Bayo Ibrahima Kalil

 

La grève du Camarade Soumah et le gouvernement de notre fameux professeur (Par Ibrahima Kandja Doukouré, New York)

Notre professeur du Droit International Économique nous a dit : « Les rapports de forces ont toujours caractérisé les relations internationales ».

En d’autres termes, les rapports de forces, les moyens de pression, caractérisent même les négociations ou les dialogues entre les politiciens, entre les acteurs d’un même pays ou entre l’Etat et une partie du peuple, comme les syndicalistes.

Ainsi, chaque partie fait toujours en sorte d’être en position de force ou avoir le maximum de pression sur l’autre partie, dans le but de lui imposer ses vues ou la pousser à faire le maximum de compromis dans un dialogue ou une négociation.

D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui poussent notre infatigable opposition à être têtue dans ses marches stupides, pour être dans une position de force ou avoir le maximum de pression sur la mouvance présidentielle, même si l’histoire risque de lui donner tort. Un politicien peut utiliser un moyen de pression jusqu’à ce que cela ne crée pas plus de problèmes à ses compatriotes, car dans le cas contraire, il peut dire adieu aux électeurs ; sans les électeurs, il ne remporterait aucune élection. C’est pourquoi, elle n’a gagné aucune élection depuis huit (8) ans, et risque de ne rien gagner dans les circonstances actuelles.

Par ailleurs, il y a quelques mois que notre syndicaliste Soumah et son groupe avaient mis le gouvernement dos au mur, car ils étaient en vraie position de force et avaient le maximum de moyens sociaux de pression sur lui. On était dans une grève illégale, nous disait le gouvernement, qui ne voulait absolument pas entamer les négociations avec ce monsieur ; mais les élèves dans la rue, les destructions et les violences qui les accompagnent ont poussé notre fameux professeur à inviter même Camarade Soumah à la présidence. Le calme était donc revenu dans la cité et les affaires avaient repris leur cours normal.

Malheureusement, notre Camarade qui n’avait pas très bien compris les raisons qui ont poussé le gouvernement et le chef de l’État à l’inviter à la présidence, vient de lancer une nouvelle grève avec les revendications qui n’ont aucune chance d’être écoutées, car elles sont fantaisistes, n’a apparemment aucun moyen de pression, n’est dans aucune position de force, et ainsi, ne pourrait guère rien imposer à l’autre partie.

Une autre raison qui a fait que notre Camarade et son groupe ont probablement perdu leurs moyens sociaux de pression sur le gouvernement et que les forces sociales ont estimé sans doute qu’elles avaient été trahies par les syndicalistes qui les avaient, à un moment donné de leur lutte commune après l’augmentation du prix de l’essence à la pompe par le gouvernement, laissé tomber en faisant cavalier seul. Ils avaient abandonné les forces sociales à l’époque, pour continuer les négociations avec le gouvernement sans tenir compte de revendications sociales, et sans savoir que les deux groupes de revendications étaient inséparables.

Aujourd’hui, la grève est en cours, mais certaines écoles privées et publiques ignorent Camarade Soumah et ses amis et le gouvernement ne les écoute guère, allant même jusqu’à suspendre les salaires des grévistes. On ne sait trop combien de temps nos grévistes tiendraient-ils le coup, sans salaires et sans aucun moyen de pression ? On dirait que les rapports de forces et les moyens de pression ont déjà changé de camp.

Cependant, il y a un détail que notre fameux professeur et son gouvernement ignorent très certainement. Les syndicalistes risquent de ne jamais suspendre leur grève, même sans salaires et avec certaines reprises partielles des cours, car ce serait probablement la fin du syndicalisme, ne serait-ce que dans l’éducation. Nos camarades syndicalistes préféreraient continuer toute l’année scolaire dans cette situation, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, et cette année scolaire serait malheureusement partiellement troublée. Ils ne doivent pas aussi oublier que nos camarades syndicalistes peuvent retrouver rapidement leurs moyens sociaux de pression à tout moment et on assisterait ainsi au chaos.

