La grève du Camarade Soumah et le gouvernement de notre fameux professeur (Par Ibrahima Kandja Doukouré, New York)

Notre professeur du Droit International Économique nous a dit : « Les rapports de forces ont toujours caractérisé les relations internationales ».

En d’autres termes, les rapports de forces, les moyens de pression, caractérisent même les négociations ou les dialogues entre les politiciens, entre les acteurs d’un même pays ou entre l’Etat et une partie du peuple, comme les syndicalistes.

Ainsi, chaque partie fait toujours en sorte d’être en position de force ou avoir le maximum de pression sur l’autre partie, dans le but de lui imposer ses vues ou la pousser à faire le maximum de compromis dans un dialogue ou une négociation.

D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui poussent notre infatigable opposition à être têtue dans ses marches stupides, pour être dans une position de force ou avoir le maximum de pression sur la mouvance présidentielle, même si l’histoire risque de lui donner tort. Un politicien peut utiliser un moyen de pression jusqu’à ce que cela ne crée pas plus de problèmes à ses compatriotes, car dans le cas contraire, il peut dire adieu aux électeurs ; sans les électeurs, il ne remporterait aucune élection. C’est pourquoi, elle n’a gagné aucune élection depuis huit (8) ans, et risque de ne rien gagner dans les circonstances actuelles.

Par ailleurs, il y a quelques mois que notre syndicaliste Soumah et son groupe avaient mis le gouvernement dos au mur, car ils étaient en vraie position de force et avaient le maximum de moyens sociaux de pression sur lui. On était dans une grève illégale, nous disait le gouvernement, qui ne voulait absolument pas entamer les négociations avec ce monsieur ; mais les élèves dans la rue, les destructions et les violences qui les accompagnent ont poussé notre fameux professeur à inviter même Camarade Soumah à la présidence. Le calme était donc revenu dans la cité et les affaires avaient repris leur cours normal.

Malheureusement, notre Camarade qui n’avait pas très bien compris les raisons qui ont poussé le gouvernement et le chef de l’État à l’inviter à la présidence, vient de lancer une nouvelle grève avec les revendications qui n’ont aucune chance d’être écoutées, car elles sont fantaisistes, n’a apparemment aucun moyen de pression, n’est dans aucune position de force, et ainsi, ne pourrait guère rien imposer à l’autre partie.

Une autre raison qui a fait que notre Camarade et son groupe ont probablement perdu leurs moyens sociaux de pression sur le gouvernement et que les forces sociales ont estimé sans doute qu’elles avaient été trahies par les syndicalistes qui les avaient, à un moment donné de leur lutte commune après l’augmentation du prix de l’essence à la pompe par le gouvernement, laissé tomber en faisant cavalier seul. Ils avaient abandonné les forces sociales à l’époque, pour continuer les négociations avec le gouvernement sans tenir compte de revendications sociales, et sans savoir que les deux groupes de revendications étaient inséparables.

Aujourd’hui, la grève est en cours, mais certaines écoles privées et publiques ignorent Camarade Soumah et ses amis et le gouvernement ne les écoute guère, allant même jusqu’à suspendre les salaires des grévistes. On ne sait trop combien de temps nos grévistes tiendraient-ils le coup, sans salaires et sans aucun moyen de pression ? On dirait que les rapports de forces et les moyens de pression ont déjà changé de camp.

Cependant, il y a un détail que notre fameux professeur et son gouvernement ignorent très certainement. Les syndicalistes risquent de ne jamais suspendre leur grève, même sans salaires et avec certaines reprises partielles des cours, car ce serait probablement la fin du syndicalisme, ne serait-ce que dans l’éducation. Nos camarades syndicalistes préféreraient continuer toute l’année scolaire dans cette situation, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, et cette année scolaire serait malheureusement partiellement troublée. Ils ne doivent pas aussi oublier que nos camarades syndicalistes peuvent retrouver rapidement leurs moyens sociaux de pression à tout moment et on assisterait ainsi au chaos.

En conclusion, tout laisse croire que notre fameux professeur et son gouvernement sont en position de force avec nos syndicalistes, mais il leur revient d’arrêter cette situation dans laquelle des milliers d’élèves en paieraient les conséquences. On doit aider la partie en face à sauver la face. Le gouvernement a ainsi le devoir patriotique d’entamer le dialogue avec Camarade Soumah et son équipe, quelles soient leurs revendications. Les deux finiraient naturellement par trouver un compromis, les syndicalistes sauveront la face et leurs relations avec leur base continueraient à être intactes et les cours seront complètement repris. C’est la Guinée qui en sortirait naturellement gagnante.

Nos camarades syndicalistes auraient ainsi appris la leçon. La grève est un moyen légitime d’aider les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie. Elle doit donc obéir aux lois en vigueur et doit mettre sur la table des revendications qui ne sont pas fantaisistes et qui ont pour objectif d’aider vraiment les salariés. Ce n’est pas parce qu’on a dans le pays les gens qui nous aident à manifester et à détruire qu’on doit se lever du mauvais pied le matin en appelant à une grève, avec les revendications qui n’ont pour objectif que de semer la pagaille dans le pays.

Certes, les enseignants et chercheurs souffrent en Guinée et le gouvernement, par le biais de syndicalistes patriotes et responsables, doit les aider, mais toutes les parties doivent savoir que ces améliorations ne se feront pas en un seul jour. Elles demandent de temps, des esprits patriotiques et de patiences, dans la paix qui accompagne le développement socio-économique.

On finit par dire, et on le croit de toutes nos forces : « Jamais deux parties patriotes ne peuvent s’asseoir autour d’une même table de négociation, toutes ces parties ne pensent qu’à leur pays, sans finir par faire des concessions et de compromis, en trouvant un accord dans l’intérêt général. Si elles discutent et ne trouvent pas un accord, l’une n’est point aussi patriotique, comme elle le prétend, ou les deux ne le sont guère ».

Démission du Haut Représentant du Président de la République: voici la copie de sa lettre de démission.

Ce lundi 11 décembre 2018, Sidya TOURE,nommé
le samedi 2 janvier 2018 par décret du Président de la République au poste de Haut Représentant du président de la République,démissionne de son poste. voici la copie de sa lettre de
démission.

Le ministre Keira reconnaît que « le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière »

Lors de son passage, ce vendredi, à l’Assemblée nationale, pour défendre son budget, face aux élus du peuple, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Alpha Ibrahima Keira, a fait le point sur la situation du personnel de la police et de la protection civile en Guinée.

D’après les chiffres donnés par le premier responsable du département en charge de la sécurité et de la protection civile, force est de reconnaitre que la Guinée est loin d’atteindre le standard international dans ce secteur, qui se trouve être primordial pour le bon fonctionnement de la démocratie dans un pays.

En effet, le ministre Keira a expliqué : « Dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, une cartographie opérationnelle des unités de la police nationale et de la protection civile sur l’ensemble du territoire national a été réalisée sur le financement de l’Union Européenne. Cet outil numérisé et interactif a permis de dénombrer en temps réel les objectifs, les armes, les minutions, le positionnement, le parc immobilier, les moyens logistiques et matériels et les moyens de maintien d’ordre sur l’ensemble du territoire national ».

À ce titre, poursuit-il, « la police nationale compte 505 unités, toutes catégories confondues (Services Centraux ; Directions Régionales ; Commissariats Centraux ; Compagnies Mobiles d’Intervention et de Sécurité –CMIS ; Brigade Anti Criminalité – BAC ; Commissariats Spéciaux ; Commissariats Urbains et Postes de Police) et la Protection Civile 12 unités (Services d’Incendie et de Secours –SIS, Unités de Protection Civile –UPC). Sur la base de cet outil, la police nationale compte un effectif 10.298 dont 1.644 femmes et la protection civile compte 957 agents, dont 139 femmes. Ces chiffres indiquent que le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière ».

« Pour la police nationale que nous avons, il n’y a pas 35 unités répertoriées qui n’ont aucun effectif ; 180 unités ne disposent que d’un seul agent par service ; 83 unités ne disposent que de deux agents par service. L’effectif de police dans 9 préfectures ne dépasse pas 20 agents, dont 2 d’entre elles ont moins de 6 agents. En revanche, Conakry regorge de 63% de l’effectif total de la police nationale », a précisé le ministre de la Sécurité.

Face à l’ampleur de ces anomalies, Alpha Ibrahima Keira dit avoir pris des dispositions, pour corriger cette situation, à l’effet aujourd’hui, de compter 22 agents au minimum par préfecture.

Mohamed Soumah

Guinée : Le 3ème mandat tant redouté (Par Dr. Ahmed Camara)

Alors que la question d’un troisième mandat revient chaque fois dans les débats et focalise l’attention, le président Alpha Condé a donné des instructions aux autorités administratives de la Haute Guinée où il est en tournée, de faire cesser le mot d’ordre ‘’vive le 3ème mandat’’.

