dimanche, avril 7th, 2019

 

Libye : l’ONU annonce le maintien d’une conférence interlibyenne malgré un assaut contre Tripoli

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a déclaré samedi que la conférence nationale prévue en avril en Libye serait maintenue, malgré l’assaut lancé par le maréchal Khalifa Haftar pour s’emparer de la capitale Tripoli.

« Nous sommes déterminés à organiser » cette conférence interlibyenne « à la date prévue », du 14 au 16 avril, « sauf si des circonstances majeures nous en empêchent », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Tripoli.

Jeudi, les forces fidèles au maréchal Haftar, homme fort de l’Est, ont lancé une offensive pour prendre Tripoli, où siège le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et dirigé par son principal rival Fayez al-Sarraj qui a ordonné à ses hommes de les repousser.

« Feuille de route »

La conférence nationale qui doit se tenir sous l’égide de l’ONU à Ghadamès, dans l’ouest de la Libye, est appelée à dresser une « feuille de route » à même de sortir le pays du chaos et d’une crise politique et économique sans précédent, depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

« Les Nations unies vont rester au côté du peuple libyen et nous continuerons à œuvrer pour assurer le succès du processus politique, loin de toute escalade », a ajouté Ghassan Salamé. Il a réitéré l’appel du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres « à la désescalade et au retour au processus politique ».

Réunion en urgence à l’ONU

Antonio Guterres a achevé vendredi une visite en Libye, sa première depuis sa nomination à son poste en 2016, au cours de laquelle il a rencontré Fayez al-Sarraj à Tripoli et Khalifa Haftar à Benghazi (est). « Je quitte la Libye avec une profonde inquiétude et un cœur lourd », avait-il dit en quittant Benghazi, « espérant toujours qu’il est possible d’éviter une confrontation sanglante à Tripoli et dans ses environs ».

Réuni vendredi en urgence à huis clos, le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé aux forces du maréchal Khalifa Haftar d’arrêter leur offensive vers la capitale libyenne Tripoli, prévenant que cette action militaire menaçait la stabilité du pays. Le Conseil « a appelé les forces de l’ANL à interrompre tous les mouvements militaires », a indiqué à la presse Christoph Heusgen, ambassadeur d’Allemagne, à l’issue de la réunion

Par AFP


Algérie: le Parlement réuni mardi pour nommer le président par intérim

En Algérie le Parlement se réunit mardi 9 avril pour nommer un président par intérim. La décision a été prise à l’issue d’une réunion entre les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Problème, ces deux responsables, Mouad Bouchareb et Abdelkader Bensaleh, n’ont aucune crédibilité auprès de la population algérienne qui souhaite leur départ.

Acte I : mardi, députés et sénateurs devront d’abord officialiser la vacance du pouvoir.

Acte II : ils procèderont dans la foulée à la nomination du président par intérim. Comme le prévoit la Constitution, ce rôle revient au président du Conseil de la nation, le Sénat algérien, à savoir Abdelkader Bensaleh. Sa mission sera d’organiser une élection présidentielle dans un délai maximum de 90 jours.

Acte III : il faudra très certainement faire face à la colère de la rue.

Abdelkader Bensaleh fait partie du « système ». Vendredi, lors des grands rassemblements hebdomadaires, son nom était écrit sur presque toutes les pancartes : lui et tous les responsables du régime actuel doivent partir, ce n’est pas négociable.

L’une des principales revendications des Algériens est de lancer un processus de transition avec de nouveaux visages. Des responsables qui n’ont aucun lien avec le président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika.

Cette situation est inédite, même si Abdelkader Bensaleh venait à renoncer à la présidence par intérim, le poste reviendrait au président du Conseil constitutionnel, mais lui aussi fait partie des parias.


‘‘Papa Koly a compris comme beaucoup avant lui, que la vérité c’est au sein du RPG’’, dixit Kassory au siège du RPG

Lors d’une visite surprise, ce samedi 6 avril, aux militants du RPG arc-en-ciel, à leur siège, le Premier ministre, Dr Ibrahim Kassory Fofana, a fait le tour de l’actualité.

L’union de l’opposition, c’est une union qui n’ira nulle part

Il a tout d’abord conseillé de ne pas faire « attention aux sirènes d’illusions qu’on écoute ces derniers jours. L’union de l’opposition, c’est une union qui n’ira nulle part. Nous saluons l’agrandissement des bases de notre alliance, la mouvance présidentielle. Nous saluons le retour à l’alliance de Papa Koly. Il a compris comme beaucoup avant lui, que la vérité c’est au sein du RPG. La vérité et l’avenir, c’est avec le Pr Alpha Condé. Ne cédons pas à la facilité. N’écoutons pas les histoires ici et là qu’on raconte dans les réseaux. La vérité c’est quoi ? La vérité est que le professeur Alpha Condé a tiré la Guinée des difficultés et est en train de donner à ce pays, à ce peuple, ce qu’il mérite. Je ne vais pas énumérer les acquis, tout le monde le sait. Mais pour ceux qui prétendent qu’on a rien fait, je demanderais de se souvenir d’où nous venons. Parce que l’évaluation correcte des situations suppose que vous partiez d’un point de départ, que vous évaluez à un point d’arrivée. Nous ne sommes pas à un point d’arrivée, nous sommes à un point d’étape. Mais on est heureux de pouvoir constater que tous les clignotants sont au vert ».