En conclusion, tout laisse croire que notre fameux professeur et son gouvernement sont en position de force avec nos syndicalistes, mais il leur revient d’arrêter cette situation dans laquelle des milliers d’élèves en paieraient les conséquences. On doit aider la partie en face à sauver la face. Le gouvernement a ainsi le devoir patriotique d’entamer le dialogue avec Camarade Soumah et son équipe, quelles soient leurs revendications. Les deux finiraient naturellement par trouver un compromis, les syndicalistes sauveront la face et leurs relations avec leur base continueraient à être intactes et les cours seront complètement repris. C’est la Guinée qui en sortirait naturellement gagnante.

Nos camarades syndicalistes auraient ainsi appris la leçon. La grève est un moyen légitime d’aider les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie. Elle doit donc obéir aux lois en vigueur et doit mettre sur la table des revendications qui ne sont pas fantaisistes et qui ont pour objectif d’aider vraiment les salariés. Ce n’est pas parce qu’on a dans le pays les gens qui nous aident à manifester et à détruire qu’on doit se lever du mauvais pied le matin en appelant à une grève, avec les revendications qui n’ont pour objectif que de semer la pagaille dans le pays.

Certes, les enseignants et chercheurs souffrent en Guinée et le gouvernement, par le biais de syndicalistes patriotes et responsables, doit les aider, mais toutes les parties doivent savoir que ces améliorations ne se feront pas en un seul jour. Elles demandent de temps, des esprits patriotiques et de patiences, dans la paix qui accompagne le développement socio-économique.

On finit par dire, et on le croit de toutes nos forces : « Jamais deux parties patriotes ne peuvent s’asseoir autour d’une même table de négociation, toutes ces parties ne pensent qu’à leur pays, sans finir par faire des concessions et de compromis, en trouvant un accord dans l’intérêt général. Si elles discutent et ne trouvent pas un accord, l’une n’est point aussi patriotique, comme elle le prétend, ou les deux ne le sont guère ».


Démission du Haut Représentant du Président de la République: voici la copie de sa lettre de démission.

Ce lundi 11 décembre 2018, Sidya TOURE,nommé
le samedi 2 janvier 2018 par décret du Président de la République au poste de Haut Représentant du président de la République,démissionne de son poste. voici la copie de sa lettre de
démission.


Sidya Touré met un terme à sa collaboration d’avec le Chef de l’État.

Il faut admettre que les prémisses d’un manque d’entente entre le Chef de l’État et son haut représentant étaient visibles. En dépit de ses accointances avec le Chef de l’État, Sidya TOURE, ne manie pas la langue de bois pour décrire la gouvernance actuelle, une gouvernance ayant brillé par une faiblesse avérée dans le domaine de  la Sécurité, de l’Éducation, un secteur secoué par une crise syndicale, depuis la rentrée scolaire.

Le Président de l’U.F.R s’est également plaint de la non-prise en compte de ses propositions, tirant les conséquences de cela, il a décidé de rendre le tablier.

Il faut reconnaître que depuis sa nomination à ce poste, beaucoup de guinéens, se sont posé la question de savoir quelle va être l’apport de M. Sidya TOURE en tant que haut représentant, car sa promotion n’était pas assortie d’attributions.

À présent la question qui se pose avec acquitté,est quel sera le sort de l’Alliance électorale U.F.R-R.P.G, signée en marge des élections communales? Le R.P.G fonde bien son espoir sur l’U.F.R en vue de briguer la Mairie de Matoto. Le rêve s’est-il brisé ? Watch un see. 

BARRY Mamadou pour www.kenenyi.com


Le ministre Keira reconnaît que « le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière »

Lors de son passage, ce vendredi, à l’Assemblée nationale, pour défendre son budget, face aux élus du peuple, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Alpha Ibrahima Keira, a fait le point sur la situation du personnel de la police et de la protection civile en Guinée.

D’après les chiffres donnés par le premier responsable du département en charge de la sécurité et de la protection civile, force est de reconnaitre que la Guinée est loin d’atteindre le standard international dans ce secteur, qui se trouve être primordial pour le bon fonctionnement de la démocratie dans un pays.

