vendredi, avril 5th, 2019

 

Guinée : l’opposition décide finalement de siéger à l’Assemblée

L’opposition guinéenne a finalement décidé de siéger lors de la session ordinaire de l’Assemblée nationale, qui s’ouvre ce vendredi, après avoir longtemps tergiversé. Elle remettait en cause la légitimité de la prorogation du mandat des députés par décret présidentiel.

L’opposition aura entretenu le suspens jusqu’au bout, avant de trancher. Fallait-il ou non siéger dans un Parlement dont le mandat, théoriquement terminé depuis le 13 janvier dernier, a été prorogé par un décret présidentiel ? Après moult tergiversations et débats internes, la réponse est finalement : oui.

L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, principal parti d’opposition, a rendu sa position publique ce jeudi, au terme d’une réunion de son bureau politique. La direction nationale de l’UFDG « décide que ses députés continueront de siéger à l’Assemblée nationale jusqu’à nouvel ordre », a déclaré ce jeudi Nadia Nahman, porte-parole de Cellou Dalein Diallo.

Longues discussions

Siéger, donc, mais seulement « jusqu’à nouvel ordre ». Une précision qui, tout en laissant planer le doute sur une éventuelle décision ultérieure de quitter les bancs de l’Assemblée, laisse également transparaître les tiraillements lors des débats internes.

L’opposition avait en effet initialement prévu de se prononcer à l’issue d’une « retraite » à Kindia. Annoncée pour le 16 février, elle avait finalement été repoussée au 27 mars. Seuls les membres de l’Opposition républicaine, un collectif de partis formés autour de Cellou Dalein Diallo, étaient représentés à cette réunion, interdite d’accès à la presse. Les discussions n’avaient, là encore, pas permis de trancher.

Sidya Touré a été mis en minorité par les députés de son propre parti

Les députés de l’Union des forces républicaines (UFR), l’autre force d’opposition, ont également décidé de siéger. Une décision qui va à l’encontre de la consigne donnée par Sidya Touré, qui se retrouve seul contre tous au sein du parti qu’il dirige.

« À titre personnel, en tant que militant et ancien député, je ne suis pas pour que l’on siège. J’y suis farouchement opposé. Mais ce n’est pas l’avis le plus partagé au sein du parti », a déclaré à Jeune Afrique celui qui, en 2016, a renoncé à ses fonctions parlementaires lors de sa nomination au poste de Haut représentant d’Alpha Condé, au lendemain de la présidentielle.

Mis en minorité par les députés de son propre parti, Sidya Touré a perdu face à deux arguments avancés par ceux qui refusaient son appel à la politique de la chaise vide. « La première raison est de faire barrage à la volonté de changer la Constitution, si cela est avérée. Le projet passerait forcément par une institution comme l’Assemblée nationale avant d’être soumis au référendum. Un débat est donc possible », explique le député UFR Saïkou Yaya Barry.

« L’autre raison, porte sur la nécessité pour l’opposition de participer au débat sur la révision du code électoral, qui ne va pas dans le bon sens et contre laquelle l’UFR s’était élevée », précise Saïkou Yaya Barry, qui pointe notamment ses inquiétudes quant au mode de désignation des chefs des quartiers et à l’absence d’appel possible sur les décisions des tribunaux en matière de contentieux électoral au niveau communal.

Code électoral, code civil et financements des partis politiques

Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire du RPG arc-en-ciel (mouvance présidentielle), a confirmé que la révision du Code électoral était effectivement inscrite à l’ordre du jour de la session parlementaire.

« L’objectif de son amendement est de tenir compte de certaines des 70 recommandations de l’audit du fichier électoral, en prélude à la tenue des prochaines législatives », explique-t-il à JA.  « Des modifications qui, parce qu’elles portent sur des lois organiques, nécessitent d’obtenir la majorité des deux tiers au Parlement », précise Amadou Damaro Camaro. Il faut donc obtenir le vote de 76 députés, sur les 114 que compte l’Assemblée. Pour faire passer ce texte, la mouvance présidentielle – Le RPG et ses alliés disposent de 63 députés – aura donc besoin de convaincre au moins une quinzaine de députés de l’opposition.

