mardi, mai 14th, 2019

 

La chronique de Mamadou Dian Baldé : Le choix cornélien

Mamadou Dian Baldé, journaliste et éditorialiste s’est penché sur le fait que le président tarde encore à annoncer les couleurs. Comme s’il était confronté à un choix cornélien. L’épilogue du bras de fer judiciaire entre l’honorable Damaro Camara et les magistrats est aussi passé au crible dans cette chronique « croustillante ».

Talibé Barry: Bonjour Mamadou Dian. Dans votre chronique de ce matin, vous  vous mettez un peu dans la tête du président, confronté selon vous à un choix cornélien ?

Mamadou Dian Baldé : On s’attendait à ce que le président de la République révèle enfin son projet au grand jour à la faveur de la cérémonie de lancement des travaux de l’an 61 des festivités de l’indépendance. Mais le locataire du palais sekouthouréah continue de faire durer le suspense.

À Kindia, Alpha Condé est venu, il a vu mais il s’est gardé d’annoncer la couleur. En guise de réponse à l’appel lancé par les organisateurs de ce meeting géant au stade Fodé Fissa, en faveur d’une modification de la constitution, le chef de l’État a servi la même rengaine que lors de ses précédentes sorties. « Je vous ai écouté, je vais donc vous répondre. Il faut que tout le monde comprenne que ce que le peuple veut, personne ne peut arrêter ça », tel fut donc le discours sibyllin tenu par le président à Kindia.

À la satisfaction des promoteurs d’une continuité dans la gouvernance actuelle.

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Le président de la République, pour légitimer ses ambitions, dit s’en remettre à la volonté populaire.

Il s’agit là d’une technique bien rodée, dans la rhétorique populiste qui se construit autour du  « peuple ». On n’en a pas encore fini avec les séquelles de la première République dont le président disait agir en symbiose avec son peuple.

La suite on la connaît avec le fameux camp de concentration Mamadou Boiro et ses victimes. C’est un peu la mise en pratique de la formule attribuée à tort ou à raison à Louis XIV qui disait : « l’État c’est moi ». Au même moment où le chef de l’État communiait avec son peuple au stade, une partie de ce même peuple se récriait dans les rues de Kindia contre un éventuel changement constitutionnel.

Organisée par le FNDC, cette manifestation anti troisième mandat s’était soldée par l’arrestation de 7 opposants au fameux projet.

Leur condamnation au terme d’un procès jugé expéditif, a suscité l’émoi jusqu’au sein du parquet général, qui a pris fait et cause pour les opposants, appelant à un pouvoir en cassation du verdict.

Un geste hautement salué par l’opinion. Même si une hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes finalement dans un contexte où le peuple qui n’emboucherait pas la même trompette que celle du parti au pouvoir, est mené à la baguette, s’offusque l’opposition, tandis que l’autre peuple bénéficierait lui, de la brosse à reliure. Sauf qu’il ne sert à rien d’enfouir la tête sous le sable et nier la réalité.

Pour le moment, c’est comme si Alpha Condé est confronté à un choix cornélien qui est celui de garder la manette au-delà de 2020 ou de tourner définitivement la page, en acceptant de prendre sa retraite.

La duplicité de l’UDG

Pour vous l’Union démocratique de Guinée (UDG) ne jouerait pas franc jeu avec ses alliés, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dans le combat contre le 3ème mandat. Vous en avez pour preuve la récente sortie du maire de Kindia qui s’en est fait le chantre en Basse Guinée ?  

Mamadouba Bangoura s’est arrogé la qualité de porte-parole des maires de la basse Guinée, en exaltant le président Alpha Condé, lors de cet événement qui a tenu le public en haleine.

L’occasion été opportune pour le maire  de renouveler tout son attachement et son soutien au chef de l’État pour le projet de modification constitutionnelle, devenu si cher au parti au pouvoir.

Un discours désavoué par son parti l’UDG de Mamadou Sylla, qui l’a aussitôt convoqué à un entretien disciplinaire, à son siège de Conakry. Mais pour les détracteurs de cette formation politique, la direction de l’UDG fait juste semblant d’être gêné aux entournures, quand on sait que leader se réclame de l’opposition républicaine. Même si sa proximité avec l’UFDG ne l’a pas empêché de faire la courte échelle au RPG-ARC-EN-CIEL, pour barrer le chemin à Abdoulaye Bah, vainqueur du scrutin. Ce dernier s’était vu rétoquer pour sa rigidité. D’où cette duplicité qu’on prête au parti de Mamadou Sylla.

Quant au maire de Kindia, certains de ses collègues l’ont démenti. Se disant surpris désagréablement par les propos de l’édile, en faveur d’une modification constitutionnelle. Le maire qui a choisi de se mettre de l’autre côté du manche, fait la sourde oreille. Le vieil homme n’a pas eu une once de regret pour son acte.