En effet, le ministre Keira a expliqué : « Dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, une cartographie opérationnelle des unités de la police nationale et de la protection civile sur l’ensemble du territoire national a été réalisée sur le financement de l’Union Européenne. Cet outil numérisé et interactif a permis de dénombrer en temps réel les objectifs, les armes, les minutions, le positionnement, le parc immobilier, les moyens logistiques et matériels et les moyens de maintien d’ordre sur l’ensemble du territoire national ».

À ce titre, poursuit-il, « la police nationale compte 505 unités, toutes catégories confondues (Services Centraux ; Directions Régionales ; Commissariats Centraux ; Compagnies Mobiles d’Intervention et de Sécurité –CMIS ; Brigade Anti Criminalité – BAC ; Commissariats Spéciaux ; Commissariats Urbains et Postes de Police) et la Protection Civile 12 unités (Services d’Incendie et de Secours –SIS, Unités de Protection Civile –UPC). Sur la base de cet outil, la police nationale compte un effectif 10.298 dont 1.644 femmes et la protection civile compte 957 agents, dont 139 femmes. Ces chiffres indiquent que le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière ».

« Pour la police nationale que nous avons, il n’y a pas 35 unités répertoriées qui n’ont aucun effectif ; 180 unités ne disposent que d’un seul agent par service ; 83 unités ne disposent que de deux agents par service. L’effectif de police dans 9 préfectures ne dépasse pas 20 agents, dont 2 d’entre elles ont moins de 6 agents. En revanche, Conakry regorge de 63% de l’effectif total de la police nationale », a précisé le ministre de la Sécurité.

Face à l’ampleur de ces anomalies, Alpha Ibrahima Keira dit avoir pris des dispositions, pour corriger cette situation, à l’effet aujourd’hui, de compter 22 agents au minimum par préfecture.

Mohamed Soumah


Guinée : Le 3ème mandat tant redouté (Par Dr. Ahmed Camara)

Alors que la question d’un troisième mandat revient chaque fois dans les débats et focalise l’attention, le président Alpha Condé a donné des instructions aux autorités administratives de la Haute Guinée où il est en tournée, de faire cesser le mot d’ordre ‘’vive le 3ème mandat’’.

Du coup, certains analyses, qui n’en rêvaient pas mieux, s’en sont allés à des conclusions hâtives : Alpha Condé ne veut pas d’un troisième mandat. Trop facile. En réalité, Alpha Condé ne veut pas que son périple qui doit le conduire en Haute Guinée, en Guinée Forestière et en Moyenne Guinée, soit marqué sous le sceau officiel d’un troisième mandat.

L’objectif étant de lancer ou de relancer des infrastructures qui manquent encore cruellement aux localités visitées. Les projets identifiés et à exécuter ne dépasseront pas tous plus d’un an. On ne peut pas parler d’un troisième mandat quand on débute des projets. A leur réception dans un an, il sera alors indiqué de parler de futur ou d’ambitions électoralistes.

Entre temps, le barrage de Souapiti sera fini, et la comptabilisation des actions d’envergure menées depuis neuf ans prédisposera à demander une fois de plus le suffrage populaire. Qui pourra se faire par référendum car encore une fois, il n’y a pas de plus souveraineté que celle exercée par le peuple. La Constitution actuelle, votée par des camarades réunis dans une salle ne saurait être l’expression de la volonté populaire qui s’exprime par un vote.

Il est vrai que jusqu’ici le président Condé ne s’est pas exprimé publiquement sur cette affaire de troisième mandat mais cela ne veut pas dire qu’il n’y pense pas. Et le message fort envoyé aux préfets lors de sa tournée ne prouve pas qu’il n’ait pas d’ambition dans ce sens. Alors si le peuple est vraiment souverain, laissons-le s’exprimer. S’il ne veut pas d’un troisième mandat, il le dira et si c’est le contraire également il le fera savoir. Je ne vois vraiment pas pourquoi il y aurait des problèmes dans ce sens. Voilà, j’ai jeté le pavé dans la mare.

Allons-y.