Du coup, certains analyses, qui n’en rêvaient pas mieux, s’en sont allés à des conclusions hâtives : Alpha Condé ne veut pas d’un troisième mandat. Trop facile. En réalité, Alpha Condé ne veut pas que son périple qui doit le conduire en Haute Guinée, en Guinée Forestière et en Moyenne Guinée, soit marqué sous le sceau officiel d’un troisième mandat.

L’objectif étant de lancer ou de relancer des infrastructures qui manquent encore cruellement aux localités visitées. Les projets identifiés et à exécuter ne dépasseront pas tous plus d’un an. On ne peut pas parler d’un troisième mandat quand on débute des projets. A leur réception dans un an, il sera alors indiqué de parler de futur ou d’ambitions électoralistes.

Entre temps, le barrage de Souapiti sera fini, et la comptabilisation des actions d’envergure menées depuis neuf ans prédisposera à demander une fois de plus le suffrage populaire. Qui pourra se faire par référendum car encore une fois, il n’y a pas de plus souveraineté que celle exercée par le peuple. La Constitution actuelle, votée par des camarades réunis dans une salle ne saurait être l’expression de la volonté populaire qui s’exprime par un vote.

Il est vrai que jusqu’ici le président Condé ne s’est pas exprimé publiquement sur cette affaire de troisième mandat mais cela ne veut pas dire qu’il n’y pense pas. Et le message fort envoyé aux préfets lors de sa tournée ne prouve pas qu’il n’ait pas d’ambition dans ce sens. Alors si le peuple est vraiment souverain, laissons-le s’exprimer. S’il ne veut pas d’un troisième mandat, il le dira et si c’est le contraire également il le fera savoir. Je ne vois vraiment pas pourquoi il y aurait des problèmes dans ce sens. Voilà, j’ai jeté le pavé dans la mare.

Allons-y.

Dr. Ahmed Camara depuis Berlin

CONAKRY: une usine clandestine démantelée à Coléah

Une unité multi-services dénommée SOFAL-GUINEE, soupçonnée de clandestinité, a été démantelée,  ce mardi 21 mai 2019, à Coléah, dans la commune de Matam. L’opération a été menée par le Secrétariat général à la Présidence, chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, et de la répression des délits économiques et financiers. L’unité est spécialisée dans la fabrication de produits alimentaires et cosmétiques.

« Plus de 100 marques de produits  sont contre-fabriqués ici. Le propriétaire, lui-même, n’a aucune idée du nombre exact », explique Sékou Oumar Camara, commissaire principal de police,  Chef de division Laboratoire et pharmacie des services spéciaux. Mais la pluralité des produits fabriqués par l’entreprise n’est peut-être pas le plus grand drame. En effet, selon Sekou Oumar Camara, au-delà, il y a que l’Entreprise « n’est pas reconnue », alors qu’elle fabrique des produits de grande consommation : du lait pour les nourrissons, des crèmes de peau, les démêlants, le vinaigre et les arômes, des détergents. Quoi qu’aux yeux du commissaire de police, il y a un risque supplémentaire dans le fait pour une seule usine de fabriquer à la fois tous ces produits, en un même lieu. Qui plus est si le lieu en question est insalubre.

Conscient de l’illégalité dans laquelle ils évoluent, les responsables de l’usine, à en croire le colonel Moussa Tiegboro Camara, en charge des services spéciaux à la présidence de la République, feraient tourner les machines pendant toute la journée, les portes closes. « L’entreprise travaille en Guinée depuis 2001. Ce qui veut dire que le marché guinéen a un sérieux problème », dit-il.

Pourtant, selon le colonel Tiégboro, depuis son interpellation, le propriétaire de l’usine ferait l’objet de soutiens de toutes parts.  «Tout le monde m’appelle, on dirait que ce n’est pas un malfrat. Je suis écœuré ! », dénonce-t-il.  Pourtant, le prévenu n’est pas accusé que pour un seul crime.  Il est poursuivi non seulement pour délit économique, mais aussi pour crime organisé. « Il vit seul en Guinée, mais toute sa famille se trouve au Sénégal… Il  a six  employés qu’il paye par personne 50O mille GNF par mois », explique-t-il. Un certain laxisme y est pour quelque chose, selon le colonel Tiégboro.

Interrogé, le mis en cause qui est libano-sénégalais, rejette toutes les accusations : « Je dis et je répète qu’il n’y a pas un seul produit contrefait dans mon entreprise. Tous mes produits sont  créés et formulés par la société », rétorque Zoher Didy, de son nom. Il rajoute même : « mes produits sont certifiés par le service de contrôle qualité qui me donne l’autorisation de mettre mes produits sur le marché ».

Balla Yombouno

Libye : après la visite du maréchal Haftar à Emmanuel Macron, aucun cessez-le-feu en vue

Le chef de guerre libyen, en visite officielle mercredi à Paris où il a rencontré le président français Emmanuel Macron, a déclaré que les conditions n’étaient « pas réunies » pour un cessez-le-feu dans un pays en plein chaos.

Les conditions ne sont pas réunies en Libye pour un cessez-le-feu, selon le maréchal libyen Khalifa Haftar, reçu mercredi 22 mai à Paris par Emmanuel Macron, qui l’a appelé à reprendre le processus politique pour sortir le pays du chaos.

Alors que les combats ont gagné en intensité aux abords de la capitale libyenne, le président français a demandé à l’homme fort de l’est de la Libye qu’une cessation des hostilités « intervienne le plus tôt possible », selon la présidence française. Mais, a reconnu le palais présidentiel, « la défiance entre les acteurs libyens est plus forte que jamais » et « on voit bien l’impasse entre le souhait de la communauté internationale pour une cessation des hostilités et la manière de voir du maréchal Haftar ».

»


Ce dernier ne s’est pas exprimé à l’issue de la réunion, qui a duré un peu plus d’une heure. Durant les échanges, en présence du ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le maréchal a « longuement expliqué et justifié », selon la présidence française, l’offensive militaire qu’il a lancée début avril sur Tripoli pour, a-t-il dit, lutter contre « les milices privées et les groupes radicaux » dont l’influence grandit dans la capitale.

Paris « très actif dans les prochaines semaines »

Son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) fait cependant face à la résistance des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé dans la capitale. Les combats ont fait depuis le 4 avril plus de 510 morts et 2 467 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Le maréchal Haftar a présenté au président Macron la situation sur le terrain comme étant ‘en progrès et en dynamique’

Le maréchal Haftar a présenté au président Macron la situation sur le terrain comme étant « en progrès et en dynamique », en affirmant qu’il consolidait « progressivement ses positions ». À la fin de la réunion, il a semblé « convaincu qu’une reprise du processus politique était indispensable » mais « il n’a pas indiqué s’il allait faire une ouverture » en ce sens prochainement, selon la présidence.

L’Élysée a annoncé que la diplomatie française serait « très active dans les prochaines semaines » pour essayer de favoriser une solution, même si « nous ne sommes pas naïfs » face à « une situation délicate et difficile à décrypter ». Elle maintiendra pour cela « un dialogue constant » avec l’ONU, l’Italie, ancienne puissance coloniale, les autres capitales européennes, Washington et les acteurs régionaux, comme l’Egypte.

Béji Caïd Essebsi reçoit Sarraj à Tunis

De son côté, le chef du GNA, Fayez Al-Sarraj, a estimé mercredi à Tunis que le cessez-le-feu en Libye ne pouvait se faire sans le retrait des « agresseurs », c’est-à-dire des forces du maréchal Khalifa Haftar. « L’appel à un cessez-le-feu ne peut se faire qu’avec le retrait des forces de l’agresseur », a insisté Sarraj dans un communiqué. Ce mercredi 22 février, le chef du GNA a rendu visite au président de la République Béji Caïd Essebsi au palais de Carthage. La réunion a porté sur les derniers développements de la scène libyenne.



Emmanuel Macron avait reçu le 8 mai le chef du GNA, qui avait accusé la France de soutenir le maréchal Haftar, des critiques jugées « inacceptables et infondées » par Paris. Le chef de l’État français fait preuve de « réalisme » en recevant Sarraj et Haftar, mais la visite de ce dernier « arrive un peu tard s’il s’agit de relancer un processus diplomatique, dont ni l’un ni l’autre ne veulent », souligne Emmanuel Dupuy, président du think-tank Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE).

Durant la discussion, le maréchal Haftar a évoqué de récentes livraisons d’armes étrangères dont auraient bénéficié les milices, malgré l’embargo des Nations unies. L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a mis en garde mardi, devant le Conseil de sécurité, contre « le début d’une guerre longue et sanglante » qui « pourrait conduire à la division permanente du pays ». Face à Khalifa Haftar, l’Elysée a aussi fait part de ses « préoccupations » quant à la « recrudescence des actions de groupes armés » dans le sud de la Libye, à la frontière avec le Niger et le Tchad, deux pays proches de la France.

