Italie: la rupture du viaduc de Gènes et la remise en question sur la fiabilité des grands ouvrages

Après la rupture d’un barrage sur le Mékong, au Laos, dont les dégâts restent encore à évaluer exhaustivement, voilà l’autoroute aérienne de Gènes, en Italie, qui s’est coupée sur tout un pan de plusieurs centaines de mètres. On dit que les travaux de reprise, de rafistolage étaient en cours, comme si de tels travaux pouvaient être fiables sur un pont.

Le cas du viaduc de Gènes, qui date de 1967, plus de 50 ans de services intensifs, les choses sont différentes. En voyant des blocs énormes de béton tombés de plus de 40 mètres de hauteur et rester intacts, on pourrait conclure que le béton est hors de cause. Il reste à voir du côté de l’armature. Et c‘est là qu’il faudrait expertiser.

A l’usine de préfabrication de Neubrandenburg, on a passé au moins 6 mois en contact avec les plaques préfabriquées en béton-armé et surtout à étudier le comportement de l’acier dans le béton. On a compris que les aciers n’ont pas la même résistance suivant les normes d’épuration et d’élimination du carbone dans la production des différents pays. Il faut savoir que la présence massive du carbone dans l’acier le rend cassant au pliage. On n’a pas le temps de parler de la différence entre la fonte et l’acier, mais il est faux de considérer que fer égal fer ; fer n’est pas fer.

Donc, les fers à béton provenant de la fonte directe du minerais de fer et les fers provenant de la refonte des ferrailles, n’ont pas la même résistance, quelles que soient les opérations d’épuration du carbone, elle ne seront pas complètes, la présence du carbone dans l’acier le rend dur, mais cassant or, dans le béton-armé, il est exigé à l’acier d’être dur mais aussi et surtout d’être flexible pour encaisser les forces de flexion.

Actuellement, les industries d’acier font de l’économie morbide dans la réduction du temps de cuisson et d’épuration, à cause du coût élevé de l’énergie. Ainsi, les fers de construction produits à partir des ferrailles sont un grand risque d’effondrement et d’écroulement, leur épuration nécessitant beaucoup d’énergie….

On se rappellera les chaussures plastiques des années 50-60, dures, tenaces, élastiques, il fallait les cuire même pour les rendre moins dures. Ces chaussures pouvaient faire 6 mois avec les gamins qui jouaient au foot avec. Qu’en est-il des chaussures en plastic recuit de nos enfants ? De cuisson en recuisson à l’infini, le plastic et le fer perdent de leur résistance initiale.

Cependant, contrairement au plastic, les fers de refonte des ferrailles peuvent être efficaces dans les emplois qui ne nécessitent pas autant de contrainte de flexion, comme dans les piliers, poteaux, mais  déconseillé dans les poutres, ponts et dalles…

Concernant le pont de Gènes, on aimerait savoir si les éléments en béton précontraint ne sont pas fatigués et si la résistance de l’acier précontraint en vue de rendre flexible la structure du pont en vue de supporter les poids et surcharges des véhicules pendant plus de 50 ans n’a pas atteint sa résistance limite au fluage, qui n’est pas à durée infinie… Peut-on parler aussi de constructions anarchiques, car, que des bâtiments soient juste en dessous, il y a plein de culpabilités dans maints domaines.

Est-il impertinent de suggérer de prendre plus de précautions dans la construction des barrages hydro-électriques ? Après la rupture d’un barrage en Amérique du sud avec une coulée de boue énorme, il y a quelques années, voilà un autre barrage en Asie. Plus un barrage est énorme, plus sa rupture cause des dégâts irréparables. Comment faire pour renforcer les barrages existants ?

Actuellement, dans tous les d’Europe, la remise en question des grands ouvrages est à l’ordre du jour. La France est en train de revoir tous ses grands ouvrages, à commencer par le viaduc de Mio, majestueux !






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