La grève du Camarade Soumah et le gouvernement de notre fameux professeur (Par Ibrahima Kandja Doukouré, New York)

Notre professeur du Droit International Économique nous a dit : « Les rapports de forces ont toujours caractérisé les relations internationales ».

En d’autres termes, les rapports de forces, les moyens de pression, caractérisent même les négociations ou les dialogues entre les politiciens, entre les acteurs d’un même pays ou entre l’Etat et une partie du peuple, comme les syndicalistes.

Ainsi, chaque partie fait toujours en sorte d’être en position de force ou avoir le maximum de pression sur l’autre partie, dans le but de lui imposer ses vues ou la pousser à faire le maximum de compromis dans un dialogue ou une négociation.

D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui poussent notre infatigable opposition à être têtue dans ses marches stupides, pour être dans une position de force ou avoir le maximum de pression sur la mouvance présidentielle, même si l’histoire risque de lui donner tort. Un politicien peut utiliser un moyen de pression jusqu’à ce que cela ne crée pas plus de problèmes à ses compatriotes, car dans le cas contraire, il peut dire adieu aux électeurs ; sans les électeurs, il ne remporterait aucune élection. C’est pourquoi, elle n’a gagné aucune élection depuis huit (8) ans, et risque de ne rien gagner dans les circonstances actuelles.

Par ailleurs, il y a quelques mois que notre syndicaliste Soumah et son groupe avaient mis le gouvernement dos au mur, car ils étaient en vraie position de force et avaient le maximum de moyens sociaux de pression sur lui. On était dans une grève illégale, nous disait le gouvernement, qui ne voulait absolument pas entamer les négociations avec ce monsieur ; mais les élèves dans la rue, les destructions et les violences qui les accompagnent ont poussé notre fameux professeur à inviter même Camarade Soumah à la présidence. Le calme était donc revenu dans la cité et les affaires avaient repris leur cours normal.

Malheureusement, notre Camarade qui n’avait pas très bien compris les raisons qui ont poussé le gouvernement et le chef de l’État à l’inviter à la présidence, vient de lancer une nouvelle grève avec les revendications qui n’ont aucune chance d’être écoutées, car elles sont fantaisistes, n’a apparemment aucun moyen de pression, n’est dans aucune position de force, et ainsi, ne pourrait guère rien imposer à l’autre partie.

Une autre raison qui a fait que notre Camarade et son groupe ont probablement perdu leurs moyens sociaux de pression sur le gouvernement et que les forces sociales ont estimé sans doute qu’elles avaient été trahies par les syndicalistes qui les avaient, à un moment donné de leur lutte commune après l’augmentation du prix de l’essence à la pompe par le gouvernement, laissé tomber en faisant cavalier seul. Ils avaient abandonné les forces sociales à l’époque, pour continuer les négociations avec le gouvernement sans tenir compte de revendications sociales, et sans savoir que les deux groupes de revendications étaient inséparables.

Aujourd’hui, la grève est en cours, mais certaines écoles privées et publiques ignorent Camarade Soumah et ses amis et le gouvernement ne les écoute guère, allant même jusqu’à suspendre les salaires des grévistes. On ne sait trop combien de temps nos grévistes tiendraient-ils le coup, sans salaires et sans aucun moyen de pression ? On dirait que les rapports de forces et les moyens de pression ont déjà changé de camp.

Cependant, il y a un détail que notre fameux professeur et son gouvernement ignorent très certainement. Les syndicalistes risquent de ne jamais suspendre leur grève, même sans salaires et avec certaines reprises partielles des cours, car ce serait probablement la fin du syndicalisme, ne serait-ce que dans l’éducation. Nos camarades syndicalistes préféreraient continuer toute l’année scolaire dans cette situation, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, et cette année scolaire serait malheureusement partiellement troublée. Ils ne doivent pas aussi oublier que nos camarades syndicalistes peuvent retrouver rapidement leurs moyens sociaux de pression à tout moment et on assisterait ainsi au chaos.

En conclusion, tout laisse croire que notre fameux professeur et son gouvernement sont en position de force avec nos syndicalistes, mais il leur revient d’arrêter cette situation dans laquelle des milliers d’élèves en paieraient les conséquences. On doit aider la partie en face à sauver la face. Le gouvernement a ainsi le devoir patriotique d’entamer le dialogue avec Camarade Soumah et son équipe, quelles soient leurs revendications. Les deux finiraient naturellement par trouver un compromis, les syndicalistes sauveront la face et leurs relations avec leur base continueraient à être intactes et les cours seront complètement repris. C’est la Guinée qui en sortirait naturellement gagnante.

Nos camarades syndicalistes auraient ainsi appris la leçon. La grève est un moyen légitime d’aider les travailleurs à améliorer leurs conditions de vie. Elle doit donc obéir aux lois en vigueur et doit mettre sur la table des revendications qui ne sont pas fantaisistes et qui ont pour objectif d’aider vraiment les salariés. Ce n’est pas parce qu’on a dans le pays les gens qui nous aident à manifester et à détruire qu’on doit se lever du mauvais pied le matin en appelant à une grève, avec les revendications qui n’ont pour objectif que de semer la pagaille dans le pays.

Certes, les enseignants et chercheurs souffrent en Guinée et le gouvernement, par le biais de syndicalistes patriotes et responsables, doit les aider, mais toutes les parties doivent savoir que ces améliorations ne se feront pas en un seul jour. Elles demandent de temps, des esprits patriotiques et de patiences, dans la paix qui accompagne le développement socio-économique.

On finit par dire, et on le croit de toutes nos forces : « Jamais deux parties patriotes ne peuvent s’asseoir autour d’une même table de négociation, toutes ces parties ne pensent qu’à leur pays, sans finir par faire des concessions et de compromis, en trouvant un accord dans l’intérêt général. Si elles discutent et ne trouvent pas un accord, l’une n’est point aussi patriotique, comme elle le prétend, ou les deux ne le sont guère ».

Démission du Haut Représentant du Président de la République: voici la copie de sa lettre de démission.

Ce lundi 11 décembre 2018, Sidya TOURE,nommé
le samedi 2 janvier 2018 par décret du Président de la République au poste de Haut Représentant du président de la République,démissionne de son poste. voici la copie de sa lettre de
démission.

Le ministre Keira reconnaît que « le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière »

Lors de son passage, ce vendredi, à l’Assemblée nationale, pour défendre son budget, face aux élus du peuple, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Alpha Ibrahima Keira, a fait le point sur la situation du personnel de la police et de la protection civile en Guinée.

D’après les chiffres donnés par le premier responsable du département en charge de la sécurité et de la protection civile, force est de reconnaitre que la Guinée est loin d’atteindre le standard international dans ce secteur, qui se trouve être primordial pour le bon fonctionnement de la démocratie dans un pays.

En effet, le ministre Keira a expliqué : « Dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, une cartographie opérationnelle des unités de la police nationale et de la protection civile sur l’ensemble du territoire national a été réalisée sur le financement de l’Union Européenne. Cet outil numérisé et interactif a permis de dénombrer en temps réel les objectifs, les armes, les minutions, le positionnement, le parc immobilier, les moyens logistiques et matériels et les moyens de maintien d’ordre sur l’ensemble du territoire national ».