Par Jeune Afrique avec AFP

Dalein révèle : ‘‘Plus d’une fois, les députés de l’opposition ont demandé qu’un audit de l’ARPT soit réalisé’’

Au sortir d’une réunion de l’opposition dite républicaine, ce mercredi 22 mai, au QG de l’UFDG à Hamdallahi CBG, Cellou Dalein Diallo qui a fait office de porte-parole, a rappelé qu’ »une mission du Fonds monétaire vient de quitter le pays. On a noté entre autres que 90 millions de dollars n’avaient pas été versés à la bonne caisse.  Le ministre de l’Economie et des Finances a reconnu que les 90 millions de dollars ont été versés sur un compte dont on connaît la gestion. Parce que plus d’une fois, à l’Assemblée nationale, les députés de l’opposition ont demandé qu’un audit de l’ARPT soit réalisé », a-t-il laissé entendre avant d’accuser qu’: » Il y’a eu des centaines de centaines de dollars qui sont passés par là et dont nul ne connaît l’utilisation finale. »

« Vous n’êtes pas sans savoir que des milliards, des centaines de milliards de francs guinéens sont détournés alors que notre peuple continue de souffrir, accuse Cellou Dalein avant de s’interroger. Combien de ménages en Guinée aujourd’hui ne peuvent pas assurer deux repas par jour » ?

Pour Cellou Dalein Diallo, ‘‘c’est les mêmes personnes qui détournent le contribuable qui parlent de l’histoire d’un troisième mandat. Alors que le clan ne fait que s’enrichir et c’est ce clan qui veut continuer à confisquer les ressources qui parle de troisième mandat. Parce qu’ils veulent continuer la salle besogne de s’approprier les ressources publiques, financières, minières », a-t-il reproché.

C’est pourquoi, ‘‘aujourd’hui, a-t-il ajouté. Il est important qu’on se mobilise tous, pour arrêter ça, pour s’occuper du peuple de Guinée. Pour s’occuper de l’amélioration des conditions de vie des Guinéens.  Croyez-moi l’opposition républicaine est déterminée ».

A noter que le ministre des Finances, Mamady Camara, à propos des 90 millions de dollars a déclaré : ‘‘Les 90 millions de la 4G, le Gouvernement Guinéen à travers le Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique et ORANGE-GUINEE a signé une convention de concession pour l’établissement et l’exploitation des réseaux de télécommunications mobiles de types 2G, 3G et 4G pour un montant de quatre-vingt-dix millions de dollars des Etats-Unis (USD 90.000.000). A ce titre, ORANGE-GUINEE a effectué un virement de la moitié du prix du renouvellement des licences, soit quarante-cinq millions de dollars des Etats-Unis (USD 45.000.000) sur un compte-transit de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT). La seconde moitié sera versée au cours du deuxième semestre 2019. En rapport avec le Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie Numérique, le Ministère de l’Economie et des Finances a engagé les mesures administratives nécessaires pour le transfert du montant viré sur le compte de l’ARPT vers le Trésor public.’’

Bhoye  Barry

Violences à Fria : les ressortissants de la préfecture invitent les citoyens à l’accalmie

Suite aux événements malheureux enregistrés dans la préfecture de Fria du 13 au 14 mai dernier, les cadres ressortissants de la préfecture ont dans une déclaration rendue publique ce vendredi 17 mai 2019 à Conakry, invité les fils et filles de leur  localité à la retenue et à s’abstenir de toutes formes de violences.

Ils ont par la voix de leur porte-parole déploré le comportement de certains cadres, qui selon eux, seraient la cause du soulèvement populaire enregistré dans cette ville industrielle.

« Le dialogue pour un règlement pacifique de la crise était en cours, et les principaux responsables (le maire, les coordinations régionales de la place, le Sotikèmo, l’imam de la mosquée centrale, les leaders religieux et la délégation des cadres ressortissants venus de Conakry) avaient fortement déconseillé l’intervention des forces de l’ordre, car l’espoir était permis pour une sortie heureuse de la crise. Très malheureusement, le représentant du gouvernorat de Boké, M. Baba Dramé, a compris autrement et a fait prévaloir la force, provoquant du coup, une escalade de la violence dans la cité, que nous déplorons vivement », a expliqué El Hadj Moussa Conté

Plus loin, il ajoute que devant cette situation, des personnes malintentionnées se livraient à distiller la confusion et l’amalgame à travers des propos tendancieux dénudés de tout fondement.

Par ailleurs, les ressortissants de Fria disent être reconnaissants envers le président de la République pour les initiatives de développement qu’il ne cesse d’apporter à cette ville. 

« Les cadres ressortissants de Fria à Conakry tiennent à réitérer leur profonde reconnaissance au chef de l’Etat, le professeur Alpha Condé pour ces grandes actions en faveur de nos populations et souhaitent  que la gouvernance locale soit effectivement en phase avec la vision du président qui prône entre autres, le respect du contenu local, la transparence dans la gestion, l’écoute et le respect des populations », reconnait le porte-parole au nom de ses pairs.

Pour terminer, El Hadj Moussa Conté lance cet appel : « Chères sœurs, chers frères, population de Fria. Notre chère localité sera ce que nous voudrions qu’elle soit. C’est pourquoi, nous vous invitons à continuer d’œuvrer comme toujours au maintien d’un climat favorable à la prospérité de notre préfecture. Cela signifie qu’il faut éviter la violence sous toutes ses formes et privilégier le dialogue ». Conclut-il.  

Bouka Barry

La Chronique de Mamadou Dian Baldé/Cellou entre le zist et le zest

Mamadou Dian Baldé, journaliste et éditorialiste ne ménage pas le chef de file de l’opposition pour ses récentes sorties hasardeuses dans la presse parisienne. La fuite en avant du gouverneur de la ville de Conakry face aux morts causées par les inondations dans la banlieue de la capitale  figure  également  dans cette chronique hebdomadaire « croustillante »  de notre confrère.

Talibé Barry: Bonjour Mamadou Dian. Dans votre chronique de cette semaine, vous revenez sur les ratés enregistrés dans les sorties du président de l’UFDG dans la presse internationale, qui lui valent depuis des railleries dans la cité et sur la toile. Et vous titrez « Cellou entre le zist et le zest » ?  

Mamadou Dian Baldé : Le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) doit être gêné sans doute aux entournures, après les dérapages qu’il a commis dans sa récente sortie sur France 24. Un entretien dont il a profité pour ravaler ses propos tenus la veille sur le plateau de TV5. Cette attitude cauteleuse renvoie une image négative du principal opposant au régime, à un moment où le pays est à la croisée des chemins. Lui qui constitue pourtant l’un des maillons forts  des forces vives opposées au changement constitutionnel.

Face à un président qui veut tenter un passage en force pour perpétuer son pouvoir.

La tentative de Cellou de rectifier le tir, en ménageant la chèvre et le chou n’a pas prospéré. Sinon quel mal y avait-il pour lui de s’en tenir à son mea culpa des méfaits causés par la révision constitutionnelle de 2001, dont il fut l’un des acteurs clés, en tant que ministre de la république. Que de trouver le lendemain, de peur certainement de liguer contre lui les « héritiers » de l’ancien parti au pouvoir, cette parade peu efficace. Qui consiste à dire sur le plateau de France 24, que «Lansana Conté avait le droit de changer la constitution parce qu’il était un bon président ».

Cellou venait de donner ainsi des verges à ses adversaires pour se faire battre. Au Rpg on continue de moquer les propos de l’opposant, en lui rétorquant que si ‘’Conté fut un bon président, Alpha aussi en est un.’’ Donc pourquoi ne pas alors lui donner la latitude de changer notre constitution.

Le parti au pouvoir n’a d’ailleurs pas tardé à annoncer les couleurs samedi, pour son fameux projet de changement de constitution.

Le chef de file de l’opposition doit se départir de son instinct  pusillanime et assumer sa ligne politique.

Comme l’a dit Nicolas Sarkozy : « ceux qui ne peuvent supporter d’être hais ne doivent pas faire de la politique. Il n’y a pas de destin sans haine.»

L’effet boomerang d’une saturation médiatique

Pour vous Mamadou Dian, le chef de l’opposition guinéenne subit le revers d’une « saturation médiatique »…  

Nombreux sont aujourd’hui les observateurs qui pensent que le fait d’avoir enchaîné des sorties médiatiques du côté de Paris, dans le cadre de sa campagne anti troisième mandat, a produit plutôt un effet boomerang.

Lors de son récent séjour parisien, Cellou Dalein Diallo y est allé très fort, il faut le reconnaître, en faisant le tour des plateaux de télévisions de TV5, France 24, avec en sus des interviews sur RFI, Africa N1 et dans l’express, en un cours laps de temps.

Dans ses interviews, l’ancien Premier ministre de Lansana Conté, devenu par la force des choses le principal opposant au pouvoir d’Alpha Condé s’est illustré par des critiques acerbes contre le système.