Pire, il a dit que si cela était à refaire, il le referait. Du coup, quand il demande aux membres du FNDC de se tenir loin de sa localité, cela vaut son pesant.

Damaro versus magistrats: un « mal pour un bien »

Le bras de fer entre l’honorable Damaro Camara et l’association des magistrats continue encore d’alimenter les débats dans la cité. Vous êtes de ceux qui pensent que cela va servir de déclic pour réveiller notre système judiciaire, tant décrié ?  

Amadou Damaro Camara ne passera pas sous les fourches caudines des magistrats. Du moins pas pour cette fois. Suite au refus opposé par le parlement de lever l’immunité parlementaire du président de la majorité présidentielle. Les députés, solidarité oblige, ont préféré se serrer les coudes, que de livrer leur collègue aux griffes des robes noires, qui avaient juré de lui faire payer pour son discours impudent à leur endroit.

Le député avait, il faut le rappeler, mis à l’index des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. C’était suite à l’interpellation des présumés auteurs de la casse perpétrée à Banankoro, dans la préfecture de Kerouané, sur des engins de l’entreprise Guiter SA, entraînant d’énormes pertes.

Damaro en tant que fils de la région et hiérarque du parti au pouvoir, avait été mis à contribution, afin d’obtenir la libération des prévenus. Dont le doyen de la localité, soupçonné d’être le cerveau de l’opération.

Suite à la sortie du président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, l’Association des Magistrats avait vu rouge. S’en suivra alors une plainte auprès du TPI de Kaloum contre Amadou Damaro Camara pour « diffamation, outrage à magistrats, abus de fonction, atteinte à l’autorité de la justice… »

Et comme on le voit in fine, la démarche n’a pas prospéré. Ce qui constitue un camouflet pour nos magistrats, qui se sont fendus aussitôt d’une déclaration. Déclaration dans laquelle, ils jurent de laver l’affront qui leur a été fait. Car « cette dénonciation et la malveillance des propos des uns et des autres, ont un effet de réarmement moral, qui ne permettra plus la réédition des décisions du genre de celle récente du tribunal de Kindia », peut-on lire dans la déclaration.

L’épilogue de cette passe d’armes entre Damaro et l’Association des Magistrats, au-delà de la passion qu’elle a engendrée,  ne doit être qu’un « mal pour un bien ». Si on en croit en tout cas les magistrats qui annoncent la fin du petit doigt sur la couture du pantalon.

Amadou Damaro lui n’en a cure. Car au lieu de faire acte de contrition, l’honorable député a plutôt fait une remarque au ministre de la justice, qui a l’air d’une mise en garde.

Le message est clair: « Ce serait un risque de s’attaquer au patron de la majorité qui vous soutient.»

Cela s’appelle simplement se tenir par la barbichette.

Mamadou Dian Baldé

Journaliste et éditorialiste


Soudan : Omar el-Béchir inculpé pour le «meurtre» de manifestants

Le président déchu Omar el-Béchir a été inculpé pour « le meurtre de manifestants » pendant les protestations contre son régime, a indiqué lundi le Procureur général soudanais. Dans le même temps, les discussions sur le futur Conseil de transition ont progressé et des violences ont éclaté à Khartoum, faisant cinq morts dans la capitale.

« Omar el-Béchir et d’autres (personnalités) ont été inculpés pour incitation et participation au meurtre de manifestants », selon un communiqué du Procureur. L’inculpation de l’ancien président, actuellement emprisonné à Khartoum, fait suite à une plainte déposée pour la mort d’un médecin durant des protestations à Burri, un quartier de l’est de Khartoum, selon la même source.

Dans son communiqué, le Procureur général a recommandé l’ »accélération des enquêtes sur les meurtres d’autres manifestants ». Le Soudan est en proie depuis le 19 décembre à un mouvement de contestation inédit ayant poussé à la destitution le 11 avril par l’armée du président Béchir qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis près de trois décennies.

Selon une association de médecins proche de la coordination des protestataires, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), 90 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre depuis le début des manifestations le 19 décembre. Les autorités parlent quant à elles d’un bilan de 65 morts.+ d’analyses.

Le Conseil de transition prend forme

Alors que la justice poursuit son travail dans le dossier de l’ancien président, les discussions autour de la formation du futur conseil de transition ont continué lundi. Les représentants de la contestation populaire au Soudan et les généraux au pouvoir ont annoncé lundi être parvenus à s’entendre sur des structures de transition exigées par les manifestants, sur fond de regain de tensions à Khartoum.

Cet accord a été annoncé quelques heures seulement après la reprise de discussions jugées cruciales pour l’avenir du pays.