À ce titre, poursuit-il, « la police nationale compte 505 unités, toutes catégories confondues (Services Centraux ; Directions Régionales ; Commissariats Centraux ; Compagnies Mobiles d’Intervention et de Sécurité –CMIS ; Brigade Anti Criminalité – BAC ; Commissariats Spéciaux ; Commissariats Urbains et Postes de Police) et la Protection Civile 12 unités (Services d’Incendie et de Secours –SIS, Unités de Protection Civile –UPC). Sur la base de cet outil, la police nationale compte un effectif 10.298 dont 1.644 femmes et la protection civile compte 957 agents, dont 139 femmes. Ces chiffres indiquent que le dispositif sécuritaire actuel ne respecte aucune norme internationale, en la matière ».

« Pour la police nationale que nous avons, il n’y a pas 35 unités répertoriées qui n’ont aucun effectif ; 180 unités ne disposent que d’un seul agent par service ; 83 unités ne disposent que de deux agents par service. L’effectif de police dans 9 préfectures ne dépasse pas 20 agents, dont 2 d’entre elles ont moins de 6 agents. En revanche, Conakry regorge de 63% de l’effectif total de la police nationale », a précisé le ministre de la Sécurité.

Face à l’ampleur de ces anomalies, Alpha Ibrahima Keira dit avoir pris des dispositions, pour corriger cette situation, à l’effet aujourd’hui, de compter 22 agents au minimum par préfecture.

Mohamed Soumah

Guinée : Le 3ème mandat tant redouté (Par Dr. Ahmed Camara)

Alors que la question d’un troisième mandat revient chaque fois dans les débats et focalise l’attention, le président Alpha Condé a donné des instructions aux autorités administratives de la Haute Guinée où il est en tournée, de faire cesser le mot d’ordre ‘’vive le 3ème mandat’’.

Du coup, certains analyses, qui n’en rêvaient pas mieux, s’en sont allés à des conclusions hâtives : Alpha Condé ne veut pas d’un troisième mandat. Trop facile. En réalité, Alpha Condé ne veut pas que son périple qui doit le conduire en Haute Guinée, en Guinée Forestière et en Moyenne Guinée, soit marqué sous le sceau officiel d’un troisième mandat.

L’objectif étant de lancer ou de relancer des infrastructures qui manquent encore cruellement aux localités visitées. Les projets identifiés et à exécuter ne dépasseront pas tous plus d’un an. On ne peut pas parler d’un troisième mandat quand on débute des projets. A leur réception dans un an, il sera alors indiqué de parler de futur ou d’ambitions électoralistes.

Entre temps, le barrage de Souapiti sera fini, et la comptabilisation des actions d’envergure menées depuis neuf ans prédisposera à demander une fois de plus le suffrage populaire. Qui pourra se faire par référendum car encore une fois, il n’y a pas de plus souveraineté que celle exercée par le peuple. La Constitution actuelle, votée par des camarades réunis dans une salle ne saurait être l’expression de la volonté populaire qui s’exprime par un vote.

Il est vrai que jusqu’ici le président Condé ne s’est pas exprimé publiquement sur cette affaire de troisième mandat mais cela ne veut pas dire qu’il n’y pense pas. Et le message fort envoyé aux préfets lors de sa tournée ne prouve pas qu’il n’ait pas d’ambition dans ce sens. Alors si le peuple est vraiment souverain, laissons-le s’exprimer. S’il ne veut pas d’un troisième mandat, il le dira et si c’est le contraire également il le fera savoir. Je ne vois vraiment pas pourquoi il y aurait des problèmes dans ce sens. Voilà, j’ai jeté le pavé dans la mare.

Allons-y.

Dr. Ahmed Camara depuis Berlin

Mozambique: après le passage du cyclone Idai, l’urgence humanitaire s’organise

C’est l’urgence, après le passage du cyclone Idai en Afrique australe. La catastrophe a déjà fait au moins 98 morts au Zimbabwe, selon un bilan provisoire du ministère de l’Information. Même situation au Mozambique où le président Filipe Nyus évoquait lundi plus de 200 morts, estimant qu’on pourrait atteindre la barre des 1 000 victimes. Pour éviter de franchir ce cap, les sauveteurs sont encore à pied d’œuvre.

Beira, qui compte près d’un demi-million d’habitants, a été véritablement dévastée par le cyclone. D’autant qu’il a été suivi de pluies torrentielles qui ont fait déborder le lit de plusieurs rivières.

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge parle de 90 % de Beira et ses alentours endommagés ou détruits. La réponse humanitaire s’organise : sauver ceux qui peuvent encore l’être et qui sont isolés, et aider les survivants. Pour cela, l’aéroport a été aménagé en centre opérationnel d’urgence.

« La région a été presque complètement isolée du monde depuis le cyclone. Il n’y a pas d’électricité, pas de télécommunications ici. Les routes sont inaccessibles », raconte Déborah Nguyen du Programme alimentaire mondial (PAM), qui souligne que les besoins sont énormes. « La nourriture, l‘eau, des médicaments et des abris pour pouvoir établir des camps afin d’accueillir les personnes déplacées à cause des inondations. »

Des vivres distribués en urgence

C’est d’ailleurs le Programme alimentaire mondial qui est responsable du secteur télécommunications et logistiques. Dans cette réponse, il se coordonne avec les autres organisations humanitaires présentes sur le terrain.

Le PAM apporte aussi une réponse matérielle depuis lundi. « On a distribué ce qu’on appelle des « corn soya blend », qui est une espèce de farine qui permet de faire du porridge qui fortifie, avec des vitamines et des nutriments pour les personnes hébergées en centres d’hébergement temporaire. Et pour les personnes qui sont coincées par les inondations, on a affrété des hélicoptères pour leur envoyer de l’aide, donc de l’eau, des couvertures et également des biscuits à haute valeur énergétique », explique Déborah Nguyen.

Le Programme alimentaire mondial a déjà fait parvenir 22 tonnes d’aides par un avion-cargo, il a débuté les distributions alimentaires dès lundi. Le PAM ambitionne ainsi d’apporter un soutien à près de 500 000 à 600 000 personnes dans les semaines à venir. Mais face à l’ampleur de la situation, tout comme le gouvernement mozambicain, il en appelle à la solidarité internationale.

« Les organisations humanitaires en appellent à la communauté internationale pour nous aider à financer cette opération qui va grandir de jour en jour, puisque les besoins sur le terrain s’avèrent très importants », alerte Déborah Nguyen.

La priorité est, encore et d’abord, de répondre à l’urgence. Les dégâts seront, c’est certain, colossaux. Le gouvernement mozambicain parle de la plus grande crise humanitaire de son histoire. Il compte aujourd’hui sur l’aide internationale pour faire face. L’Organisation mondiale de la santé annonçait notamment ce mardi matin l’envoi d’une mission d’évaluation dans la région. Nous avons des informations selon lesquelles il pleut en ce moment dans les zones de Govuro dans la province d’Inhambane. Le niveau de la rivière Save est déjà très élevé et nous craignons une montée des eaux. C’est pareil dans plusieurs districts de la province de Gaza. Avec la décrue, il est possible que l’on découvre des victimes sous les arbres et la boue, ce qui augmenterait encore les pertes en vies humaines. Une course contre la montre pour sauver des milliers de personnes

Par Julie Vandal

Mines/ Le directeur de la Société financière internationale (SFI) visite la Bourse de sous-traitance, à Conakry

C’est en compagnie du ministre des Mines, Abdoulaye Magassouba, que Philippe Le Houerou, directeur général de la Société financière internationale (SFI), a effectué une visite des locaux de la Bourse de sous-traitance et de partenariat, ce mardi 19 mars.

