lundi, juillet 23rd, 2018

 

Le cortège des syndicalistes freiné au niveau du marché Niger par les AFO.

Choqués par le dispositif des agents des forces de l’ordre qui cernait la bourse du travail, les syndicalistes ont décidé de braver l’interdiction de toutes manifs dans la province de Conakry prônée par le Général Mathurin BANGOURA à travers un communiqué.

Scandant : « le carburant à 8.000 FG à la pompe », avec à leur tête les camarades Amadou DIALLO et Mamadou MANSSARÉ, les marcheurs partent de la bourse du travail pour le palais du peuple.

Selon des sources, le cortège des manifestants a été freiné au niveau du marché le Niger par les agents des forces de l’ordre. Pour l’instant (9 h 30), aucune bavure n’est enregistrée.

BAYO Ibrahima Kalil

 


Conférence internationale sur le sida: l’inquiétude plane sur les financements

Ce lundi 23 juillet 2018 s’ouvre la 22e conférence internationale sur le sida. Environ 15 000 participants sont attendus pendant une semaine à Amsterdam, aux Pays-Bas. Des scientifiques, des militants, des associations, des responsables politiques… Objectif, présenter les résultats des dernières recherches et faire le point sur la lutte contre l’épidémie. Mais l’édition 2018 s’ouvre dans un enthousiasme mitigé.

Il y a d’un côté les raisons de se réjouir et des victoires incontestables dans la lutte contre l’épidémie de VIH/sida. Jamais autant de personnes malades n’ont eu accès aux traitements, et les indicateurs sont globalement au vert. Mais d’un autre côté, les observateurs craignent que ces succès entraînent un certain relâchement dans d’autres domaines, comme la prévention. Comme si la partie était déjà gagnée dans la tête de certains.

« 90-90-90 »

L’objectif principal à moyen terme, ce sont les « 90-90-90 ». A horizon 2020, 90% des personnes malades doivent être dépistées. Parmi elles, 90% doivent être traitées. Et enfin, 90% de ces dernières doivent pouvoir contrôler la maladie. On progresse depuis des années vers cet objectif. Mais à deux ans de l’échéance, cette progression est moins rapide.

« On est à peu près à mi-parcours depuis le moment où cet objectif a été assigné », explique François Dabis, patron de l’ANRS, l’Agence française de recherche contre le sida. « Néanmoins, on est encore loin du compte. Surtout, les projections laissent à penser qu’il sera très difficile de l’atteindre dans les délais escomptés. »

Pour François Dabis, cela s’explique par une situation très inégale selon les régions du monde. L’Afrique de l’Ouest et centrale, l’Europe de l’Est, l’Asie centrale sont autant de régions où l’épidémie fait de la résistance. « Ce qui bloque le plus souvent, c’est la méconnaissance du statut du VIH. On n’a pas assez dépisté, et on ne peut donc pas traiter suffisamment d’individus », poursuit le chercheur.

Une situation d’autant plus frustrante que l’on estime probable la fin de l’épidémie à moyen terme. A condition que l’on s’en donne les moyens. Mais cela n’a pas l’air d’en prendre la direction. « Ce qui manque aujourd’hui, c’est un leadership politique », avance Aurélien Beaucamp, président de l’association AIDES. « Et cela passe par une véritable volonté d’augmenter les financements internationaux, avec en priorité l’augmentation du Fonds mondial. Cet outil a montré son efficacité depuis 16 ans. »

Malheureusement, la dotation de ce fonds stagne. « On a l’impression d’être dans une certaine complaisance, comme si les gens se disaient qu’on avait tellement donné d’argent, et qu’il faut arrêter maintenant. L’épidémie, en attendant, elle continue. » Près d’un million de morts en 2017, il faut le rappeler, le sida tue toujours. D’où l’importance de maintenir l’effort, et de mettre l’accent sur cette question du financement, qui sera dans tous les esprits à Amsterdam à l’occasion de ce 22e congrès international sur le sida.

Loin du compte

Quelques jours avant son coup d’envoi, l’Onusida annonçait un manque de 7 milliards de dollars par an pour parvenir aux objectifs de 2020. Il ne faudra cependant pas s’attendre à des annonces durant ce congrès, même si l’on en parlera beaucoup. Le financement, ce sera l’objet d’un autre rendez-vous, la conférence de reconstitution du Fonds mondial, qui aura lieu dans plus d’un an, fin 2019, en France.

Il ne faudra cependant pas bouder ce 22e congrès pour autant. On s’attend notamment à plusieurs annonces de résultats scientifiques sur de très nombreux thèmes, qu’il s’agisse de prévention, de traitement, ou de recherche fondamentale. La société civile joue également un rôle très important dans ce genre de rassemblement.