Le but était de dénoncer les velléités du pouvoir, aux yeux d’une communauté internationale qui semble afficher son indifférence sur le sort de la Guinée.

Mais Cellou a fait une boulette en reniant ses propos, en tissant des lauriers à Lansana Conté, après avoir la veille, déploré le fait d’avoir été l’un des promoteurs de la modification constitutionnelle de 2001.

Cela a suscité une vive polémique qui n’est toujours pas retombée. Malgré l’opération de déminage entreprise par son entourage. Sans succès. Le mal étant fait.

Mettant ainsi de l’eau au moulin de ses adversaires, tant du parti au pouvoir que de l’opposition. Quand on sait que certains opposants ne peuvent plus voir Dalein en peinture.

La saturation médiatique a ses revers. Et Dalein vient d’en faire l’amère expérience.

En son temps, Alpha Condé en tant qu’opposant, communiquait peu. Ce qui fait que ses rares sorties dans la presse suscitaient une grande attention chez ses militants et adversaires.

Pourtant le leader historique du Rpg frayait avec de nombreux hommes de médias, qui lui servaient en quelque sorte de « boucliers » contre le pouvoir de Conakry.

Fuite en avant de Mathurin face au drame de Dabondy

 Vous êtes de ceux qui ont été offusqués par la sortie du gouverneur de la ville de Conakry contre les victimes des inondations survenues dans la commune de Matoto, le week-end dernier. Une sortie qui, pour vous, a sali la mémoire des 5 victimes des ordures ?

Le gouverneur de la ville de Conakry n’a pas trouvé mieux à faire que de se défausser sur les pauvres victimes des inondations de Dabondy 3, qu’il accuse sans sourciller d’être les seules responsables du funeste sort qu’ils venaient de subir.  Par la mort de 5 de leurs enfants, provoquée par la force des eaux, suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale dans la nuit de vendredi à samedi.

Sans aucune décence morale, Mathurin Bangoura pointe du doigt les constructions anarchiques des habitants de la zone, auxquelles il impute ces inondations. Dans une capitale insalubre et dont les rares égouts servent de dépotoirs d’ordures aux populations. Lui qui aurait dû débarrasser le plancher en pareilles circonstances, au lieu de se poser en moralisateur de bas étage.

C’est le lieu de dénoncer ces opérations d’assainissement initiées les derniers samedis de chaque mois, qui ne seraient en réalité que des coups de com, et des prétextes pour enrichir ceux qui gèrent la manne consacrée à ces soi-disant ramassages.

Tout comme le gouverneur, le maire de la commune Matoto dont relève la zone sinistrée,  Mamadouba Tos Camara, s’en est pris aux victimes dans des termes peu amènes.

L’édile dont l’élection a souffert de contestations au lieu de compatir à la douleur des familles éplorées, a pesté en balançant à la figure des victimes, tel un juge hystérique: « les décisions sont prises. Nous allons casser toutes les maisons sur les caniveaux. Depuis trois jours, le ministre de la ville, a donné l’instruction de venir identifier les zones qui sont occupées anarchiquement. Donc, nous autorités communales, nous allons les identifier et les déguerpir ».

La fuite en avant de ces deux personnalités dans la gestion de cette crise, ne peut que choquer l’opinion. Preuve qu’étant du même tonneau, ils sont  simplement  de la caste  d’administrateurs intéressés par le profit.

De par leur attitude, Mathurin et Tos ont sali la mémoire des 5 victimes de ces inondations, dont l’une n’avait que 3 ans. Mais que voulez-vous quand on est dans un système où seuls priment les renvois d’ascenseurs et autre népotisme.

Comme toujours, c’est le peuple qui trinque.

Des ordures qui tuent, ce n’est pas une première à Conakry

Vous rappelez que les ordures avaient déjà fait des victimes dans un passé récent. Vous faites allusion à l’éboulement survenu au niveau de la décharge de Dar es Salaam, n’est-ce pas ?

Les victimes de la décharge de Dar es Salaam sont encore dans nos mémoires. Les 9 morts de l’éboulement survenu le 22 août 2017. Depuis, les riverains de cette décharge continuent de squatter la zone, ce malgré les promesses du gouvernement de déplacer cette montagne d’ordures vers un site plus approprié.

C’est finalement l’option de déguerpissement des habitants du coin qui semble retenir l’attention des autorités compétentes.

Le ministre de la Ville Dr Ibrahima Kourouma vient de  réitérer ses menaces. Et tout porte-à-croire que l’opération aura lieu, incessamment. Le drame de Dabondy3 pourrait leur servir d’adjuvant.

Même si jeter ces pauvres populations à la merci des pluies, avec le début de l’hivernage ne ferait pas honneur à notre gouvernement.

Ce pouvoir a pêché en n’ayant pas réussi en 9 ans, à sortir des sentiers battus en termes de salubrité urbaine. En lieu et place d’une politique bien pensée, d’assainissement et de salubrité, on se contente d’opérations ponctuelles, sous l’œil des caméras.

Aux familles des victimes de Dabondy, le président a offert une enveloppe de 40 millions de fg et quelques tonnes de riz. Et la boucle est bouclée.

Mamadou Dian Baldé

Journaliste et éditorialiste

Matières premières : l’Afrique affectée par le conflit commercial sino-américain

Dans leur rapport annuel, les spécialistes réunis au sein du groupe Cyclope font part de leurs inquiétudes concernant les perspectives à court terme pour les marchés des ressources naturelles, dont une part importante provient du continent africain.

L’édition 2019 du rapport Cyclope sur l’évolution des marchés des matières premières n’est guère optimiste. Présentée à Paris le 15 mai et intitulée « Les illusions perdues », cette nouvelle mouture coordonnée par l’économiste Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine, en lien avec une cinquantaine d’économistes et analystes, fait état des anxiétés et des doutes qui persistent sur les perspectives à court terme de la plupart des marchés des minerais, des hydrocarbures ou des denrées alimentaires, même si les situations restent contrastées.

Les différents intervenants ont ainsi fait part de leurs « illusions perdues » sur le plan de la lutte contre le changement climatique, de leurs espoirs douchés d’un retour de l’exubérance des années 2012-2014, ou encore d’une pacification de plusieurs conflits bilatéraux commerciaux.

L’impact du conflit sino-américain

L’année 2018 a, certes, été plutôt positive en matière d’évolution des prix de nombreuses matières premières, particulièrement pour les minerais de cuivre et de fer, de l’aluminium, du gaz, du cacao ou encore du maïs. Mais depuis septembre dernier, les nuages n’ont cessé de s’amonceler sur le plan géopolitique, particulièrement du fait des fortes tensions commerciales entres les États-Unis et la Chine – qui n’ont toujours pas réussi à finaliser un accord commercial début mai – qui font peser des incertitudes sur presque tous les marchés, compte tenu du poids prépondérant de l’empire du Milieu sur le devenir des cours et des quantités échangées de matières premières.

Dans son intervention à la conférence parisienne, Pascal Lamy, l’ancien patron de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a ainsi regretté qu’une « mondialisation tempérée et raisonnée » puisse naître un jour, à l’heure où les tweets impétueux de Donald Trump, pourfendeur du multilatéralisme, ont parfois plus d’impact sur les marchés que l’écart entre l’offre et la demande.

En dehors de la peste porcine sud-africaine – qui sévit depuis plusieurs mois dans la nation arc-en-ciel, poussant à la hausse des prix du porc – et certains marchés fourragers, le continent a peu été évoqué lors de cette présentation du rapport Cyclope 2019. L’Afrique est pourtant concernée au premier chef par les évolutions des matières premières clés tirées de ses terres agricoles et de son sous-sol.

L’évolution des marchés du sucre, du gaz et du nickel, dont une bonne partie provient du continent, ont été choisis comme emblématiques de l’année écoulée, et analysés par un panel de spécialistes.

Chute de certains prix

Le sucre pâtit d’un excédent de production qui perdure depuis trois années, et de stocks pléthoriques, notamment en Inde. Résultat : la baisse de 25% sur l’année 2017 s’est poursuivie en 2018 dans les mêmes proportions, bénéficiant aux consommateurs des pays émergents, dont la part progresse à l’échelle mondiale.



Les prix du gaz, qui se portaient bien jusqu’au début de l’année 2019, se sont quant à eux effondrés en mars 2019, passant de 8 à 10 dollars par million de btu à environ 4 à 5 dollars, compte tenu du regain de la production de la Chine et à sa politique de stockage et d’achat à terme de gaz naturel liquéfié. Une situation qui ne devrait pas accélérer le développement des méga-gisements du Mozambique, du Sénégal et de la Mauritanie notamment.

Le nickel, enfin, qui n’est plus utilisé seulement que pour la fabrication d’alliages tels que l’inox, mais aussi des batteries de véhicules électrique, est quant à lui bien orienté, même s’il subsiste des défis techniques et environnementaux pour des producteurs comme Madagascar.

