Guinée : Pour ma Guinée, 60 fois, je dis non ! ( Sayon Mara)

Plus d’un demi-siècle après, arrêtons-nous un tout petit peu, focalisons-nous sans ambages sur les différentes facettes de notre communauté de destin, qui sera à sa soixantième célébration cette année, c’est-à-dire, l’an 60 de l’accession de notre cher Pays à l’indépendance. Rétrospective pendant laquelle, sera passé au peigne fin, notre vécu commun plein de gloire mais aussi, où, on note de l’ombre. L’objectif est de pouvoir tirer des leçons de cette expérience collective afin de mieux garder le cap pour de nouveaux horizons.
Cette tâche, je l’avoue reste des plus difficiles car, faire un tel travail, voudrait absolument dire, faire son propre mea-culpa pour assumer ses propres dérives et turpitudes. Mais aussi, vouloir capitaliser sur les expériences réussies. Un exercice certes difficile mais qui pourrait nous permettre de placer chacun devant ses responsabilités. En un mot, nous avons besoin aujourd’hui d’une vraie autopsie de notre passé afin de comprendre ce qui nous empêche réellement de voir le bout du tunnel.
« Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » nous enseigne un dicton populaire. Ce qui est en vogue aujourd’hui, c’est le fameux concept de « L’EMERGENCE ». Cet idéal est au cœur des préoccupations de plusieurs Etats que nous avions précédés dans le concert des nations. Pourquoi ne pas en faire un cap et un credo ?
Cette question mérite bel et bien d’être posée et doit non seulement nous interpeller, mais aussi, nous inciter à nous remettre en cause pour que nous sortions de cette situation qui n’a que trop duré et qu’on ne mérite pourtant pas du tout.
En effet, culturellement, linguistiquement, sociologiquement et économiquement, notre Pays regorge de véritables potentialités qui devraient, si la volonté et la détermination étaient de mise, avec un meilleur coaching, facilité notre Take off économique en un temps record.
Très malheureusement, abonnés absents sur les vraies questions de développement, nous récoltons la palme d’or dans les manifestations et autres jets de pierres, aux revendications incessantes, à la politique politicienne, aux débats à relents ethniques etc. Nous avons même poussé les limites de la bêtise jusqu’à délimiter les cloisons traditionnelles entre sagesse et imbécilité. Qui est sage aujourd’hui en Guinée ? Quand des autorités morales des plus représentatives, se bousculent aux portes de l’insolence. J’ai pitié pour ma chère Guinée, mais j’ai peur pour ces générations montantes auxquelles on inocule de véritables toxines mortelles qui ne tarderont pas à lancer le compte à rebours pour des effets létaux. Si nous ne la désamorçons pas en nous, l’implosion n’est plus loin. La guerre a déjà commencé dans les esprits pendant que nos têtes n’ont besoin que de paix et d’amours.
En clair, nous Sommes un Peuple vivant au jour le jour de contradictions inutiles alimentées par les politiques, devant « l’inertie délictueuse » des ainés (Vieux ou sages). Le miracle ne se produit jamais pour les nations au hasard, il est la résultante d’efforts collectifs et conjugués.
De façon vraisemblable, c’est comme si on faisait fi d’une des paroles de Dieu après qu’Adam et Eve aient péché : «…vous vivrez dorénavant à la sueur de vos fronts…». Il est à admettre que le miracle, c’est dans les mains, c’est dans le travail et non dans le ciel comme pensent certains.
Disons-nous la vérité ! Notre grand problème dans ce Pays, est qu’il y a autant de forces destructrices que celles qui construisent, alors que dans d’autres Pays, le développement du Pays est l’affaire de tous et demande le concours de chacun.
