vendredi, février 8th, 2019

 

Présidentielle au Sénégal : Abdoulaye Wade de retour à Dakar, réitère son appel au boycott du scrutin

L’ex-président Abdoulaye Wade est rentré jeudi au Sénégal, où il a réitéré son appel à empêcher l’élection du 24 février, « verrouillée » selon lui pour assurer la reconduction de son successeur Macky Sall. Un appel qui n’a, pour l’instant, rencontré que peu d’écho.

Le cortège de l’ancien président (2000-2012), qui réside en France, arrivé en jet privé après deux ans d’absence, a mis près de cinq heures pour rejoindre la permanence de son parti dans la soirée, après un trajet jalonné d’étapes en banlieue, acclamé à chaque fois par la foule de ses partisans.

Des meetings prévus dans tout le pays

Au cours d’une harangue de plus d’une heure en langue nationale wolof au siège de sa formation, le Parti démocratique sénégalais (PDS), Abdoulaye Wade, vêtu d’un boubou bleu et d’un châle blanc et coiffé d’un chèche rouge, a exhorté les quatre candidats en lice face au sortant à boycotter le scrutin.

Ne vous ridiculisez pas en participant à cette élection

« Je voudrais que les quatre candidats face à Macky Sall sachent qu’il s’est déjà proclamé vainqueur », a-t-il affirmé. « Macky Sall a déjà son pourcentage, 55% ou 65%. Le sachant, ne vous ridiculisez pas en participant à cette élection », leur a-t-il lancé.

Dans une vidéo diffusée mardi, il a appelé la population à s’« opposer à la tenue d’une élection entièrement fabriquée », dénonçant l’invalidation des candidatures des deux principaux rivaux potentiels de Macky Sall, son fils Karim et le maire déchu de Dakar Khalifa Sall, tous deux frappés par des condamnations judiciaires.

Jeudi soir, il a annoncé un programme de « meetings et marches » dans tout le pays, avant, pendant et après le jour du scrutin, appelant à « brûler les cartes d’électeur et les bulletins de vote », et les forces de l’ordre « à ne pas réprimer les manifestants et à ne pas leur jeter de grenades lacrymogènes ».



Opposition et société civile sourds aux appels de Wade

Le pouvoir comme l’opposition ou la société civile sont pourtant restés jusqu’à présent sourds à la stratégie prônée par le dirigeant du PDS. « Wade seul contre tous » ou « Me Wade recalé » titraient jeudi les quotidiens.

Même parmi les militants venus l’attendre à l’aéroport avec des tee-shirts à l’effigie de son fils sur lesquels on pouvait lire : « Karim Wade président 2019 », certains pensaient que Gorgui (« le vieux »), selon son surnom affectueux, allait changer de discours.

Un des alliés de l’ancien chef de l’Etat, le député Mamadou Diop Decroix, a d’ailleurs préféré annoncer mercredi son ralliement au candidat Idrissa Seck, ex-Premier ministre d’Abdoulaye Wade, qui a recueilli ces derniers jours plusieurs soutiens de poids. Macky Sall, en campagne comme les quatre autres candidats, « ignore royalement Abdoulaye Wade », a assuré son service de presse mercredi.



La société civile, qui s’était mobilisée en 2012 contre un troisième mandat d’Abdoulaye Wade, a également adressé une fin de non-recevoir à cet appel, à l’image du mouvement citoyen Y’en a marre. « Dans tous les pays, s’il y a un boycott, c’est le parti au pouvoir qui en bénéficie », a dit mercredi son coordonnateur Fadel Barro, appelant les Sénégalais à se rendre « massivement » aux urnes.

Plusieurs autres responsables de la société civile, dont ceux de la section sénégalaise d’Amnesty International et du Forum du justiciable, une ONG de défense des droits de l’Homme, ont rejeté cet appel au boycott.