Quand vous écoutez les radios, vous lisez les réseaux sociaux, vous vous demandez si vous êtes en Guinée

« Quand vous écoutez les radios, vous lisez les réseaux sociaux, vous vous demandez si vous êtes en Guinée. Ceux qui parlent, ceux qui écrivent, rendent compte de ce qui n’est pas. Profèrent des contrevérités. Mais nous en tant que militants convaincus, cela ne doit pas nous perturber. Nous ne provoquerons personne, mais nous ne laisserons personne mettre le feu à la Guinée. Ce pays, c’est ce qui nous est cher à tous. Aujourd’hui nous avons un calme relatif, une sécurité garantie. Je puis vous dire au nom du Pr Alpha Condé que cette sécurité sera renforcée pour que les Guinéens et Guinéennes vaquent à leurs affaires sans que personne ne les dérange », a-t-il rassuré.

Alpha Condé est un grand homme

Avant d’informer que : « Le Pr Alpha Condé a délivré sur ces promesses par rapport à la Guinée. Il a délivré par rapport à son engagement panafricaniste. Ce n’est pas sans raison, que nous accueillerons demain, dans une ferveur militante, le président élu de l’Union africaine. Ce n’est pas sans raison qu’il vient en Guinée, présenter ses hommages et ses respects au Pr Alpha Condé, parce que le Pr Alpha Condé est un grand homme. C’est pour cela, je demanderais au militants du RPG, aux citoyens et citoyennes guinéens de se mobiliser pour réserver à notre hôte l’accueil qu’il mérite. »

Abdou Lory Sylla


Troisième mandat, ce sujet qui défraie la chronique (Par Mamoudou Mariam Tounkara)

Ce mardi de la dernière semaine de mars, je devais me rendre à Kaloum pour y travailler. Ce matin, je n’ai pu travailler à cause d’une panne technique. Pour ne pas rentrer d’aussitôt à la maison, je décide de faire une virgule dans un petit café exposé sur la ruelle menant au palais présidentiel en passant devant la bâtisse abritant le ministère de l’enseignement supérieur.

Si vous voulez savoir comment marche le pays, fréquentez les bars café et magbanas après avoir écouté les médias. Quelques minutes après mon installation pour observer ce mouvement humain qui inspire la démarche des fourmis magnats, arrive sur une veille KTM mon ami lichar ; puis, tour à tour s’installent trois autres concitoyens pour être finalement à cinq autour d’une table ronde de café bar. Pour taquin qu’il soit, lichar une fois fait sa commande de café commence à me harceler de questions. Sa première fut de savoir mon avis sur une éventuelle révision constitutionnelle. Je me rappelle lui avoir dit ceci :

La constitution est un texte sacré dans la vie d’une nation, d’elle dépend toutes les autres dispositions normatives. C’est elle qui détermine la nature du régime et la relation qui lie les individus à l’institution étatique. La constitution est pour l’État ce qu’est la bible et le coran pour le christianisme et l’islam. En tant que telle, la question la concernant ne saurait être abordée avec légèreté. L’homme est capable de défaire tout ce qu’il fait, à condition qu’il y’ait un maximum de consensus. Ce qui veut dire que je suis plutôt favorable à une éventuelle révision constitutionnelle.

Donc en claire, tu cautionnes la révision constitutionnelle par le président actuel ? Relance-t-il. Non, lui réponds-je. Si je suis favorable à une révision de la constitution actuelle, je suis systématiquement opposé à sa révision par le régime actuel pour la simple et unique raison qu’il ne vaut que ce que vaut cette constitution.

Entre cette constitution et ce régime, c’est comme l’eau et le corps qui se lave. En claire, la constitution est l’eau qui lave ce régime et non le contraire. Le prochain régime aura la mission dès ses premiers jours de proposer au peuple une révision. Cela empêcherait toute velléité de confiscation du pouvoir.

Comme tiqué par mon dernier propos, le concitoyen octogénaire qui était en notre compagnie récupéra la parole et s’exprima en ces termes : pourquoi ne voulez-vous pas laisser ce président terminer ses chantiers ? Parce que nous savons par expérience que les Guinéens sont forts dans le sabotage des initiatives de leurs prédécesseurs.

Doyen, lui réponds-je, c’est comme cela que nous fabriquons nos dictateurs. Ce qu’il a fait ou est en train de faire, toi et moi à sa place ferions peut-être mieux que lui, personne n’est indispensable. S’il a le souci d’achèvement de ses chantiers, qu’il désigne dans son camp quelqu’un pour qui sa majorité va voter pour accomplir ses désirs. Ne tuons pas la compétition, nous sommes près de douze millions d’âmes ; chacun peut quelque chose pour ce pays.

Pour terminer, retenons que ceux qui luttent pour un troisième mandat n’aiment point ce pays. Ils ne connaissent que leur intérêt égoïste, c’est comme des gens qui craignent que la fin du régime soit la fin de leur progrès individuel. Et pire, lorsque le projet sera exposé au grand jour, des Guinéens vont s’exposer, du sang sera versé, des âmes seront ôtées et inévitablement le pays va connaître sa guerre civile. Guinéens, le pire est évitable !

Mamoudou Mariam Tounkara, sociologue