Makanera aux journalistes : ‘‘C’est ce qu’on appelle liberté ? Souiller l’honneur des gens ? Détruire les gens à travers le micro ?’’

Devant les journalistes, ce mercredi 7 novembre, l’ancien ministre de la Communication, Alhousseine Makanéra Kaké, a ouvertement déclaré qu’il est contre la loi organique L/2010/02/CNT du 22 juin 2010, portant sur la liberté de la presse en République de Guinée.

« Aujourd’hui, vous avez la caméra, vous avez les radios, vous pouvez dire ce que vous voulez. Vous pouvez nous traiter comme vous voulez, vous avez même trouvé une loi, moi je suis opposé à cette loi. Il faut que je vous le dise, parce que nous sommes des amis, il faut que je vous dise la vérité », a déclaré Makanéra Kaké.

La loi sur la dépénalisation des délits de presse a été adoptée en 2010, pendant la Transition, par le Conseil national de transition (CNT) qui faisait office de parlement. Malgré que cette loi soit en vigueur, Makanéra Kaké estime que les journalistes ne devraient pas être fiers du texte. « La loi sur la dépénalisation des délits de presse, je suis opposé. Vous ne devez même pas être fiers de ça. Moi, je vous le dis sincèrement, à votre place, je ne vais pas accepter. Je dois assumer mes responsabilités, si j’assume ce que je dis, je n’ai pas peur d’être devant le juge sur les actes que je pose. Peut-être qu’on aurait trouvé un moyen pour vous protéger par rapport à l’Etat ».

« Mais à cette pauvre femme, je pense à la mienne, une femme qui ne sait même pas correctement lire, qui n’a jamais travaillé un jour, qui n’a jamais pris un salaire de quelqu’un, les gens se permettent à la radio de dire qu’elle a détourné huit milliards. Ils peuvent le dire, parce qu’ils savent qu’il n’y pas de sanction derrière. C’est ce qu’on appelle liberté ? Souiller l’honneur des gens ? Détruire les gens à travers le micro ? Je suis opposé, nous sommes des amis, j’aime ce métier de la presse, je voudrais qu’ils aient des hommes exemplaires, c’est pourquoi moi, je suis opposé à la dépénalisation des délits de presse, très sincèrement », conclut le président du Front national pour le développement (FND).

Bhoye Barry






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