Le chanteur Yaya Bangoura El Bangou parle de son état de santé après sa seconde opération aux États-Unis.

Cela fait bientôt 9 mois que l’artiste chanteur émérite Yaya Bangoura a quitté sa résidence de Coléah-cité dans la commune de Matam à Conakry pour des soins gracieusement offerts par la Fondation Globisine for humanity basée dans la cité balnéaire de Californie aux États-Unis.
Comment vit-il cette expérience de se faire soigner loin du pays et dans quel état d’esprit se trouve-t-il actuellement ? C’est l’essentiel de cette entrevue exclusive accordée à votre semainier Le Populaire par le célèbre instituteur et star de renom de la chanson guinéenne tradi-moderne Yaya Bangoura dit El Bangou.
Le Populaire: Bonjour El Bangou
Bonjour, mon frère journaliste. C’est mon pied droit qui me fait mal depuis 2008. Les douleurs me touchent jusqu’à la colonne vertébrale. C’est pour cela que je n’arrive pas à me déplacer sans soutien. J’ai commencé donc par un diagnostic à la Clinique Ambroise Paré de Kaloum à Conakry. De là, j’ai subi une opération à Dakar au Sénégal en 2011. Je suis rentré à Conakry, l’ancien ministre Me Abdoul Kabèlè Camara m’a envoyé au Maroc en 2015 pour la thérapie, mais le mal persiste. Parce qu’avant l’opération au Sénégal, je me tenais débout, mais depuis l’opération à Dakar, je ne peux plus marcher sans assistance.
Très bien. Cela fait longtemps que tu as quitté Conakry. Et ton état de santé ?
Ça commence à aller. J’ai effectivement quitté Conakry en novembre 2017 pour mes soins ici en Californie Oakland. Vraiment, ça commence à aller.
Quelle bonne nouvelle ! Vraiment, mon frère !
On peut l’annoncer au monde entier ?
Avec plaisir. Vas-y ! Faut annoncer la bonne nouvelle. C’est ce que j’aimerais partager avec vous, les membres de ma famille, et tous mes fans à Coléah, à Koundara, à Beyla, à Kankan, à Labé, à Benty, partout en Guinée et à travers le monde. Parce que vraiment maintenant, je me sens de mieux en mieux. Pour le moment ça commence effectivement à aller de mieux en mieux. On peut l’estimer, si tu veux, à 80 pour cent. Au moment même où je te parle comme ça, je suis avec les spécialistes. C’est-à-dire au niveau de la phase finale après 52 visites.
52 visites, c’est énorme ? Oui, tu sais ici, ils ne sont pas pressés, ils vont étape par étape. Il y a les visites cliniques, les visites thérapeutiques, les massages, etc.
Très bien. Dis-nous comment toi El Bangou, tu passes ta journée ici ? D’accord. Pour votre information, je suis dans un centre de réadaptation au compte de la Fondation Globisine for humanity. C’est une clinique où le docteur Douglas J. Abeles, spécialiste d’orthopédie soigne des stars du basketball et du football américain.
Pour mes déplacements, c’est le transmédical qui vient me chercher. Vous savez, je marche avec un cadre de soutien. Je vais faire mon contrôle à l’hôpital chaque matin. Souvent, je me fais accompagner de Globisine. Donc, ça commence à aller. Maintenant, ici j’ai subi une première opération. Il faut dire qu’il a fallu d’abord rectifier le diagnostic qui a conduit à l’opération faite au Sénégal. Donc, je peux maintenant me tenir débout, marcher avec le cadre sans être assisté. J’ai aussi fait une seconde opération le vendredi 27 juillet 2018.
Quel est ton régime quotidien ?
Du lundi au vendredi, à 7h pile c’est le petit déjeuner. A midi, on déjeune et à 17h on dîne. Le samedis-dimanches je déjeune à 10h. A 16h, on fait le dîner. De temps en temps on a des activités récréatives et sportives dans la cour de la clinique.
En dehors des massages, est-ce que tu pratiques ton sport préféré? Pour le moment, je ne pratique pas le football qui est mon sport préféré. Je marche avec le cadre comme je te l’ai dit.