Cette visite regroupant des représentants de l’association des banques, de la chambre des mines, des PME, a été l’occasion pour la délégation de la SFI d’être édifiée sur le rôle de la Bourse et des attributions tenues par chacun de ses  acteurs dans la politique de développement.

A la suite de cette visite, le directeur Houerou a estimé que : « La Guinée peut créer l’histoire et développer un modèle (…) Je pense qu’on est très bien parti. On va suivre comment ça se développe dans les mois et années qui viennent. Je suis vraiment très encouragé, très heureux et plein d’espoir. »

Il a ensuite poursuivi : « On va aller demain en visite sur le terrain avec le ministre, pour voir comment ça se passe. Je pense que le gouvernement a une très bonne stratégie : c’est comment utiliser des ressources naturelles, pour entraîner le reste de l’économie. Et cette Bourse de sous-traitance, c’est exactement cela en pratique. Sur le papier, tout le monde comprend. Mais comment on le fait en réalité ? C’est ça qu’on essaie de faire. C’est comment le minier devient un moteur pour le reste de l’économie ? C’est cela qui est important. Mais il faut une courroie de transmission, et c’est de cela qu’on est en train de parler. Ça ne va pas se faire tout seul, c’est du travail… Je pense qu’on a mis en place les conditions pour que ce qui est théorique devienne pratique. »

Quant à lui, le ministre Magassouba a expliqué, en ce qui est de l’objectif de ce partenariat, que c’est « avec l’appui de notre partenaire, la Société financière internationale, nous avons élaboré une lettre de politique de promotion du contenu local, de façon globale, mais aussi dans le secteur minier. Et aujourd’hui, cet outil que nous avons le plaisir de visiter, nous permettra de faire des progrès de la cadre de ce transfert de richesse, transfert de croissance du secteur minier au reste de l’économie, pour répondre à l’objectif global de la Guinée, par la diversification de l’économie, pas seulement du secteur minier. Mais la priorité du professeur Alpha Condé, c’est de nous assurer qu’au fil des années, au fil des décennies, nous puissions être de moins en moins dépendants du secteur minier. Il a tenu a visiter cette Bourse de sous-traitance pour pouvoir apporter le soutien de la SFI dans cette politique et réaffirmer l’engagement de la SFI qui nous a accompagné depuis plusieurs années, a poursuivre ce chemin-là, vers un développement intégré de la république de Guinée.

A rappeler que la SFI a apporté un appui technique et financier pour l’élaboration de la lettre de politique et de promotion du contenu dans le secteur minier, chose qui a abouti à la création de cette bourse.

Abdou Lory Sylla

HAJJ 2019 : Alpha Condé fustige les mauvaises organisations du pèlerinage et s’impliquera désormais

Les journées nationales de concertation sur le Hajj ont débuté ce mardi, 19 mars 2019 au Palais du peuple sous la présidence du Chef de l’État, le Professeur Alpha Condé. L’organisation de ces journées par le gouvernement guinéen vise à passer au peigne fin toutes les difficultés liées à l’organisation du pèlerinage et trouver les meilleures solutions pour un bon Hajj au profit des fidèles musulmans.

Selon de nombreux observateurs, les pèlerins guinéens rencontrent beaucoup de difficultés dans l’exercice de leur devoir religieux.

C’est pourquoi, en ouvrant les travaux de ces journées de concertation, le Président de la République n’est pas allé avec le dos de la cuillère : « On doit se parler franchement. Les pèlerins guinéens sont ceux qui souffrent le plus. Il y a trop de combines et de malversations. On va à la Mecque pour des obligations religieuses. Mais on va à la Mecque aussi parce qu’il y a l’argent. Donc, on doit se poser la question de savoir qui des Affaires religieuses ou des Agences de voyage doivent organiser le pèlerinage? ».

Pour le Chef de l’État, dans l’organisation du pèlerinage, il y a trop de scandales comme ce qui concerne «les personnes qui viennent de l’Intérieur et qui restent couchées à Conakry parce qu’ils ne sont pas programmés à temps. La première solution est de résoudre ce problème ». A cet effet, le Président Alpha Condé a indiqué s’être entretenu avec l’ambassadeur d’Arabie Saoudite en Guinée pour voir comment résoudre ce problème. Pour cela, le Président de la République a annoncé que des structures sont en train d’être mises en place à l’Intérieur du pays et précisément dans les régions pour que les pèlerins ne viennent à Conakry que pour les formalités : « Ceux qui sont à N’zérékoré vont rester désormais à N’zérékoré pour être enregistrés. Ceux de Labé vont rester à Labé. Ainsi de suite », a-t-il annoncé. Dans cette optique, le Professeur Alpha Condé a précisé qu’il y a des nouvelles technologies qui permettent aux pèlerins de ne pas souffrir. « Notre objectif est de mettre fin aux scandales. Notre problème c’est qu’on ne fait pas de débat. Le débat nous permet de savoir quelles sont les agences qui ont bien travaillé, on les maintient, et celles qui n’ont pas bien travaillé, on les élimine. Je veux un débat ouvert pour permettre à chacun de dire ce qui ne va pas. Je reçois plusieurs messages. Il y en a qui se disent la voix des sans voix etc. Tous disent que les compagnies de transport font des combines pour le commerce et non pour le pèlerinage. Si l’État choisit 200 pèlerins, les agences augmentent à 600 personnes pour que chaque agence ait des pèlerins. Désormais on va mettre fin à ça » a déclaré le Président de la République. Pour lui, tout le monde doit travailler dans la transparence. Il explique que les souffrances des pèlerins guinéens ne lui ont pas été racontées. Mais plutôt, il les a vécues.

Insistant sur la vérité, le Chef de l’État a fait savoir que les premiers qui doivent dire la vérité sont les imams. Car d’après lui, c’est eux qui prêchent dans les Mosquées.

Le Président Alpha Condé a aussi précisé que l’ambassadeur d’Arabie Saoudite avait voulu que les pèlerins soient enregistrés dans les Préfectures, mais le choix est porté sur les Régions du fait que la Guinée n’est pas encore organisée pour cela.

Concernant la programmation des pèlerins, le Chef de l’État a sollicité que ce processus soit désormais engagé à temps afin que le pèlerins soient mieux situés.

Enfin, le ministre des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique a donné de larges explications sur l’apport des nouvelles technologies dans la bonne organisation du pèlerinage.

Délivrance des cartes d’identité / Voici les dispositions prises par le ministère de la Sécurité

Face aux hommes des médias, ce mardi 19 mars, le porte-parole du ministère de la Sécurité et de la Protection civile s’est exprimé sur les mesures engagées par son département, pour faire respecter les procédures de la délivrance des cartes d’identité nationale, qui ont repris dans tous les commissariats centraux du pays.

Pour que la délivrance des cartes d’identité nationale ne souffre d’aucune entorse et que cela se fasse désormais dans les règles de l’art, le contrôleur général Mamadou Camara a expliqué que « les services d’identité judiciaire des commissariats centraux ont été désormais placés sous la responsabilité des chefs de section police judiciaire et des commissariats centraux. En plus, tous les chefs services d’identité judiciaire des commissariats centraux ont été déplacés (rotation), pour éviter la sédentarisation de ces cadres au niveau de ces différents commissariats centraux… Déjà, le cabinet du ministre de la Sécurité et de la Protection civile a envisagé des équipes anonymes, qui vont passer dans les différents commissariats centraux, pour surveiller la délivrance de ces cartes d’identité nationale ».