Par Christophe Le Bec

Sydia Touré et la vérité (Tribune)

Décidemment Sydia Touré a de sérieux problèmes avec la vérité. Avec lui, on passe par toutes les subtilités dans l’art de dire des contre-vérités. En l’écoutant, on constate très vite à quel point il est vague et sinueux sur certains sujets, ceux qui ne «l’arrangent» pas. Il a alors vite fait d’abréger les débats de sa manière si méprisante, alors que sur d’autres questions, il étonne par sa précision. Or, comme le rappelle si bien l’écrivain Jean-Paul « Plus on est faible, et plus on ment ; la force suit une ligne droite, les boulets creux décrivent une parabole ».

Avec Sydia Touré on ne peut jamais être sûr de rien. Devant le tollé suscité par sa phrase « Si Condé ne se représente pas, je serai président », il affirme qu’il n’a pas prononcé ces mots. Manque de pot, François-Xavier Freland, le journaliste qui l’a interviewé persiste et signe. Comme d’habitude, le Président de l’UFR ne semble pas vouloir assumer ce qu’un hebdomadaire aussi connu que Jeune Afrique lui attribue. Pourtant quelque chose nous dit que Sydia Touré ne portera pas plainte. On parie?

Le problème avec le mensonge, c’est qu’autant il est tentant d’y recourir pour sortir de situations embarrassantes, autant il oblige, tôt ou tard, à faire face à l’illogisme de son existence.

Sydia Touré a menti pour avoir un poste dans l’administration ivoirienne. Il a déclaré aux autorités de ce pays y être né, à Dimbokro, alors qu’il est natif de Kolon en Guinée. Pour faire bonne mesure, son nom Diakhaby n’étant pas répandu en Côte d’Ivoire, il a pris celui de Touré, pour mieux se confondre à ses nouveaux concitoyens. Pourtant, à la même époque, d’autres hauts cadres originaires de pays étrangers ont eux aussi intégré l’appareil administratif ivoirien sans pour autant renier leur patronyme. On peut citer les ministres Mohamed Diawara, Abdoulaye Sawadogo, Dico Garba, Amadou Thiam, Alassane N’Diaye originaires du Mali, de Haute-Volta, du Niger ou du Sénégal.

Par ailleurs d’autres Guinéens, eux-mêmes intégrés dans la fonction publique de Côte d’Ivoire, n’ont pas jugé utile de changer de nom : Souleymane Koly, Togba Zogbélémou Maurice, Hassimiou Baldé, Joseph Katty (dans l’enseignement), Barry Bassirou (Ministère de la Justice), et autres.

Au fait, qu’y a-t-il donc de si détestable dans ses racines que Sydia Touré a voulu cacher en se débarrassant du nom que ses parents lui ont donné dans sa terre natale ? Par complexe sans doute et animé d’une envie tenace d’être plus Ivoirien que les Ivoiriens eux-mêmes. N’est-ce pas de la Côte d’Ivoire qu’il a importé le slogan « Lansana Conté, ton pied, mon pied », rendu célèbre par le « griot » de Félix Houphouet Boigny, le célèbre Ministre Balla Kéita ? Ces propos aussi, Sydia Touré nie les avoir tenus alors que bon nombre de guinéens se souviennent clairement les avoir entendu de sa bouche.

Il a donc menti aux Ivoiriens pour avoir une place dans leur pays et il a été rattrapé par la réalité lorsqu’il a voulu briguer un destin national… guinéen. Le mensonge est certes recyclable mais pas biodégradable. Sa confrontation à la vérité est inéluctable.

De même, tout porte à croire que l’âge qu’il prétend avoir n’est pas exact. En effet, comment expliquer que tous ses promotionnaires flirtent aujourd’hui avec les 80 ans (pour ceux qui ne sont pas morts) et que lui seul soit âgé de « seulement » 74 ans ? Aboubacar Somparé, Sékou Tounkara, Zainoul Abiddine Sanoussy, Dr Karim Aribot sont tous nés entre 1939 et 1941 et seul lui, Sydia Touré, serait né en 1945.

De la même manière, Sydia Touré s’attribue les progrès éphémères enregistrés dans la desserte en électricité quelques temps après son arrivée à la primature. Il a fallu que son allié politique, Cellou Dalein Diallo lui-même le corrige et rende à César ce qui lui revient : c’était l’œuvre de Kassory Fofana.

Sydia Touré prend donc systématiquement des libertés avec son interprétation et ses justifications de la réalité objective. Que ce soit pour justifier l’acquisition de sa maison sur le dos du patrimoine bâti public ou encore l’usage qu’il a fait des deux milliards qu’il a reçu au titre de l’indemnisation pour le massacre du stade du 28 septembre ou enfin ses accusations fallacieuses sur la présence d’un million d’électeurs fictifs dans le fichier électoral.

Quelqu’un à l’UFR devrait enfin lui dire qu’il n’y a que de l’honneur à reconnaître ses erreurs, dire « je ne sais pas » ou simplement faire son mea-culpa. Les avantages du mensonge sont temporaires, ceux de la vérité sont éternels.

Camara Mohamed

Nous vous livrons le compte rendu du Conseil des ministres de ce jeudi 16 mai 2019

Conakry, le 16 Mai 2019 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 16 Mai 2019, de 10h à 12h, selon l’ordre du Jour suivant :

  1. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
  2. COMPTE RENDU DES SESSIONS ORDINAIRES DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DU 30 AVRIL DU 7 MAI ET DU 14 MAI 2019

III. QUESTIONS DIVERSES

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Le Chef de l’Etat a adressé en son nom et en celui de l’ensemble du Gouvernement ses vives félicitations et ses encouragements à l’équipe nationale junior cadet, finaliste de la CAN U17 qui a remporté la Médaille d’argent en Tanzanie. Ses félicitations ont également été adressées à l’encadrement sportif et aux autorités du Ministère des Sports, de la Culture et du Patrimoine Historique.

Le Président de la République a confirmé ses instructions relatives à la réalisation d’un audit complet du secteur énergétique afin d’en établir un diagnostic détaillé et définir les grands axes stratégiques de développement de ce secteur.

Le Président a donné des directives aux départements financiers (Ministère de l’Economie et des Finances, Ministère du Budget et Banque Centrale de la République de Guinée) en vue de la priorisation, dans l’exécution des dépenses publiques, des secteurs sociaux afin de leur permettre d’impacter positivement et rapidement sur les conditions de vie de la majorité des citoyens.

Le Chef de l’Etat a instruit les Ministres en charge des Transports et du Budget de diligenter les opérations de mise en place de la compagnie de transport aérien de droit guinéen Guinée Airlines en procédant, notamment, à la libération de la quote part de l’Etat dans le capital de cette Société en voie de constitution.

Appréciant les progrès déjà accomplis dans ce domaine, Le Président de la République a instruit les départements concernés de concevoir et de mettre en œuvre un programme de réduction de l’inflation pour la ramener à un niveau encore plus bas que celui atteint ces dernières années dans le but de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs guinéens.

Le Chef de l’Etat a rappelé aux Ministres en charge du Budget et des Finances l’urgence de la mise en exécution des textes d’application du Code des Marchés publics afin de permettre l’application des nouvelles procédures de passation des marchés publics.

Au titre du deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier Ministre a fait le compte rendu des sessions ordinaires du Conseil Interministériel tenues les 30 avril, 7 mai et 14 mai 2019.

Le Conseil a entendu successivement

Le Ministre de l’environnement et des Eaux et Forêts qui a soumis pour examen le projet de Loi portant nouveau Code de l’Environnement.

Le Ministre a indiqué que l’objectif de la réactualisation du Code de l’environnement est d’établir les principes fondamentaux destinés à promouvoir le développement durable, gérer et protéger l’environnement et le capital naturel contre toute forme de dégradation.

Le Ministre a précisé que les limites constatées du Code en cours datant de 1987 sont corrigées dans le présent Code et concernent entre autres :

Les principes de territorialité, de précaution, de non-régression ;
La prise en compte du transfert des compétences environnementales aux collectivités locales, comme prévu par le Code des collectivités locales ;
L’intégration des nouveaux enjeux mondiaux tels que les changements climatiques, la biosécurité, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’économie verte ;
Le renforcement de certaines sanctions.

Il a indiqué que la nouvelle mouture du Code de l’Environnement prend en compte les Objectifs du Développement Durable, les principes environnementaux en vigueur à l’Union Africaine et à la CEDEAO, les directives des Organismes des bassins fluviaux dont la Guinée est membre actif.

Le Ministre a rappelé que les droits coutumiers et les pratiques traditionnelles, le genre, l’écotourisme, la transition vers l’économie circulaire et le capital naturel, ont été également prise en compte.

Au terme de l’exposé, le Conseil a adopté le projet de Loi portant Code de l’Environnement.

La Ministre de l’Action Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance qui a soumis pour examen, en seconde lecture, deux projets de Lois :

Le premier portant sur la Mutualité Sociale en République de Guinée.