Dr. Ahmed Camara depuis Berlin


Célébration du 03 décembre, les temps forts du discours du Président Alpha Boubacar DIOP, Président du ROPACIDPH (réseau guinéen des organisations des personnes handicapées).

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, a célébré le 03 décembre 2018 la Journée Internationale des Personnes Handicapées.La blue zone de Kaloum, théâtre de  cette réjouissance, grouillait de monde et offrait un spectacle de fête, les personnes victimes de toutes formes  de handicap étaient au rendez-vous. 

 Outre, les prestations artistiques, les scènes de liesse, ce sont les différents discours ayant ponctué l’événement qui ont ténu le public en haleine.

Le Président du ROPACIDPH, réputé ardent défenseur des droits des personnes vivant avec handicap a salué la présence des autorités. Selon lui, cette présence est assez évocatrice du vif intérêt qu’elles accordent à cette couche, plus loin, il est revenu sur l’historique de cette journée, l’importance qu’elle revête, ainsi que ses objectifs « À la suite de la création de l’Organisation Mondiale des Personnes Handicapées(OMPH) en 1981 et sa reconnaissance par l’Organisation des Nations-Unies, la célébration annuelle de la journée internationale des personnes handicapées a été proclamée en 1992 par la résolution 47/3 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies. Depuis, chaque année, des célébrations et événements sont tenus dans le monde entier afin de sensibiliser les autorités politiques et la population à la participation sociale des personnes handicapées et aux façons de rendre la société plus inclusive »  a rappelé le Président.

 En Guinée, cette célébration se particularise par sa coïncidence avec une série d’activités d’une importance capitale, allant tous dans le sens d’un véritable programme de société pour la prise en compte de la dimension handicap, il s’agit notamment:

 1-l’adoption par l’Assemblée Nationale le 15 mai 2018 de la loi portant protection et promotion des personnes handicapées de la République de Guinée suivi de sa promulgation par S.E.M le Président de la République le 13 juillet 2018.

 2-le lancement de la vulgarisation de ladite loi ce 03 décembre ; 

3-L’organisation du 04 au 05 décembre 2018, de l’atelier de validation des textes d’application.

4-L’organisation du 11 au 13 décembre de l’atelier de L’Union Africaine sur le manuel de l’intégration des personnes handicapées. 

Ces acquis  et ceux en cours sont le fruit d’un effort surréaliste fourni par les organisations faîtières grâce au plaidoyer « Tous ces acquis et ceux en cours, faut-il le souligner sont imputables grâce au plaidoyer et à la contribution majeure des organisations faîtières des personnes handicapées qui sont toujours à l’avant-garde. » a souligné le Président. 

Par ailleurs, le Président du ROPACIDPH a sollicité l’implication du premier Ministre pour débloquer les dossiers des personnes handicapées diplômées du supérieur qui, trépignent d’impatience,attendent leur intégration à la fonction publique  » Je vous prie Excellence Monsieur le premier Ministre, d’intervenir aujourd’hui même auprès de monsieur le Ministre du Budget pour qu’il donne l’ordre de finaliser avant la fin de cette année, le processus d’engagement à la fonction publique d’étudiants handicapés diplômés………. » a plaidé commissaire DIOP.

À rappeler que la législation spécifique en faveur des personnes à mobilité réduite a fait émerger une lueur d’espoir chez bon nombre de personnes handicapées, elles saluent les avancées significatives qui sont entre autres, l’adoption de la loi portant protection et promotion des droits de PH, suivi de sa promulgation, et elles restent convaincues que l’application de ce texte mettra un terme au calvaire des personnes handicapées.

En Guinée, l’application des lois c’est la croix et bannière, d’où l’importance pour les personnes handicapées de ne pas dormir sur leurs lauriers et de de rester constamment aux aguets.

BARRY Mamadou pour www.kenenyi.com


Burundi : le gouvernement exige la fermeture définitive du bureau onusien des droits de l’homme à Bujumbura

Le gouvernement burundais a exigé la fermeture du bureau à Bujumbura du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, avec lequel il avait déjà suspendu toute collaboration depuis octobre 2016, on indiqué des sources gouvernementale et onusienne.

