CONAKRY: une usine clandestine démantelée à Coléah

Une unité multi-services dénommée SOFAL-GUINEE, soupçonnée de clandestinité, a été démantelée,  ce mardi 21 mai 2019, à Coléah, dans la commune de Matam. L’opération a été menée par le Secrétariat général à la Présidence, chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, et de la répression des délits économiques et financiers. L’unité est spécialisée dans la fabrication de produits alimentaires et cosmétiques.

« Plus de 100 marques de produits  sont contre-fabriqués ici. Le propriétaire, lui-même, n’a aucune idée du nombre exact », explique Sékou Oumar Camara, commissaire principal de police,  Chef de division Laboratoire et pharmacie des services spéciaux. Mais la pluralité des produits fabriqués par l’entreprise n’est peut-être pas le plus grand drame. En effet, selon Sekou Oumar Camara, au-delà, il y a que l’Entreprise « n’est pas reconnue », alors qu’elle fabrique des produits de grande consommation : du lait pour les nourrissons, des crèmes de peau, les démêlants, le vinaigre et les arômes, des détergents. Quoi qu’aux yeux du commissaire de police, il y a un risque supplémentaire dans le fait pour une seule usine de fabriquer à la fois tous ces produits, en un même lieu. Qui plus est si le lieu en question est insalubre.

Conscient de l’illégalité dans laquelle ils évoluent, les responsables de l’usine, à en croire le colonel Moussa Tiegboro Camara, en charge des services spéciaux à la présidence de la République, feraient tourner les machines pendant toute la journée, les portes closes. « L’entreprise travaille en Guinée depuis 2001. Ce qui veut dire que le marché guinéen a un sérieux problème », dit-il.

Pourtant, selon le colonel Tiégboro, depuis son interpellation, le propriétaire de l’usine ferait l’objet de soutiens de toutes parts.  «Tout le monde m’appelle, on dirait que ce n’est pas un malfrat. Je suis écœuré ! », dénonce-t-il.  Pourtant, le prévenu n’est pas accusé que pour un seul crime.  Il est poursuivi non seulement pour délit économique, mais aussi pour crime organisé. « Il vit seul en Guinée, mais toute sa famille se trouve au Sénégal… Il  a six  employés qu’il paye par personne 50O mille GNF par mois », explique-t-il. Un certain laxisme y est pour quelque chose, selon le colonel Tiégboro.

Interrogé, le mis en cause qui est libano-sénégalais, rejette toutes les accusations : « Je dis et je répète qu’il n’y a pas un seul produit contrefait dans mon entreprise. Tous mes produits sont  créés et formulés par la société », rétorque Zoher Didy, de son nom. Il rajoute même : « mes produits sont certifiés par le service de contrôle qualité qui me donne l’autorisation de mettre mes produits sur le marché ».

Balla Yombouno






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