Elle a rappelé que depuis 2017, la Guinée dispose d’une politique nationale de protection sociale. Celle-ci met l’accent sur la nécessité d’en diversifier les outils, dont les mutuelles sociales.

La Ministre a souligné que de nos jours, il y a une nécessité d’harmoniser la législation nationale en matière de Mutualité Sociale avec celles des pays de la CEDEAO et de l’Union Africaine en vue d’améliorer le taux de couverture sociale des populations.

Les mutuelles servent à assurer :

La prévention des risques sociaux liés à la personne et la réparation de leurs conséquences ;
La protection de l’enfance, de la famille, des personnes âgées ou handicapées ;
Le développement culturel, moral, intellectuel et physique de leurs membres et l’amélioration de leurs conditions de vie.

Elle a précisé que le présent projet de loi fixe les principes fondamentaux régissant la mutualité sociale en République de Guinée.

Au terme des débats, le Conseil a adopté le projet de Loi tout en demandant l’élaboration de ses textes d’application dans de brefs délais.

° Le second portant sur la Promotion et la Protection des droits des personnes atteintes d’albinisme en République de Guinée.

La ministre a indiqué que certains préjugés sociaux empêchent les personnes souffrant d’albinisme d’accéder facilement à des soins de santé adaptés, aux services sociaux, à une protection juridique et à la réparation en cas de violation de leurs droits.

La Ministre a soutenu que face à cette situation, le Ministère en charge de l’Action Sociale en collaboration avec de nombreux autres acteurs, ont entrepris plusieurs activités en faveur des victimes. Ces multiples efforts semblent insuffisants face aux besoins exprimés et à l’absence d’un cadre juridique approprié.

D’où le présent projet de loi qui vise à garantir l’inclusion, l’égalité des chances en faveur des personnes atteintes d’albinisme, la protection et la promotion de leurs droits contre toutes formes de discrimination et de stigmatisation.

Au terme des débats, le Conseil a décidé de l’approbation du projet de Loi et recommandé l’élaboration dans les meilleurs délais de ses textes d’application.

Le Ministre de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi qui a fait une communication relative aux préparatifs de la 108ème session de la Conférence Internationale du Travail (CIT), du 10 au 21 Juin 2019 à Genève (Suisse).

Il a indiqué que dans le cadre des préparatifs de la 108ème session de la Conférence Internationale du Travail (CIT), chaque pays membre a été invité à organiser des dialogues tripartites nationaux sur le rapport de la commission mondiale sur l’avenir du travail, avant son adoption par la conférence prévue du 10 au 21 Juin 2019 à Genève (Suisse).

Le Ministre a annoncé que c’est dans cette perspective que le Département en charge du Travail a initié depuis plusieurs semaines des séries de rencontres avec l’ensemble des partenaires sociaux (Syndicat, Patronats) avec pour philosophie, une démarche inclusive.

Il a enfin informé de la solennité de cet évènement planétaire, en raison du caractère exceptionnel de cette session 2019 qui coïncide avec la célébration du centenaire de l’OIT à laquelle plusieurs Chefs d’Etat prendrons part.

Le Conseil a soutenu la participation de notre pays à cette session de la Conférence Internationale du Travail (CIT)

Le Ministre de l’Economie et des Finances a soumis pour examen en seconde lecture le projet de Décret portant Régime Juridique des Comptables Publics.

Il a souligné qu’à date, le régime juridique des comptables publics n’a pas encore fait l’objet d’une initiative gouvernementale en matière règlementaire en dépit des lourdes responsabilités qui caractérisent l’exercice de la fonction de comptable public.

Le Ministre a expliqué que la fonction comptable est fragilisée en raison du défaut de prestation de serment devant la Cour des Comptes et la constitution des cautions avant l’exercice de la profession.

Il a soutenu que pour corriger et combler le vide, la Loi Organique Relative aux Lois de Finances de 2012 et le Règlement Général sur la Gestion Budgétaire et la Comptabilité Publique du 15 janvier 2013 ont rappelé, dans le cadre des réformes et de la modernisation de la gestion publique, les responsabilités des comptables publics et les sanctions qu’ils encourent dans l’exercice de leurs missions.

Le Ministre a déclaré que le présent régime juridique prend en compte aussi bien les dispositions législatives et réglementaires encadrant la gestion publique en Guinée que les bonnes pratiques des pays disposant déjà de régimes juridiques.

Au terme des débats, le Conseil a adopté le projet de Décret portant Régime juridique des comptables publics

Le Ministre des Transports a soumis pour examen deux projets de Décrets :

° Le premier fixant les Statuts de l’Office Guinéen des Chargeurs.

Il a indiqué que conformément aux Conseils des Chargeurs en Afrique, le Conseil Guinéen des Chargeurs (CGC) a pour objet de contribuer à la promotion du commerce extérieur de la Guinée en apportant toutes les facilitations et assistances multiformes aux chargeurs dans l’accomplissement de leurs missions.

Le Ministre a expliqué que la mission essentielle du Conseil des Chargeurs se résume comme suit :

La représentation équitable et la défense des intérêts des chargeurs publics et privés ;
Les relations avec les intervenants dans la chaîne des transports ;
La facilitation du suivi des marchandises ;
La gestion d’une banque de données sur les transports internationaux et nationaux ;
La mise en place des infrastructures de transport ;
La promotion de la compétitivité des exportations grâce à des initiatives visant à améliorer la chaîne de transport ;
La tenue des statistiques fiables dans le domaine des importations et exportations.

Le Ministre a également indiqué que les recettes de l’émission du Bordereau Electronique de Suivi des Cargaisons (BESC) constituent la principale ressource financière d’un Conseil des Chargeurs.

° Le second projet de Décret fixant les Statuts de l’Agence de la Navigation Aérienne (ANA).

Le Ministre a informé que depuis environ deux (2) décennies, les Directions de l’Aviation Civile rencontrent de nombreux problèmes pour la mise en œuvre des recommandations des audits de supervision de la sécurité de l’OACI, relayée par les Organismes Régionaux s’occupant de l’Aviation Civile.

Le Ministre a précisé que l’ANA a pour mission d’assurer la sécurité, la régularité et l’efficacité de la circulation aérienne ainsi que la gestion et l’exploitation des aérodromes domestiques, en République de Guinée.

Dans son fonctionnement actuel et cela conformément à ses statuts, l’ANA n’est pas soumise au règlement général de la comptabilité publique. Sa comptabilité est cependant tenue selon les usages commerciaux conformément aux règles du système comptable OHADA (SYSCOHADA).

Le Ministre a noté que la principale ressource financière de l’ANA est la redevance terminale. Elle représente plus de 95% de ses revenus. Quant à la subvention d’équilibre, perçue du Budget National de Développement (BND), elle représente à peine 3% du chiffre d’affaires annuel de l’Agence.

Il a expliqué que face à cette situation, il était nécessaire de procéder à la mise en conformité des statuts de l’ANA au regard du cadre légal et règlementaire régissant l’organisation et le fonctionnement des Organismes publics en République de Guinée.

C’est en exécution de cet impératif, que ce présent projet de statuts harmonisés a été élaboré conformément aux dispositions de la loi L/2017/056/AN du 08 Décembre 2017, portant Gouvernance Financière des Etablissements et Sociétés Publics.

Au terme des débats, le conseil a adopté les deux projets de Décrets fixant les Statuts du Conseil Guinéen des Chargeurs (CGC) et de l’Agence de Navigation Aérienne (ANA).

Le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication relative au Rapport d’étape sur l’avancement des opérations d’assainissement de la Ville de Conakry.

Le Ministre a informé que dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie de professionnalisation des déchets, un appel d’offre international a permis de recruter deux (2) opérateurs chargées d’une part de la pré-collecte jusqu’au transfert des déchets sur le site final de la minière, d’autre part de l’exploitation de la décharge de la Minière.

Il a annoncé que face au constat actuel de la salubrité de la ville de Conakry, le Département en charge de l’Assainissement est en manque d’équipements divers dont l’acquisition est nécessaire

Le Ministre a affirmé que la mobilisation de ces besoins vise à :

Éliminer l’ensemble des dépôts sauvages dans les 5 communes ;
Procéder aux curages des caniveaux et à l’enlèvement des produits de curages ;
Mettre en place l’équipe de balayage sur les principaux axes routiers des 4 autres communes ;
Mobiliser 24H/24 le parc automobile pour le transport des déchets solides ;
Mettre en place une brigade de contrôle des lieux assainis.

Il a informé que pour l’atteinte de ces objectifs, un programme intérimaire d’assainissement intégré de la ville de Conakry sur une durée de six (6) mois allant de Mai à Octobre 2019 a été élaboré et budgétisé par son Département

Le Ministre a sollicité l’accord du Gouvernement pour engager dans les meilleurs délais, des actions visant la mise en place d’un fonds destiné à pérenniser le financement de la gestion des déchets solides pour la ville de Conakry et celles de l’intérieur du pays.

