sortent pour venir au Burkina, au Mali, au Sénégal, pour mourir en cherchant un lendemain meilleur, trouvent de quoi manger, travailler dans leur pays. Dieu nous a tout donné pour qu’on aille plus chez les autres quémander. Moi je suis fier de vous, parce que pour celui qui connait la Guinée, qui est né et qui a grandi en Guinée, qui vient au Burkina, connait la différence. Le Burkina n’a rien dans son sous-sol comparé à la Guinée. Nous avons le sous-sol le plus riche de l’Afrique de l’ouest. Mais on n’a pas de courant, on n’a pas d’eau, on a rien. Comment voulez-vous que je me réjouisse d’un président qui ne donne pas de travail aux jeunes Guinéens, qui meurent tout le temps dans l’océan atlantique parce qu’ils veulent aller trouver l’Eldorado ailleurs ? Ce n’est pas possible.

La guinée est riche de son sous, a tout pour se développer, 57 ans après son indépendance, on peut se demander à quand la Guinée ?

Je vous renvoie la question. C’est le combat que je mène tous les jours. Si on pouvait demander à avoir une nationalité avant sa naissance, je demanderais à être Burkinabè. Mais en malinké on dit que Dieu ne donne pas le tô à celui qui sait le manger, il le donne à celui qui sait le gaspiller.

Y a-t-il une exception guinéenne ?

Il y a une exception, la Guinée est un scandale géologique. On a tout ce qu’il faut pour que les Guinéens ne sortent pas, mais qu’est-ce qu’on en fait ? Le budget de souveraineté de Lassana Conté était de 1 milliard de frs guinéens par an, celui de Dadis était de 7 milliards par an, celui de Alpha Condé est de 1 milliard par jour. 365 milliards par an. Et on me dit que mon pays souffre, que les jeunes ne trouvent pas d’emploi, qu’il n’y a pas d’électricité, d’eau. On me dit que les écoles sont fermées parce qu’il y a Ebola, pendant que toutes les nuits, les boites de nuits sont pleines, les manifestations politiques ne tarissent pas. Je ne comprends pas. Quand je lis et j’observe tout ce que Sankara a fait en 4 ans, je ne comprends pas. C’est parce qu’on est dirigé par des apatrides. Même si je dois aller en prison, mourir, je n’arrêterai pas de critiquer. Sankara a donné sa vie à son peuple, et il est rentré dans l’Histoire de l’humanité, jusqu’à la fin des temps, on ne l’oubliera pas. Je veux donner un sens à mon existence comme l’a fait Sankara.

Dadis Camara, votre ancien président réside au Burkina, comptez-vous le rencontrer pendant votre séjour ?

J’ai essayé de le rencontrer une fois. Nos relations sont tendues. De mon côté, il n’y a pas de problème. J’ai voulu l’aider, le prévenir, lui dire que le pouvoir, c’est comme de l’argent. On peut l’avoir aujourd’hui, être l’homme le plus fort, le plus riche et se retrouver avec rien demain, personne à ses côtés. Le pouvoir a beaucoup d’amis, mais l’échec est orphelin. J’ai dit au Capitaine Dadis de respecter ses engagements, organiser des élections et partir. Il pouvait revenir après et se présenter, on m’a pris pour un ennemi.

J’ai failli être tué par ses hommes. Je ne sais pas si c’est lui qui les a envoyés, je ne le dirai pas, c’est la raison pour laquelle je suis parti de la Guinée. J’ai vécu entre le Burkina, le Sénégal et le Mali, tout le temps qu’il était au pouvoir. Même avec Tiken Jah, je n’étais pas d’accord. J’ai voulu qu’il comprenne qu’il était l’homme pour la Guinée, mais qu’il fallait qu’il respecte la transition.

Quelles vos relations avec d’autres reggae men comme Tiken Jah, considéré comme votre mentor ?

Pour moi, Tiken Jah et Alpha Blondy sont des égoïstes, sans langue de bois. Je ne peux pas comprendre qu’on parle 20 ans de l’Afrique, qu’on défende la culture africaine et qu’on ne veuille pas propulser, promouvoir cette culture. Promouvoir des jeunes talentueux qui arrivent dans le même domaine que soi. Mais si vous prenez les jeunes pour vos adversaires, vous devenez des dictateurs pendant que vous-mêmes vous combattez, dénoncez, indexez, les dictateurs, mais dans votre domaine vous êtes aussi des dictateurs.

Ce ne sont pas de bons exemples. Le cheval qui court devant la peur d’être rattrapé par ses concurrents, c’est Tiken Jah ; et le guerrier qui a perdu ses dents, qui ne se bat plus que pour conserver son argent, là c’est Alpha Blondy.

Tiken a pourtant tendu la perche à des jeunes reggaemen africains …

Ce sont des histoires. A qui il a tendu la perche ? Il connait tous les reggaemen africains.
Une fois il a dit que la future étoile du reggae viendra de la Guinée en parlant de moi.
(…) il me prend pour un adversaire. J’aimerai qu’il lise cette interview.
Si je vous raconte tout ce qui s’est passé entre Tiken et moi, vous n’écouterez jamais sa musique. Ce n’est pas un bel exemple, dans le domaine du reggae. Humainement, je ne connais pas les rapports qu’il entretien avec les autres, mais musicalement, ce n’est pas un exemple. C’est dommage que des grandes gloires de l’Afrique dans tous les domaines ne s’occupent pas de la relève.

