Hausse du prix du carburant/Ce que le syndicat doit désormais faire (expert)

Le gouvernement guinéen a annoncé samedi nuit la hausse du prix du carburant qui passe de 8 000 GNF à 10 000 GNF. Mais qu’est ce qui a motivé ce réajustement du prix du litre à la pompe ?

Selon nos informations, plusieurs raisons pourraient expliquer cette augmentation. En tout cas si l’on en croit le ministre guinéen des Hydrocarbures qui déclare que « la vente du carburant en Guinée à un prix inférieur à celui des pays voisins explique le flot des exportations frauduleuses vers les pays voisins, cela coûte cher au pays en terme de devises et n’est pas facile à canaliser avec la perméabilité de nos frontières ».

Pour lui, « la subvention du prix du carburant à la pompe contraint le Gouvernement de renoncer à ses droits et taxes, ce qui rétrécit l’Etat en surface financière et le handicap dans le financement des infrastructures à fort impact social ».

Ajoutant que « la subvention du prix du carburant est jugée contre-productive et abandonnée par la plupart des pays ».

Les raisons ? « La subvention ne vise pas à enrichir les riches mais plutôt à soulager les catégories de populations à revenu indécent qui ne sont consommatrices du carburant que très marginalement », répond Diakaria Koulibaly.

Alors que, renchérit-t-il, « les préoccupations de ces populations se situent au niveau des services sociaux de base à savoir le service public de transport, de la santé et de l’éducation, le panier de la ménagère, l’aménagement des pistes rurales pour leur permettre d’écouler leurs excédents de productions de la zone de production sur les marchés urbains ».

« L’État ne peut satisfaire ces préoccupations que quand il est confortable financièrement et cela passe par les encaissements des recettes dans les limites autorisées par l’Assemblée nationale qui est l’émanation du peuple de Guinée », souligne le ministre.

Pour un expert des questions pétrolières, contacté lundi par Mediaguinee, les préalables pour l’augmentation du prix du carburant contenus dans le protocole d’accord du 19 février 2016 ont bien été respectés. Selon lui, l’accord disait que le maintien du prix du carburant à 8 000 FG jusqu’à fin décembre 2016 et une augmentation du prix une fois le baril est à 57 dollars. Alors qu’aujourd’hui le baril est à 78 USD.

« L’augmentation du prix de carburant ayant respecté les préalables, les acteurs sociaux doivent se rapprocher du Gouvernement désormais pour convenir des mesures d’accompagnement qui préserveraient le pourvoir d’achat du Guinéen », insiste l’expert qui rappelle que « le syndicaliste n’a pas de se mêler de l’augmentation ou baisse du prix du carburant, son rôle c’est de réclamer à l’Etat des mesures d’accompagnement en vue d’améliorer le pouvoir d’achat du travailleur ».

La Guinée, faut-il le rappeler, a perdu entre octobre 2017 à maintenant (soit 8 mois), plus de 760 milliards de francs guinéens.

Source : Mediaguinee






Répondre