Ailleurs, par exemple, les ONG ou les acteurs clés des Sociétés Civiles, n’ouvrent ni la concurrence à l’Etat, ni l’adversité encore moins de puériles hostilités, on ne se constitue pas contre l’Etat, mais on chercher plutôt à contribuer en devenant une force de veille, d’alerte et de proposition. On s’inscrit dans la complémentarité. Porooo !!!!!!!! À être son ennemi, c’est ici qu’on peut voir ça pour une ONG, sans être dissoute. Malheureusement, chez nous, elles (ONGs) combattent l’Etat, le concurrence et jubilent à chaque fois qu’elles paralysent les activités des pauvres citoyens. Elles oublient qu’un centime de recette perdue, freine un acte à poser pour les pauvres populations prises en tenaille.
Sous d’autres cieux, les Politiciens, malgré leurs divergences, gardent tous en vue l’intérêt supérieur de la Nation. En Guinée, la réalité est toute autre. Le souhait ardent de l’opposition, c’est l’échec du pouvoir. Une dépouille de militants instrumentalisés et ayant de fortes adductions à la violence, est toujours brandie comme un trophée. De façon vivace, les patriotes restent toujours traumatisés par le sinistrement célèbre slogan d’un leader en perte de repère, sollicitant le sacrifice suprême à des marmots-militants par le : « Etes-vous prêts à mourir ? » à cette macabre phrase suit une litanie de slogans aussi odieux, hideux, abjects qu’irresponsables dont nous vous en épargnons.
Ailleurs, les Sages, les Religieux jouent pleinement leur rôle de conciliateurs, de sensibilisateurs, de défenseurs des nobles valeurs, de rassembleurs et refusent tout ce qui peut aller contre la paix et l’intérêt supérieur de la nation…
Chez nous ici, ils ne se plaisent souvent que dans des propos divisionnistes et ethniques. Au lieu de rassembler, souvent, ils cultivent le repli identitaire entre fils et filles de notre Pays ;
Oui, ici chez nous, on attend toujours que l’Etat nous rappelle même les principes élémentaires de la bonne conduite. Ailleurs, avant que les citoyens ne demandent ce que l’Etat devra faire pour eux, ils s’acquittent honorablement de ce qu’ils doivent d’abord faire…
Bref, ailleurs, chacun, en sa manière et selon ses moyens, apporte sa pierre à la construction de l’édifice national. Malheureusement chez nous ici et cela curieusement, le développement n’est l’affaire que de quelques-uns. Au moment où certains se battent bec et ongles pour le bonheur de tous, d’autres se battent pour que le Pays soit à genou.
Pourtant, le cas de la Chine devrait nous servir d’exemple, car, là-bas, malgré le bas niveau de vie des fonctionnaires, malgré le très faible niveau de vie de la population, la dose de patriotisme en eux est si forte qu’ils mettent toute leur énergie ensemble pour faire face à l’essentiel de leurs préoccupations. Résultat, indépendante moins d’un siècle, cette grande nation, concurrence aujourd’hui, la première puissance du monde, les Etats-Unis.
Aux Populations de savoir par exemple, qu’on n’a pas besoin forcement d’être rappelé à l’ordre par l’Etat pour savoir que jeter des ordures en pleine rue, qu’être indiscipliné en pleine circulation, ne sont pas bien, que l’assainissement de notre capitale est l’affaire de tous et que par conséquent, tout le monde doit y participer, ne serait-ce qu’en balayant devant chez soi.
Aux autorités de savoir, elles aussi, que le laxisme ne construit pas un Pays.
Aux politiciens de comprendre qu’à chaque fois qu’un Gouvernement échoue, c’est tout le Peuple qui a échoué.
Aux sages et religieux de mettre en tête qu’ils ont un rôle phare à jouer dans la construction de notre Pays et qu’ils n’ont pas du tout droit à l’erreur.
Bref, si tout le monde faisait le travail qui lui revient dans ce Pays, on serait loin et très loin aujourd’hui.
Bonne fête d’indépendance à tous et que Dieu le Tout Puissant fasse que nous comprenions tous que ce Pays ne sera développé que lorsque chacun fera son travail.
A nos martyrs et compagnons de l’indépendance, je leur réaffirme mon indéfectible soutien et je leur dis que 60 fois je dis non !

Sayon MARA






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