En outre, le porte-parole du ministère en charge de la sécurité a précisé que durant la période de dysfonctionnements, il y a eu beaucoup d’actions qui ont été menées dans le cadre de la police, parce que, selon lui, il a été constaté l’éclosion de faux et usages du faux dans ce cadre.

Parmi ces cas, le contrôleur général Mamadou Camara a, entre autres, cité : « le 15 février 2019, le commissariat central de Matam, sur la base des informations, a procédé à l’interpellation de deux dames en flagrant délit de faux et usage du faux. Ce sont : M’mah Keita, agent de l’état-civil à Mafanco et l’adjudant de police Jeannette Sandouno en service au commissariat urbain de Mafanco. Les complices ont été cités et sont activement recherchés. Des faux timbres, cartes d’identité nationale, extraits d’acte de naissance, casiers judiciaires, certificats de non-poursuite judiciaire, certificats de divorce et diplômes saisis sur eux, ont été placés sous-scellés au tribunal de première instance de Mafanco, le 19 février sous la procédure N°19 ».

« Le 27 février 2019, poursuit-il, le commissariat central de Coyah, sur la base des informations faisant état de l’établissement des cartes d’identité nationale en dehors des structures de la police, a interpellé le capitaine de police Souleymane Dramé en service au commissariat central de Dabompa, détaché au poste de police de Tamisso. Au terme des enquêtes, Souleymane Chérif, ses complices : Fodé Conté, informaticien résidant à Gomboyah et Ibrahima Koulibaly, des faux documents saisis, ont été déférés à la maison d’arrêt de Coyah, le 11 mars dernier ».

Et d’ajouter « à Katougouma, dans la préfecture de Boké, le 8 mars 2019, le nommé Bafodé Fofana, né en 1988, à Kindia, diplômé en environnement, résidant à Katougouma, a été interpellé par le commissaire spécial, en flagrant délit, pour détention et confection de faux documents administratifs. Auditionné, Bafodé Fofana reconnaît les faits et cite les complices, dont nous gardons les noms dans l’anonymat, pour des besoins d’enquêtes. Lors de son interpellation, suivie de perquisition des fausses cartes d’identité nationale, des faux permis, des certificats de résidence, visite contre-visite, casiers judiciaires et une imprimante ont été saisis et placés sous mandat de dépôt, au tribunal de première instance de Boké ».

Le ministère annonce la délivrance des cartes d’identité nationale dans les commissariats centraux, à raison de 15 mille francs

Au cours d’un point de presse qu’il a animé, ce mardi, le porte-parole du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, le contrôleur général de police Mamadou Camara a donné des détails concernant des dysfonctionnements constatés depuis un certain temps, dans la délivrance des cartes d’identité nationale, en Guinée.

Prenant la parole, il a précisé que ces dysfonctionnements étaient dus entre autres, au manque de timbres fiscaux, mais aussi de planches. Avant de faire savoir qu’ « au terme des concertations et des démarches engagées par monsieur le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, mais aussi par monsieur le directeur de la Police nationale, aujourd’hui, une importante quantité de planches ont été obtenues et mises à la disposition des commissariats centraux ».

« S’agissant des timbres, poursuit-il, les consultations et concertations avec la direction du Trésor ont permis d’identifier l’existence des timbres de 2 mille et de 3 mille francs guinéens. Donc, au lieu des timbres de 5 mille francs guinéens, il a été décidé de faire une combinaison des timbres de 2 mille et de ceux de 3 mille pour 5 mille francs guinéens, qui seront désormais apposés sur les cartes d’identité nationale, sur l’ensemble du territoire national ».

Par ailleurs, le porte-parole du département en charge de la sécurité a annoncé qu’actuellement, les timbres et planches existent dans tous les commissariats centraux, pour la délivrance des cartes d’identité nationale aux citoyens, à raison de 15 mille francs guinéens. Et ce, pour un délai d’une semaine pour la région de Conakry, et un maximum de deux semaines pour l’intérieur du pays.

« La direction centrale de la Sécurité publique, la direction générale de la Police nationale et le ministère de la Sécurité et de la Protection civile ont envisagé toutes les dispositions, pour que cette délivrance à 15 mille francs ne souffre d’aucune entorse » a-t-il conclu.

Mohamed Soumah

Éducation / Un accord cadre entre le ministère de l’enseignement supérieur et l’agence universitaire de la francophonie

« Aider la Guinée à améliorer son système d’enseignement supérieur », à travers des échanges d’expériences, tel est globalement l’objectif d’un accord-cadre signé ce jeudi entre le ministère de l’enseignement supérieur guinéen, représenté par le ministre Abdoulaye Yero Baldé et l’agence universitaire de la francophonie (AUF), représentée par son recteur, Jean Paul Gaudmar.

C’est en présence des responsables du secteur de l’enseignement supérieur à plusieurs niveaux, que cet accord contenant entre autres, des avantages tels qu’ : une meilleure gouvernance de nos institutions d’enseignement; l’assurance qualité et l’adéquation entre la formation et le marché de l’emploi, a été signé dans les locaux du département sis à Conakry.

Sur les détails de ce que cet accord représente pour la Guinée, le ministre Baldé a expliqué que c’est de : « Bénéficier de l’expérience et de l’appui de plus de 900 universités de l’AUF, qui fait partir de la francophonie. C’est tout un vivier d’expériences de savoir-faire, de connaissances qui sera à notre disposition, pour pouvoir faire de telle sorte que notre système de formation supérieur soit parmi les meilleurs dans un avenir proche. »

Expliquant ensuite les tenants et aboutissants dudit accord, le ministre Yéro Baldé énumère : « on a parlé de la qualité de l’enseignement, comment l’améliorer chez nous. Vous n’êtes pas sans savoir que nous revenons de loin en matière d’éducation nationale supérieure. Le président de la république lui-même a dit que le système éducatif guinéen était malade et depuis lors, tout un processus qui est enclenché pour renforcer la qualité de la formation. Mais surtout aujourd’hui, faire en sorte que cette formation réponde à un besoin du marché du travail. C’est l’un des axes contenus dans cet accord, il y a aussi la gouvernance de nos institutions, il y a l’assurance qualité et plein d’autres points qui ont été développés dans cet accord cadre. »

Vraisemblablement heureux d’accueillir la Guinée dans cette agence internationale, le recteur Jean Paul Gaudemar a estimé que : « Nous sommes là pour aider la Guinée, ses universités à trouver le bon chemin vers la performance. La Guinée fait partie de ces pays relativement jeunes sur le plan universitaire; ce qui veut dire que la croissance du nombre de ses étudiants est relativement récente et que comme tous les pays dans ce cas, c’est extrêmement difficile de faire face à une croissance aussi rapide du nombre d’étudiants, parce que tout manque; les locaux, les équipements, les ressources humaines, même quand il y a une volonté politique forte comme ici en Guinée, d’aller de l’avant. Nous n’avons pas de recettes toutes faites, nous n’avons pas des normes établies, nous sommes là pour, avec les guinéens définir ce chemin.»