Par Jeune Afrique avec AFP


Matoto/ Après l’élection de Tos, Kalemodou menace de ‘‘saisir les tribunaux’’

Absent lors de la reprise de l’élection de l’exécutif de la commune de Matoto ; élection qui a porté Mamadouba Tos Camara à la tête de l’exécutif, Kalémodou Yansané de l’UFDG a réagi en ces termes : “Nous n’allons pas nous associer à ça… Nous allons saisir les tribunaux pour dire le droit. On ira au tribunal de Mafanco si on n’obtient pas gain de cause on ira saisir la cour suprême.”

Pour tout dire : “Vous n’êtes pas devant un candidat perdant, vous êtes devant le maire élu de Matoto. Maire élu le 15 décembre 2018, devant toute la presse. J’ai écrit au ministre Bouréma Condé avant hier, en tant que maire. Pour lui dire de convoquer la session pour la mise en place des conseillers de l’exécutif de la commune, la loi prévoit un arrêté signé. Il m’a répondu, pour dire que je fais usurpation de titre, parce que je dis que je suis maire. Mais c’est lui-même qui fait usurpation de fonction, parce qu’il a déclaré qu’il annule une élection. Il n’a pas ce pouvoir.”

Abdou Lory Sylla et Fatoumata Kaba


Tiken Jah : « Bédié, Gbagbo, Ouattara, renoncez à vous présenter en 2020 »

L’artiste chanteur Tiken Jah Fakoly ne veut pas rester passif face à la situation sociopolitique qui prévaut en Côte d’Ivoire. Il s’est exprimé dans une vidéo dans laquelle il invite les Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, responsables des trois grands partis de la Côte d’Ivoire, à ne pas de présenter à la présidentielle de 2020. Une position qui rejoint celle du journaliste-écrivain et éveilleur de conscience André Silver Konan qui a lancé fin janvier, une campagne en vue de la retraite politique des Trois principaux « collaborateurs et opposant historiques d’Houphouët-Boigny ».

« Je fais cette vidéo pour vous inviter à prendre de la hauteur vis-à-vis de la politique et des politiciens. Nous sommes un peuple, une nation de plus de soixante ethnies. Nous devons regarder dans le sens de la paix et de l’unité nationale. L’homme politique a intérêt à ce que nous soyons divisés pour satisfaire ses besoins de nous détourner de nos problèmes communs.

La Côte d’Ivoire est notre bien commun, la Côte d’Ivoire est notre héritage commun. Nous ne pouvons pas nous laisser prendre en otage par trois personnes. Nous devons absolument aller vers la paix et la réconciliation. Depuis plusieurs décennies, à la veille de chaque élection, nous vivons et revivons les mêmes problèmes, alors que nous devons tirer les leçons des années 1999, 2002 et 2010.

C’est à nous aujourd’hui de conseiller les autres peuples, nous devons tout faire pour aller vers la paix, la réconciliation et l’unité nationale. Je voudrais enfin, respectueusement dire au président Alassane Ouattara, au président Henri Konan Bédié, au président Laurent Gbagbo de renoncer à se présenter aux prochaines élections présidentielles et d’être des exemples pour l’Afrique, de rentrer dans l’histoire par la grande porte. Car, la paix, la stabilité de notre pays dépend de vous », a déclaré Tiken Jah.

La campagne d’André Silver Konan

Le 31 janvier 2019, l’analyste politique et leader de l’éveil des consciences en Côte d’Ivoire a publiquement appelé à la retraite politique des trois Grands.

« Ma position est très claire, elle est constante. En 2020, ce serait une grosse bêtise que d’adouber l’un des trois Grands. La raison est simple : ce serait le meilleur moyen d’assister à encore dix ans de tensions, si je pars du postulat que ces trois-là ont une santé de fer. Voyons, Ado et Gbagbo étaient alliés quand Bédié a subi le coup d’Etat. Guéi qui n’avait rien compris a tenté d’entrer entre les 3. Il a été tué. Ado et Bédié étaient alliés quand Gbagbo a été envoyé à la CPI. Aujourd’hui Bédié et Gbagbo cherchent à s’allier pour faire tomber Ado et Soro essaye d’entrer entre les trois. Bref. Ivoirien debout ! Tu as le pouvoir, que dis-je, le devoir, de leur dire « Stop, la Côte d’Ivoire n’est pas votre propriété privée ! »

Prince Beganssou avec ivoiresoir