Bayo Ibrahima Kalil

 

JOURNEE VILLE MORTE : la commune de Kaloum épargnée

La journée ville morte décrétée par l’opposition ce lundi 15 octobre 2018, pour protester contre l’anarchie dans  l’installation  des conseils communaux,  n’a pas affecté la commune de Kaloum. Autant en banlieue, la circulation a été perturbée et des commerces fermés par endroit, autant dans le centre administratif et des affaires de Kaloum, les administrations publique et privée ont tourné comme d’habitude. Quoiqu’une certaine fluidité dans la circulation attestait d’un contexte particulier.

D’abord,  dans tous les départements ministériels sillonnés, le personnel était en place. Les banques, boutiques et magasins sont aussi ouverts. Au marché Niger, le plus grand de la commune, les  vendeuses, les boutiquiers et autres  marchands sont derrière leurs étals ou dans les échoppes. Les citoyens  vaquent tranquillement à leurs occupations, tandis que la circulation est  restée anormalement fluide.

En revanche,  les passagers trouvent d’énormes difficultés pour se rendre en  haute banlieue notamment, dans la commune de  Ratoma où les chauffeurs, prétextant la tension le long de la route le Prince, se refusent à aller.

Balla Yombouno


Municipales en Côte d’Ivoire : Abidjan s’apaise, Bassam s’échauffe

L’officialisation de la victoire au Plateau, le quartier des affaires d’Abidjan, du candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui avait claqué la porte de la coalition gouvernementale en août, a fait baisser la tension dans la capitale économique au moment où des incidents se sont produits dans l’intérieur du pays, notamment à Grand Bassam.

« Eh-oh, Ehouo! Ehouo! », scandaient les partisans de Jacques Ehouo au moment de l’annonce par la Commission électorale indépendante (CEI) de la victoire de leur candidat au Plateau, la commune la plus riche du pays. Au QG de campagne, les militants ont explosé de joie et plusieurs milliers de personnes ont afflué pour fêter la victoire.

Le 15 octobre, les résultats provisoires des élections couplées – municipales et régionales – continuaient d’être communiqués par la Commission électorale indépendante (CEI), deux jours après le scrutin. Selon les premiers résultats connus, encore partiels, le RHDP (mouvance présidentielle) est en tête, tandis que plusieurs barons confirment leur puissance électorale dans leur fief.

La tension était retombée dans la matinée, leur adversaire, Fabrice Sawegnon, ayant déjà reconnu sa défaite sur les réseaux sociaux : « Les derniers dépouillements ne sont pas en notre faveur. Malgré tous les éléments de recours documentés dont nous disposons, nul engagement, nulle conviction ne vaut la paix et la stabilité. »

Un duel phare

Ce duel entre Sawegnon, spécialiste de la communication ayant orchestré les campagnes de plusieurs chefs d’Etat africains, soutenu par la coalition du président Alassane Ouattara, et Jacques Ehouo, le député de la circonscription surnommé « Sans bruit », était l’un des affrontements phare des municipales du 13 octobre. Sawegnon avait fait une grosse campagne pour prendre la mairie de la commune la plus riche du pays, contrôlée jusqu’en août par Noël Akossi Bendjo, membre du PDCI. Celui-ci avait été révoqué pour détournement de fonds mais plaidé son innocence.

L’annonce des résultats au Plateau a donné lieu à un imbroglio électoral. Le 14 au soir, une fois le dépouillement terminé, la Commission électorale du Plateau n’a pas procédé à la compilation des voix en raison de l’absence mystérieuse de ses deux présidents. Après une nuit de tension, les urnes avaient été transférées dimanche à la CEI départementale. Les forces de l’ordre y avaient alors dispersé les manifestants avec des gaz lacrymogènes. En début d’après-midi, lors de la compilation, la CEI, sans proclamer de résultats, avait semblé donner la victoire à Sawegnon, malgré les protestations des représentants de M. Ehouo.