« Nous sommes un réseau international d’universités, poursuit le recteur Gaudemar, qui a la chance d’avoir parmi ses membres, beaucoup d’universités qui ont davantage d’expériences, qui ont connu des passages de ce type. Qui sont un magnifique réservoir d’expertise et de savoir-faire. Et notre rôle, c’est de mettre cette expertise là, au service des universités qui abordent cette phase de développement. » A-t-il enfin estimé.

C’est après une année de négociation qu’intervient cette signature, qui se révèle être intéressant pour les deux parties, l’une dans l’extension de son réseau et l’autre dans l’amélioration de son système d’enseignement.

Abdou Lory Sylla

Macron en Afrique de l’Est: les droits de l’homme et la gouvernance grands absents

Le président français, Emmanuel Macron a terminé sa tournée en Afrique de l’Est par un échange avec des étudiants de l’université de Nairobi au Kenya. Au cours de ce déplacement de quatre jours qui l’a mené à Djibouti, en Éthiopie et au Kenya, le président français a noué des relations avec des pays jusqu’ici délaissés par ses prédécesseurs.

Au cours de son périple, Emmanuel Macron a trouvé sur son chemin un chef de l’Etat djiboutien quelque peu ironique sur le retour d’un président français sur son sol. « Je n’ai jamais perdu espoir et je ne vous ai pas attendu pour développer mon pays », lui a dit en substance Ismaïl Omar Guelleh.

Au Kenya, l’ambiance était plus détendue avec Uhuru Kenyatta. Le président français s’est fait un nouvel ami, mais un ami pragmatique, avec qui on est là pour parler affaires et signer des contrats.

L’entente parfaite

Surtout, Emmanuel Macron a confirmé son excellente relation avec le Premier ministre éthiopien. Une question de génération : avec le jeune réformateur Abiy Ahmed, le courant passe. Leur conférence de presse complice s’est prolongée par une soirée barbecue à l’ambiance bonne enfant au milieu des lions empaillés de l’ancien palais présidentiel.

Fil rouge de cette tournée, l’influence de la Chine. Emmanuel Macron veut croire que la France peut jouer un rôle de balancier dans la région. Il a donc été question de stabilisation régionale, d’économie, d’éducation, de coopération militaire, mais pas de droits de l’homme ou de bonne gouvernance. Des questions avec lesquels le président français ne semble pas vouloir s’embarrasser pour faire avancer sa nouvelle politique africaine.

 Anthony Lattier

Conseil des ministres guinéens à Conakry : Des décisions importantes

Conakry, le 14 Mars 2019 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 14 mars 2019 avec l’ordre du Jour suivant :

  1. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
  2. COMPTE RENDU DES SESSIONS ORDINAIRES DU CONSEIL INTERMINISTÉRIEL DES 5 ET 12 MARS 2019

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Monsieur le Président de la République a instruit les Ministres concernés d’informer largement l’opinion sur les causes, les motivations et les objectifs visés par les opérations de déguerpissement en cours dans la capitale. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’anticiper, à l’avenir, sur les occupations illicites des domaines publics en empêchant l’installation de citoyens sur des espaces réservés. Il a également mis l’accent sur l’urgence d’entreprendre, sur les terrains récupérés, des travaux de réalisation d’infrastructues ou, à tout le moins, de sécurisation des , afin d’en éviter la réoccupation. Par ailleurs des enquêtes doivent être diligentées afin d’identifier les cadres de l’administration et des services décentralisés a la base de la cession indue de certaines parcelles afin de donner des suites administratives et judiciaires à ces délits.

Le Chef de l’État a invité à la reforme et au renforcement des brigades publiques chargées de veiller sur les espaces publics et en particulier interdire et empêcher l’occupation des domaines publics maritimes, le remblayage des bordures de mer, la destruction de la mangrove et la réalisation de constructions anarchiques au mépris des plans d’urbanisation des villes

Le Président de la République a instruit les services compétents de procéder à une large diffusion de la liste des réserves foncières de l’État dans le but d’en prévenir l’appropriation illicite

Le Chef de l’État a décidé de la mise en place d’une commission assistée d’experts, pour la réalisation d’un véritable diagnostic du secteur énergétique afin d’en faire un état des lieux objectif et proposer des inflexions pertinentes de notre politique énergétique ainsi que des stratégies permettant à la fois de faciliter l’atteinte de la couverture intégrale des besoins énergétiques et de réduire de manière significative, l’ampleur des subventions dédiées à ce secteur

Le Chef de l’Etat a invité les autorités publiques à soutenir vigoureusement la production locale, notamment les fabrications artisanales en amenant l’État à acheter directement ses biens de consommation et d’équipements aux producteurs eux-mêmes afin d’éviter les manœuvres spéculatives de certains intermédiaires commerciaux

Le Président de la République a rappelé aux Ministres économiques et financiers l’impérieuse nécessité de diligenter les dépenses liées à la mise en œuvre des projets dans les secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’assainissement, la sécurité, l’éducation, l’eau, l’électricité, le transport, etc…

Le Président de la République a rappelé l’importance d’un fonctionnement normal du système judiciaire qui demeure le substrat sur lequel peut se construire toute politique de développement économique et social. Il a particulièrement insisté sur l’application effective des décisions de justice en particulier lorsqu’elles ont acquis l’autorité de la chose jugée

AU TITRE DU DEUXIÈME POINT DE L’ORDRE DU JOUR

Le Conseil a entendu successivement

Le Ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire qui a informé du bon déroulement de l’opération de déguerpissement et de récupération des domaines de l’Etat en cours à Conakry, avec la compréhension et l’accompagnement des personnes concernées, lesquelles avaient reçu auparavant des délais raisonnables en termes de préavis.

Il a salué l’attitude responsable des agents en uniforme, qui, sans heurts ni brutalité, s’acquittent honorablement de leur mission.

A la lumière de cette explication qui a suscité des questions et commentaires, le Conseil a formulées les recommandations suivantes :

la poursuite de l’opération de déguerpissement à Kaporo Rails ainsi que dans toutes les zones concernées par le programme de récupération des domaines spoliés de l’État, dans le strict respect des droits des personnes à déguerpir ;
l’observation du principe d’équité dans la conduite de l’opération de déguerpissement assorti de délai de préavis suffisant ;
l’établissement et la publication d’un programme de déguerpissement à court, moyen et long terme assorti d’un plan d’occupation des zones libérées ;
la publication de la liste des réserves foncières de l’État et de leur plan de sécurisation ;
l’identification de tous les agents publics des administrations centrales, déconcentrées et décentralisée responsables de la vente illégale des domaines de l’État et l’application à leur encontre de sanctions disciplinaires sans préjudice de poursuites judiciaires.

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts qui a fait une communication relative au Document sur le projet « Initiative Présidentielle pour le Reboisement National ».

Il a indiqué que le projet prévoit de reboiser 1.368 ha de zones dégradées dans les 342 Communes urbaines et rurales de la Guinée en organisant et formant 68.400 jeunes des Plateformes communautaires dans la réalisation des pépinières destinées à l’opération de reboisement.

Il a expliqué que pour la mise en œuvre de ce projet, plusieurs activités seront réalisées, dont entre autres :

L’organisation des missions de prise de contacts et d’information avec les autorités locales et les acteurs concernés ; l’installation des pépinières et la production des plants ; l’organisation de la compétition nationale dotée du « Trophée de la Préfecture championne du reboisement » ;

Le Ministre a informé que la cérémonie de lancement sera présidée par Son Excellence Monsieur le Président de la République. A cet effet, le site du coup d’envoi portera le nom du Chef de l’État.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé la poursuite de l’initiative présidentielle de reboisement.