Avant de connaître le succès, vous avez fait la Côte-d’Ivoire, le Sénégal où vous avez même fait la prison, il semble que vous avez beaucoup souffert…

C’est difficile, j’ai beaucoup souffert dans ma vie. Je ne peux pas tout raconter, sinon on écrirait un bouquin. J’ai fait la prison quand étais encore rappeur. J’ai mendié dans les rues en Côte-d’Ivoire pendant un an. Mais quand les gens vous voient grandir, ils veulent vous tirer vers le bas, ils sont jaloux. J’ai connu la misère, les obstacles, les gens m’ont mis les bâtons dans les roues, c’est ce qui a forgé ma personnalité.

A quand le prochain album de Elie Kamano ?

Très bientôt. Je ferai même la dédicace ici au Burkina Faso qui est mon pays d’adoption. Je me sens beaucoup plus burkinabè quand je me bats que guinéen parce je suis mal compris dans mon pays. Je suis mieux compris ici que nul par ailleurs. J’ai un message de gratitude et de reconnaissance envers le peuple burkinabè qui a épousé ma musique. En 2009 quand je suis arrivé, je n’étais pas connu du tout. On essayait, on faisait des petits concerts, on distribuait les CD. Mais aujourd’hui, la mayonnaise a pris. C’est pourquoi vous serez les premiers à écouter mon album à venir. Un album de 23 titres.

Un dernier mot…

Je donne rendez-vous à tous les révolutionnaires, tous ceux qui aiment ma musique, le 13 février à la maison du peuple et le 20 à Bobo Dioulasso, pour me voir en prestation live. Tout se passe dans le cœur, je serai en face d’un peuple que j’aime, que j’admire, que j’adore, qui m’aime, qui m’admire, qui m’adore. L’échange sera naturel. J’ai fait une tournée africaine de 14 pays, mais les concerts que je donnerai ici seront différents.

Interview réalisée par Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net


Syrie: 9 morts dans un attentat contre un bus de pèlerins libanais à Damas

Neuf personnes, dont six Libanais, ont été tuées dimanche dans un attentat contre un bus transportant des pèlerins chiites à Damas, une attaque revendiquée par la branche syrienne d’Al-Qaïda, le Front-Al-Nosra.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de 9 morts et 20 blessés dans cette attaque menée au c?ur de la capitale syrienne, près du souk al-Hamidiyé.

Selon l’ONG, six des neuf morts sont Libanais. Les trois autres corps n’ont pas été identifiés. L’un d’eux est déchiqueté, ce qui va dans le sens d’une attaque suicide, a précisé l’OSDH.

L’agence libanaise qui a organisé le pèlerinage à Damas a confirmé dans un communiqué la mort de six Libanais et publié leurs noms.

La télévision syrienne d’information en continu, al-Ikhbariya, a montré des lambeaux de chair jonchant le sol ainsi que des hommes en tenue militaire en train de nettoyer l’autobus dont l’avant a été complètement détruit.

Sur des images filmées dans un hôpital on pouvait également voir des hommes et des femmes au visage ensanglanté recevant les premiers soins.

Le Front Al-Nosra a revendiqué cette attaque, affirmant sur Twitter l’avoir menée pour « venger » les sunnites en Syrie et en Irak.

« Un des héros du Front Al-Nosra a été capable d’entrer dans un bus transportant un grand nombre de chiites venant de la banlieue sud de Beyrouth au Liban (…) et a fait détonner sa ceinture d’explosifs au milieu du groupe », a-t-il expliqué.

S’adressant au mouvement chiite armé libanais Hezbollah, qui combat les rebelles majoritairement sunnites au côté des forces du régime syrien de Bachar al-Assad, Al-Nosra a averti que « ses attaques contre notre peuple ne resteraient pas impunies ».

Le Hezbollah a dénoncé, dans un communiqué « l’attaque terroriste que des criminels takfiris (extrémistes sunnites) ont exécutée à Damas ».

Cette attaque constitue « une preuve de la barbarie de ces terroristes qui ne servent qu’Israël », a-t-il ajouté.

L’agence officielle syrienne Sana a évoqué « une explosion terroriste dans un autobus », en donnant une autre version de l’attaque. « Une charge placée sous le bus a causé l’explosion », a-t-elle ainsi expliqué, indiquant qu’une deuxième bombe avait été démantelée avant qu’elle n’explose.

Un responsable de l’agence libanaise de voyages, Fadi Kheireddine, a indiqué que tous les passagers du bus — qui peut transporter 52 personnes, selon lui– étaient de nationalité libanaise.

« Le bus a quitté Beyrouth ce matin à 05H30 (03H30 GMT) », a-t-il affirmé, sans pouvoir préciser le nombre des voyageurs. « Habituellement le bus est plein », a-t-il souligné.

Il a précisé que le bus avait fait une première escale au tombeau de Sayyida Roqaya, vénéré par les chiites, et devait se rendre à celui de Sayyida Zainab, dans le sud-est de Damas. L’explosion s’est produite près du premier tombeau.

M. Kheireddine a ajouté que l’agence, située dans la banlieue sud de Beyrouth, organisait tous les dimanches un voyage d’une journée en Syrie, malgré le conflit qui ravage ce pays depuis près de quatre ans.

Le centre de Damas a été relativement épargné par les violences. Mais les rebelles tirent régulièrement des roquettes sur la capitale depuis leurs bases entourant Damas.

Plus de 200.000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011 et près de dix millions d’habitants ont dû quitter leur foyer à cause des violences.