dimanche, août 19th, 2018

 

Kaloum/Risque de volcan : le ministère de la Géologie rassure

A Kaloum, il y a près d’une semaine,  la découverte d’une fumée jaunâtre s’échappant d’entre les roches, derrière le palais du peuple, avait donné suite à des commentaires empreints d’inquiétude. Certains y voyant notamment signe annonciateur d’un volcan susceptible de se réveiller. Mais il n’en serait rien. A l’issue d’une enquête menée par des cadres du ministère des Mines et de la Géologie et dont les conclusions ont été rendues publiques ce vendredi, il s’est avéré qu’il s’agissait d’un équipement marin.

« On a cherché et retrouvé cet équipement le troisième jour. Les enquêtes ont signifié que la fumée jaune sortait de cet endroit précis », a expliqué Barry Mamadou Hady, Directeur général adjoint du Centre de Géophysique et de la Sismologie (CGS).

Selon lui,  l’appareil en question, non utilisé a échappé  aux navigateurs en haute mer. « Comme l’eau a horreur d’un corps étranger en son sein, cet appareil a fini par se retrouver au niveau des côtes du palais du peuple », a-t-il  souligné.  Pour lui, la sécurité martine doit prêter attention à ce genre d’équipements. « Au cas où ils retrouvaient ces équipements  en haute mer, ils doivent les récupérer avant qu’ils n’arrivent pas au niveau des côtes et effraient la population », a-t-il souhaité.

Au-delà de cette découverte, il rassure quant à l’éventualité d’une éruption volcanique : « selon les revues scientifiques du monde, le volcanisme ne peut pas vraiment exister au niveau des côtes ouest-africaine, en ce sens que la plaque continentale africaine est reconnue comme la plus stable qui  existe ».  C’est pourquoi, dit-il, les Chinois ont bien voulu construire ce palais à cet endroit, après toutes les études géologiques, géophysiques et géotechniques.

A rappeler que le CGS a été créé en 2016 pour la surveillance sismique et la recherche de métaux en Guinée. Toutefois, le secrétaire général, du ministère des Mines et de la Géologie, Sadou Nimaga, avoue que le centre manque d’équipements pour mener à bien s ses activités.

Hawa Bah.


Les hommages affluent après la mort de Kofi Annan

De son Afrique natale à l’Amérique, les grands dirigeants rendaient hommage samedi à l’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix Kofi Annan, décédé en Suisse à l’âge de 80 ans, après avoir été au centre la diplomatie mondiale pendant une décennie troublée.

Kofi Annan est « décédé paisiblement samedi 18 août après une courte maladie », a annoncé « avec une immense tristesse » sa fondation dans un communiqué de Genève, indiquant que son épouse et ses enfants étaient à ses côtés pour ses derniers jours en Suisse où il vivait.

Les hommages ont afflué, du Ghana, son pays natal, à l’actuel secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a souligné « une force qui guidait vers le bien », en passant par l’ex-président américain Barack Obama et les grands dirigeants européens.

L’hommage de Barack Obama

« Kofi Annan a voué sa vie à faire du monde un endroit plus pacifique », a soutenu l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, louant un diplomate ayant « œuvré inlassablement pour nous unir ».

Barack Obama a salué « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée » et souligné qu’il avait contribué à « motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders ».

« Nous n’oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats », a tweeté le président français Emmanuel Macron, alors que son homologue russe Vladimir Poutine a déclaré avoir « sincèrement admiré la sagesse et le courage » du diplomate.

« Un champion de la justice »

Première ministre britannique Theresa May a rendu hommage à « un grand leader et réformateur de l’ONU » tandis qu’Amnesty International a salué « un champion de la justice, de la paix et de la dignité ».

La chancelière allemande Angela Merkel a, elle, insisté sur la « voix de Kofi Annan » qui « va beaucoup nous manquer à une époque où la recherche en commun de solutions aux problèmes mondiaux est plus urgente que jamais ».

