dimanche, décembre 9th, 2018

 

Le ministre Keira reconnaît que « le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière »

Lors de son passage, ce vendredi, à l’Assemblée nationale, pour défendre son budget, face aux élus du peuple, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Alpha Ibrahima Keira, a fait le point sur la situation du personnel de la police et de la protection civile en Guinée.

D’après les chiffres donnés par le premier responsable du département en charge de la sécurité et de la protection civile, force est de reconnaitre que la Guinée est loin d’atteindre le standard international dans ce secteur, qui se trouve être primordial pour le bon fonctionnement de la démocratie dans un pays.

En effet, le ministre Keira a expliqué : « Dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, une cartographie opérationnelle des unités de la police nationale et de la protection civile sur l’ensemble du territoire national a été réalisée sur le financement de l’Union Européenne. Cet outil numérisé et interactif a permis de dénombrer en temps réel les objectifs, les armes, les minutions, le positionnement, le parc immobilier, les moyens logistiques et matériels et les moyens de maintien d’ordre sur l’ensemble du territoire national ».

À ce titre, poursuit-il, « la police nationale compte 505 unités, toutes catégories confondues (Services Centraux ; Directions Régionales ; Commissariats Centraux ; Compagnies Mobiles d’Intervention et de Sécurité –CMIS ; Brigade Anti Criminalité – BAC ; Commissariats Spéciaux ; Commissariats Urbains et Postes de Police) et la Protection Civile 12 unités (Services d’Incendie et de Secours –SIS, Unités de Protection Civile –UPC). Sur la base de cet outil, la police nationale compte un effectif 10.298 dont 1.644 femmes et la protection civile compte 957 agents, dont 139 femmes. Ces chiffres indiquent que le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière ».

« Pour la police nationale que nous avons, il n’y a pas 35 unités répertoriées qui n’ont aucun effectif ; 180 unités ne disposent que d’un seul agent par service ; 83 unités ne disposent que de deux agents par service. L’effectif de police dans 9 préfectures ne dépasse pas 20 agents, dont 2 d’entre elles ont moins de 6 agents. En revanche, Conakry regorge de 63% de l’effectif total de la police nationale », a précisé le ministre de la Sécurité.

Face à l’ampleur de ces anomalies, Alpha Ibrahima Keira dit avoir pris des dispositions, pour corriger cette situation, à l’effet aujourd’hui, de compter 22 agents au minimum par préfecture.

Mohamed Soumah


Guinée : Le 3ème mandat tant redouté (Par Dr. Ahmed Camara)

Alors que la question d’un troisième mandat revient chaque fois dans les débats et focalise l’attention, le président Alpha Condé a donné des instructions aux autorités administratives de la Haute Guinée où il est en tournée, de faire cesser le mot d’ordre ‘’vive le 3ème mandat’’.

Du coup, certains analyses, qui n’en rêvaient pas mieux, s’en sont allés à des conclusions hâtives : Alpha Condé ne veut pas d’un troisième mandat. Trop facile. En réalité, Alpha Condé ne veut pas que son périple qui doit le conduire en Haute Guinée, en Guinée Forestière et en Moyenne Guinée, soit marqué sous le sceau officiel d’un troisième mandat.

L’objectif étant de lancer ou de relancer des infrastructures qui manquent encore cruellement aux localités visitées. Les projets identifiés et à exécuter ne dépasseront pas tous plus d’un an. On ne peut pas parler d’un troisième mandat quand on débute des projets. A leur réception dans un an, il sera alors indiqué de parler de futur ou d’ambitions électoralistes.

Entre temps, le barrage de Souapiti sera fini, et la comptabilisation des actions d’envergure menées depuis neuf ans prédisposera à demander une fois de plus le suffrage populaire. Qui pourra se faire par référendum car encore une fois, il n’y a pas de plus souveraineté que celle exercée par le peuple. La Constitution actuelle, votée par des camarades réunis dans une salle ne saurait être l’expression de la volonté populaire qui s’exprime par un vote.

