samedi, mai 11th, 2019

 

Coopération : Alpha Condé et Hage Geingob pour rapprocher la CEDEAO et la SADC

La visite d’État de deux jours du  Président Alpha Condé en Namibie pourrait favoriser une coopération entre les zones économiques occidentale et australe du continent africain. Le Président namibien Hage Geingob a en effet déclaré au cours de cette visite que les relations bilatérales entre la Namibie et la Guinée devraient rapprocher  la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté de développement d’Afrique Australe (SADC) dont il est le président en exercice.

«  Ce type de coopération est essentiel pour progresser dans la réalisation des aspirations de l’Agenda 2063 et de l’intégration continentale auxquelles nous aspirons tous. Nous devons créer des emplois, en particulier pour nos jeunes. C’est pourquoi nous devons tous travailler en priorité à l’amélioration de l’environnement des entreprises, à la promotion des investissements et au développement des petites et moyennes entreprises (PME) », a déclaré le président namibien cité par Namibia Economist.

Alpha Condé est rentré jeudi nuit d’une visite de travail de deux jours chez son homologue Hage Geingob. Cette visite intervenue dix mois après le séjour de Geingob à Conakry, a permis de signer trois nouveaux accords de coopération dans les secteurs des mines, de l’agriculture et du tourisme. En septembre 2018, les deux pays avaient déjà signé à Conakry quatre accords de coopération.

La Namibie, pays d’Afrique australe, a été conquise et administrée par l’Afrique du Sud de 1915 à 1990, après la colonisation allemande. Indépendante depuis 1990, elle est le troisième pays le plus jeune d’Afrique avant l’Érythrée (1993) et le Soudan du Sud (2011).

Par Tokpanan Doré


[Tribune] Le rôle des multinationales dans les violences en Afrique

Qui fait quoi dans les conflits miniers en Afrique ? Traquer l’origine des minerais n’est pas chose aisée pour les multinationales. Pourtant, face à l’ampleur des dégâts humains et sociaux, leur responsabilité est fortement engagée.

Cette tribune a initialement été publiée sur le site de The Conversation.

Par Nicolas Berman Chercheur en économie, CNRS, Aix-Marseille School of Economics (AMSE), Aix-Marseille Université (AMU), coauteur, avec Mathieu Couttenier, Dominic Rohner, et Mathias Thoenig d’un article scientifique montrant que la présence de firmes étrangères en Afrique augmente la violence des territoires miniers.

En février 2019, Apple s’est engagé à améliorer la traçabilité de ses matières premières. Dès 2017, la firme avait été saluée par l’ONG Amnesty International pour avoir publié les noms de ses fournisseurs de cobalt afin d’éviter d’alimenter le travail des enfants en République démocratique du Congo (RDC). La firme est membre de l’initiative RMI(Responsible minerals initiative), un organisme visant à faire respecter les droits de l’Homme dans la chaîne d’approvisionnement.

Ces initiatives contrastent avec les pratiques actuelles de la plupart des entreprises. Souvent implantées en Afrique, là où les sous-sols regorgent de matières premières, elles contribuent à alimenter un terrain déjà très conflictuel. Leur rôle dans l’augmentation de la violence en Afrique a été détaillé par un article scientifique des économistes Nicolas Berman, Mathieu Couttenier, Dominic Rohner, et Mathias Thoenig.+ d’analyses

Des pratiques douteuses

Là où règne le non-droit, les multinationales s’adaptent

Pourquoi une telle différence entre les entreprises domestiques et étrangères ? Une des explications avancées est celle de leur vulnérabilité par rapport aux extorsions rebelles. Alors que les entreprises domestiques disposent généralement de la protection de l’armée ou de l’État, les multinationales étrangères doivent faire sans.

Si elles s’implantent dans des zones instables, comme c’est le cas dans beaucoup de territoires miniers, elles doivent composer avec les pratiques des groupes en place. Là où règne le non-droit, elles s’adaptent.