Des blessés à Bassam

Le 15 dans la soirée, la dispersion d’une marche de plusieurs centaines de personnes soutenant  Ehouo avait donné lieu à des échauffourées. La coalition au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) continue toutefois à contrôler la capitale économique puisque elle remporte notamment les communes de Koumassi, Treichville ainsi que les deux grands quartiers populaires de Yopougon et Abobo.

Parmi les autres résultats, la CEI a annoncé la victoire à Grand Bassam du RHDP, générant des troubles dans la cité balnéaire où le RHDP et le PDCI réclamaient tous deux la première place. Des jeunes ont érigé des barrages en début d’après-midi dans le quartier France. Plusieurs personnes avaient été blessées dans la nuit de dimanche dans une charge de la police contre des habitants qui réclamaient la proclamation des résultats. A Daloa, dans le centre, une trentaine de jeunes ont fait irruption à la CEI locale et ont emporté un sac contenant des procès-verbaux des élections.

Plus de six millions d’Ivoiriens étaient appelés à voter à ces élections locales, dont le principal enjeu était de mesurer les forces en présence avant la présidentielle de 2020, notamment parmi les membres de l’ex-coalition au pouvoir. Principalement composée du PDCI de l’ancien président Henri Konan Bédié et du parti du président Alassane Ouattara, le Rassemblement des républicains (RDR), la coalition au pouvoir, le RHDP a explosé. Le PDCI a refusé de s’y maintenir, estimant que le parti de Ouattara tentait de l’absorber pour pouvoir présenter son candidat à la présidentielle. Le PDCI, qui a soutenu Ouattara en 2010 et 2015, entendait que le RDR lui rende la pareille en 2020 en soutenant un candidat PDCI. Le parti tenait lundi un congrès extraordinaire.

 


À Ouagadougou, un monument élevé à la mémoire de Thomas Sankara

La première pierre d’un monument à la mémoire de Thomas Sankara a été posée ce 15 octobre à Ouagadougou, 31 ans jour pour jour après l’assassinat du père de la révolution burkinabè.

La statue de cinq mètres de haut, un bronze en ronde bosse, sera érigée sur une superficie de quatre hectares au siège du Conseil national de la révolution, où le président Sankara a été tué par un commando le 15 octobre 1987 à 37 ans lors du coup qui porta au pouvoir son compagnon d’armes, Blaise Compaoré.

Ce dernier, soupçonné d’avoir participé au complot par de nombreux Burkinabè, fut à son retour renversé lors d’un soulèvement populaire le 31 octobre 2014. La mort de Thomas Sankara, devenue une figure panafricaine, était un sujet tabou pendant ses 27 ans de pouvoir Sur chacune des quatre faces du socle en béton de trois mètres de haut figureront trois bustes des douze camarades tués en même temps que le capitaine Sankara, a expliqué un des concepteurs du monument, Jean-Luc Aristide Bambara.

« Une mémoire vivace » pour le président Roch Kaboré

« La pose de cette première pierre en ce jour anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses douze compagnons nous offre l’occasion de commémorer ce triste événement et de nous remémorer le sacrifice ultime que le président du Conseil national de la révolution a accepté d’assumer avec lucidité, courage et dignité », a déclaré le président du Comité international mémorial Thomas Sankara, le colonel Bernard Sanou. Le monument permettra à « ses héritiers d’avoir un lieu de rencontre, d’inspiration, de ressourcement de l’idéal du président Thomas Sankara, afin de continuer à oser réinventer l’avenir. »

Plusieurs centaines de personnes, dont des membres du gouvernement, ont assisté à la cérémonie suivie d’une procession jusqu’au bâtiment Burkina devant lequel, le président Sankara a été abattu. Arrivé au pouvoir par un coup d’État, en 1983, Thomas Sankara faisait face à une contestation montante dans le pays en raison de ses choix sans concession, alors que sa dénonciation de l’impérialisme et ses liens avec les sulfureux dirigeants de la Libye et du Ghana lui valaient de solides inimitiés.