Le premier temps fort de ce congrès a ainsi eu lieu avant même son ouverture, avec la pré-conférence ce dimanche 22 juillet de la campagne U=U, undetectable=untransmitible. « U=U, ça veut dire qu’une personne qui vit avec le sida et qui est sous traitement supprime tellement le virus dans son sang qu’on ne peut pas le repérer avec des tests : il est indétectable », explique Bruce Richman, de la Prevention Access Campagn, à l’origine de cet événement.

« Dans ce sas, la personne est non seulement en bonne santé, mais elle ne pourra pas transmettre le VIH à ses partenaires sexuels. Indétectable=Intransmissible (en français, Ndlr), c’est un fait prouvé par la science. Les plus grands esprits de la science, les plus grandes organisations médicales le certifient. »

Et de fait, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centers for Disease Control (CDC) américain ont récemment pris position pour la promotion du U=U, alors que les premiers indices scientifiques datent des années 2000. Les associations espèrent ainsi utiliser cette conférence pour faire écho à des messages comme celui-ci, encore trop méconnus du grand public, alors qu’ils pourraient faire beaucoup contre la stigmatisation dont sont encore souvent victimes les personnes malades.

Par Simon Rozé


Dans le « Far-East » guinéen, appât de l’or et conflits villageois font des ravages

Plus de 300 fusillades, au moins 23 tués en six mois: l’extrême nord-est de la Guinée, dont le sous-sol regorge d’or et où les armes prolifèrent, est l’endroit « le plus dangereux » du pays, ont indiqué vendredi des sources sécuritaire et hospitalière.

Au moins 23 personnes ont trouvé la mort dans 313 fusillades lors d’attaques à mains armées ou d’affrontements intervillageois dans la région de Siguiri depuis le début de l’année, a indiqué l’hôpital préfectoral de cette ville proche de la frontière avec le Mali.

« Ce bilan non exhaustif est la conséquence des richesses minières, notamment l’or exploité à Siguiri », a expliqué le docteur Balla Moussa Keïta, le chef du service des urgences de cet hôpital.

« Il peut y en avoir plus que cela, car certains blessés se dirigent vers des cliniques privées et il y a aussi des morts qui (restent) sur place », a ajouté le Dr Keïta.

« Du 1er janvier au 30 juin, nos services ont enregistré 313 cas de fusillades, dans lesquelles une vingtaine de personnes ont perdu la vie et des dizaines d’autres ont été blessées », a confirmé un haut responsable guinéen s’exprimant sous le couvert d’anonymat.

« La région de Siguiri, qui regorge d’importants gisements d’or, est l’endroit le plus dangereux de la Guinée », a-t-il estimé.

Ce niveau de violence est selon lui dû « non seulement à la richesse que renferme son sous-sol, qui attire les grands bandits, mais aussi (aux) affrontements récurrents entre villageois pour des problèmes domaniaux et enfin (à) la prolifération des exploitants clandestins venant de tous les pays voisins ».

« Les villageois sont armés, les clandestins sont armés, il y a une surpopulation dans les zones minières », a-t-il relevé.

En mai, des heurts ayant éclaté lors du passage d’un cortège de mariage de Maliens en territoire guinéen avaient fait au moins un mort et de nombreux blessés à Kourémalé, à une centaine de kilomètres de Siguiri, selon les autorités guinéennes.

Au moins six personnes avaient été tuées lors d’affrontements en novembre 2017 entre orpailleurs sur le site d’exploitation minière de Niaouleni, une autre localité frontalière.

slateafrique


Pas de manifs ,ni marche ,le dragon de Conakry signe le communiqué

Le Gouverneur de la ville de Conakry,le Général Mathurin BANGOURA, à travers un communiqué, interdit  la marche des forces sociales de Guinée prévue ce lundi  à Conakry.
Lisez le communiqué.
Contrairement aux contenus des lettre-réponses des communes de Matoto, Matam et Dixinn du 20 juillet 2018, autorisant la marche pacifique que les forces sociales de Guinée se proposent d’organiser demain lundi 23 juillet 2018, le gouvernorat de la ville de Conakry, tutelle des communes;
– Appréciant la situation sécuritaire de l’ensemble des communes de la ville ;
– Considérant les réelles préoccupations de nombreux de nos concitoyens attelés d’urgence aux dernières formalités pour l’accomplissement du pèlerinage à la Mecque ;
– Prenant en compte les soucis majeurs des citoyens en matière de déplacement et de gestion du quotidien en cette période des grandes pluies ;
La manifestation prévue demain lundi 23 juillet 2018 ne saurait être autorisée.
Ceci, conformément aux dispositions de l’article 623 du code pénal de la République de Guinée. Les secrétaires généraux des cinq communes de la ville, les chefs de services régionaux de sécurité,  les présidents des conseils de quartiers sont invités chacun en ce qui le concerne, à veiller à l’application immédiate et correcte de la présente mesure.
Le Gouverneur de Conakry.