Comment tu réussis à garder le contact avec ta famille restée au pays ?
Ah oui, je suis en contact ma femme et mes 3 garçons via Messenger ou Immo. Ils suivent l’évolution de mon état de santé. Ça leur fait du bien quand je parle avec eux. Moi aussi, surtout quand je parle avec eux, j’ai le réconfort moral.
Quand Globisine qui travaille, n’est pas à tes côtés, qui d’autre s’occupe de toi ?
Je suis interné au centre qui dépend entièrement de la clinique. Globisine même s’il est au travail, il veille sur tout.
Comment ça se passe le voisinage avec les autres malades ?
Avant d’être ici, je ne parlais pas anglais, mais maintenant tu sais je suis un enseignant, donc j’ai appris à apprendre vite. On est ensemble nuit et jour, donc tu vois, ça me facilite la compréhension de la langue anglaise. Je suis avec tout le monde au déjeuner, au dîner, à la bibliothèque. Donc, je ne parle pas l’anglais américain comme Globisine, mais bon je communique, et on me comprend.
Qu’est-ce que tu lis principalement à la bibliothèque pendant la séance de récréation ? Ici, je m’installe tranquillement devant la télé et je me connecte via Google translate pour m’informer
Cela veut dire qu’El Bangou suit la télé qui diffuse en langue anglaise ? Oui, quand ils parlent je comprends. C’est pour te dire que je suis là pour me soigner mais j’ai également l’occasion d’apprendre l’anglais américain.
Comment les membres de la communauté guinéenne de Californie vivent ton séjour médical dans leur cité d’accueil ?
Je suis pour le moment dans le centre où les visites sont filtrées. Mais j’ai la chance d’avoir le droit de visite de Globisine et d’SKanté le Prince. Des fois certains membres de la communauté qui savent que je suis au centre m’appellent via Messenger et Immo pour s’enquérir de mon état de santé. Et cela me fait grand plaisir.
Que représente pour toi leur action de solidarité envers l’artiste que tu es?
Le fait qu’on parle au téléphone seulement, ça me met à l’aise. Ça me réconforte de savoir qu’ils sont tous là pour moi.
Quelle est la place de la Fondation Globisine for Humanity dans cet élan de solidarité envers toi?
Eh mon frère, pour la Fondation Globisine, ça n’a pas commencé par moi, et je prie Dieu que ça continue à aider d’autres malades à recouvrer leur santé. Moi, personnellement, j’ai été aidé. C’est bien, tout le monde en parle en Guinée et dans les milieux de la diaspora à travers le monde. Avant moi, d’autres comme le doyen feu Kokassalé des Ballets Africains, feu Kémoko Sanoh qui fut le directeur de la chorégraphie des Ballets Africains avant de créer Les Merveilles de Guinée, ainsi quelques membres des Merveilles ont tous bénéficié des aides de la Fondation. C’est pour te dire que seul Dieu le Tout-Puissant peut vraiment récompenser Mohamed Fofana Globisine.
T’arrive-t-il de réécouter dans ton lit de malade les chansons qui ont fait ta célébrité?
Ah oui, (rires). Bien sûr ! Grâce à YouTube, ça marche bien pour ça ! Lesquelles, par exemple ?
Celles que je réécoute le plus, ce sont Sabou fanyi, un morceau dédié aux légendes du Hafia FC. Parce que je les connaissais tous. J’écoute aussi les morceaux de mes quatre albums La patience, Wo kobérato, Allah yakhori, Foniké fouré mou fakhara. Et le single Antonio Souaré de reconnaissance dédié à ce grand bâtisseur et soutien du sport et de la culture dans notre pays. Antonio est aussi de la promotion des Papa Camara. Lui, c’était l’étudiant brillant doublé de footballeur. Comme les Bruno Bangoura, Papa Camara, je l’ai connu à Coléah Cité avec son ami Macky Koulibaly. Antonio et moi, on est tous de Kindia aussi. Je suis donc heureux de savoir qu’aujourd’hui il consacre son temps et son avoir à la promotion du sport et de la culture en Guinée. C’est donc tout à fait normal que je lui fasse un single de reconnaissance pour qu’à travers ma contribution musicale l’histoire retienne ses bienfaits. Parmi ces légendes du Hafia, Bruno Bangoura vient de nous quitter. Paix à son âme ! Que la terre lui soit légère ! Amen. Je l’ai connu depuis le lycée Coléah lorsqu’il jouait au football. C’est de là qu’il a été recruté pour les Espoirs de Guinée avant qu’il n’intègre le mythique Hafia et plus tard le Syli national de Guinée. Les Espoirs, c’est le passage obligé des célébrités de l’époque : les Papa, Manet Garincha ; Bruno Bangoura, Bangaly Sylla, je les ai connus au lycée 2 août. Moi j’étais en 9e année, eux en 12e année, etc. A part mon répertoire, j’écoute aussi d’autres musiques de la Guinée.