Kofi Annan fut le premier secrétaire général issu de l’Afrique sub-saharienne et le Ghana, où il était né, a décrété une semaine de deuil à partir de lundi.

« Il a considérablement contribué au renom de notre pays par sa position, par sa conduite et son comportement dans le monde », a déclaré le président ghanéen Nana Akufo-Addo.

« Un fils éminent de l’Afrique »

En Afrique du Sud, le parti au pouvoir, l’ANC, s’est souvenu d’un « fils éminent de l’Afrique » qui a œuvré « en faveur (des pays) du Sud en développement ».

Un autre prix Nobel de la paix, l’archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu a de son côté évoqué « un remarquable être humain qui a représenté notre continent et le monde avec une immense grâce, intégrité et distinction ».

La Ligue arabe, basée au Caire, a aussi rendu hommage à Kofi Annan tandis que le ministère égyptien des Affaires étrangères l’a qualifié d’ »icône et source de fierté pour tous les Africains et les amoureux de la paix ».

Diplomate de carrière, Kofi Annan a contribué à rendre l’ONU plus présente sur la scène internationale pendant ses deux mandats, de 1997 à 2007.

Il a dirigé l’organisation pendant la période troublée de la guerre en Irak, avant de voir son bilan terni par des accusations de corruption dans l’affaire « pétrole contre nourriture ».

Un des dirigeants de l’ONU les plus populaires

À son départ, il était cependant un des dirigeants de l’ONU les plus populaires. Conjointement avec l’organisation, il a reçu en 2001 le Prix Nobel de la Paix pour ses « efforts en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ».

« J’ai essayé de placer l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons: de la prévention des conflits au développement et aux droits de l’Homme », avait-il déclaré en acceptant le Nobel.

Kofi Annan avait d’abord dirigé les ressources humaines de l’ONU, puis les affaires budgétaires, avant de chapeauter à partir de 1993 le maintien de la paix et d’être propulsé quatre ans plus tard à la tête de l’organisation.

Lorsqu’il dirigeait le département de maintien de la paix, l’ONU a connu deux des épisodes les plus sombres de son histoire: le génocide rwandais et la guerre en Bosnie.

« Rock star de la diplomatie »

Les Casques bleus se sont retirés en 1994 du Rwanda en proie au chaos et aux violences ethniques. Et un an plus tard, l’ONU n’a pas su empêcher les forces serbes de massacrer plusieurs milliers de musulmans à Srebrenica, en Bosnie.

Kofi Annan s’était vite adapté à son nouveau rôle, multipliant les apparitions à la télévision et les participations aux dîners mondains à New York. Jusqu’à devenir une vedette, qualifié par certains de « rock star de la diplomatie ».

Il avait irrité Washington en estimant « illégale » l’invasion de l’Irak en 2003, qui n’avait pas été entérinée par le Conseil de sécurité.

« Mission impossible »

Né en avril 1938 à Kumasi, au Ghana, fils d’un cadre d’une filiale du groupe anglo-hollandais Unilever, Kofi Annan avait étudié à l’université de Kumasi, puis grâce à une bourse, dans une université américaine, avant d’entrer à l’Institut des hautes études internationales de Genève.

En février 2012, il est choisi par l’ONU et la Ligue arabe pour mener une médiation dans la guerre en Syrie, mais il jette l’éponge cinq mois plus tard. Il accusera les grandes puissances d’avoir par leurs dissensions transformé sa médiation en « mission impossible »

Par AFP


Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix, est mort à l’âge de 80 ans

Premier secrétaire général des Nations unies originaire d’Afrique sub-saharienne, le Ghanéen Kofi Annan est décédé le 18 août à l’âge de 80 ans. Le Ghana a décrété une semaine de deuil national.

Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU emblématique de 1997 à 2006, est décédé samedi 18 août à l’âge de 80 ans.

« C’est avec une immense tristesse que la famille de Kofi Annan et sa fondation annoncent que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et prix Nobel de la paix, est décédé paisiblement d’une soudaine maladie », a annoncé la Fondation Kofi Annan dans un communiqué.

