mardi, mars 26th, 2019

 

RENDEZ-VOUS 2020 : Alpha Condé lance les hostilités

Alpha Condé est coutumier des discours polémiques et va-t-en-guerre. Pour autant, celui qu’il a servi hier au siège de son parti a quelque chose de particulier. Singularité qu’il tire du contexte et peut-être des raisons pour lesquelles le chef de l’Etat l’a voulu aussi corsé. Le contexte, comme tout le monde le sait, est en rapport avec le rendez-vous crucial de 2020. Année à laquelle Alpha Condé achève son second et ultime mandat. Sauf qu’il ne veut pas se conformer à la limite qui lui est prescrite. Se risquant ainsi à aller au-devant d’une grosse crise politique. D’ailleurs, l’adversité à laquelle son projet pourrait se heurter et dont il sent les prémisses est ce qui le pousse à sortir ainsi de ses gongs. Supportant très mal le fait d’être surveillé et épié dans chacun de ses gestes et dans chacune de ses prises de parole, il a fini par céder à la pression. Dévoilant au passage une certaine fébrilité de sa part. Mais pas que. Parce que par la même occasion, il dévoile un peu plus ses intentions et tout ce qu’il est prêt à consentir pour y arriver.

Dans une précédente publication, nous le disions déjà. Les intentions d’Alpha Condé pour 2020 ne sont plus aussi cachées que le prétendent certains. En tout cas, elles le sont encore moins après son discours d’hier. « S’ils sont sûrs d’eux, on n’a qu’à aller devant le peuple. Il va trancher, c’est lui qui dira ce qu’il veut », a en effet déclaré le président de la République. Peut-on être plus clair ? Dans cette seule phrase, Alpha Condé rend publique sa volonté pour ce qui est de 2020. En somme,  à ceux qui s’échinent à lui contester le droit de briguer un autre mandat à la tête du pays, il les invite à soumettre la question au verdict du peuple. A cet indice, s’ajoute celui en vertu duquel le chef de l’Etat réaffirme son appartenance à son parti, plus qu’à sa fonction de président de de la République. « Maintenant, ce n’est pas le président de la République qui sort, c’est le militant », déclare-t-il à plusieurs reprises au cours de sa sortie. Ainsi donc, les uns et les autres sont situés.

Toutefois, Alpha Condé ne s’est pas limité à dévoiler ses intentions. Il a également donné la mesure de la détermination avec laquelle il entend défendre son projet. Si les uns et les autres le consentent, les choses se feront doucement et dans l’accalmie, selon lui. Cependant, si l’affrontement devenait nécessaire, il se dit prêt et incite les siens à se préparer à cette autre éventualité. Parce que, « personne en Guinée ne m’empêchera d’aller devant le peuple pour lui demander ce qu’il veut », martèle-t-il. Et pour joindre l’acte à la menace, il règle les comptes à ceux qui ont jusqu’ici osé s’élever contre les velléités de modification de la constitution. Ainsi, Takana Zion, auteur d’une vidéo virale dans laquelle il s’opposait vertement au troisième mandat, est traité de ‘’Petit drogué’’. Quant à lui, Abdourahmane Sano, dont la Plateforme est particulièrement active dans la mobilisation des citoyens contre le tripatouillage de la constitution, passe pour un ‘’petit bandit’’ ayant tenté de renverser le chef de l’Etat en marge de la grève des enseignants de l’année passée. Plus globalement, Alpha Condé traite ses opposants de ‘’nains politiques’’ et d’’’égoïstes’’ qui, pendant que leurs propres enfants se la couleraient douce aux Etats-Unis et en Europe, enverraient ceux des pauvres citoyens se faire tuer dans les manifestations.

Les dés sont donc lancés. On ne sait pas tout de la démarche qu’entend utiliser Alpha Condé. Par contre, son objectif est très clair. Il veut rester à Sekhoutouréyah au-delà de décembre 2020. Et pour y arriver, il est prêt à tout, absolument tout !

Boubacar Sanso BARRY


Guinée : n’est-ce pas un signe de peur quand l’un des premiers (flics) du pays entre en politique ? (Opinion)

Chez nous, il est de notoriété publique, de dire que la politique serait devenue le quotidien des Guinéens sans pour autant qu’ils n’en tirent le bénéfice nécessaire s’agissant l’analyse de la stabilité du pays, un facteur, s’il est touché, pourrait nous faire retourner en arrière.

17 octobre 2018, ancien ministre délégué à la Défense nationale, puis ministre d’État à la sécurité et la protection civile, Me Abdoul Kabèlè Camara, annonçait son entrée officiellement en politique, sous les couleurs du Parti, Rassemblement guinéen pour le développement (RDG) ; mais en même temps, il oubliait qu’il était celui qui avait les clés de la sécurité nationale du pays, en lien avec les services de renseignements, c’est-à-dire qu’il en était le premier (flic) du pays et que tout le monde le craignait, (ministre de la Défense nationale, ministre de la sécurité).
Aujourd’hui dans l’opinion, on le laisserait faire sans que personne, ni de la mouvance et de l’opposition, n’observe de cet état de fait. Et alors que personne ne peut envisager à présent ce qui pourrait advenir en 2020 ; notamment en termes de mutation politique ; si les nerfs des hommes politiques ne pouvaient pas se lâcher involontairement pour s’engouffrer dans des désinvoltures ; mettant à la place publique des secrets d’enjeux nationaux.