Au terme de l’exposé, le Conseil a donné son soutien au Ministre et convoqué une réunion du Comité de Pilotage sur la professionnalisation des Déchets solides avec les Ministres en charge de l’Assainissement, du Plan, de la Coopération et de l’Administration du Territoire.

Le Ministre de l’Economie et des Finances a fait une communication relative à la tenue des réunions statutaires de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO), du 25 juillet au 02 août 2019, à Conakry.

Il a souligné que les réunions statutaires tournantes dans les pays membres examinent principalement l’état de mise en œuvre et les résultats du Programme de Coopération Monétaire de la CEDEAO (PCM), adopté en 1987 et décliné en « Feuille de route du programme de monnaie unique » en 2009. Elles apprécient également, la stabilité des secteurs financiers, les systèmes de paiement de la zone et les taux de change.

Le Ministre a précisé que les participants aux réunions statutaires sont des cadres des ministères en charge des questions économiques, de l’intégration et du commerce des pays membres ainsi que des Banques Centrales de ces pays. Au moins 150 délégations représenteront les pays et institutions de la sous-région à l’événement.

Il a indiqué que les rencontres se dérouleront chronologiquement en trois phases : le Comité technique des experts, le Comité des Gouverneurs des Banques Centrales et le conseil de Convergence qui est une réunion Ministérielle. Ses rencontres sont présidées par le pays hôte.

Les réunions de la ZMAO seront précédées de celles de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) et du WAIFEM.

Au terme de l’exposé, le Conseil a donné son soutien au Ministre de l’Economie et des Finances et au Gouverneur de la Banque centrale pour la tenue des réunions statutaires de la ZMAO à Conakry, du 25 juillet au 2 Août 2019.

Le Ministre de l’Energie a fait une communication relative à l’Accord de financement entre la République de Guinée et l’Association Internationale de Développement (IDA) et la Convention de crédit entre la République de Guinée et l’Agence Française de Développement (AFD), relatifs au financement du « Projet d’Amélioration de l’Accès à l’Electricité en Guinée (PAEEG) ».

Il a rappelé qu’en plus du PNDES qui couvre tous les secteurs clés de l’économie guinéenne, un prospectus d’investissement a été élaboré pour l’accès à l’électricité 2016-2020, visant à doubler le taux d’accès à l’électricité de 18% actuellement, à 36% durant les cinq prochaines années en vue d’atteindre un accès universel d’ici à 2030. A cet effet une table ronde des donateurs a eu lieu à la mi-novembre 2017 à Paris, pour présenter le Prospectus d’Investissement et mobiliser environ 380 millions sur 645 millions de dollars pour la mise en œuvre du programme national d’accès à l’électricité.

Le Ministre a affirmé que le projet d’Amélioration de l’Accès à l’électricité en Guinée (PAAEG), conjointement financé par la Banque Mondiale et l’Agence Française de Développement (AFD), consiste à mettre en œuvre une partie de ce Programme d’accès à l’électricité à moindre coût de notre pays, sur la base d’une approche sectorielle.

Au terme de l’exposé, le Conseil a adopté la Convention de crédit et l’Accord de financement relatifs à ce projet.

Le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a fait un compte rendu sur le programme de lancement des projets d’infrastructures financés par l’ANAFIC ;

Il a rappelé que l’avènement de la 3ème République en 2010 a permis à la Guinée de mettre au cœur de ses nombreux projets et programmes une politique de décentralisation et de développement local à la satisfaction générale des populations.

Le Ministre a soutenu que c’est dans ce contexte que le Gouvernement vient de mettre en place un mécanisme pérenne de financement de la décentralisation en vue d’optimiser l’efficacité et de corriger les effets de dispersion des différents appuis financiers apportés aux collectivités locales. D’où la création de l’ANAFIC par Décret du 11 novembre 2017 pour la gestion exclusive de ce fonds.

Il a justifié que cet acquis mérite d’être connu et porté à la connaissance des communautés à la base.

C’est pourquoi, sous l’autorité du Premier Ministre, il a été jugé nécessaire d’organiser une mission gouvernementale dans les 4 régions naturelles du pays à l’effet d’informer les populations sur les acquis et les perspectives qui s’attachent au projet de développement économique et social du Président de la République.

Le Ministre a expliqué que la mission sera dirigée par un pool de Ministres dans chaque région naturelle du pays. Il a informé que l’objectif de la mission consiste à :

Procéder au niveau des collectivités locales à l’inauguration des infrastructures socio-économiques de base (Santé, Education, Agriculture, Electricité, Hydraulique villageoises etc.), avec l’appui des partenaires au développement, notamment le PACV3 ;
Procéder à la pose de la première pierre des infrastructures financées par l’ANAFIC ;
Informer les citoyens sur les acquis du Gouvernement de la 3ème République ;
Sensibiliser les populations sur l’entretien, la sauvegarde et l’utilisation efficiente des infrastructures mises à leur disposition ;
Faire passer un message de paix, d’unité nationale, de quiétude sociale et de sécurité.

Le Ministre a annoncé qu’à la fin de la mission, un rapport synthèse sera élaboré à la haute attention de Son Excellence Monsieur le Président de la République.

AU TITRE DES QUESTIONS DIVERSES

Le Ministre en charge de l’Enseignement Supérieur a informé que notre compatriote Dr Sékou Traoré, spécialiste en Génie chimique à l’Université Gamal Abdel Nasser, a remporté le prix de champion mondial 2019 de la Boue Rouge.

Le Conseil a apprécié cette performance qui consacre le génie guinéen et adressé ses félicitations à l’intéressé

Avant de lever la séance, Monsieur le Président de la République a donné au Conseil de larges informations sur la situation nationale, africaine et internationale.

Le Conseil des Ministres

La chronique de Mamadou Dian Baldé : Le choix cornélien

Mamadou Dian Baldé, journaliste et éditorialiste s’est penché sur le fait que le président tarde encore à annoncer les couleurs. Comme s’il était confronté à un choix cornélien. L’épilogue du bras de fer judiciaire entre l’honorable Damaro Camara et les magistrats est aussi passé au crible dans cette chronique « croustillante ».

Talibé Barry: Bonjour Mamadou Dian. Dans votre chronique de ce matin, vous  vous mettez un peu dans la tête du président, confronté selon vous à un choix cornélien ?

Mamadou Dian Baldé : On s’attendait à ce que le président de la République révèle enfin son projet au grand jour à la faveur de la cérémonie de lancement des travaux de l’an 61 des festivités de l’indépendance. Mais le locataire du palais sekouthouréah continue de faire durer le suspense.

À Kindia, Alpha Condé est venu, il a vu mais il s’est gardé d’annoncer la couleur. En guise de réponse à l’appel lancé par les organisateurs de ce meeting géant au stade Fodé Fissa, en faveur d’une modification de la constitution, le chef de l’État a servi la même rengaine que lors de ses précédentes sorties. « Je vous ai écouté, je vais donc vous répondre. Il faut que tout le monde comprenne que ce que le peuple veut, personne ne peut arrêter ça », tel fut donc le discours sibyllin tenu par le président à Kindia.

À la satisfaction des promoteurs d’une continuité dans la gouvernance actuelle.

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Le président de la République, pour légitimer ses ambitions, dit s’en remettre à la volonté populaire.

Il s’agit là d’une technique bien rodée, dans la rhétorique populiste qui se construit autour du  « peuple ». On n’en a pas encore fini avec les séquelles de la première République dont le président disait agir en symbiose avec son peuple.

La suite on la connaît avec le fameux camp de concentration Mamadou Boiro et ses victimes. C’est un peu la mise en pratique de la formule attribuée à tort ou à raison à Louis XIV qui disait : « l’État c’est moi ». Au même moment où le chef de l’État communiait avec son peuple au stade, une partie de ce même peuple se récriait dans les rues de Kindia contre un éventuel changement constitutionnel.

Organisée par le FNDC, cette manifestation anti troisième mandat s’était soldée par l’arrestation de 7 opposants au fameux projet.

Leur condamnation au terme d’un procès jugé expéditif, a suscité l’émoi jusqu’au sein du parquet général, qui a pris fait et cause pour les opposants, appelant à un pouvoir en cassation du verdict.

Un geste hautement salué par l’opinion. Même si une hirondelle ne fait pas le printemps. Nous sommes finalement dans un contexte où le peuple qui n’emboucherait pas la même trompette que celle du parti au pouvoir, est mené à la baguette, s’offusque l’opposition, tandis que l’autre peuple bénéficierait lui, de la brosse à reliure. Sauf qu’il ne sert à rien d’enfouir la tête sous le sable et nier la réalité.

Pour le moment, c’est comme si Alpha Condé est confronté à un choix cornélien qui est celui de garder la manette au-delà de 2020 ou de tourner définitivement la page, en acceptant de prendre sa retraite.