Une note verbale « qui demande la fermeture » a été remise le 5 décembre au coordinateur résident de l’ONU au Burundi, Garry Conille, afin qu’il la transmette à Genève à la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a indiqué le 6 décembre à l’AFP un haut cadre du ministère des Affaires étrangères.

« Tout le personnel international [une dizaine de personnes, ndlr] doit être redéployé immédiatement, et l’Office a deux mois pour faire ses valises et fermer définitivement ses portes », a précisé cette source, sous couvert de l’anonymat.

Cette information a été confirmée à l’AFP par une source onusienne qui a elle aussi requis l’anonymat. « Le gouvernement burundais se radicalise de plus en plus et continue sa défiance vis-à-vis de la communauté internationale », a-t-elle relevé. Joint par Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement Prosper Ntahorwamiye estime que « la note est justifiée » et que le bureau de l’ONU au Burundi « n’a plus raison d’être ».

« Après le boycott de la cinquième session du dialogue interburundais [fin octobre, ndlr] et du sommet des chefs d’État de la Communauté économique d’Afrique de l’Est dans la foulée, il s’en prend aux Nations unies cette fois », a ajouté la même source, rappelant que le sommet des chefs d’État, reporté en raison du boycott de Bujumbura, devait notamment traiter de la crise burundaise.

« Le gouvernement écarte peu à peu tous les témoins gênants »

Depuis octobre 2016, l’Office du Haut-Commissaire à Bujumbura travaillait déjà au ralenti. Le gouvernement avait alors décidé de suspendre sa collaboration avec ce bureau et de résilier l’accord régissant ses activités, l’accusant de « complicité » dans la rédaction d’un rapport de l’ONU imputant au pouvoir burundais des « violations graves » des droits de l’homme et mettant en garde contre de possibles « crimes contre l’humanité ».

« Tout semble indiquer que le gouvernement écarte peu à peu tous les témoins gênants (…), ce qui ne nous rend guère optimistes pour l’avenir », a regretté la source onusienne.

C’est également en octobre 2016 que le Burundi était devenu le premier pays à se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) – retrait devenu effectif un an plus tard -, après l’ouverture d’un examen préliminaire sur des accusations de meurtres, tortures et autres exactions commises au Burundi.

La CPI a depuis ouvert une enquête en octobre 2017 sur la situation au Burundi. La Commission d’enquête de l’ONU a de son côté publié un rapport le 5 septembre, dans lequel elle pointe de graves violations des droits de l’homme, dont des crimes contre l’humanité, qui se sont poursuivis sans discontinuer au Burundi en 2017 et 2018. Son mandat a été prolongé d’un an le 28 septembre dernier.

Par Jeune Afrique avec AFP


Secteur minier / Kassory lance à Conakry la Bourse de sous-traitance et de partenariats (BSTP)

C’est sous la haute autorité du Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana, que la cérémonie de lancement officiel de la Bourse de sous-traitance et de partenariats s’est déroulée, ce mercredi 5 décembre, au quartier de la Minière, à Conakry, en présence de plusieurs ministres, dont celui des Mines, Abdoulaye Magassouba.

Ce nouvel outil tri-ministériel, concocté par les départements en charge des mines, des investissements et de l’industrie, avec l’appui de la Société financière internationale (SFI), composante de la Banque mondiale, permettra désormais aux entreprises locales de bénéficier plus facilement des marchés proposés par des grandes entreprises, tant dans le secteur minier que d’autres. Sa création s’inscrit dans le cadre de la promotion du contenu local.

Le Premier ministre Fofana, tout abord, a félicité les trois ministres, pour le fait que leur collaboration ait abouti au remplissage de « l’une des missions clés » qu’il leur avait assignées, cette année.

Il a ensuite indiqué que « la création de cette bourse est certes importante (…) mais, ce n’est pas une fin en soi ; les défis restent à relever. Nous voulons construire une économie inclusive, dans laquelle les Guinéens seraient les principaux bénéficiaires du potentiel économique dont la nature les a généreusement dotés ».