Le Ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique qui a fait une communication relative à la présentation du Rapport de synthèse sur le « développement d’un modèle technico-financier pour l’Électricité de Guinée (EDG) dans le cadre du Deuxième Projet de Réhabilitation et d’Extension des Réseaux Électriques de Conakry (PREREC II).

Il a indiqué que l’objectif de la communication est de présenter le « Modèle Physico-Financier » devant servir de matrice pour la détermination des tarifs reflétant les coûts de production et les modalités de son fonctionnement en vue de sa mise en œuvre après approbation du Conseil des Ministres.

Le Ministre a expliqué que le développement d’un modèle physico-financier et tarifaire dynamique comprend trois modules, à savoir :

le module de calcul des coûts marginaux à court, moyen et long terme ;
le module de planification financière ; et le module d’étude de la structure de coûts et des tarifs.

Le Ministre a informé que le diagnostic de la situation actuelle d’EDG révèle les faiblesses suivantes :

le manque de capitaux propres ;
la faiblesse du prix de vente moyen de l’électricité qui ne couvre que 30% du coût de revient
le déséquilibre entre les tarifs (Basse Tension et Moyen Tension).
Le recours à des sources d’approvisionnement onéreuses pour compenser l’insuffisance de l’approvisionnement des centrales hydroélectriques ; la facturation au forfait et l’absence de système de comptage généralisé en BT et un délai moyen de recouvrement des factures trop long

A cet effet, il a proposé les solutions, ci-après :

revue du système tarifaire ;
mise en œuvre d’approvisionnement d’énergie à moindre coût ;
lutte contre la fraude ;
installation de compteurs chez les abonnés pour lutter contre la facturation forfaitaire ;
amélioration du recouvrement des créances clients.

Au terme des débats, Le conseil a demandé au Ministre de faire le point de la situation réelle des subventions dues à EDG et la présenter à une prochaine session.

Le Ministre d’État en charge des Transports qui a fait le compte rendu de l’organisation du Hadj en Guinée.

Le Ministre a indiqué que suite aux différents constats et leçons tirés de l’organisation du Hadj ces dernières années, notamment en 2018, plusieurs acteurs impliqués dans le domaine du Hadj, ont souhaité l’organisation d’un cadre de concertation pour discuter des causes et proposer des solutions aux insuffisances récurrentes en vue d’une qualification rapide du pèlerinage islamique pour les guinéens.

Le Ministre a souligné que l’objectif général de la journée nationale sur le Hadj prévue les 19 et 20 mars 2019, est d’améliorer les opérations et prestations liées au pèlerinage.

A ce titre, il sera spécifiquement question de :

présenter le processus de l’organisation du Hadj en Guinée ;
partager les expériences et certains vécus des uns et des autres ;
rappeler les rôles du Secrétariat Général des Affaires Religieuses, des Agences privées, de la Commission Nationale d’appui à l’organisation du Hadj ;
identifier les difficultés et contraintes à la promotion d’une bonne organisation du Hadj ;
faire des recommandations appropriées tenant compte de l’évolution des contextes guinéen et saoudien ;
proposer un chronogramme et calendrier de mise en œuvre des mesures retenues pour le Hadj 2019 et les Hadj à venir.

Au terme de l’exposé, le conseil a recommandé que la commission accélère la réflexion et la concertation pour appuyer le SGAR dans l’organisation du hadj 2019.

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a soumis pour examen le projet de décret portant création, organisation, fonctionnement et mode de gestion d’un Fonds pour l’Environnement et le Capital Naturel en remplacement du Fonds de Sauvegarde de l’Environnement et du Fonds Forestier National.

Le Ministre a soutenu que le dysfonctionnement de ces fonds limite considérablement, les chances du pays à accéder à des fonds alternatifs sur l’environnement comme le Fonds Vert Climat dont bénéficient déjà certains pays de la sous-région.

Au regard des faiblesses constatées, le Ministère a fait réaliser avec l’appui de l’Union Européenne, un audit institutionnel et organisationnel des deux Fonds. Il ressort des recommandations de cet audit, la création d’un fonds unique doté de tous les organes et outils de gestion opérationnels.

C’est dans ce contexte, que s’inscrit le besoin d’une fusion de ces deux fonds, afin de tenir compte des principes élémentaires de bonne gouvernance dans leur gestion, et de les aligner sur les instructions de la législation actuelle.

Au terme des débats, le Conseil a décidé de l’adoption du projet de Décret. Le conseil a également demandé qu’un audit des deux fonds soit effectué avant leur fusion afin de s’assurer de leur gestion antérieure

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a également présenté une communication relative à la dotation en vivres de Corps Paramilitaire et Conservateurs de la Nature.

Il a sollicité l’appui du Conseil pour soutenir et approuver la mesure qui consiste à ravitailler le Corps paramilitaire des Conservateurs de la Nature en vivres à l’image des autres forces de défense et de sécurité.

Il a justifié qu’en raison du fait que les Gardes Forestiers travaillent souvent dans des conditions d’éloignement des agglomérations, des marchés, des services de santé et d’autres services de base, l’État a décidé de leur attribuer une dotation mensuelle en vivres à travers des Arrêtés pris depuis 2013.

A date, l’effectif des Conservateurs de la Nature est de 2 779 cadres et agents Au terme de l’exposé, le Conseil a recommandé qu’un État des lieux et un diagnostic complet de leurs activités soient auparavant réalisés

Le Ministre des Hydrocarbures qui a fait une communication relative à la nécessité de promouvoir la consommation du gaz butane en Guinée comme solution alternative à la coupe abusive du bois.

Il a indiqué que la République de Guinée fait face aujourd’hui à de nombreux défis environnementaux fortement interconnectés. La pression croissante exercée sur les ressources forestières pour la satisfaction d’une demande en bois-énergie pourrait mettre en péril les politiques et stratégies de lutte contre la déforestation conformément aux engagements pris par notre pays à la COP21 pour la mise en œuvre de la Convention des Nations-Unies sur les Changements Climatiques ainsi que l’Accord de Paris.

Il a souligné que malgré le caractère approximatif des statistiques disponibles, il ressort de façon concordante que le capital forestier de la Guinée est largement entamé depuis les années 80 avec un rythme de régression des superficies forestières estimées à 35 000 hectares par an. Le prélèvement de bois pour les besoins énergétiques nationaux, estimé à 7 millions de tonnes par an, constitue une des causes de surexploitation des ressources ligneuses autour des centres urbains.

Pour faire face à cette problématique, le Gouvernement sur instructions de SEM le Président de la République, envisage de promouvoir l’utilisation généralisée du gaz butane en Guinée, dans le but de réduire et supprimer à terme l’utilisation du bois énergie dont la production a un effet dévastateur sur l’Environnement. Le Ministre a dénoncé qu’en Guinée, l’un des obstacles majeurs à la percée du gaz butane a toujours été l’absence d’une politique de l’État visant à soutenir ce produit. Le marché guinéen du gaz est très faible (1 500 TM par an environ) comparé à celui des pays voisins.