Autre texte sensible qui sera mis en débat : le nouveau Code civil. Le texte a été renvoyé en seconde lecture au Parlement par Alpha Condé. Adversaire déclaré de la légalisation de la polygamie votée par les députés en première lecture, le président de la République a refusé de signer le décret d’application.

La loi portant statut du chef de file de l’opposition et celle concernant le financement des partis politiques sont également inscrites à l’ordre du jour de la session qui s’ouvre vendredi.

Quid d’une éventuelle révision de la Constitution, dont tout le monde parle en Guinée, excepté Alpha Condé, à qui l’on prête – à tort ou à raison – l’intention de briguer un troisième mandat ? « A part les intentions qu’on prête, je n’ai même pas été alerté sur le fait qu’une nouvelle Constitution serait proposée », affirme Amadou Damaro Camara.

ParDiawo Barry


Algérie: une journée test pour les autorités après la démission de Bouteflika

En Algérie, ce vendredi 5 avril est la première journée de mobilisation depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika mardi soir. Une journée test pour les autorités.

Une démission, une lettre d’excuse, de premières mesures d’ouverture annoncées pour les associations et les syndicats. Il y a eu du changement et des gestes d’apaisement cette semaine. Désormais vitrine du nouveau pouvoir, le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, a affirmé qu’il fallait privilégier la solution constitutionnelle.

Il s’est attaqué aux hommes d’affaires, des cercles proches du frère du président Abdelaziz Bouteflika et plusieurs d’entre eux sont désormais sous le coup d’enquête préliminaire pour corruption. Une mesure qui a de l’importance, puisque, ces hommes d’affaires sont eux aussi visés par des slogans dans les manifestations. Ainsi, le richissime homme d’affaire, visage de la corruption et de l’oligarchie en Algérie, Ali Haddad, dort en prison.

La question du rôle de l’armée

Certains estiment que l’armée est du côté du peuple et qu’il faut l’en remercier. D’autres pensent que le respect de la Constitution n’est qu’un prétexte, tant la Constitution a été modifiée ces 20 dernières années, et s’inquiètent du rôle que les militaires pourraient désormais jouer. Aux yeux des observateurs, si l’armée a demandé le départ du président, c’est pour mieux protéger le système.

Ainsi, des associations ont estimé cette semaine que ce qui avait été choisi est « l’option de la transition clanique au sein même du pouvoir ». Ces associations réclament une transition indépendante du système et ont appelé à manifester ce vendredi pour maintenir la pression.

« Qu’ils partent tous »

Car un slogan persiste : « Qu’ils partent tous ». Or, aujourd’hui ce sont des purs produits du système qui, en théorie, restent à la tête de l’Etat pour assurer la transition. Et le chef d’état-major a beau faire partie de l’armée, il ne pourra pas faire oublier le fait qu’il a toujours été proche du président.

Les manifestants ont des attentes concrètes : moins de corruption, plus de transparence, les mêmes chances pour tout le monde, plus de libertés individuelles. Mais surtout, des élections sans fraude. Des élections que les autorités de transition doivent organiser dans trois mois.

Ce qui est certain, c’est qu’un parfum de victoire flotte déjà dans les rues d’Alger. Une belle victoire populaire. Certaines revendications sont entendues, et des mesures auraient été prises : les frères du président démissionnaire, ces hommes de l’ombre accusés de diriger en sous-main l’Algérie seraient en résidence surveillée selon des informations de presse. Les Algériens vont-ils s’arrêter en si bon chemin ? Ou sont-ils au contraire rassurés par les annonces de l’armée qui propose « une feuille de route » ? La rue montrera ce vendredi le degré de confiance qu’elle accorde à cette solution constitutionnelle.

Par RFI


Affaires Guiter Mining à Banankoro : Le procureur général de Kankan fait de graves accusations sur Amadou Damaro Camara.