« En ce 15 octobre 2018, la mémoire du président Thomas Sankara reste vivace à travers le monde. Son sacrifice pour l’émancipation et la dignité du peuple burkinabè ne sera pas vain. Je réitère mon engagement à œuvrer pour l’aboutissement de la justice dans le dossier de son assassinat », a twitté le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré. Longtemps resté en veille sous le régime Compaoré, le dossier de l’assassinat du capitaine Sankara a connu une accélération sous le gouvernement de transition qui a ordonné, fin mars 2015, l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Commission rogatoire en France et poursuites au Burkina

En France, une commission rogatoire a été mise en place, un juge nommé et la levée du secret-défense concernant les archives sur l’assassinat promise par le président Emmanuel Macron. « Nous espérons que l’ensemble de ces archives seront mis à la disposition du Burkina Faso », a écrit la veuve de Thomas, Mariam Sankara, dans un message transmis à l’AFP. Des députés de la France insoumise, groupe parlementaire de gauche, ont aussi amené le débat dans l’hémicycle français.

Incarcéré pour le coup d’état manqué de septembre 2015, l’ancien chef d’état-major de Blaise Compaoré, le général Gilbert Diendéré, est poursuivi dans l’affaire Sankara pour « atteinte à la sûreté de l’État, séquestration, terrorisme et crime contre l’humanité ». Douze autres personnes ont été inculpées.

Par Jeune Afrique avec AFP


Ville morte appelée de l’opposition, paralysie partielle de la ville de Conakry.

Ce lundi est décrété journée ville morte par les opposants au régime d’Alpha CONDÉ, cette action est justifiée, nous dit-on par l’installation frauduleuse des exécutifs communaux. Cette journée ville morte est partiellement suivie, l’axe Cosa-Bambeto-Hamdallaye n’offre pas le visage ordinaire ; on y constate la fermeture des boutiques, une circulation quasi-inexistante, brûlure des pneus sur la chaussée.

Par contre, sur l’autoroute Fidel Castro Ruz, la circulation est vive, les populations vaquent à leurs occupations. Un conducteur de taxi s’est confié à nous  » à cause de la perturbation constatée sur la route le prince, je suis venu sur l’autoroute pour travailler « .

BARRY Mamadou pour www.kenenyi.com


[Analyse] Donald Trump, Christine Lagarde et les conséquences africaines du relèvement des taux d’intérêt américains

En augmentant une nouvelle fois ses taux d’intérêt, la Banque centrale américaine, la Federal Reserve (Fed), est-elle « tombée sur la tête », comme l’a déclaré Donald Trump, catastrophé par la chute de Wall Street qui en a résulté, le 11 octobre dans l’émission matinale Fox & Friends, sur Fox News ?

Ou bien était-ce « inévitable » comme le lui a répondu, le 10 octobre, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui a reconnu que cela met les pays émergents et en développement en difficulté ?

Effectivement, l’augmentation des taux américains était inévitable et va se poursuivre. La FED ne peut pas faire autrement, car l’inflation menace une économie américaine en surchauffe où le chômage a disparu, où la hausse du dollar nuit à la compétitivité des produits américains et où le protectionnisme présidentiel annonce des hausses fortes des prix des produits importés. La Banque centrale européenne fera de même l’an prochain.

Il faut relativiser le rôle de la hausse des taux américains dans la fragilisation des monnaies africaines

Il est aussi exact que cette hausse pose un problème aux pays émergents et en développement, en particulier en Afrique. En effet, elle rend leurs remboursements d’emprunts plus coûteux, leurs monnaies plus fragiles et contribue à la fuite des capitaux vers les États-Unis dont le dollar est au plus haut.

