jeudi, mai 3rd, 2018

 

Journée Internationale de la Presse: chaude poignée de mains entre Alpha CONDÉ & Cellou Dalein à la maison de la Presse Guinéenne..

Présents ce jeudi 03 mai 2018 à la maison de la presse guinéenne sise au quartier Coléah dans la Commune de Matam pour la célébration de la Journée Internationale de la Presse, le Président Alpha CONDÉ a tendu la main au chef de file de l’opposition républicaine, el hadj Mamadou Cellou Dalein DIALLO. Ce geste contribue à l’apaisement de la crise sociopolitique qui prévaut actuellement dans notre pays ; quant à la menace de la reprise des manifs de rue prônée par l’opposition. Les différentes associations de Presses, hôtesses de la cérémonie, ont été témoins de cette chaude poignée de mains entre les deux protagonistes de la politique nationale guinéenne.

À préciser que le thème autour duquel s’articule la célébration des festivités commémoratives de cette année est : « Médias, Justice et État de droit : les contrepoids du pouvoir ».

BAYO Ibrahima Kalil


Affaire Bolloré : la carte des 7 litiges portuaires du groupe français en Afrique.

Les concessions portuaires accordées au groupe Bolloré à Lomé et Conakry sont actuellement au centre de « l’affaire Bolloré », ouverte avec la mise en examen pour « corruption d’agents étrangers dépositaires de l’autorité publique » de l’homme d’affaires français Vincent Bolloré, le 25 avril. Tour d’horizon des ports du continent où le groupe est présent.

Affaire Bolloré : l’onde de choc à Lomé et Conakry
Ses premiers succès sur le continent dans le secteur portuaire, Vincent Bolloré les remporte en 2004, à Douala et Abidjan. En quelques années, le groupe français a étendu son empire du Gabon au Cameroun en passant par la Guinée. Très vite, également, les premiers litiges et affaires judiciaires ont émergé. Tour d’horizon des ports africains de Bolloré.

• Conakry (Guinée)
En 2008, Necotrans remporte la concession du port de Conakry pour une durée de 25 ans. En 2011, le contrat est dénoncé par décret présidentiel et l’entreprise est chassée par l’armée, trois mois après l’élection d’Alpha Condé. S’ensuit une longue saga judiciaire devant les cours arbitrales (CCJA, Cirdi) et la justice française.
En octobre 2013, le tribunal de commerce de Nanterre condamne le groupe Bolloré à verser 2,1 millions d’euros à Necotrans au titre des « investissements effectivement réalisés » et qui « ont bénéficié au nouveau concessionnaire », suite à une plainte de Necotrans.
En mai 2014, la CCJA condamne la Guinée à payer plus de 38 millions d’euros à Necotrans, avant que la décision ne soit finalement annulée sur un point de droit. En septembre 2016, le Cirdi juge également irrégulière la résiliation par la Guinée de la concession accordée à Necotrans. En novembre 2016, Necotrans accepte de mettre un terme définitif à son différend avec son concurrent.
La mise en examen de Vincent Bolloré par les juges français le 25 avril dernier pour des soupçons de « corruption d’agents étrangers dépositaires de l’autorité publique », « abus de biens sociaux » et « abus de confiance » dans l’attribution à son groupe des concessions portuaires de Conakry et de Lomé, relance la controverse.

