Condamné pour diffamation à l’égard du chef de l’État, Cheick Touré sort tout de même de gnouf

C’est par des cris et des larmes de joie, que la décision de “libération” de Cheik Cherif Touré, chef de la section syndicale du port autonome de Conakry, en détention provisoire depuis quelques jours, a été accueillie par la famille et les sympathisants venus le soutenir au tribunal de première instance de Kaloum.

Après les différentes plaidoiries de la partie civile et du procureur, la juge Mariama Doumbouya a rendu son verdict. Reconnaissant l’accusé non coupable pour les faits de dénonciations calomnieuses, mais coupable pour fait de diffamation, le condamne ainsi à une amende de 500.000 FG et à 13 jours de prison. Chose qui le met en liberté, par le fait qu’il a au préalable passé plusieurs jours à la maison centrale de Conakry en terme de détention provisoire.

D’après Me Lancet 3 Doumbouya, avocat, de la partie civile : « il s’agit pour nous d’une victoire, d’une victoire puisse que le prévenu a été déclaré coupable des faits de diffamation. Il faut rappeler que, M. Cheick chérif Touré a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des faits de diffamation et de dénonciation calomnieuse. Il s’agit des infractions distinctes, et puisque M. le président de la République, partie civile,  comme nous avons fait état  lors de nos plaidoiries  a subi des préjudices résultants  de la diffamation dans la mesure où les propos tenus par M. Cheick chérif Touré relatifs aux actes de protection de monsieur le président de la République, de son fils n’étaient pas établis. »

Pour la plaidoirie, il dit que : «  Nous avons plaidé dans le sens de la culpabilité pour que le tribunal retienne M. Cheick Chérif Touré des liens de  la culpabilité de l’infraction de diffamation. Puisqu’il faudrait que la part des choses soit faite lorsque vous êtes poursuivis pour deux chefs d’infraction. Et nous en ce qui nous concerne  monsieur  le président de la République a été victime de la diffamation, les propos allégués n’ont pas été établis de sorte que nous avons estimé en tenant compte non seulement du moment où se tient ce procès à la veille du 60ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, il était normal pour nous, ne serait-ce que pour la mémoire des syndicalistes illustres qui se sont battus corps et âme que  la Guinée aujourd’hui soit une réalité, il était important  dans l’intérêt et à la mémoire de  ces illustres syndicalistes que nous demandions au tribunal que nous en tant que père de la nation, premier responsable du pays que nous avons le dos large. Mais le dos large ne signifie pas l’impunité absolue… »

Après la libération de son client,  c’est l’heure pour Me Salifou Beavogui,  de crier victoire : «  Ma joie est immense. Aujourd’hui monsieur Cheick Touré est libre, il est libre de ses mouvements. Il avait été diabolisé, il a été mis à l’index, on l’avait culpabilisé, mais le procès a démontré le contraire. C’est un innocent, c’est un syndicaliste, c’est un député à l’assemblée nationale. Il se bat pour la défense des intérêts moraux et matériels ainsi que le patrimoine du port autonome. Les débats ont donné raison, il était poursuivi pour dénonciation calomnieuse et diffamation à l’encontre du président de la république et de son fils Mohamed Alpha condé. Mais nous avons dénoncé la nullité de la procédure parce que la forme commande le fond. En procédure il y a la manière il y a la matière. Nous avons dénoncé la violation de l’article 82 sur ce qu’on appelle les formalités que doivent comporter une convocation. Mon client a été convoqué, les motifs et ses droits n’avaient pas été relayés. Il est député à l’assemblée nationale, un arrêt de la cour constitutionnelle lui donne cette qualité et en octobre il doit prendre fonction. Personne ne peut plus rien contre cette décision. Donc, il ne devrait pas être poursuivi sans que son immunité ne soit levée. »

Abdou Lory Sylla






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