Il est vrai que jusqu’ici le président Condé ne s’est pas exprimé publiquement sur cette affaire de troisième mandat mais cela ne veut pas dire qu’il n’y pense pas. Et le message fort envoyé aux préfets lors de sa tournée ne prouve pas qu’il n’ait pas d’ambition dans ce sens. Alors si le peuple est vraiment souverain, laissons-le s’exprimer. S’il ne veut pas d’un troisième mandat, il le dira et si c’est le contraire également il le fera savoir. Je ne vois vraiment pas pourquoi il y aurait des problèmes dans ce sens. Voilà, j’ai jeté le pavé dans la mare.

Allons-y.

Dr. Ahmed Camara depuis Berlin


Célébration du 03 décembre, les temps forts du discours du Président Alpha Boubacar DIOP, Président du ROPACIDPH (réseau guinéen des organisations des personnes handicapées).

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, a célébré le 03 décembre 2018 la Journée Internationale des Personnes Handicapées.La blue zone de Kaloum, théâtre de  cette réjouissance, grouillait de monde et offrait un spectacle de fête, les personnes victimes de toutes formes  de handicap étaient au rendez-vous. 

 Outre, les prestations artistiques, les scènes de liesse, ce sont les différents discours ayant ponctué l’événement qui ont ténu le public en haleine.

Le Président du ROPACIDPH, réputé ardent défenseur des droits des personnes vivant avec handicap a salué la présence des autorités. Selon lui, cette présence est assez évocatrice du vif intérêt qu’elles accordent à cette couche, plus loin, il est revenu sur l’historique de cette journée, l’importance qu’elle revête, ainsi que ses objectifs « À la suite de la création de l’Organisation Mondiale des Personnes Handicapées(OMPH) en 1981 et sa reconnaissance par l’Organisation des Nations-Unies, la célébration annuelle de la journée internationale des personnes handicapées a été proclamée en 1992 par la résolution 47/3 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies. Depuis, chaque année, des célébrations et événements sont tenus dans le monde entier afin de sensibiliser les autorités politiques et la population à la participation sociale des personnes handicapées et aux façons de rendre la société plus inclusive »  a rappelé le Président.

 En Guinée, cette célébration se particularise par sa coïncidence avec une série d’activités d’une importance capitale, allant tous dans le sens d’un véritable programme de société pour la prise en compte de la dimension handicap, il s’agit notamment:

 1-l’adoption par l’Assemblée Nationale le 15 mai 2018 de la loi portant protection et promotion des personnes handicapées de la République de Guinée suivi de sa promulgation par S.E.M le Président de la République le 13 juillet 2018.

 2-le lancement de la vulgarisation de ladite loi ce 03 décembre ; 

3-L’organisation du 04 au 05 décembre 2018, de l’atelier de validation des textes d’application.

4-L’organisation du 11 au 13 décembre de l’atelier de L’Union Africaine sur le manuel de l’intégration des personnes handicapées. 

Ces acquis  et ceux en cours sont le fruit d’un effort surréaliste fourni par les organisations faîtières grâce au plaidoyer « Tous ces acquis et ceux en cours, faut-il le souligner sont imputables grâce au plaidoyer et à la contribution majeure des organisations faîtières des personnes handicapées qui sont toujours à l’avant-garde. » a souligné le Président. 

Par ailleurs, le Président du ROPACIDPH a sollicité l’implication du premier Ministre pour débloquer les dossiers des personnes handicapées diplômées du supérieur qui, trépignent d’impatience,attendent leur intégration à la fonction publique  » Je vous prie Excellence Monsieur le premier Ministre, d’intervenir aujourd’hui même auprès de monsieur le Ministre du Budget pour qu’il donne l’ordre de finaliser avant la fin de cette année, le processus d’engagement à la fonction publique d’étudiants handicapés diplômés………. » a plaidé commissaire DIOP.

À rappeler que la législation spécifique en faveur des personnes à mobilité réduite a fait émerger une lueur d’espoir chez bon nombre de personnes handicapées, elles saluent les avancées significatives qui sont entre autres, l’adoption de la loi portant protection et promotion des droits de PH, suivi de sa promulgation, et elles restent convaincues que l’application de ce texte mettra un terme au calvaire des personnes handicapées.

En Guinée, l’application des lois c’est la croix et bannière, d’où l’importance pour les personnes handicapées de ne pas dormir sur leurs lauriers et de de rester constamment aux aguets.

BARRY Mamadou pour www.kenenyi.com