En ce qui concerne le surcoût des emprunts, voilà des mois que les pays africains qui ont trouvé avantageux d’emprunter à très bas coût et en dollars ont été prévenus que cela n’allait pas durer et qu’ils risquaient d’être pris à la gorge. Beaucoup ont vu dans ces cris d’alarme une manœuvre occidentale pour ralentir le rouleau compresseur chinois en Afrique. Les récents défauts des remboursements de l’Éthiopie à la Chine prouvent que le danger n’est pas fantasmatique. Les efforts de la Communauté des États d’Afrique centrale pour limiter leurs emprunts vont dans le bon sens.

En ce qui concerne la fragilisation des monnaies par la hausse des taux américains, il faut relativiser. Des problèmes domestiques (guerre civile, récession, mauvaise gouvernance, recul des cours des matières premières d’exportation) sont à l’origine de la chute des monnaies du Soudan (- 61 %), de l’Angola (- 43 %), de la Zambie (- 18 %) ou de l’Afrique du Sud (- 12 %) par rapport au dollar entre le 1er janvier et le 28 septembre 2018.

Les attaques du président américain contre la Chine et contre l’Iran sont potentiellement encore plus catastrophiques

Quant à la fuite des capitaux vers les États-Unis où ils sont mieux rémunérés avec la hausse des taux, le phénomène affecte plus les émergents que les pays en développement. En Afrique, c’est essentiellement l’Afrique du Sud qui est touchée, bien que le projet du président Ramaphosa de redistribuer les terres dont les Blancs sont propriétaires n’ait pas peu contribué à la fuite des investisseurs.

Il est possible de retourner à Trump sa critique à l’égard de la FED accusée « d’être tombée sur la tête ». Si la hausse des taux américains obligent les acteurs du monde entier à réviser leurs stratégies, les attaques du président américain contre la Chine et contre l’Iran sont potentiellement plus catastrophiques. La surtaxation des exportations chinoises vers les États-Unis ralentiront la croissance de la Chine, donc ses achats de matières premières minérales ou agricoles et, étant donné son poids formidable dans ces deux domaines, la croissance de ses fournisseurs africains.

Les pays importateurs de pétrole peuvent se faire du souci pour leur équilibre budgétaire

Avec l’Iran, le bouleversement est plus complexe. En décrétant un embargo sur le pétrole iranien, il a déclenché une hausse du prix du baril (alors qu’il voulait une baisse pour des raisons électorales !) qui avantage tous les pays producteurs aujourd’hui en difficulté notamment l’Algérie, le Nigeria, l’Angola, Congo, la Guinée équatoriale et le Tchad. En revanche, les pays importateurs de pétrole peuvent se faire du souci pour leur équilibre budgétaire, leur balance commerciale, leurs réserves de devises, leur inflation et le remboursement de leurs prêts, comme le Maroc, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Rwanda, le Zimbabwe, etc.

À la différence de ces périls créés par Trump, le risque de la hausse des taux d’intérêts semble d’autant moins difficile à gérer qu’il était prévisible, lui.

Par Alain Faujas


Élections locales en Côte d’Ivoire: la CEI annonce les premiers résultats

Les premiers résultats des élections locales couplées de Côte d’Ivoire ont commencé à tomber dimanche au siège de la Commission Électorale Indépendante. La porte-parole de la CEI a égrené durant toute la journée une partie des scores des candidats aux municipales et aux régionales tandis que dans le pays règne un lourd climat de suspicion quant à des fraudes ou des manipulations de résultats. Le PDCI d’Henri Konan Bedié se montre extrêmement suspicieux à l’encontre du RHDP de son ex-allié Alassane Ouattara.

La victoire du Ministre d’Etat Hamed Bakayoko face au poulain de Guillaume Soro à Abobo, celle de Jean Marc Yace du PDCI à Cocody face au maire sortant et dissident du PDCI Mathias N’Goan ou encore la reconduction de Nicolas Djibo à Bouaké ou celle de Joachin Djedje Bagnon aux régionales du Goh étaient quelques-uns des résultats attendus de dimanche. Mais tandis que la CEI égrenait laborieusement ces résultats à la télévision nationale la tension montait sensiblement hier dans bon nombre de circonscription.