C’est cette observation qui nous fait dire aujourd’hui de relancer le débat, quant à l’entrée en politique de celui qu’on pourrait appeler le premier « flic » du pays, Me Abdoul Kabèlè Camara.

MorikenDeen


Le Président Alpha Condé met en garde : «Quiconque m’insulte suivra les rigueurs de la loi »

Dans une sortie ce dimanche au siège du RPG arc-en-ciel pour les sections scolaires et universitaires du parti au pouvoir, le chef de l’État a mis en garde toute personne qui se hasarderait à l’insulter. Désormais celui qui insulte le président de la république se verra le même devant la justice pour répondre de ses actes.

«La démocratie c’est la voix du peuple, tout le monde est libre dans le débat politique, tout le monde peut critiquer le gouvernement, son programme. C’est normal, c’est la démocratie » a annoncé le président de la république avant de mettre en garde : «Nous n’accepterons plus que les petits voyous drogués nous insultent ».

Des instructions fermes ont été données au procureur général de la république pour arrêter et traduire en justice ceux qui vont insulter le chef de la magistrature suprême.

«J’ai donné l’ordre au procureur de la république, tout petit drogué qui va m’insulter sera arrêté et suivra les rigueurs de la loi. La démocratie est un débat libre. On peut critiquer les actions du gouvernement, du président mais la constitution dit qu’on ne doit pas insulter le président. Donc je préviens, quiconque insultera désormais le président de la république suivra les rigueurs de la loi » a prévenu Alpha Condé.

Dans sa sortie, le chef de l’État n’a pas été tendre avec les rastas et reggae mans. Il affirme n’avoir jamais insulté les anciens présidents de la Guinée.

«Moi je n’ai jamais insulté un président de la république, ni les anciens présidents Sékou Touré et Lansana Conté. J’ai critiqué sue ce que je n’étais pas d’accord. Je n’accepterai plus qu’on banalise l’institution. Le président de la république est protégé par la constitution. Qui quiconque insulte désormais le président, le procureur général a l’obligation de le poursuivre, c’est la loi. Quiconque insulte sera le jour devant la justice. Je connais certains reggae mans qui ont dit que si Alpha Condé gagne en 2010, ils quitteraient la Guinée. Et aujourd’hui, ils viennent devant moi pour me dire M. le président j’ai telle personne, je veux importer ceci, aidez moi. Le jour, ils crient et la nuit ils m’envoient des messages. Désormais, quand ils m’écrivent, je vais vous envoyer leurs sms » ajoute t-il finalement.

Sadjo Bah


‘‘Il (Alpha Condé) veut mettre le pays à feu et après, prendre sa valise et partir’’, accuse un cadre de l’UFR

Les propos tenus par le président Alpha Condé, le week-end dernier, lors d’une réunion avec les sections scolaires et universitaires du RPG, au siège dudit parti, continuent à faire couler encre et salive dans la classe politique guinéenne. Chacun y va de son appréciation et commentaire, tel est le cas de l’Honorable Saikou Yaya Barry de l’UFR, joint au téléphone par notre rédaction, ce matin.

Pour l’actuel secrétaire exécutif du parti de Sidya Touré, « le président de la République s’est comporté en citoyen militant, va-t-en-guerre. La première des choses, il ne devrait pas être au siège du RPG, parce qu’il est le président de tous les Guinéens, même si c’est ce parti qui l’a mis là ».

« La deuxième chose, poursuit-il, les propos qu’il (Alpha Condé, Ndlr) a tenus ne sont pas dignes d’un chef d’État ; en préparant les Guinéens les uns contre les autres à un affrontement. Mais ça ne m’étonne pas de lui, parce qu’il n’a rien à perdre dans ce pays. Il n’a rien dans ce pays et il veut amener les Guinéens à s’affronter entre eux… C’est nous qui avons de la famille dans ce pays, c’est nous qui avons quelque chose à perdre. À 85 ans, il (Alpha Condé, Ndlr) n’a plus que des souvenirs ».

Saikou Yaya Barry

À cet effet, le député de l’UFR a estimé que ces actes du Pr. Alpha Condé sont causés par le fait que « la majorité des Guinéens rejette totalement son projet de s’éterniser au pouvoir. Il se rend compte que cela ne passera pas. Il veut mettre le pays à feu et après, prendre sa valise et partir ».

Pour terminer, le secrétaire exécutif de la troisième force politique guinéenne a déclaré ceci : « Je souhaite que les Guinéens comprennent, bien que cela sera au détriment de leur existence même dans ce pays-là. J’en appelle à la bonne conscience des Guinéens, de quelque bord que ça soit, de ne pas accepter d’être manipulés de la sorte, pour nous amener à l’affront ».

Mohamed Soumah