C’est exactement ce qui s’est passé pour la firme chinoise Kun Hou Mining, de 2013 à 2015, selon un rapport de l’ONG Global Witness. Pour extraire l’or de la rivière Ulindi, située au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, elle a su jouer du droit coutumier en place. Elle s’est appuyée sur la corruption des autorités locales et le soutien de milices opérant sur le territoire pour avoir accès aux mines.

En échange, elle leur a envoyé des liasses de billets, des armes et des rations alimentaires. Le butin récolté a pris le large vers Dubaï. Résultat : dans la province du Sud-Kivu, l’extraction de l’or n’a officiellement généré aucun revenu fiscal. Une histoire parmi tant d’autres pour ce pays de la région des Grands Lacs.

La richesse de son sous-sol et la faiblesse de ses institutions se conjuguent pour en faire un terrain d’affrontement où les droits de l’Homme sont bafoués. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, la Seconde Guerre du Congo (1998-2003) a été le conflit le plus meurtrier et ses répercussions n’ont pas cessé de secouer le pays.

L’influence des entreprises étrangères sur le sol africain est loin d’être négligeable quand on sait qu’elles représentent 60 % du total des firmes. Si elles ne sont pas tenues de rendre des comptes, elles deviennent des facteurs d’instabilité majeurs pour le continent. Mais toutes n’ont pas le même profil. Pour les firmes implantées dans les ex-colonies, les comportements sont différents.


Qui paye un tribut aux milices sur place ?

Certaines multinationales jouissent de la protection des États africains grâce aux liens historiques qui les unissent. Ici, le passé colonial imprègne encore le tissu économique. De nombreuses recherches scientifiques ont souligné la proximité qui persiste entre les firmes des anciens colons et les gouvernements des anciennes colonies.

Les entreprises reçoivent une attention toute particulière de la part de l’État et sont plus facilement protégées par l’armée. Cela leur offre une marge de manœuvre plus importante dans l’exploitation des ressources.

Les quatre économistes rejoignent ce consensus. Leurs estimations suggèrent que ces multinationales n’ont pas d’incidence significative sur l’augmentation de la violence. Toutefois, comme elles ne représentent qu’un cinquième de l’échantillon de firmes étrangères qu’ils étudient, ils invitent à continuer les analyses.

Les entreprises nord-américaines ou chinoises par exemple, doivent généralement faire face à l’insécurité sans bénéficier de protection externe. Pour l’obtenir, elles sont prêtes à payer le prix. Bien souvent, la rançon qu’elles payent alimente les activités rebelles et les trafics illégaux. Cet argent permet aux milices de se maintenir en place et d’étendre leur zone d’influence.

Les mesures de transparence sont-elles efficaces en pratique ?

Des initiatives visant à modifier les pratiques des entreprises se sont peu à peu mises en place. Parmi elles, la section 1502 de la loi Dodd-Franck de 2010 qui visait principalement le commerce avec la République démocratique du Congo. Bien que menacée par l’administration Trump, elle impose aux entreprises américaines de révéler l’origine des minerais qu’elles utilisent.

De telles mesures de transparence sont-elles efficaces en pratique ? Les auteurs se sont penchés sur les multinationales qui ont signé l’ICMN(International Council on Mining and Metals), pour promouvoir la responsabilité sociale des entreprises.

Pour vérifier l’efficacité de telles mesures, les quatre économistes localisent les entreprises signataires et étudient leur correspondance avec les conflits. Le résultat semble encourageant puisque les signataires n’ont aucun effet sur la violence. Une bonne nouvelle pour ces régions où de nombreuses initiatives fleurissent depuis quelques années. Mais les entreprises ne sont pas les seuls leviers.

De nouvelles initiatives de la part des États

Le 9 avril, le gouvernement nigérian a décidé de bannir toute activité minière dans la région de Zamfara, pour restaurer la paix. Le ministre des Mines et du Développement sidérurgique, Abubakar Bwari, a précisé « Lorsque nous visons le développement d’activités économiques, nous devons aussi penser aux aspects humains et aux pertes humaines dont nous sommes témoins ».

Pour ce faire, le gouvernement a donné 48 heures aux étrangers impliqués dans les activités minières pour quitter son territoire.