Le paroxysme de cette tension a été atteint près de Séguela où deux supporters d’un candidat indépendant s’attaquant aux forces de l’ordre ont été tués dans des affrontements.

Le PDCI dénonce des manipulations

Dimanche soir au Plateau, le quartier d’affaire d’Abidjan, une marche des supporters du candidat PDCI Jacque Ehouo était organisée pour dénoncer des manipulations des procès-verbaux de vote en faveur du candidat RHDP Fabrice Sawegnon. Ce dernier joint, par l’Agence France Presse, réfute catégoriquement ces allégations.

Des scènes ou des dénonciations similaires ont eu lieu à Port-Bouët, Grand-Bassam, Bondoukou, à Diabo, à Tiébissou. Le secrétaire exécutif du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, a dénoncé « un braquage éhonté » des résultats qui restent à venir pour ces municipales et ces régionales. Des scrutins dont le déroulement et les conclusions faisaient office de répétion générale avant la présidentielle de 2020.


KINDIA : un lundi de tous les risques

Dans le cadre de l’élection et de l’installation des Exécutifs communaux, c’est une journée de tension qui attend ce lundi la ville de Kindia. Notamment parce que les accords politiques du 8 août qui étaient censés aider à éviter la crise entre partisans de l’UFDG et ceux du parti au pouvoir, sont différemment interprétés dans les deux partis.  

Sauf qu’il se trouve que l’UFDG ayant choisi comme tête de liste Abdoulaye Bah tient coute que coute à ce que celui-ci soit installé comme le maire de Kindia. Tandis que Mamadouba Bangoura de l’UDG, soutenu par le RPG, semble être favori. Outre le parti au pouvoir, il bénéficie en effet du soutien de l’Association ‘’Kania Lanyi’’ de l’imam Elhadj Mamoudou Camara et de celui des autres partis comme l’UFR de Sidya Touré. Côté UFDG, les militants et sympathisants promettent une protestation au cas où leur candidat ne serait pas proclamé comme vainqueur de l’élection entre les conseillers.

En face, les partisans du RPG, à leur tour, promettent de ne pas se laisser faire.

Tension garantie donc !

Gilles Mory Condé


Les dessous de la chute du R.P.G Arc-en-ciel à Boké (Par Abdoulaye Keita)

Fort, imposant, le caractère parfois autocratique pour certains et peu diplomatique pour d’autres avait fait de l’homme, un incontournable dans la vie socio-politique de la région natale du Président Alpha Condé. Il est originaire de la Haute Guinée mais garde des empreintes fortes de la Basse Guinée.

Il aura pu maitriser toutes les options politiques de son mentor, dessiner tous les schémas parfois irréalistes du parti au pouvoir depuis 2010 et réussi à déjouer des coups les plus puissants. Décomplexé, Siné Magassouba était le puissant Directeur Préfectoral de l’Éducation de Boké, Secrétaire Politique de la Section R.P.G et Coordinateur Régional du parti au pouvoir jusqu’à son départ forcé suite à des combines politico-sociales en 2017.

Le scénario qui vient de se produire ce samedi 13 octobre à Boké à l’occasion de l’élection de l’exécutif communal, témoigne de la décomposition du parti au pouvoir et de son mauvais état face aux donnes politiques qui exigent en la matière de l’intelligence à vendre.

Une alliance ratée, une union des Diables.

Au lendemain des élections locales, l’U.F.D.G et le Arc-en-ciel étaient à égalité en termes de nombre de conseillers. Des alliances s’imposaient pour chacun des deux partis vigoureusement rivaux pour arracher la tête de la Mairie de la Commune Minière de Boké.