Les réactions à son décès se multiplient. L’actuel secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a salué « une force qui guidait vers le bien », tandis que le Ghana, pays d’origine de Kofi Annan, a décrété une semaine de deuil national, à compter du lundi 20 août.

« Il a considérablement contribué au renom de notre pays par sa position, par sa conduite et son comportement dans le monde », a déclaré dans un communiqué le président ghanéen Nana Akufo-Addo.

« J’ai ordonné qu’en son honneur, le drapeau national soit mis en berne dans tout le pays et dans les représentations diplomatiques dans le monde », a-t-il annoncé.

Prix Nobel de la paix

Né en 1938 à Kumasi, au Ghana, Kofi Annan fut le premier secrétaire général des Nations unies originaire d’Afrique sub-saharienne. Après avoir travaillé pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il avait rejoint l’ONU en 1962.

Ce diplomate de carrière a contribué à rendre l’ONU plus présente sur la scène internationale pendant ses deux mandats, de 1997 à 2006. Il a dirigé l’organisation pendant la période troublée suivant les attentats du 11-Septembre puis de la guerre en Irak, avant de voir son bilan terni par des accusations de corruption dans l’affaire « pétrole contre nourriture ».

Lorsqu’il dirigeait le département du maintien de la paix, l’ONU a également connu deux épisodes sombres : le génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda et la guerre en Bosnie.

À son départ du secrétariat général, il était cependant un des dirigeants de l’ONU les plus populaires. Conjointement avec l’organisation, il a reçu en 2001 le prix Nobel de la Paix pour ses « efforts en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ». « J’ai essayé de placer l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons : de la prévention des conflits au développement et aux droits de l’Homme », avait-il alors déclaré.

40 ans aux Nations unies

Ces dernières années, Kofi Annan avait repris du service sur la scène diplomatique, prenant la tête d’une commission sur les droits des musulmans rohingyas poussés à fuir au Bangladesh face à la répression de l’armée birmane. Plus de 700 000 Rohingyas ont été forcés à l’exode en 2017.

Il a aussi créé une fondation consacrée au développement durable et à la paix et faisait partie du groupe des Elders (« les anciens »), créé par Nelson Mandela pour promouvoir la paix et les droits de l’homme.

À part quelques années passées comme directeur du tourisme du Ghana, M. Annan a consacré quarante ans de sa vie professionnelle aux Nations unies. Dans son autobiographie, il affirme que l’ONU doit servir « non seulement les États mais les peuples » et qu’elle doit être « l’enceinte où les gouvernements rendent des comptes sur la façon dont ils traitent leurs propres citoyens ».

Des échecs

Le génocide des Tutsis au Rwanda et la guerre en Bosnie dans les années 1990 n’ont pu être empêchés par les Nations unies, Kofi Annan étant alors à la tête des missions de maintien de la paix.

Les Casques bleus se sont retirés en 1994 du Rwanda en proie aux violences ethniques. Et un an plus tard, l’ONU n’a pas su empêcher les forces serbes de massacrer plusieurs milliers de musulmans à Srebrenica, en Bosnie.

Ces échecs « m’ont confronté à ce qui allait devenir mon défi le plus important comme secrétaire général : faire comprendre la légitimité et la nécessité d’intervenir en cas de violation flagrante des droits de l’homme », a écrit Kofi Annan dans son autobiographie.


Kerfala Camara KPC donne les raisons de sa démission de la Ligue Guinéenne de Football Professionnel