Il a terminé son propos en encourageant les ministres à continuer le travail entrepris, et les a assurés du plein soutien du gouvernement.

Principal porteur de cette initiative, le ministre des Mines et de la Géologie, Abdoulaye Magassouba, dans son allocution, a rappelé : « Cette cérémonie se tient au terme d’un processus inclusif de deux ans, qui a connu la participation active du gouvernement, du secteur privé et des partenaires au développement.

« A travers les importants investissements qu’enregistre la Guinée depuis 2010, des opportunités sont offertes aux PME locales pour accroître leur impact sur l’économie nationale. Des études réalisées sur le contenu local ont mis en évidence la volonté des grandes entreprises et multinationales à travailler avec les entreprises locales. Cependant, ces études révèlent aussi la préoccupation des grandes entreprises face à l’aptitude des PME locales à répondre valablement à leurs exigences. A cet effet, pour faciliter le développement de ces PME locales et leur accès aux opportunités d’affaires existantes, le gouvernement, à travers le ministère des Mines et de la Géologie, le ministère des Investissements et des Partenariats publics-privés et le ministère de l’Industrie, des Petites et Moyennes Entreprises, avec l’appui de la Société financière internationale, a créé la Bourse de sous-traitance et de partenariats, qui a pour objectif principal de servir de centre d’information, d’appui technique et de mise en relation des donneurs d’ordres, des fournisseurs locaux, en vue accroître l’utilisation des capacités productives des entreprises locales », explique-t-il.

Enfin, il exhorte les sociétés minières, les grandes entreprises et multinationales, à s’approprier et à faire bonne usage de cet outil, pour assurer leur contribution à l’accélération du développement inclusif de la Guinée.

Intéressé aussi, le ministre des Investissements et des Partenariats publics- privés, Gabriel Curtis, et celui du ministère de l’Industrie et des PME, Tibou Kamara, se sont réjoui et ont confirmé d’apporter tout leur savoir-faire pour la réussite de ce service et la promotion de secteur privé guinéen.

Olivier Buyoya, représentant pays de la SFI, pour sa part, déclare que : « La Guinée est une priorité pour la SFI (Société financière internationale), notre portefeuille d’investissement dans le secteur privé en Guinée, sera de 4 millions de dollars à la fin de cette année. Nous sommes actifs dans différents secteurs de l’économie guinéenne, le secteur minier, mais aussi dans le financement des institutions bancaires ; dans le financement des hôtels etc. Notre mandat est de promouvoir le développement du secteur privé ; nous avons pour ambition de contribuer à la diversification de l’économie guinéenne et contribuer à une croissance inclusive. Nous sommes convaincus que la Bourse de sous-traitance apportera une contribution significative dans cette noble mission ».

Au nom du patronat et du secteur privé guinéen, Alexandre Camara, estimant que les conditions sont désormais créées, au nom de ses pairs, a « remercié « le gouvernement et encouragé les entrepreneurs et les futurs entrepreneurs à investir en Guinée, parce qu’à partir de demain, il y aura la possibilité pour les entreprises guinéennes de travailler en Guinée ».

La cérémonie s’est clôturée par la visite des locaux de cette bourse et par un cocktail.

Abdou Lory Sylla


CRISE EN GUINEE : le gouvernement recourt à Dieu

Si d’un côté, les autorités ne reconnaissent pas l’envergure de la crise notamment politique et celle du système éducatif, d’un autre côté, elles l’admettent implicitement. C’est notamment le cas à travers cette invite du secrétariat général des Affaires religieuses à observer le jeun ce jeudi. Dans le communiqué signé d’El Hadj Aly Jamal Bangoura, le secrétaire général aux Affaires religieuses, l’initiative est destinée à « sauvegarder la paix et de consolider l’unité nationale ». En conséquence, l’appel est adressé à tous les « fidèles musulmans et chrétiens, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, jusqu’aux villages et hameaux les plus reculés du territoire guinéen ».

