mercredi, février 6th, 2019

 

Affaire Aissatou Boiro/ Le gouvernement se félicite du verdict: ‘‘Cette initiative s’avère inquiétante pour la suite de la procédure’’, selon Me Mohamed Traoré (avocat de la défense)

Au lendemain de la condamnation des assassins de Madame Aissatou Boiro et Paul Temple Cole, au tribunal de première instance de Dixinn, le gouvernement guinéen a fait un communiqué, ce mardi soir, à la télévision nationale, exprimant sa satisfaction par rapport au verdict.

Sur sa page facebook, Me Mohamed Traoré, un des avocats de la défense, a fait un commentaire sur cette sortie médiatique de l’État guinéen sur le dossier qui est toujours entre les mains de la justice. Car les condamnés ont interjeté appel dès après la sentence ; ce qui du coup suspend la décision en instance. « Il s’agit donc d’une décision qui n’est pas définitive. Elle est susceptible d’être confirmée ou infirmée par la Chambre criminelle de la Cour d’appel », explique-t-il.

« (…) Le Gouvernement a fait publier un communiqué par lequel il exprime sa satisfaction par rapport aux décisions intervenues et son engagement à lutter contre l’impunité. Cette initiative s’avère inquiétante pour la suite de la procédure, en ce sens qu’il s’agit d’une manière (volontaire ou involontaire ???) de faire pression sur les magistrats qui auront à juger ces  affaires en appel », a déclaré Me Mohamed Traoré, sur sa page facebook.

« Il faut, en effet, rappeler que les accusés bien qu’ayant été condamnés, sont présumés innocents, tant qu’il n’y aura pas une décision de condamnation définitive à leur égard. Le communiqué du Gouvernement pourrait influencer plus tard les magistrats de la cour d’appel qui auront à connaître de l’affaire », a rappelé Me Traoré, ex-bâtonnier de l’Ordre des avocats de Guinée.

Bhoye Barry


Liberté conditionnelle en Belgique pour Laurent Gbagbo

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l’humanité, bénéficie d’une liberté conditionnelle en Belgique, a annoncé la CPI mardi soir.

« M. Gbagbo est désormais en liberté conditionnelle en Belgique », a indiqué une porte-parole de la CPI, en attendant un éventuel appel contre son acquittement prononcé le 15 janvier. Bruxelles avait annoncé samedi 2 février avoir accepté d’accueillir Laurent Gbagbo, 73 ans, libéré vendredi sous conditions après plus de sept ans de détention.

Depuis, Laurent Gbagbo et son co-inculpé Charles Blé Goudé, l’ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes dont la CPI a également décidé la libération, résidaient dans un lieu tenu secret. Parmi les conditions édictées par les juges : l’obligation de résider dans un État membre de la CPI en attendant un éventuel procès en appel.

Visa de 90 jours

Les juges n’avaient pas précisé le pays qui accueillerait Laurent Gbagbo, ni si un retour de l’ancien président dans son pays, qui fait partie des États membres de la Cour, était envisageable.

Une porte-parole des services belges de l’immigration, Dominique Ernould, a confirmé qu’un visa lui avait été octroyé. « On a donné les instructions pour lui délivrer un visa de type C, qui est une autorisation de séjour pour 90 jours », a-t-elle indiqué. « Ce visa lui permettra d’aller s’enregistrer comme résident dans la commune belge qui l’accueille », a-t-elle ajouté. Une source belge a précisé que le renouvellement d’un tel visa était exceptionnel.

« Surveillance »

Samedi, le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders avait expliqué qu’accueillir Laurent Gbagbo était « une demande de la Cour (…), tout simplement parce qu’il a de la famille en Belgique : sa deuxième épouse, un enfant à Bruxelles ».

« Nous avons estimé qu’il était normal qu’il puisse séjourner pour sa libération conditionnelle en Belgique dans des conditions strictes », avait-il ajouté. Avant d’avertir : « il devra évidemment se présenter à tout moment à la Cour pénale et il y aura une surveillance ».

Par Jeune Afrique avec AFP


Enseignement supérieur / Haro sur le recteur du Centre Universitaire de Foulaya démasqué et soupçonné d’usurpation de titre.

Au centre universitaire de Foulaya, dans la préfecture de Kindia, le Recteur «Docteur» KOUROUMA Jacques ne serait plus en parfait amour avec certains étudiants désireux se rendre en Europe pour continuer leurs cursus universitaire, car il constituerait un obstacle à leur évolution. Allez savoir pourquoi.

En 1993, monsieur KOUROUMA Jacques a soutenu et validé un Diplôme d’Études Approfondies (DÉA) à l’EHESS de Paris, avec pour thèse « Histoire des Kpèlès, 1765-1912 ».

Depuis sa prise de fonction en tant que Recteur du Centre Universitaire de Foulaya, tous les diplômes qu’il signe seraient rejetés dans les ambassades et les consulats pour usurpation de titre, car il les signerait avec le titre de Docteur dont il ne serait pas titulaire en réalité. Face à un tel escamotage intellectuel, que dit la loi ?

« La loi N° 2016/059/AN portant Code Pénal, en sa section 4, article 679, qualifie l’usurpation d’infraction et la punie d’un emprisonnement de 6 mois à  2 ans et d’une amande de 500 000 à 2 000 000 francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement », martèle Maître D. Ousmane, spécialiste des questions juridiques relatives à l’usurpation de titre. 

« Les produits de nos institutions universitaires sont le plus souvent le reflet du corps enseignant qui les a formé. Le minimum de background exigé pour enseigner dans une université est le Doctorat. Or au pays du Professeur Alpha CONDÉ, rien qu’avec une licence en poche on peut dispenser des cours dans les universités. Quel crime contre la formation académique ? En  Guinée, nous avons opté pour la promotion de la médiocrité et les conséquences crèvent les yeux de nos jours. Si on n’éradique pas  ces pratiques  de notre système éducatif, à l’avenir, on sera contraints d’importer la ressource humaine de meilleure qualité. Le  dicton ne dit-il pas : Tant vaut l’École, tant vaut la Nation ! », s’insurge cet activiste très remonté. 

À suivre !

BAYO Ibrahima Kalil