Le prix du gaz hors portée du revenu moyen des ménages explique le retrait du marché guinéen sur celui des voisins. Le prix de 120 000 FG pour une bouteille de gaz de 6 KG étant hors portée du revenu moyen des ménages et en même temps largement décalé du prix d’un sac de charbon se négociant dans la fourchette de 25 000 FG à 35 000 FG, il est important pour le Gouvernement de songer subventionner l’usage du gaz domestique par la mise en place d’un Fonds d’Appui promotionnel dédié à cet effet.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé :

la création un Fonds d’appui à la promotion de l’utilisation du gaz domestique et
la mise en place d’une Commission Interministérielle devant concevoir et promouvoir la stratégie accélérée de substitution du gaz butane au bois de chauffe, qui rendra compte mensuellement au conseil de l’évolution de ses travaux.
L’exploration des possibilités de coopération avec des pays comme le Nigeria et le Quatar, grands exportateurs de Gaz Naturel Liquéfié en vue de négocier des prix plus avantageux.

Le Ministre Secrétaire Général du Gouvernement a présenté les Termes de Référence d’un Atelier Gouvernemental prévu à Bel-Air (Boffa)

Il a précisé que la stratégie proposée, vise à définir et à mettre en œuvre des mécanismes, des principes et des modalités de fonctionnement appropriés, dans le but de parvenir à une meilleure : planification du développement ;
organisation du travail gouvernemental ; coordination efficace de l’action gouvernementale ; programmation et suivi efficace des politiques publiques ;
gestion du pilotage des réformes sectorielles ; harmonisation et intégration des stratégies sectorielles.

Le Ministre a indiqué qu’il s’agit de jeter les bases d’une culture de bonne pratique légistique et de communication intra et extra gouvernementale de nature à démontrer des capacités à soutenir les mécanismes de coordination

Il a soutenu que la mise en œuvre des différentes réformes engagées par le Gouvernement dans divers domaines économique, politique, scientifique et socio- culturel conduit à une intense activité normative et de communication constituant ainsi un enjeu de gouvernance publique.

Il a annoncé que les principaux résultats attendus sont :

Au terme de l’exposé, le Conseil a :

approuvé la tenue de l’atelier des Secrétaires Généraux des Ministères, des hauts cadres de la Présidence, de la Primature et du Secrétariat General du Gouvernement à la date des 25 et 26 Mars 2019 ;décidé de tenir l’Atelier Gouvernemental au mois d’avril 2019.

3.4. Le Ministre en Charge des Investissements et des Partenariats Publics Privés a fait une communication relative à l’organisation du Premier Salon des Entrepreneurs de Guinée, du 13 au 14 mars 2019.

Il a indiqué que l’objectif du Salon des Entrepreneurs de Guinée ‘‘SADEN’’ est de promouvoir les opportunités liées à l’entrepreneuriat, de communiquer sur les réformes engagées par l’Etat, de réfléchir sur les conditions d’émergence d’une classe dynamique d’entrepreneurs nationaux. Il est également un salon international et un cadre de partage d’expériences et d’accès à l’intelligence commerciale.

Le Ministre a rappelé que depuis huit (8) ans, le Gouvernement sous l’impulsion du Président de la République le Professeur Alpha Condé s’est engagé dans une série de réformes pour améliorer le climat des affaires et rendre notre secteur privé plus compétitif. Des réformes juridiques et règlementaires nous ont valu une reconnaissance sur le plan international avec une progression constante au classement Doing Business de la Banque mondiale, et au niveau de l’indice de compétitivité du Forum économique mondial.

Le Ministre a précisé que le SADEN organisera aussi le « PRIX SADEN du Meilleur entrepreneur de l’année » et le « Concours du Meilleur jeune entrepreneur de l’année » qui récompenseront les projets novateurs portés par des entrepreneurs ou aspirants entrepreneurs guinéens.

Au terme de l’exposé, le Conseil a apprécié la pertinence et l’importance de cette plateforme d’échanges et de réseautage en matière d’entreprenariat en Guinée

Avant de lever la séance, le Président de la République a donné au Conseil de larges informations sur la situation nationale et internationale.

Le Conseil des Ministres

Algérie : l’avion censé transporter Abdelaziz Bouteflika a décollé de Genève

Un avion officiel algérien censé transporter le président Abdelaziz Bouteflika a quitté dimanche la Suisse, où le dirigeant avait suivi pendant deux semaines des examens médicaux.

L’appareil, un Gulfstream 4SP jet blanc de la « République algérienne démocratique et populaire », qui était arrivé à l’aéroport de Genève dimanche matin, en a redécollé vers 16H00 locales (15H00 GMT), peu après l’arrivée d’un important convoi en provenance de l’hôpital où le président algérien avait été traité, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le gouvernement algérien n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat sur ce vol. Les journalistes de l’AFP n’ont pas pu voir qui avait embarqué à bord de l’appareil, qui est resté dans un hangar durant les six heures qu’il a passées sur le sol genevois. Âgé de 82 ans, Abdelaziz Bouteflika avait été admis le 24 février aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) pour des « examens médicaux périodiques » selon la présidence algérienne.

Multiplication des manifestations

Le directeur de campagne de Bouteflika a assuré jeudi que la santé du président algérien n’inspirait « aucune inquiétude » et que les examens qu’il subit en Suisse seraient bientôt terminés. Les récentes informations de presse faisant état d’une dégradation de son état de santé « sont sans fondement », avait-il ajouté.

Abdelaziz Bouteflika, président depuis 1999, a rarement été vu en public depuis un AVC en 2013. Des manifestations se succèdent depuis le 22 février en Algérie et dans d’autres pays pour lui demander de renoncer à briguer un cinquième mandat à l’élection présidentielle du 18 avril.

Demande de placement sous curatelle

Une avocate agissant pour le compte d’une citoyenne algérienne non identifiée a déposé vendredi une requête devant un tribunal suisse demandant le placement sous curatelle de Abdelaziz Bouteflika en raison de son état de santé.

Dans sa requête, l’avocate Saskia Ditisheim, présidente de la branche suisse de l’ONG Avocats sans frontières, affirme que la « santé fragile » de Bouteflika l’expose à être « manipulé » par son entourage.

Il n’est pas clair si le tribunal suisse admettra d’examiner cette requête et si elle a une chance d’être acceptée. Me Ditisheim a dit à l’AFP que le tribunal pourrait tenter d’attendre que Abdelaziz Bouteflika soit de retour en Algérie avant de se prononcer.

Des protestations ont été organisées en Suisse après l’arrivée du président algérien dans le pays, notamment vendredi avec l’irruption dans les HUG de l’homme d’affaires controversé et opposant algérien Rachid Nekkaz qui a été interpellé. Il avait auparavant organisé une manifestation devant l’hôpital avec des dizaines de ses partisans.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nouveaux billets / ‘‘On distribue cet argent pour faire la campagne du troisième mandat’’, accuse le parti de Sidya Touré

Le bureau exécutif national de l’Union des Forces Républicaines (UFR), par la voix de 2ème vice-président, l’Honorable Ibrahima Bangoura, s’est prononcé, ce samedi, sur la mise en circulation des nouveaux billets de 10.000, 20.000 francs, ainsi que des coupures de 2.000 francs par la BCRG, en début de mois.

Face aux militants et sympathisants, avec de ces nouveaux billets en main, le député du parti de Sidya Touré a fait savoir que paradoxalement, dès qu’on annonce une échéance électorale, il y a des coupures de billets qui s’annoncent aussi.