• Lomé (Togo)
En 2001, Progosa – groupe franco-espagnol basé à Séville, dont le président et fondateur est Jacques Dupuydauby, un ancien associé de Vincent Bolloré – obtient des contrats de manutention sur le port de Lomé.
En 2009, la société est brusquement écartée par les autorités togolaises au profit de Bolloré Africa Logistics (BAL) qui obtient la gestion pour 35 ans du terminal à conteneurs de Lomé (Togo Terminal). En mai de la même année, Jacques Dupuydauby quitte le Togo, où il craint une incarcération, pour la France.
Le 7 septembre 2011, le tribunal de Lomé le condamne à 20 ans de prison et 31 milliards de FCFA d’amende pour des faits de fraude fiscale, de complicité de fraude et d’escroquerie. En Espagne, en mai 2016, après dix années de procédure, la Cour suprême confirme une décision du tribunal de Séville qui condamnait Jacques Dupuydauby à 3 ans et 9 mois de prison ferme, ainsi qu’à 10 millions d’euros de dommages et intérêts au profit du groupe Bolloré.
La mise en examen de Vincent Bolloré par les juges français, le 25 avril, relance la bataille entre Bolloré et Dupuydauby. Ce dernier, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par la justice espagnole, est actuellement à Paris. « La mise en examen de M. Bolloré rebat les cartes, notamment concernant la procédure en Espagne », déclarait à Jeune Afrique Me William Bourdon, son avocat, au lendemain de la mise en examen de Vincent Bolloré.
• Douala (Cameroun)
Vincent Bolloré a fait l’objet en 2008 d’une plainte pour favoritisme, déposée auprès de la justice camerounaise par Jacques Dupuydauby, le patron de Progosa. La mise en concession du terminal à conteneurs a provoqué une grave controverse dès la connaissance des résultats en 2004, qui a entraîné l’arrestation de plusieurs responsables du port.
L’affaire s’est ensuite perdue dans les méandres judiciaires. Signe d’une certaine défiance, la direction portuaire a lancé début 2018 la renégociation de la concession. Deux ans avant la fin de l’actuel contrat.
• Kribi (Cameroun)
Surprise, après avoir remporté un premier appel d’offres lancé en 2008 sur le futur terminal à conteneurs, le groupe Bolloré est débouté en 2014 et une nouvelle procédure est enclenchée, dans laquelle l’opérateur disparaît dès le premier tour.
Il sera repêché, quelques jours après une visite éclair du président français François Hollande à Yaoundé, et remporte même la mise fin 2015, en s’associant à la CMA-CGM.
• Owendo (Gabon)
Opérateur exclusif depuis 2007 pour une durée de 20 ans, Bolloré Africa Logistics (BAL) a la mauvaise surprise de voir débarquer sur le terminal une filiale du Singapourien Olam, en 2014, pour cause de non-respect de ses engagements financiers.
Le groupe français attaque le gouvernement gabonais, avant qu’un accord ne soit trouvé en septembre 2017, pour un partage des activités de manutention sur le New Owendo International Port (NOIP).
• Abidjan (Côte d’Ivoire)
En 2013, le port autonome d’Abidjan confie à BAL son second terminal à conteneurs, pourtant prévu pour ouvrir le port à la concurrence. La simple présence du groupe, déjà opérateur du TC1 depuis 2004, exaspère sur les quais.
Sa victoire finale, après avoir été repêché de justesse au premier tour, provoquera de nouvelles accusations à son encontre, nourries par les déclarations de Jean-Louis Billon, alors ministre du Commerce, qui remet publiquement en cause ce choix, sous-entendant même des malversations lors de l’attribution du TC1, passée de gré à gré entre Vincent Bolloré et Laurent Gbagbo, alors président de la Côte d’Ivoire.
• Dakar (Sénégal)
Après plus de 80 années de présence sur les quais sénégalais, BAL perd la concession, contre toute attente, lors de l’appel d’offres de 2007. Vincent Bolloré fait pourtant jouer tous ses réseaux, pour convaincre les autorités sénégalaises qui, au final, optent quand même pour l’émirati DP World.
Une décision qui va longtemps envenimer les rapports entre le pays et le groupe Bolloré, alors que Karim Wade est un temps soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin de la part des Dubaïotes. Il faut attendre 2013, pour voir les relations se réchauffer, suite à la victoire de BAL dans l’appel d’offres concernant le terminal roulier du port de Dakar.
Par Olivier Caslin et Rose-Marie Bouboutou


Guinée : Metalcorp va investir 1,4 milliard d’euros dans la filière bauxite.

Le gouvernement vient d’autoriser l’établissement d’une convention minière en faveur de la Société de Bauxites de Guinée, qui développe une mine de bauxite et une raffinerie d’alumine. Ce texte entérine un investissement de 1,4 milliard d’euros par la filiale guinéenne du groupe néerlandais Metalcorp.
Lors du conseil des ministres du 26 avril, le gouvernement guinéen a donné son accord préalable pour l’établissement d’une convention minière en faveur de la Société de Bauxites de Guinée (SBG), filiale du groupe néerlandais Metalcorp Group. Pour un coût total de 1,4 milliards de dollars, ce projet, situé dans la région de Kindia, comprend la construction et l’exploitation d’une mine de bauxite, avec une production de 8 millions de tonnes par an, dont 3 millions destinées à l’exportation, et d’une raffinerie d’alumine d’une capacité initiale de 1,6 million de tonne par an.
Un secteur qui pèse 13% du PIB
Basée à Amsterdam, Metalcorp Group est une entreprise qui intervient sur plusieurs segments du marché des métaux et des minéraux, avec des activités dans les domaines de la production, de la transformation, de la commercialisation et le négoce de métaux ferreux et non-ferreux. Présent dans 18 pays (dont la Guinée et l’Afrique du Sud), la société a réalisé un chiffre d’affaire de 593 millions d’euros pour une marge brute de 47 millions d’euros.
Fin décembre 2017, le gouvernement guinéen avait approuvé un investissement de la société chinoise TBEA Group de 2,89 milliards de dollars pour la construction et l’exploitation d’une mine de bauxite, d’une raffinerie d’alumine et une fonderie d’aluminium.
Selon un rapport de décembre 2017 du FMI, le secteur minier compte pour 13 % du PIB guinéen en 2016, avec un taux de croissance de 33,5 %, grâce à un rebond du prix de la bauxite et de l’or.
Les investissements dans l’industrie de la bauxite et de l’alumine pourrait atteindre 6,5 milliards sur la période 2017-20, dans un contexte de hausse de la demande mondiale d’environ 5 % par an à moyen terme, d’après le FMI.
La région bauxitique a néanmoins connu des manifestations violentes au cours de l’année passée, sur fond de manque d’emplois et de services publics, le FMI soulignant que si le secteur contribue à 13 % du PIB guinéen, il ne représente que 3 % de l’emploi total.
Par Jeune Afrique