La duplicité de l’UDG

Pour vous l’Union démocratique de Guinée (UDG) ne jouerait pas franc jeu avec ses alliés, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dans le combat contre le 3ème mandat. Vous en avez pour preuve la récente sortie du maire de Kindia qui s’en est fait le chantre en Basse Guinée ?  

Mamadouba Bangoura s’est arrogé la qualité de porte-parole des maires de la basse Guinée, en exaltant le président Alpha Condé, lors de cet événement qui a tenu le public en haleine.

L’occasion été opportune pour le maire  de renouveler tout son attachement et son soutien au chef de l’État pour le projet de modification constitutionnelle, devenu si cher au parti au pouvoir.

Un discours désavoué par son parti l’UDG de Mamadou Sylla, qui l’a aussitôt convoqué à un entretien disciplinaire, à son siège de Conakry. Mais pour les détracteurs de cette formation politique, la direction de l’UDG fait juste semblant d’être gêné aux entournures, quand on sait que leader se réclame de l’opposition républicaine. Même si sa proximité avec l’UFDG ne l’a pas empêché de faire la courte échelle au RPG-ARC-EN-CIEL, pour barrer le chemin à Abdoulaye Bah, vainqueur du scrutin. Ce dernier s’était vu rétoquer pour sa rigidité. D’où cette duplicité qu’on prête au parti de Mamadou Sylla.

Quant au maire de Kindia, certains de ses collègues l’ont démenti. Se disant surpris désagréablement par les propos de l’édile, en faveur d’une modification constitutionnelle. Le maire qui a choisi de se mettre de l’autre côté du manche, fait la sourde oreille. Le vieil homme n’a pas eu une once de regret pour son acte.

Pire, il a dit que si cela était à refaire, il le referait. Du coup, quand il demande aux membres du FNDC de se tenir loin de sa localité, cela vaut son pesant.

Damaro versus magistrats: un « mal pour un bien »

Le bras de fer entre l’honorable Damaro Camara et l’association des magistrats continue encore d’alimenter les débats dans la cité. Vous êtes de ceux qui pensent que cela va servir de déclic pour réveiller notre système judiciaire, tant décrié ?  

Amadou Damaro Camara ne passera pas sous les fourches caudines des magistrats. Du moins pas pour cette fois. Suite au refus opposé par le parlement de lever l’immunité parlementaire du président de la majorité présidentielle. Les députés, solidarité oblige, ont préféré se serrer les coudes, que de livrer leur collègue aux griffes des robes noires, qui avaient juré de lui faire payer pour son discours impudent à leur endroit.

Le député avait, il faut le rappeler, mis à l’index des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire. C’était suite à l’interpellation des présumés auteurs de la casse perpétrée à Banankoro, dans la préfecture de Kerouané, sur des engins de l’entreprise Guiter SA, entraînant d’énormes pertes.

Damaro en tant que fils de la région et hiérarque du parti au pouvoir, avait été mis à contribution, afin d’obtenir la libération des prévenus. Dont le doyen de la localité, soupçonné d’être le cerveau de l’opération.

Suite à la sortie du président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, l’Association des Magistrats avait vu rouge. S’en suivra alors une plainte auprès du TPI de Kaloum contre Amadou Damaro Camara pour « diffamation, outrage à magistrats, abus de fonction, atteinte à l’autorité de la justice… »

Et comme on le voit in fine, la démarche n’a pas prospéré. Ce qui constitue un camouflet pour nos magistrats, qui se sont fendus aussitôt d’une déclaration. Déclaration dans laquelle, ils jurent de laver l’affront qui leur a été fait. Car « cette dénonciation et la malveillance des propos des uns et des autres, ont un effet de réarmement moral, qui ne permettra plus la réédition des décisions du genre de celle récente du tribunal de Kindia », peut-on lire dans la déclaration.

L’épilogue de cette passe d’armes entre Damaro et l’Association des Magistrats, au-delà de la passion qu’elle a engendrée,  ne doit être qu’un « mal pour un bien ». Si on en croit en tout cas les magistrats qui annoncent la fin du petit doigt sur la couture du pantalon.

Amadou Damaro lui n’en a cure. Car au lieu de faire acte de contrition, l’honorable député a plutôt fait une remarque au ministre de la justice, qui a l’air d’une mise en garde.

Le message est clair: « Ce serait un risque de s’attaquer au patron de la majorité qui vous soutient.»

Cela s’appelle simplement se tenir par la barbichette.

Mamadou Dian Baldé

Journaliste et éditorialiste

Soudan : Omar el-Béchir inculpé pour le «meurtre» de manifestants

Le président déchu Omar el-Béchir a été inculpé pour « le meurtre de manifestants » pendant les protestations contre son régime, a indiqué lundi le Procureur général soudanais. Dans le même temps, les discussions sur le futur Conseil de transition ont progressé et des violences ont éclaté à Khartoum, faisant cinq morts dans la capitale.

« Omar el-Béchir et d’autres (personnalités) ont été inculpés pour incitation et participation au meurtre de manifestants », selon un communiqué du Procureur. L’inculpation de l’ancien président, actuellement emprisonné à Khartoum, fait suite à une plainte déposée pour la mort d’un médecin durant des protestations à Burri, un quartier de l’est de Khartoum, selon la même source.

Dans son communiqué, le Procureur général a recommandé l’ »accélération des enquêtes sur les meurtres d’autres manifestants ». Le Soudan est en proie depuis le 19 décembre à un mouvement de contestation inédit ayant poussé à la destitution le 11 avril par l’armée du président Béchir qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis près de trois décennies.

Selon une association de médecins proche de la coordination des protestataires, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), 90 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre depuis le début des manifestations le 19 décembre. Les autorités parlent quant à elles d’un bilan de 65 morts.+ d’analyses.

Le Conseil de transition prend forme

Alors que la justice poursuit son travail dans le dossier de l’ancien président, les discussions autour de la formation du futur conseil de transition ont continué lundi. Les représentants de la contestation populaire au Soudan et les généraux au pouvoir ont annoncé lundi être parvenus à s’entendre sur des structures de transition exigées par les manifestants, sur fond de regain de tensions à Khartoum.

Cet accord a été annoncé quelques heures seulement après la reprise de discussions jugées cruciales pour l’avenir du pays.

« Au cours de la réunion d’aujourd’hui, nous nous sommes mis d’accord sur la structure des organes (de transition) et leurs prérogatives », a déclaré à l’AFP un porte-parole des protestataires, Taha Osman. Ces organes sont un « Conseil souverain, un cabinet et une assemblée législative », a-t-il précisé. « Les discussions de demain (mardi) vont porter sur la durée de la période de transition et la composition du (nouveau) conseil » et des deux autres organes, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamsedddine Kabbachi a confirmé les termes de l’accord. « Nous nous sommes entendus sur la formation des entités de la transition aux niveaux souverain, exécutif et législatif », a-t-il déclaré à la presse. « Demain, nous allons discuter des pourcentages de représentation (au sein de ces organes) et de la durée de la transition », a-t-il dit.

Jusqu’ici, les deux parties divergeaient notamment sur la composition d’un Conseil souverain appelé à remplacer le Conseil militaire qui a pris le pouvoir après l’éviction d’Omar el-Béchir. L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, veut qu’il soit dominé par les civils tandis que l’armée cherche à ce qu’il comprenne une majorité de militaires. Les généraux souhaitent une période de transition de deux ans tandis que les protestataires veulent que cette période s’étende sur quatre ans. Les militaires voulaient en outre garder la Charia (loi islamique) comme source de la législation pendant la période de transition.

La tension monte à Khartoum

Les progrès dans les négociations sur le transfert du pouvoir par les militaires intervient alors que la tension est montée dans la capitale Khartoum. Trois manifestants de plus ont été tués par balles lundi soir à Khartoum, ce qui porte à cinq le bilan des morts au cours d’incidents dans la capitale soudanaise, selon des sources médicales et militaires.

Depuis dimanche soir, des manifestants bloquent une grande artère de la capitale, la rue du Nil, après avoir accusé les militaires d’avoir fermé un pont menant à leur sit-in permanent devant le QG de l’armée. Lundi, des heurts ont eu lieu entre forces de l’ordre et manifestants, selon le Comité des médecins, proche de l’ALC. Les paramilitaires de la Force de soutien rapide (RSF) ont dispersé à coups de bâton des manifestants dans plusieurs endroits de Khartoum et démantelé des barricades, selon ce comité.

Dès dimanche, le Conseil militaire a jugé « totalement inacceptable » le blocage de la rue du Nil. « Cela crée du chaos et rend la vie difficile pour les citoyens », avait-t-il déclaré dans un communiqué. Mais il a démenti des affirmations sur les réseaux sociaux selon lesquelles les forces de sécurité avaient l’intention de disperser le sit-in principal qui se maintient devant le QG de l’armée depuis le 6 avril. « Nous assurons que cela est totalement faux », avait indiqué le Conseil militaire.

Par Jeune Afrique avec AFP