 


Lettre ouverte à monsieur le Premier ministre (Par Laye Mamadi Condé)

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-moi tout d’abord, de vous adresser mes félicitations par rapport à votre nomination à la Primature de notre pays. Je vous souhaite beaucoup de réussite et succès dans vos projets, vos entreprises et actions.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-moi encore  de vous dire, que vous êtes nommé à une période où notre pays traverse beaucoup de crises : sociale, politique et économique. Ce qui rend d’ailleurs votre mission difficile d’autant que parfois vos interlocuteurs sont coriaces.

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous prie de restaurer l’autorité de l’Etat, pendant qu’il est temps. Je n’ai aucunement  l’intention de vous édicter un ordre, encore moins  vous dire ce que vous devez faire, je joue seulement ma partition dans la réussite de votre mission.

Monsieur le Premier Ministre,

Votre nomination a suscité beaucoup d’espoir et d’engouement chez bon nombre de Guinéens, vous devez vous battre pour ne pas décevoir ces milliers de vos compatriotes, qui estiment que vous êtes le Premier Ministre  de la situation, mais aussi que le choix du Président de la République porté sur votre modeste personne n’est pas anodin. Vous faites partie des rares Premiers Ministres guinéens, qui ont presque fait l’unanimité, cette liesse populaire suffit largement pour comprendre le poids de votre mission et l’attente des Guinéens. Par conséquent, aucune erreur si petite qu’elle soit n’est permise. Vous avez tous les défis à relever.  Pour mériter  cette confiance du Président tout en restant dans la conscience collective, à mon humble avis, votre premier travail c’est  de restaurer l’autorité de l’Etat. Si vous arrivez à faire exister l’Etat, tout y passe : la lutte contre la corruption, l’impunité, l’abus de liberté, que sais-je encore.   Vous devez vous opposer à une dictature de la minorité imposée par la violence.

Monsieur le Premier Ministre,

L’État, c’est un ensemble d’institutions dont le but est d’administrer une société sur un territoire donné.  Légiférer, gouverner, juger sont les trois dimensions fondamentales de cette organisation complexe (l’État) qui oriente la vie sociale et se présente comme la puissance souveraine, celle qui décide en dernière instance. Bref, l’État se définit comme une forme de pouvoir qui régule, formate, homogénéise, contrôle  et oriente la vie sociale à travers des institutions.

Les hommes sont en effet capables d’une violence sans limite, avec pour seule borne leur orgueil ou leur amour propre. Il faut donc que l’État brise cette liberté sauvage dans notre pays.  « Tant que les hommes vivent sans un pouvoir qui les tiennent tous en respect, ils sont dans cet état qui se nomme guerre, et cette guerre est guerre de chacun contre chacun », dit Hobbes. Aujourd’hui à Conakry comme  à l’intérieur du pays, il y a des zones de non-droit, cela doit cesser M. le Premier Ministre. Le sens commun reconnaît d’ailleurs volontiers que sans lois, le chaos s’installe, et avec lui l’absence de liberté.  Le bien que l’individu reçoit de l’État est la protection contre l’abus de la liberté des autres. Il est important alors que certaines pratiques cessent dans notre pays et que l’État soit présent pour éviter de créer le sentiment de frustration et d’abandon  qui est parfois à la base des vindictes populaires.

Ainsi, l’État de droit s’inscrit dans le cadre de lois qui définissent aussi bien les droits que les devoirs. Dans un Etat de droit, il n’est pas admissible que certains puissent jouir de la liberté au détriment d’autres.

Pour finir, je vous remercie d’ores et déjà pour l’attention que vous accorderez à cette missive, qui est l’expression du tréfonds de beaucoup de Guinéens qui souffrent à cause de l’inexistence  de l’autorité de  l’Etat.

Monsieur le Premier Ministre, je vous adresse avec déférence  mes sincères salutations. Je vous souhaite bonne chance et surtout bon courage dans votre mission de restauration de l’autorité de l’État.

Ha ! J’oubliais, Monsieur le Premier Ministre. Un homme d’Etat parle peu et agit beaucoup. Encore une fois, soyez fort de caractère ! Les bonnes décisions sont toujours impopulaires.

 

Laye Mamadi CONDÉ

 Consultant en Communication