Affaires Guiter Mining à Banankoro : Le procureur général de Kankan fait de graves accusations sur Amadou Damaro Camara.

Au mois de novembre dernier, les installations de Kaba Guiter ont été vandalisées à Banankoro dans la préfecture de Kérouané par des inconnus. Quelques mois après, des suspects sont mis aux arrêts pour «incendie volontaire » sur les installations et équipements de Guiter Mining et parmi lesquels le sotikémo de Banankoro, Elhadj Mamady Diawara.

«Appelé pour témoigner dans une affaire à Kérouané, le sotikémo de Banankoro a été mis aux arrêts et conduit à Kankan deux jours après » a souligné le député Amadou Damaro Camara. Selon Damaro, le sotikémo aurait dit qu’il n’a reçu aucune convocation de qui que se soit et c’est au tribunal que son arrestation lui a été signifiée. Or, le ministre de la justice assure que le sotikémo et plusieurs autres personnes ont reçu des convocations.

Interrogé par les «grandes Gueules », le procureur général à la cour d’appel de kankan a d’abord rappelé que les mis en cause ont reçu des convocations qu’ils ont refusé de répondre.

Selon Yaya Kairaba Kaba, procureur général à la cour d’appel de Kankan, l’instruction sur les «incendies volontaires » subies par les installations de Guiter Mining avancent parce que la personne (sotikémo) qui l’empêchait a été interpellé à Conakry puis libéré par un député de a république.

Le procureur est revenu sur les différentes interventions de l’honorable Amadou Damaro Camara, président de la mouvance présidentielle pour libérer le sotikémo de Banankoro : «L’honorable Damaro est venu à mon bureau au mois de janvier dernier me dire monsieur le procureur, le président de la république a ordonné de mettre en liberté les interpellés de Banankoro.

Est-ce que vous les avez libérés ? J’ai dit non, je n’ai pas reçu cette instruction et je ne pense pas que le président de la république puisse s’adresser directement à moi sans passer par mon ministre. Il répond en disant justement que vous allez recevoir un appel de votre ministre pour faire parvenir ces instructions. Mais en attendant je suis là, il faut procéder à la mise en liberté immédiate.

J’ai répondu à l’honorable Damaro devant l’avocat général, mon adjoint direct, avant de libérer qui que se soit, j’attends de recevoir les instructions non pas du président de la république mais de mon ministre. Il dit d’accord, à la sortie de votre bureau, je vais appeler ton ministre pour lui dire ce que veut le président de la république et vous allez recevoir les instructions. J’ai dit qu’il n’y a pas de problème mais avec tout le respect que je dois à votre personne, je suis désolé, je ne peux pas mettre ces gens là en liberté sans que le ministre de la justice ne soit informé. Quand il tient des propos tout à fait contraire à cela, je dis que c’est intentionnellement coloré pour semer la diversion. Le sotikémo n’a que deux noms à la bouche. Il a le nom du président de la république et surtout celui de l’honorable député Amadou Damaro Camara. Il s’oppose frontalement, il défie l’autorité de la justice, il défie de façon générale l’autorité de l’Etat. Il a affirmé que tant qu’il serait sotikémo et membre du RPG, aucun militant et aucun membre du RPG ne répondra à la justice ou aux autorités de police judiciaire. Quand on a appris qu’il est à Conakry, le mandat qui a été décerné contre lui parce qu’il a refusé de prendre les convocations, j’ai demandé au procureur de Kérouané de balancer les copies de son mandat. La gendarmerie a été saisie et le sotikémo a été mis aux arrêts. Je suis tombé des nus lorsque j’ai appris que par des actions répétées de l’honorable Damaro que ce monsieur a été libéré ».

Face à ces graves accusations, le député Damaro Camara rétorque : «j’ai rencontré le procureur, le l’ai posé des questions. Ce n’est pas de son bureau que le président de la république dit de libérer. J’étais déjà à Kérouané quand j’ai été appelé par le président pour demander qui a le dossier ? J’ai dit que c’est le procureur général. Il m’a dit, dis lui de dire à Sacko (ministre de la justice) de libérer le jeune. J’ai appelé le procureur pour lui répercuter et il m’a dit que le ministre Sacko est entre Kindia et Conakry. Je n’ai plus jamais parlé avec le procureur de cette affaire. Sur l’arrestation du sotikémo, on nous a dit que des militaires sont venus prendre notre vieux, j’appelle le chef des militaires pour dire qu’il y a un vieillard ici qui a été interpellé par des militaires. La suite, ce n’est pas moi ».

Depuis la destruction et les incendies sur les installations de Guiter Mining à Banankoro, plusieurs personnes sont interpellées et les instructions sont en cours selon le procureur général à la cour d’appel de Kankan, Yaya Kairaba Kaba.

Sadjo Bah






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