Par un communiqué, la société civile appelle au respect de la flexibilité des prix du carburant

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«Nous devons constater que cette mesure de réduction constitue avant tout un début de respect des engagements signés par le gouvernement avec les centrales syndicales sous la médiation du patronat. Il faut rappeler qu’il était prévu dans cet accord que d’ici fin février, les parties devaient se retrouver pour discuter sur les modalités de réduction du prix du carburant à la pompe en tenant compte de l’évolution sur le marché international et que le gouvernement a pris le devant pour réagir par rapport à cela… C’est notre premier constat. Le deuxième fait qui me semble être important, est que 1000 francs guinéens comparés au niveau de réduction du prix sur le marché international, je trouve que cela est très disproportionné. Il faut sincèrement qu’on arrête de faire des accords de ce genre. J’insiste sur ce fait, c’est qu’il ne revient pas aux citoyens de payer les conséquences des difficultés que le gouvernement a rencontrées par rapport à cette déstructuration sur le plan économique du fait d’Ebola. Parce que chaque fois que le prix du carburant monte de manière exponentielle et incontrôlée en Guinée,  les prix de toutes les denrées de premières nécessités montent et le gouvernement n’a aucune possibilité de contrôler les prix sur le marché. Nous avons un libéralisme très sauvage où il n’y a aucun mécanisme de régulation. Cela fait que le citoyen est perpétuellement sous le stress de joindre les deux bouts. Nous sommes un pays riche et très riche mais les populations ont du mal à assurer les besoins minimums et le commerce qui est le secteur populaire par excellence, se gère sans aucune structure de régulation. 

La troisième chose sur laquelle nous mettons l’accent, c’est que le gouvernement doit appliquer la vérité des prix. Nous n’avons besoin de signer des accords pour que le prix du carburant baisse à la pompe. Cela doit être automatique. Il doit être comme l’inflation ou le cours international des devises. Chaque fois que le pays se trouve dans des positions délicates face au marché international, la remise doit être automatique. 

En ma qualité de président national du Conseil National des Organisations de la Société Civile (CNOSC), nous estimons que la réduction est très faible mais nous saluons quand même l’intention qui sous-tend pour le gouvernement d’anticiper la négociation sur cette réduction. Mais qu’à cela ne tienne, la réduction est disproportionnée par rapport au niveau actuel du prix sur le marché international. C’est pourquoi, nous demandons à ce que la vérité des prix soit appliquée. Cela ne doit pas faire l’objet d’un accord tripartite. Chaque fois que le prix  baisse, de manière proportionnelle les compagnies pétrolières au niveau national, doivent régler leur compteur en fonction de cette réduction du prix. Cela demande un Etat qui joue à l’équilibre, un Etat qui sait anticiper. J’ose espérer que d’ici la fin du mois de février tel que promis dans le dernier accord tripartite, les parties vont s’asseoir encore pour redéfinir les prix.

Quoi qu’il soit en soit, nous tenons absolument au respect de la vérité des prix, c’est-à-dire au respect de la flexibilité des prix  qui suppose que quand le prix du carburant monte au niveau du marché international d’un dollar que cela ait une répercussion automatique sur le prix à la pompe et vice-versa. Tous les pays de la sous-région se sont accommodés à cette réalité. On peut aujourd’hui accuser Ebola avec ses contingences sur l’économie nationale mais, il ne revient pas aux pauvres populations de payer ce prix. Il faut que les sociétés pétrolières puissent s’accommoder à cette réalité et l’Etat a l’obligation de jouer la police  pour que quand il y a des augmentations, que cette flexibilité soit automatique. Il ne faut pas attendre qu’on aille en grève pour obtenir des réductions du prix du carburant. Il faut que cela rentre dans le cadre la responsabilité de l’Etat à venir au secours de sa population. Nous, nous ne signons pas d’accord mais notre obligation, c’est de défendre les intérêts des citoyens. Nous sommes des citoyens de ce pays et nous sommes des automobilistes… Il y a d’autres taxes qu’on peut imposer sur les automobilistes  et qui n’ont pas d’impact sur toute la population. Mais le carburant par contre, a un impact sur toute la population. Celui qui détient une grosse cylindrée et celui qui a un vélo, paient tous de la même manière les conséquences de l’augmentation du prix du carburant. Il vaut mieux taxer la pollution ou imposer des taxes sur des  revenus pour permettre d’équilibrer  l’économie nationale. Mais il ne faut pas que les plus faibles paient pour les plus forts. Ce ne serait pas une manière raisonnable. Nous sommes promoteurs de la justice sociale donc je pense que l’Etat doit souffrir pour le faire. Nous estimons avec les discussions en cours qu’il y aura une autre réduction et la société civile veillera à ce que la vérité des prix soit appliquée pour sortir définitivement de l’impasse.»






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