Au mois de novembre dernier, les installations de Kaba Guiter ont été vandalisées à Banankoro dans la préfecture de Kérouané par des inconnus. Quelques mois après, des suspects sont mis aux arrêts pour «incendie volontaire » sur les installations et équipements de Guiter Mining et parmi lesquels le sotikémo de Banankoro, Elhadj Mamady Diawara.

«Appelé pour témoigner dans une affaire à Kérouané, le sotikémo de Banankoro a été mis aux arrêts et conduit à Kankan deux jours après » a souligné le député Amadou Damaro Camara. Selon Damaro, le sotikémo aurait dit qu’il n’a reçu aucune convocation de qui que se soit et c’est au tribunal que son arrestation lui a été signifiée. Or, le ministre de la justice assure que le sotikémo et plusieurs autres personnes ont reçu des convocations.

Interrogé par les «grandes Gueules », le procureur général à la cour d’appel de kankan a d’abord rappelé que les mis en cause ont reçu des convocations qu’ils ont refusé de répondre.

Selon Yaya Kairaba Kaba, procureur général à la cour d’appel de Kankan, l’instruction sur les «incendies volontaires » subies par les installations de Guiter Mining avancent parce que la personne (sotikémo) qui l’empêchait a été interpellé à Conakry puis libéré par un député de a république.

Le procureur est revenu sur les différentes interventions de l’honorable Amadou Damaro Camara, président de la mouvance présidentielle pour libérer le sotikémo de Banankoro : «L’honorable Damaro est venu à mon bureau au mois de janvier dernier me dire monsieur le procureur, le président de la république a ordonné de mettre en liberté les interpellés de Banankoro.

Est-ce que vous les avez libérés ? J’ai dit non, je n’ai pas reçu cette instruction et je ne pense pas que le président de la république puisse s’adresser directement à moi sans passer par mon ministre. Il répond en disant justement que vous allez recevoir un appel de votre ministre pour faire parvenir ces instructions. Mais en attendant je suis là, il faut procéder à la mise en liberté immédiate.

J’ai répondu à l’honorable Damaro devant l’avocat général, mon adjoint direct, avant de libérer qui que se soit, j’attends de recevoir les instructions non pas du président de la république mais de mon ministre. Il dit d’accord, à la sortie de votre bureau, je vais appeler ton ministre pour lui dire ce que veut le président de la république et vous allez recevoir les instructions. J’ai dit qu’il n’y a pas de problème mais avec tout le respect que je dois à votre personne, je suis désolé, je ne peux pas mettre ces gens là en liberté sans que le ministre de la justice ne soit informé. Quand il tient des propos tout à fait contraire à cela, je dis que c’est intentionnellement coloré pour semer la diversion. Le sotikémo n’a que deux noms à la bouche. Il a le nom du président de la république et surtout celui de l’honorable député Amadou Damaro Camara. Il s’oppose frontalement, il défie l’autorité de la justice, il défie de façon générale l’autorité de l’Etat. Il a affirmé que tant qu’il serait sotikémo et membre du RPG, aucun militant et aucun membre du RPG ne répondra à la justice ou aux autorités de police judiciaire. Quand on a appris qu’il est à Conakry, le mandat qui a été décerné contre lui parce qu’il a refusé de prendre les convocations, j’ai demandé au procureur de Kérouané de balancer les copies de son mandat. La gendarmerie a été saisie et le sotikémo a été mis aux arrêts. Je suis tombé des nus lorsque j’ai appris que par des actions répétées de l’honorable Damaro que ce monsieur a été libéré ».

Face à ces graves accusations, le député Damaro Camara rétorque : «j’ai rencontré le procureur, le l’ai posé des questions. Ce n’est pas de son bureau que le président de la république dit de libérer. J’étais déjà à Kérouané quand j’ai été appelé par le président pour demander qui a le dossier ? J’ai dit que c’est le procureur général. Il m’a dit, dis lui de dire à Sacko (ministre de la justice) de libérer le jeune. J’ai appelé le procureur pour lui répercuter et il m’a dit que le ministre Sacko est entre Kindia et Conakry. Je n’ai plus jamais parlé avec le procureur de cette affaire. Sur l’arrestation du sotikémo, on nous a dit que des militaires sont venus prendre notre vieux, j’appelle le chef des militaires pour dire qu’il y a un vieillard ici qui a été interpellé par des militaires. La suite, ce n’est pas moi ».