Conakry, le 17 août 2018
A l’Attention du Secrétaire général de la Ligue Guinéenne de Football Professionnel
Objet : Démission du président.
Monsieur le Secrétaire général,
Je vous prie d’informer l’ensemble de mes collègues et amis membres du Bureau exécutif de la LGFP ainsi que les présidents de Clubs représentatifs de l’Assemblée générale qui m’a fait l’honneur de me porter à la présidence de la Ligue Guinéenne de Football Professionnel en février 2017, de ma décision de présenter ma démission de mes fonctions actuelles de président de la Ligue et de Vice-président de la Fédération par voie de conséquence – ce dernier titre n’étant attribué que es-qualité au président élu de la LGFP.
J’aurais pu choisir de me cacher derrière le poids de mes nombreuses contraintes professionnelles pour expliquer sans faire de vagues la raison de mon départ anticipé après 18 mois seulement d’un mandat de 4 ans, évitant ainsi d’alimenter d’éventuelles polémiques; mais j’ai finalement souhaité, après mure réflexion – par respect pour celles et ceux qui me font confiance et qui se sentent concernés par le développement du football dans notre pays – de rendre publiques les vraies raisons qui me conduisent aujourd’hui à prendre cette difficile et douloureuse décision.
Je me suis rendu-compte effectivement et je prends ici à témoin mes collègues honorables membres élus du Bureau exécutif de la LGFP, que nous ne sommes jamais parvenus en tant que Ligue de football professionnel à nous faire entendre de l’Instance fédérale, avec laquelle le déficit de communication a toujours été abyssal depuis ma prise de fonction.
Nous en sommes réduits en effet aujourd’hui à organiser les matchs de championnat de Ligue 1 et 2, sans jamais être associés, malgré nos incessantes demandes, à la mise en œuvre des chantiers structurants de redressement dont a pourtant cruellement besoin notre football national.
Pour ne prendre que 2 exemples (les plus récents) : le Bureau exécutif de la LGFP a dernièrement décidé à l’unanimité de saisir la Fédération Guinéenne de Football afin qu’elle l’autorise à gérer pour son compte la procédure d’octroi de licence aux Clubs, faisant ainsi de la LGFP (conformément aux orientations de la CAF qui encourage les Associations nationales à aller dans ce sens)) son Bailleur de licence délégué.
La ligue avait à cet effet travaillé à la rédaction d’un Règlement national plus approprié que l’actuel, qui n’a d’ailleurs jamais été suivi d’effets et à l’établissement d’un manuel de gestion et procédures pour les clubs souhaitant s’engager dans la voie du professionnalisme;
Le Bureau de la LGFP a également décidé à l’unanimité de demander à la FGF de lui permettre de désigner deux des 6 ou 7 membres de la Commission Fédérale des Arbitres.
La LGFP aurait pu ainsi soutenir l’action de la FGF pour promouvoir l’arbitrage et soutenir toutes les bonnes initiatives allant dans le sens de son développement souhaitable.
L’idée recherchée à travers ces initiatives était, non pas de déposséder la FGF de ses prérogatives statutaires et réglementaires, mais simplement de pouvoir jouer un rôle plus constructif et participatif à ses côtés en vue de contribuer au développement et à l’essor du football de notre pays.
Malheureusement dans les deux cas, la FGF a opposé une fin de non-recevoir fondée sur une argumentation fallacieuse, aux demandes pourtant légitimes et parfaitement justifiées de la LGFP, la cantonnant à la seule et unique mission d’organiser administrativement les championnats nationaux.
J’ai achevé ainsi de me rendre-compte très objectivement, au bout de 18 mois à la tête de la Ligue et autant à la Vice-présidence de la Fédération, que rien n’était fait pour rendre effective notre volonté de coopération ; et que la FGF ne permettait tout simplement pas à la LGFP de jouer le rôle moteur de développement des Clubs de football professionnels de notre pays, pour lequel elle a été créée.
Je déplore très sincèrement cette absence préjudiciable de dialogue entre la Fédération et la Ligue ; j’en tire donc aujourd’hui les conclusions qui s’imposent et je me retire ainsi de la présidence de la LGFP, car je ne peux me résoudre à demeurer simple spectateur face à une situation qui ne cesse objectivement de se détériorer.
Je demeure naturellement engagé à œuvrer pour le développement du football au niveau de mon Club de cœur – le HAFIA FC – pour lequel j’ai des projets ambitieux que je mènerai à bien, conformément à mon aspiration d’excellence pour le football dans mon pays ;
Je conclurai enfin en souhaitant d’ores et déjà bonne chance à mon successeur, qui aura à faire face à des défis importants… en formulant aussi le secret espoir que les freins et obstacles mis en avant pour expliquer les raisons de cette lettre de démission puissent se transformer en atout pour lui, ouvrant ainsi le champ à une nouvelle ère de franche collaboration entre la FGF et la LGFP : esprit de collaboration que je n’ai jamais cessé personnellement d’appeler de mes vœux, mais qui n’a hélas jamais trouvé d’écho jusqu’à présent au niveau de la tutelle fédérale.
Je remercie du fond du cœur l’ensemble des personnes qui m’ont accordé leur confiance et fait en sorte que je sois porté à la présidence de la Ligue professionnelle de football ;
Et je prie chacune-chacun d’entre vous, d’agréer l’expression de ma profonde considération.
Kerfalla CAMARA – KPC