Et ici aux Etats-Unis, tu écoutes quel genre de musique ? Oh, pas encore !
Qu’est-ce que le fait de tomber malade à Conakry, et avoir la chance d’être soigné dans l’une des meilleures cliniques spécialisées des Etats-Unis, apporte à El Bangou ?
Bon, cela me réconforte beaucoup. Parce que Globisine m’avait promis de m’emmener aux Etats-Unis pour me soigner depuis mon hospitalisation au Maroc en 2015. Il a pris en charge toutes les formalités et puis en novembre 2017, je suis arrivé ici.
Qu’est-ce que cela apporte aussi à ta philosophie de la vie, la manière dont toi El Bangou tu vois le monde ?
Ah, mon frère ! Je vois que le monde est complexe ! Ça m’a donné beaucoup à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons parce que la chance qui me sourit aujourd’hui provient certainement de ma sociabilité. Je comprends à présent que je dois encore faire plus dans le social. Car, c’est l’homme qui est au centre de tout, quand tu as l’homme, tu as tout. Etre utile aux hommes est le plus important de tout. Maintenant que tu as le moral au top, tu retrouves petit à petit ta bonne forme,
quels sont tes hobbies ? A quoi tu consacres ton passe-temps ?
Je consacre mon passe-temps à préparer des morceaux de chansons que je vais livrer au public si Dieu le veut bien.
Tu peux nous faire la confidence sur l’un de ces morceaux que tu prépares?
Ah, bon ! Prions que je retrouve ma santé d’abord. Le moment venu vous allez l’annoncer au monde entier.
Actuellement, qu’est-ce qui te tient vraiment à cœur ? Un projet d’album, un projet d’écriture de tes mémoires ou quoi d’autre?
Mon frère, dès que tout sera prêt, je vais effectivement faire un album. Pour le moment, je suis concentré sur la santé de mon pied droit et de ma colonne vertébrale.
Quand tu seras bien requinqué par les spécialistes de la médecine de pointe et que viendra le moment de rentrer au pays, quel souvenir garderais-tu du pays des yankees ?
C’est un grand souvenir, mon frère ! J’ai trouvé que la vie américaine et la vie africaine sont diamétralement opposées.
Comment ça ? Quand je vais renter, je vais changer ma façon de vivre. En faisant comment ?
Ah, mon frère ! Tout sera programmé désormais. Ici, tout est sur programme, tout est ordonné. Ah, oui, cela m’a marqué ! Est-ce important d’avoir une vie ordonnée ?
Oui, c’est très important pour une personne normale. C’est l’une des leçons que j’apprends ici.
Et que souhaiterais-tu que ceux qui t’ont côtoyé ici aux Etats-Unis gardent de toi ?
Ma sociabilité, seulement. Parce que toute personne doit être sociable. C’est ce qui fait de toi un vrai homme utile à tes voisins et aux autres. Merci, El Bangou de nous avoir accordé cette entrevue.
Merci bien, mon frère. Tu peux me permettre de faire un coucou à tous mes fans et au peuple de Guinée ? Bien sûr que oui !
Alors, je dis merci, merci à ma femme, mes enfants, mes fans, à la Fondation Globisine, à tout le peuple de Guinée que j’adore et à tous ceux qui prient pour mon rétablissement.
Réalisée par Diallo Alpha Abdoulaye pour L’hebdomadaire Le Populaire





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