Depuis la destruction et les incendies sur les installations de Guiter Mining à Banankoro, plusieurs personnes sont interpellées et les instructions sont en cours selon le procureur général à la cour d’appel de Kankan, Yaya Kairaba Kaba.

Sadjo Bah


‘‘Il a dit qu’il va déclencher la grève, il n’a qu’à déclencher la grève’’, rétorque le Syndicat autonome national de la recherche scientifique aux menaces de Soumah

Dans une conférence de presse qu’ils ont animée, ce mercredi 4 mars, les camarades Aboubacar Soumah (SLECG) et Abdoulaye Sow (USTG) ont accusé le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdoulaye Yéro Baldé, et le Syndicat autonome de la recherche scientifique d’être les responsables du non-respect du protocole d’accord du 10 janvier dernier. Une accusation qui ne passe pas  inaperçue aux yeux du Syndicat autonome de la recherche scientifique, dont le chargé des relations extérieurs et secrétaire administratif par intérim, Lansana Yansané, a bien voulu se prêter aux questions de notre reporter, ce matin.

A l’entame de ses propos, Lansana Yansané, est revenu sur la mise en place de leur structure syndicale, tout en faisant des révélations sur leurs relations avec le camarade Aboubacar Soumah.  « Quand on animait ce mouvement-là, nous on était parti vers Aboubacar Soumah, de nous aider à lutter contre cet arrêté conjoint-là, il a refusé catégoriquement, il dit qu’il n’est pas avec nous, il ne travaille pas avec les jeunes assistants, en nous rejetant ; on a dit qu’il n’y a pas de problème, nous allons aussi effectuer une démarche pour faire notre travail à part, et c’est ce qui nous a amenés à créer une structure syndicale. Yéro n’était même pas au courant de ça, et c’est ce qu’on a créé, nous sommes venus le présenter avec un objectif clair, qui est la formation des formateurs, la recherche, l’équipement des laboratoires et des bibliothèques », a-t-il expliqué.

Selon lui, « nous n’avons rien à avoir, Aboubacar Soumah lui, il cherche avoir les huit millions, nous, nous cherchons la formation. Il n’y a rien de commun entre nous, lui, il cherche de l’argent, nous, nous cherchons la qualification de la formation. Nous voulons que les enseignants soient formés, pour qu’ils puissent donner un enseignement de qualité ».

Sur la question de menaces de reprise des actions fortes par le SLECG, si toutefois un accord n’est pas trouvé d’ici le vendredi, Lansana Yansané répond : « Il a dit qu’il va déclencher la grève, il n’a qu’à déclencher la grève. Il a  fait une grève de trois mois ici, qu’est-ce que ça fait à l’enseignement supérieur ? Même un grain de cheveu n’a pas été ébranlé. Il a fait sa grève ici et nous, nous avons continué les cours. Et si aujourd’hui, il déclenche la grève, nous, nous allons continuer notre affaire sans problème. Mais ce que nous demandons, si jamais le président de la commission qui est Bano Barry, vient à l’Enseignement supérieur avec les membres du SLECG, nous allons déclencher une grève qui ne dira pas son nom, et il faut que ça soit clair. Mais nous sommes prêts à être recensés, à condition que Bano vienne avec des indépendants qui s’ajouteront à nous pour faire le recensement de l’Enseignement supérieur. Nous ne sommes pas opposés au recensement, nous sommes favorables, à condition qu’il vienne avec les indépendants. En dehors de ça, aucun membre du SLECG ne sera reçu dans les actions de l’Enseignement supérieur ».

Selon les dernières nouvelles que nous avons reçues de l’USTG, le ministre Yéro Baldé aurait accepté la poursuite des opérations de recensement des enseignants au niveau des universités.

Fatoumata Kaba