« Au cours de la réunion d’aujourd’hui, nous nous sommes mis d’accord sur la structure des organes (de transition) et leurs prérogatives », a déclaré à l’AFP un porte-parole des protestataires, Taha Osman. Ces organes sont un « Conseil souverain, un cabinet et une assemblée législative », a-t-il précisé. « Les discussions de demain (mardi) vont porter sur la durée de la période de transition et la composition du (nouveau) conseil » et des deux autres organes, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamsedddine Kabbachi a confirmé les termes de l’accord. « Nous nous sommes entendus sur la formation des entités de la transition aux niveaux souverain, exécutif et législatif », a-t-il déclaré à la presse. « Demain, nous allons discuter des pourcentages de représentation (au sein de ces organes) et de la durée de la transition », a-t-il dit.

Jusqu’ici, les deux parties divergeaient notamment sur la composition d’un Conseil souverain appelé à remplacer le Conseil militaire qui a pris le pouvoir après l’éviction d’Omar el-Béchir. L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, veut qu’il soit dominé par les civils tandis que l’armée cherche à ce qu’il comprenne une majorité de militaires. Les généraux souhaitent une période de transition de deux ans tandis que les protestataires veulent que cette période s’étende sur quatre ans. Les militaires voulaient en outre garder la Charia (loi islamique) comme source de la législation pendant la période de transition.

La tension monte à Khartoum

Les progrès dans les négociations sur le transfert du pouvoir par les militaires intervient alors que la tension est montée dans la capitale Khartoum. Trois manifestants de plus ont été tués par balles lundi soir à Khartoum, ce qui porte à cinq le bilan des morts au cours d’incidents dans la capitale soudanaise, selon des sources médicales et militaires.

Depuis dimanche soir, des manifestants bloquent une grande artère de la capitale, la rue du Nil, après avoir accusé les militaires d’avoir fermé un pont menant à leur sit-in permanent devant le QG de l’armée. Lundi, des heurts ont eu lieu entre forces de l’ordre et manifestants, selon le Comité des médecins, proche de l’ALC. Les paramilitaires de la Force de soutien rapide (RSF) ont dispersé à coups de bâton des manifestants dans plusieurs endroits de Khartoum et démantelé des barricades, selon ce comité.

Dès dimanche, le Conseil militaire a jugé « totalement inacceptable » le blocage de la rue du Nil. « Cela crée du chaos et rend la vie difficile pour les citoyens », avait-t-il déclaré dans un communiqué. Mais il a démenti des affirmations sur les réseaux sociaux selon lesquelles les forces de sécurité avaient l’intention de disperser le sit-in principal qui se maintient devant le QG de l’armée depuis le 6 avril. « Nous assurons que cela est totalement faux », avait indiqué le Conseil militaire.

Par Jeune Afrique avec AFP


Libération des 7 opposants à un 3è mandat: c’est une victoire, réagit le FNDC

Les 7 militants de la démocratie du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) ont été libérés ce lundi 13 mai par le juge de la Cour d’Appel de Conakry  pour délit non constitué.

Joint au téléphone, le coordinateur national des opérations du FNDC a déclaré que c’est une victoire pour sa plateforme. Lisez !

«Depuis quelques jours les militants de la démocratie ont été arrêtés à Kindia dans l’exercice d’une liberté constitutionnelle. Ils ont été violentés, brutalisés et condamnés à tort par le juge indélicat du TPI (Tribunal de Première Instance) de Kindia. Aujourd’hui, nous avons assisté à une expression d’un début de démocratie contre la dictature que le président Alpha Condé veut instaurer en Guinée. Le juge a déclaré libres nos militants de la démocratie pour délit non-constitué. Le procureur de la Cour d’Appel de Conakry a aussi demandé de relâcher purement et simplement les militants de la démocratie. C’est une victoire pour le FNDC. Nous sommes déterminés plus que jamais à combattre pour la sauvegarde de la Constitution et les acquis démocratiques chèrement acquis par le peuple souverain de Guinée», a-t-il expliqué.

Par Sekou Sanoh


La phrase de Dr Fodé Oussou Fofana fait des vagues (Copie d’une plainte contre le Vice-président de l’UFDG)

La sortie du vice président du principal parti politique de l’opposition guinéenne en assemblée générale ordinaire au siège de l’UFDG  continue à susciter beaucoup de critiques tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Ces critiques ont été faites sur la fameuse phrase « Faites vos ablutions et dites au tout puissant que vous êtes en train de faire du djihad  » par des personnages politiques,acteurs de la société civile.

Chacun attaque, à sa manière, le contenu de la phrase .

Sur ce,la maison des associations et ONG de Guinée,pilotée par Lansana Diawara vient de porter plainte contre le député Dr Fodé Oussou Fofana avec citation directe au près du procureur de la Cour d’appel de Conakry.

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