Comme le Nigeria, les États africains ont un rôle de premier plan dans la stabilisation de leur territoire. Ils doivent lutter contre la corruption qui gangrène leurs institutions et sert de caution aux activités illégales. Une Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), s’est créée en 2003 avec l’objectif de créer une norme pour respecter la traçabilité en matière de ressources pétrolières, gazières et minérales.

Elle s’applique aujourd’hui à 52 pays à travers le monde. Selon l’étude des auteurs, la participation des États africains à cette ITIE a des répercussions positives sur l’incidence des conflits (même si leur adhésion est relativement récente et que les calculs nécessiteraient davantage de données). L’exacerbation de la violence due à une hausse des prix en est amoindrie.


À travers la traçabilité des minerais, les États reprennent aussi la main sur leurs ressources. Le Niger et le Nigeria ont signé le 26 mars 2019 un mémorandum d’entente afin de mutualiser leurs efforts dans le secteur minier et ainsi augmenter sa contribution au PIB. De nouveaux codes miniers ont éclos pour renégocier la position des compagnies étrangères dans l’industrie minière.

Le dernier en date est celui de la République démocratique du Congo qui a imposé de nouvelles taxes en mars 2018. Le nouveau Président Félix Tshisekedi pourrait désormais aller plus loin, toujours avec le même objectif : permettre au pays de générer plus de revenus grâce à ces ressources.

La RDC ne fait que suivre une dynamique entamée par bien d’autres pays depuis déjà une dizaine d’années (l’Afrique du Sud, le Maroc, le Mali, le Sénégal, le Niger, la Guinée ou encore le Burkina Faso par exemple).

L’effet de telles mesures de traçabilité et de transparence est complexe : certaines recherches montrent par exemple que le Dodd-Frank Act, au lieu de réduire l’insécurité, a notamment incité les groupes armés à réorienter leurs actions vers des actes plus violents, comme le pillage des populations locales. Selon le contexte et l’application qui est faite de la mesure, les effets peuvent varier.

Ces mécanismes sont récents et encore peu étudiés, c’est pourquoi les auteurs appellent à de nouvelles analyses. Toutefois, ces premiers résultats encouragent les États à mettre en place des mesures pour contrer ces pratiques illicites. Surtout, ils intiment aux entreprises d’assumer leurs responsabilités lorsqu’elles s’installent dans un territoire minier.

Par Nicolas Berman

Chercheur en économie, CNRS, Aix-Marseille School of Economics (AMSE), Aix-Marseille Université (AMU)


Economie guinéenne/ un rythme de croissance rapide de 6,3% (officiel)

Conakry, le 10 Mai 2019 – A l’issue de la 3ème revue, par l’équipe pays du FMI, conduite par Mme Giorgia Albertin, du programme économique et financier appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC) soutenu par le Fonds monétaire international, la Guinée et le groupe d’experts du FMI sont parvenus à la conclusion que l’économie de la Guinée a enregistré en 2018 un rythme de croissance rapide : 6,3%.

Le niveau des réserves internationales a connu une augmentation substantielle sur la même période grâce à une politique monétaire prudente.

L’inflation quant à elle connait une légère décélération à 9,7% au 1er trimestre 2019 après s’être établie à 9,9% en 2018 en moyenne.

Les perspectives budgétaires maintiendront la trajectoire budgétaire traduite dans la Loi de finances initiale 2019 avec un solde de base en excédent de +0,8% du PIB grâce à la rationalisation des dépenses publiques.

Les 2 parties ont convenu qu’il faut arriver à une meilleure maîtrise des subventions du secteur de l’énergie et à une mobilisation accrue des recettes fiscales. Les équipes du FMI préconisent une politique d’endettement prudente afin de maintenir la Guinée dans la zone de risque d’endettement modéré et de préserver la soutenabilité de la dette publique à moyen terme.

Le gouvernement guinéen s’engage à augmenter les dépenses sociales ainsi que stipulé dans la Loi de finances initiale et assure que les dispositifs d’inclusion économique et sociale et le financement des collectivités joueront pleinement leur rôle en faveur du partage de la prospérité et le recul de la pauvreté.