Faire appel à un consensus politique dans un contentieux électoral c’est tuer l’âme de la démocratie ? (Par Baldé Aissatou Cherif)

Un consensus peut être un accord politique entre des partis politiques dont les vues sont différentes à propos d’une ou de plusieurs questions en vue de rapprocher les positions des unes et des autres de dépasser leurs différends, d’adopter une position commune qui les arrangerait toutes sans qu’aucune d’entre elles ne se sente vaincue. C’est ce qui survient lorsqu’on arrive à une impasse et que l’intérêt général se trouve menacé. Donc cette solution qu’impose les circonstances du moment dans une phase de transition démocratique comme celle que connaît la Guinée, a le mérite de faire éviter le pays des crises si elles ne sont pas résolues à temps risquent de s’accentuer et d’exploser à tout moment, auquel cas personne ne serait épargnée.

Mais ce consensus politique qui demeure un principe pratique efficace pour résoudre des situations conflictuelles, ne peut et ne doit-être transposer dans le champ théorique de la démocratie sans lui ôter son âme. Adopter une telle pratique en politique c’est dénaturer les exigences fondatrices de la démocratie, car la démocratie originellement c’est le pouvoir ou gouvernement assuré par le peuple. C’est le gouvernement de tous pour tous. Et faire appel d’un consensus politique dans un contentieux électoral demeure une négation pure et simple de la démocratie. On ne peut pas continuer à gérer des situations et régler des différends émergent entre les protagonistes par un consensus politique. Dans un contentieux électoral, Il n’y a pas de place possible pour le consensus politique, à moins qu’on veuille supprimer les élections. Car les questions litigieuses liées à la phase électorale doivent être tranchées par les urnes et pas autrement. Il s’agit là de deux processus différents qui ne peuvent fonctionner ensemble.

La présence de l’un annule celle de l’autre. Si mouvance et opposition en Guinée étaient des vrais démocrates, ils n’allaient pas se substituer à la volonté des électeurs. Mouvance et opposition sont en train de mettre le peuple de Guinée sous tutelle et décréter leurs incapacités à choisir ce qui leur conviendrait le mieux. Les élections sont l’occasion de départir démocratiquement les voix, c’est une compétition volontaire où les électeurs sont invités à choisir ceux parmi les candidats les mieux aptes à les gouverner. Faire intervenir d’autres procédés et changer les règles sur le terrain de jeu égalitaire et responsable, c’est ôter toute qualité de citoyens aux guinéens et toute liberté à leurs volontés. Mouvance et opposition comment voulez-vous responsabiliser le peuple de Guinée et leurs apprendre la démocratie, la culture politique si vous les privez de tels droits ? Une telle attitude ne pourrait que faire d’eux des sujets qui acquiescent servilement au bon vouloir de ceux qui veulent les guider comme un troupeau de mouton. Avec ce genre de comportement d’une élite irresponsable, égoïste et égotique, nous ne pouvons jamais avoir une transition démocratique stable avec des institutions démocratiques consolidées.

Baldé Aissatou Cherif, Politologue, Hambourg