Outre le jeun ce jeudi, les fidèles sont aussi invités à des séances de prière demain vendredi. Si l’on met de côté des coquilles inadmissibles dans une correspondance de ce haut niveau (il est demander, ndlr), cette démarche révèle de la part des autorités qu’elles ne sont pas si indifférentes du climat qui prévaut dans le pays. Mais qu’au lieu d’opter pour la solution pour le dialogue, elles recourent à l’irrationnel. Bref, une diversion dont on est conscient qu’elle n’aura aucun impact. D’autant que les fidèles auxquels l’invitation est adressée s’en foutent éperdument.

Par ailleurs, cette démarche rappelle aussi que certaines pratiques n’ont pas changé dans ce pays. En particulier, la religion continue à être manipulée à des fins politiques. Un mélange incestueux de nature à rendre compte de la défiance des populations à l’endroit de ceux qui sont de ce secteur.

source : www.ledjely.com 


Les coordinations régionales, est-ce une menace pour l’unité nationale?

La question mérite d’être posée, dans la mesure où les coordinations régionales ont pris à mon avis un caractère ethnocentriste, divisionniste et antirépublicain.

Elles ont fait preuve d’instrumentalisation depuis pendant la période coloniale, ce qui fut par ailleurs, la raison de leur interdiction par le régime socialiste de feu Sékou Touré. En effet, l’histoire des partis politiques en République de Guinée naît sans nul doute de ces différentes coordinations régionales : l’union Mandingue, l’union de la Basse Guinée, l’union des insulaires, l’union de la forêt. Raison pour laquelle, ils ont du mal à se démarquer des actes ethniques et régionalistes. De nos jours, le caractère unitaire de notre État consacré par la constitution est en train d’être violé par ces coordinations, qui, à priori devaient être l’instrument pour le renforcement des liens séculaires afin de préserver l’unité nationale et le vivre ensemble.

Malheureusement, elles sont financées et entretenues par certains cadres et responsables de Partis politiques, qui à leur tour obéissent leurs injonctions sataniques. Les déclarations divisionnistes et va-t-en-guerre du patriarche du Haali Poular (Elhadj Saikou Yaya Barry) et du Kountigui (Elhadj Sékhouna Soumah) de la Basse côte, sont des illustrations parfaites de la dérive de ces coordinations. Ces différentes déclarations portent inéluctablement préjudice au principe de l’État-nation et montrent en substance la faiblesse de notre État à l’égard de tous ces abus. Je rappelle qu’aucun guinéen n’est mis dans une position de défensive contre quiconque, tout comme aucun citoyen n’est étranger sur le sol guinéen ; nous sommes simplement une Nation dont chacun garde sa spécificité linguistique ou ethnique. Cette spécificité linguistique ou ethnique ne veut pas dire qu’un guinéen est supérieur à l’autre.

Pour moi, l’équilibre de la nation et sa stabilité dépendent forcément du concours des citoyens à cultiver un esprit républicain détaché de toute appartenance politique ou régionale. L’immense richesse de notre pays et sa diversité ethnique sont véritablement source de bénédiction divine. Mais celles-ci ne seront profitables aux guinéens que s’ils cultivent la paix et l’unité nationale.  Ceux qui professent la haine et la violence entre les fils et filles de la Guinée, ceux qui font des ethnies leurs fonds de commerce pour garder leur poste ou se faire une place dans l’opinion publique afin de bénéficier de la grâce du Président répondront devant l’histoire de ce pays.

Aujourd’hui, il est grand temps non seulement pour l’Etat, qui est en partie responsable de ce qui se passe dans le pays de mettre un terme aux discours fallacieux, ethnocentriques et divisionnistes de ces coordinations, mais aussi et surtout pour le peuple de  Guinée de prendre conscience sur le danger qui guette notre pays avant qu’il ne soit trop tard. Martin Luther King a rappelé que si « nous ne nous aimons pas comme des frères, nous allons tous mourir comme des idiots » Alors les business Man de la crise doivent arrêter leurs sales boulots car, la préoccupation majeure des guinéens oscille autour de leur accès à une vie descente, l’emploi pour la jeunesse, la sécurité et la justice pour les citoyens. La Guinée est notre fierté, notre et unique patrimoine !

Aly Souleymane