MEDIAS : le syndicat de la presse au côté des journalistes de Bonheur FM

Même si elle fait de moins en moins parler d’elle, la crise sociale au sein de la radio privée Bonheur FM n’est pas pour autant résolue. Loin s’en faut. Pour preuve, les journalistes qui en ont été licenciés pour des faits de grève, réunis en Collectif, ont animé ce jeudi une conférence de presse pour notamment faire le point. On en apprend en particulier que toutes les médiations ayant échoué, la crise a désormais atterri au Tribunal du travail. Et dans cette optique, nos confrères peuvent compter sur le soutien du Syndicat de la presse privée de Guinée (SPPG) dont le secrétaire général, Sidi Diallo, était justement à la conférence.

Le collectif des journalistes de Bonheur FM encore engagés dans le bras-de-fer avec leur ex-employeur, Oustaz Hafiziou Sow, n’en veulent pas forcément à ceux de leurs collègues qui ont entretemps repris le travail. Toutefois, le porte-parole du Collectif, Mamadou Samba Sow, met en garde ceux-ci. « Quand quelqu’un vous demande d’aller lui présenter des excuses parce que vous avez réclamé vos droits, quand vous le faites et il vous soumet un contrat de 3 mois après vous avoir fait travailler pendant 6 ans, si vous acceptez cela et qu’au terme de ce qu’il appelle la période d’évaluation, il vous renvoie, vous n’aurez pas à porter plainte », rappelle-t-il.

Revenant ensuite sur le dossier à proprement parler, Mamadou Samba Sow donne les raisons qui ont conduit à la saisine du tribunal du travail. « L’inspection générale du travail lui (employeur, ndlr) a adressé 3 convocations auxquelles il n’a pas daigné répondre. Face à cet échec et à celui de la médiation entamée par les leaders religieux, les prêcheurs qui viennent à la radio, nous nous sommes vus dans l’obligation de transférer le dossier », explique-t-il.

En dépit des rapports désormais dégradés entre eux et les responsables de la radio, nos confrères n’excluent pas cependant de reprendre le travail à la radio Bonheur, si cela émanait notamment de la procédure judiciaire engagée. Mais pour l’heure, ils attendent ce verdict devant venir de la justice. « C’est un pays où il y a des lois et il faudrait que les gens apprennent à les respecter, et lui il doit servir d’exemple », fulmine encore Mamadou Samba Sow.

En ce qui le concerne, Sidi Diallo, le secrétaire général du Syndicat de la presse privée de Guinée (SPPG) replace le débat dans son contexte général. En effet, selon lui, les problèmes dont sont victimes les journalistes de Bonheur toucheraient en fait tous les journalistes. « Citez-moi une radio qui n’a pas un problème, où tous les journalistes ont un contrat, où tous les journalistes sont immatriculés, où tous les journalistes sont payés à temps », déclare-t-il à l’appui de son constat. En conséquence, selon lui, la solution réside dans l’unité de l’ensemble de la corporation en vue notamment de l’obtention de la Convention collective qui aiderait à régler les problèmes une fois pour toutes.

A noter que c’est suite à une demande d’amélioration de leurs conditions de vie et de travail (augmentation de salaire, mise à disposition d’un règlement intérieur pour éviter les sanctions arbitraires, mise à disposition d’un bulletin de salaire, etc ) que 13 journalistes de la radio Bohneur FM ont été licencié suite à une grève. A date, ils ne sont plus que 6 au sein de l’association, 5 ont repris le travail, et les deux autres ont simplement tourné la page.

Hawa Bah






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