A cause du rapprochement entre Alpha Condé et Sidya Touré, l’U.F.R devait soutenir le parti R.P.G afin de lui garantir une pôle position, une initiative qui se heurta à des difficultés locales car, l’U.F.R de Sidya Touré ne semblait pas facilement céder la commune car ayant des options de conquête possible et d’amour pour la mairie. Une union venait ainsi de s’effriter vraisemblablement.

Cellou Dalein peut-il être le Premier Ministre dans le Gouvernement de Alpha Condé ? C’est bien une image en miniature de cette union des diables qui vient de se produire pour l’élection des exécutifs communaux à Boké. Un mariage entre U.F.D.G et R.P.G contre le parti U.F.R.

Un accord local qui surprend tous !

Les accords en lieu et place des lois, les Guinéens en sont habitués. Des mois après et une trêve suspendant les manifestations de rue des opposants contre les imperfections des résultats des élections, l’U.F.R a bénéficié des accords politiques pour rafler tranquillement la tête de la commune de Boké.

C’était sans tenir compte de la profondeur du fleuve de la politique et de l’ambition chronique du député Mamadouba Tawel Camara du RPG à officier en qualité de maire à tout prix y compris trahir la volonté officielle du parti et de s’unir à l’U.F.D.G pour lequel parti, le challenge reste pour la tête de la région.

Légalité en politique !

Un accord est signé selon un membre de liste du R.P.G, dans lequel, le R.P.G, contre toute attente, s’engage aux côtés de l’U.F.D.G  contre la volonté de la Direction nationale du parti et en violation de toutes les promesses des émissaires venus de Conakry.

Et le jeu de la politique, le R.P.G Arc-en-ciel gagne avec l’U.F.D.G et le parti du Haut représentant l’U.F.R, patauge.

Abdoulaye Keita


CHRONIQUES D’UN DEVELOPPEMENT ESPERE 1 : au-delà de la croissance économique

Aux gouvernants qui sont très enclins, dans les débats notamment, à mettre en avant la croissance économique qu’ils ont engrangée, les citoyens, dans les quartiers répondent très souvent: « Vous savez, ce n’est pas croissance-là qu’on mange« . Eh bien, c’est cette différence de perception, source potentielle de conflit, que pointe l’auteur de cette tribune. Certes, il l’admet. Le taux de croissance est aujourd’hui un indicateur universellement avalisé. Mais cela n’en fait pas une panacée pour autant. Au-delà de la production brute de richesse à laquelle renvoie la notion, l’auteur nous invite à prendre en compte aussi bien la qualité de la production que les mécanismes de répartition de la richesse. Bref, lisons cette tribune plutôt instructive…

La croissance économique peut être définie comme une augmentation de la richesse produite dans un pays au cours d’une année. Elle est mesurée par un indicateur, le Produit Intérieur Brut (PIB). On entend souvent parler de croissance forte, molle, à deux (2) chiffres par les économistes, les politiques, les média… Encore aujourd’hui, faire de la croissance économique reste l’alpha et l’oméga de la politique économique dans nombre de pays. Les pouvoirs politiques ne jurent que par elle, interprétée comme le résultat de leurs capacités à enrichir le pays et ses populations. Conclusion, toujours produire plus pour espérer résoudre les problèmes des populations. Et pourtant, cette relation supposée est loin d’être évidente tant les expériences dans plusieurs pays montrent le contraire où croissance coexiste avec pauvreté. Depuis longtemps, les interrogations sont légion sur la richesse d’une nation, sa production et sa répartition. Il est évident que croissance ne rime pas toujours avec amélioration des conditions de vie des populations, même si souvent, on a tendance à faire croire le contraire. Ce n’est pas parce qu’on fait une croissance à deux (2) chiffres que les besoins des populations sont satisfaits, et inversement.