Source: Ministère de l’Économie et des Finances


Burkina : les deux otages français enlevés au Bénin libérés au cours d’une opération militaire

Quatre otages, dont les deux touristes français enlevés au Bénin le 1er mai, ont été libérés au cours d’une opération militaire française menée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina Faso. Deux soldats français ont été tués, a annoncé la présidence française.

L’opération militaire a été « conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso ». Elle a permis de libérer quatre otages, « dont Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, enlevés le 1er mai dernier au Bénin », a annoncé l’Élysée dans son communiqué. « Une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne ont également été libérées », précisent les services de la présidence française.

Deux soldats français tués

Deux militaires français ont été tués au cours de cette intervention, « le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales », a précisé l’Élysée.

Dans son communiqué, le président français « remercie les autorités béninoises et burkinabè pour leur parfaite coopération » et « les assure de l’entière volonté de la France à les aider dans leur lutte contre le terrorisme au Sahel ».

Dans un communiqué de presse, Florence Parly, la ministre française des Armées, a par ailleurs salué « le précieux soutien [des] alliés américains [de la France] dans la conduite de cette opération ».

« Ces facteurs ont été essentiels pour le succès de l’opération, garantissant la réactivité dès l’annonce de la disparition des deux Français, la mise à disposition de moyens et la cohérence d’ensemble de l’opération », précise encore l’état-major français.

Les deux touristes français étaient en vacances dans le parc national de la Pendjari, dans le nord du Bénin, lorsqu’ils ont disparu avec leur guide près de la frontière avec le Burkina Faso. Un corps, celui de leur guide, avait été découvert le 4 mai.

Par Jeune Afrique


Kassory invite les religieux à prôner la paix et la quiétude

Conakry le 10 Mai 2019 – Le Premier ministre, Chef du Gouvernement a présidé ce vendredi la cérémonie d’ouverture de la 38ème édition du concours national de lecture, d’interprétation et de mémorisation du Saint Coran.

Ce concours national qui regroupe 184 candidats venus des foyers coraniques, des centres de mémorisation, des 33 préfectures de la Guinée et des 5 communes de la capitale a connu la présence de la Premier Dame de la République Hadja Djènè Condé et vise principalement à inciter les jeunes à non seulement mémoriser le saint coran mais aussi de pratiquer correctement la religion musulmane.

D’entrée de jeu, l’honneur est revenu à Adama Sanoh lauréat du concours international de lecture du Saint Coran qui a eu lieu au Koweït de réciter quelques versets du Coran pour annoncer l’ouverture officielle de cette 38ème édition.

Prenant la parole, le Secrétaire Général des Affaires Religieuses a précisé qu’apprendre le Coran et d’enseigner aux autres est très méritoire en islam. C’est pourquoi la ligue islamique accorde un grand intérêt à la lecture, surtout quand il s’agit de la période de jeûne.  L’occasion a été saisie par Aly Jamal Bangoura pour féliciter une fois de plus l’heureux gagnant du concours mondial qui a eu lieu au Koweït.

Pour sa part, le Premier ministre, Chef du Gouvernement a rappelé que ce concours s’inscrit en droite ligne des préoccupations du Gouvernement et du Président de la République comme un enseignement et à l’éducation, un degré de priorité. Selon lui, l’interprétation du Saint Coran est partie intégrante de l’éducation dans sa contribution significative à l’éducation morale et spirituelle du citoyen.

Poursuivant, Ibrahima Kassory Fofana a invité l’ensemble des acteurs musulmans à respecter le contexte de la religion islamique qui subit aujourd’hui dans le monde des actes radicaux et non appréciable au nom de l’islam. Pour se faire, il a demandé aux acteurs musulmans de prôner l’an paix, la quiétude sociale qui constitue le sens propre de l’islam pour un développement socio-culturel de la Guinée.

Il faut préciser qu’une délégation des aveugles et malvoyants à travers deux de leurs représentantes ont interprété la lecture du Saint Coran en écriture braille, avant de recevoir des mains du Premier ministre, Chef du Gouvernement cinq cartons de Saint Coran en écriture braille.

La Cellule de Communication du Gouvernement