D’ailleurs, que valent réellement des taux élevés de croissance dans des économies très informelles, aux systèmes de statistiques et de comptabilité peu fiables, largement importatrices et peu diversifiées. L’analyse économique et politique peut aider à aller au-delà des chiffres pour comprendre les ressorts qui sous-tendent la création et la répartition de la richesse dans un pays. Il est vrai que pour bon nombre d’institutions économiques et financières, le taux de croissance demeure un indicateur majeur pour juger de la capacité d’un gouvernement à produire des résultats. Mais au-delà du taux, la qualité de la croissance est essentielle. Or cette qualité est beaucoup plus complexe. Et travailler là-dessus pose la question de la stratégie globale de la croissance, analyse les secteurs et les acteurs, rend compte des mécanismes  de distribution et de redistribution de la valeur ajoutée … Plus globalement, l’analyse de la qualité permet d’interroger les politiques publiques qui déterminent la vision, la stratégie, les cadres et mécanismes de création et de répartition de la richesse dans un pays. Par exemple, une croissance élevée produite en surconsommant les ressources naturelles, en exploitant la force de travail, en important massivement les intrants dans des contextes institutionnels et politiques défaillants, ne peut être pérenne.

Ces éléments sont importants pour une analyse globale et permettent d’interroger les systèmes de production et de répartition de cette valeur ajoutée, de juger de la capacité des institutions à réguler l’économie ou de mesurer l’impact de cette croissance sur la vie des populations. Certes, il sera toujours important pour un gouvernement de se préoccuper de la quantité de richesses produites, mais l’accent devrait davantage être mis sur le contenu et les bénéfices l’économie et les populations tirent de cette croissance. Qu’on ne s’y trompe pas, la croissance économique n’a pas toujours été synonyme d’amélioration du niveau de vie, encore moins du bonheur à l’échelle d’un pays. Voilà pourquoi en Guinée, il faut certes faire de la croissance, mais attention à le faire bien. De la qualité de ces politiques publiques, la croissance sera pro-riches ou pro-pauvres, inclusive ou exclusive, égalitaire ou inégalitaire, pro-emploi ou pro-chômage. Le problème n’est finalement pas la croissance en tant que telle, mais comment on en produit une saine et propre, capable de valoriser des ressources et engendrer des externalités positives pour l’économie ; et au-delà pour la vie concrète des citoyens. C’est ce décalage dans nombre de pays qui pose souvent problème entre gouvernants et gouvernés. Les uns rappelant comme un trophée leur capacité à créer de la croissance économique, les autres mettant constamment un accent sur le faible impact de cette richesse sur leur quotidien en termes d’emplois et d’accès à différents services indispensables à leur vie au quotidien.

Finalement, la croissance économique ne devrait être une fin, mais un moyen pour permettre à un Etat de répondre aux préoccupations des populations. L’économie définie en tant que science d’administration des biens de la Cité ne devrait en réalité n’être qu’au service du bien-être collectif. Aujourd’hui, dans nombre de pays, le problème majeur reste que l’économie n’est plus au service d’un tel objectif avec un système de production qui, par ses fondements et règles de fonctionnement, laisse de côté, des franges importantes de la population en termes d’intégration, de protection et d’amélioration de leur niveau de vie. Cette réalité crée des questionnements, de la frustration, des mécontentements, de la marginalisation ; situations qui peuvent déboucher sur des conflits. Voilà pourquoi il est fondamental de réfléchir encore sur les mécanismes de production et de répartition de la richesse. C’est finalement cette équation multiple qu’il faut résoudre en faisant preuve de recul et de réflexion sur les stratégies, les intérêts des acteurs impliqués dans la valorisation des ressources et en prêtant une attention particulière aux mécanismes de distribution et de redistribution de cette valeur ajoutée.

Dans la distribution, la relation entre capital et travail est essentielle pour mieux comprendre par exemple, les questions de rémunération, les capacités d’emplois et d’emplois qualifiés, la sécurité que cette création de richesse peut engendrer. Dans la redistribution, voir comment cette valeur ajoutée via les mécanismes des prélèvements obligatoires, permet de contribuer à financer des infrastructures, à fournir des services dans les secteurs sociaux (logement, éducation, santé, culture, protection …) ou à renforcer les capacités des institutions publiques pour jouer efficacement leur rôle dans la production d’un bien-être collectif. Cette question de la répartition est fondamentale en économie. Elle démontre par ailleurs la capacité d’une collectivité publique à fournir des services essentiels aux populations, de protéger les plus fragiles, de promouvoir l’égalité des droits car un système économique se porte aussi mieux lorsque la main d’œuvre est éduquée, soignée et protégée ; facteur premier de production. C’est dire que le cheminement heureux de la croissance vers le développement dépend in fine de la qualité des institutions et des politiques publiques en place. Plus globalement, et au-delà des taux, on peut aussi s’interroger sur les fondements des modèles actuels de croissance économique. Il est évident que par la science et l’expérience historique, il ne saurait y avoir  un seul cadre conceptuel de création de richesse, même si la tendance reste la généralisation du libéralisme économique avec ses valeurs, atouts et limites.

De tout temps, dans toutes les sociétés et de toujours, des expériences locales de création de richesse ont existé et existent encore. Ces expériences très souvent font office de preuve en matière de valorisation de ressources avec la mobilisation des citoyens qui deviennent acteurs de leur « propre développement ». Ces expériences montrent aussi leurs capacités à maintenir un système économique bénéficiaire coexistant avec du progrès social et un équilibre écologique.  Ces expériences localisées existent partout et sont utiles à regarder de près par les acteurs économiques (Etat, entreprises, syndicats, instituts de formation et de recherche, citoyens…) car une fois de plus, dans ce domaine et tant d’autres d’ailleurs, le drame reste le diktat de la pensée unique.

Finalement, l’enjeu pour la Guinée est de trouver un équilibre entre création de richesses pour valoriser ses ressources ; et la qualification du système de production et de répartition de cette richesse pour éviter que la croissance économique ne soit facteur d’exclusion, de pauvreté, d’instabilité sociale et politique. Et dans ce cheminement, la qualité des institutions et des politiques publiques fera la différence.

Boubacar Sidighi Diallo, économiste et consultant

Expert en décentralisation et développement local

Analyse des politiques publiques,

Montage et Gestion de Projets,

Formation /Renforcement de Capacités,

Gestion de Relations partenariales,

Communication et Relations publiques

Contacts : 624 61 22 75 / sidighi@gmail.com

www.sidighign.blogspot.com


Mauvaise foi du pouvoir dans l’installation des exécutifs communaux, Cellou Dalein DIALLO bande les muscles.

Une chienlit indescriptible caractérise l’installation des exécutifs communaux, ces opérations se déroulent sur fond de tension entre parti au pouvoir et l’opposition, des défaillances sont signalées çà et là. Cellou Dalein DIALLO, Chef de file de l’Opposition Républicaine parle d’une mauvaise foi et d’une volonté vorace de contrôler les Mairies en dépit d’un échec avéré d’Alpha CONDÉ lors des élections. Il appelle à un ultime sursaut pour stopper Alpha CONDÉ  » Que Kindia, Dubréka, Manéah, Coyah, Mamou, Labé, N’zérékoré se mobilisent pour dire halte à cette folie d’Alpha CONDÉ qui veut à tout prix s’emparer des conseillers communaux alors qu’il a échoué lors des élections.  Il faut que le peuple fasse un sursaut pour dire halte ! Je suis convaincu que le lundi et mardi, le peuple sera là pour exprimer son ras-le-bol par rapport à cette fraude archaïque de mise en place des conseillers communaux en violation de la loi  » , a-t-il  déclaré avec fermeté.

Les semaines à venir risquent d’être agitées, l’opposition réunie autour de Cellou Dalein DIALLO entend entamer une lutte intensive pour faire plier le pouvoir dès ce lundi. À  l’éternelle crise scolaire, se greffe donc un problème politique. C’est parti donc pour un nouveau bras de fer.

BARRY Mamadou pour www.kenenyi.com