Ibrahima Bangoura

« En 2015, c’était les coupures de 20.000 qui sont sorties et qui ont servi à financer la campagne. Et cette année aussi, la campagne pour le troisième mandat s’annonçant, les gens ont fait sortir des billets de 2.000, 10.000 et 20.000 mille ; et ce sont ces mêmes billets qu’on voit circuler dans les concessions, à Conakry et à l’intérieur du pays… », a déploré El Hadj Ibrahima Bangoura.

Selon lui, « au lieu de servir à la construction de nos routes, hôpitaux, écoles et à l’amélioration des conditions de vie des Guinéens, on distribue cet argent pour faire la campagne du troisième mandat ».

Pour terminer, l’Honorable Bangoura a conseillé ceci aux militants et sympathisants de l’UFR : « Si on donne cet argent, prenez-le. Mais n’oubliez pas que vous êtes de l’UFR et que devez voter Sidya Touré en 2020 ».

Mohamed Soumah

Interview : À bâton rompu avec M. DIALLO MAMADOU Djouldé, DG de la S.E.G.

Récemment, en marge de la cérémonie de remise  de motos aux directions-clientèles de Conakry et de l’intérieur, le DG de la S.E.G s’est prêté aux questions des médias présents. Décryptage … 

Monsieur le Directeur Général de la Société Guinéenne des Eaux, vous venez de doter vos agents de moyens de locomotion afin de dynamiser les services de votre société. Peut-on savoir combien vous ont coûté ces équipements mis à la disposition du personnel ?

Les deux cents (200) motos, plus les 200 casques, plus les huiles pour la première vidange et tous les accessoires qui vont avec, nous ont coûté un peu moins d’un milliard cinq cents millions de francs guinéens grâce à la parfaite collaboration que nous avons avec la société TOPAZ qui a bien voulu accepter nos bons de commande à 90 jours et les paiements sont entièrement faits et c’est le lieu de remercier cet autre partenaire.

À quoi serviront ces motos ?

Les motos permettront à nos collaborateurs d’avoir la mobilité nécessaire pour aller faire le travail sur le terrain, qu’il s’agisse de la relève, qu’il s’agisse de la maintenance préventive, qu’il s’agisse du traitement de l’eau à travers des chimistes itinérants qui ont été doté, qu’il s’agisse de la normalisation et de l’assainissement du terrain ou bien de l’effort que nos agents font auprès des clients pour le recouvrement, ces motos leur faciliteront le déplacement pour aller très rapidement faire leur travail ; parce que pendant la session budgétaire passée, c’était un des prérequis pour l’atteinte des objectifs qui leur étaient fixés. Il y a eu des objectifs de production-distribution d’eau, des objectifs de facturation et des objectifs de recouvrement qui ont été fixés et déclinés à tous les niveaux. Parmi les conditions fixées par les collaborateurs et pour lesquelles on était consentants, qu’il fallait absolument fournir ces éléments. Donc au-delà des motos, il y a d’autres accessoires, d’autres éléments comme les compteurs. Au moment où je m’adresse à vous, on est en train de décharger 10000 compteurs volumétriques de haute performance qu’on va mettre dans tous ménages. Parce que plus  le client gaspille, moins il économise de l’eau. Mais quand il sait que la moindre goutte qui passe est comptabilisée, il va s’en dire qu’il prête attention  à sa consommation ; et plus il prêtera attention à sa consommation, moins il va utiliser l’eau. Et si cette eau n’est pas utilisée, elle sera stockée dans les conduites ; et une fois stockée dans les conduites, ce sont d’autres clients qui n’en ont pas qui profiteront de cette ressource, ce que nous nous appelons dans notre jargon ‘’ économie d’eau ‘’.

Çà et là dans les rues de Conakry nous voyons souvent des fuites d’eau ou même par endroits des gens qui qui piratent vos conduites par perforation. Disposez-vous d’une unité de détection à distance, sinon que préconisez-vous afin de remédier à cette problématique qui constitue à ce jour l’une des sources de perte de recettes de votre société ?   

Nous venons de mettre en place  une structure que nous avons appelé ‘’ la direction de l’eau non facturée ‘’. Aujourd’hui c’est le concept par lequel, qu’il s’agisse de l’Association Africaine de l’Eau, qu’il s’agisse de l’Association Internationale de l’Eau, voilà le concept qui est en train de faire du chemin dans tous les pays du monde. Parce qu’on s’est dit que la très bonne récupération des volumes d’eau que nous perdons, peut nous permettre de  différer certains investissements, d’où la nécessité de  se déployer. On a mis la structure en place et au moment où je vous parle, on a fait une convention de financement avec  l’Agence Française de Développement (A.F.D) qui est prête à nous aider. Les différentes conditionnalités sont presque terminées, il ne reste qu’une seule. Une fois que la dernière conditionnalité sera réglée, parce que l’avant-dernière c’était la mise en place du Conseil d’Administration qui est déjà faite, nous allons avoir accès à 30 millions d’Euros pour nous permettre d’assainir er de normaliser notre réseau de distribution. Une fois que cela sera fait, nous allons récupérer tous les volumes d’eau. Tous les tuyaux que vous êtes en train de voir vont être enfouis à de très bonnes profondeurs et les fraudes vont être détectées et ramener dans le portefeuille des clients et on les mettra dans une position de facturation. Ce qui nous aidera à améliorer notre rendement, à améliorer notre ratio de facturation, mais aussi à travers  les nouveaux outils de recouvrement comme la proximité de nos clients avec nos agences ; ou bien le système Orange Money que vous êtes en train de voir, nous allons avoir le Cash-Flow nécessaire pour nous permettre de dérouler nos différents plans d’action.

Aujourd’hui la demande est très forte et quel impact attendez-vous de la remise de ces moyens de déplacement sur la desserte en eau notamment dans la ville de Conakry ?

La demande est très forte, aujourd’hui on est en train d’utiliser la même  quantité d’eau pour une population qui ne faisait qu’un million d’habitants. Aujourd’hui Conakry est autour de  plus de 3 millions d’habitants avec la même quantité d’eau. Mais si chaque citoyen faisait l’effort d’économiser le maximum d’eau dans son ménage, si les gens évitaient d’aller pirater nos conduites pour provoquer des fuites et abandonner les tuyaux ainsi, je pense qu’on aurait tout à fait gagné en matière de desserte. Nous sommes en train de travailler dans ce sens. Ces motos permettront à nos collaborateurs d’être assez proactifs sur le terrain en termes de réparations, de recherches et de détections de toutes ces anomalies qu’on a évoqué ici.

À son accession au pouvoir en 2010, le Professeur  Alpha CONDÉ a fait d’un de ses programmes-phares ‘’ l’Eau et l’Électricité pour tous ‘’. Vous qui êtes aujourd’hui à la tête de la Société Guinéenne des Eaux, pensez-vous que cette promesse est tenable ou est-ce seulement une promesse électorale ?

Je vous assure qu’il faut féliciter monsieur le Président de la République. Je vais vous expliquer quelque chose. À son élection en 2010, le premier plan d’action qu’il avait mis en plan concernait le secteur de l’eau. On avait mis en place un plan d’action pour les 100 premiers jours du nouveau Président. Il a mis les moyens suffisants à notre disposition qui nous ont permis de travailler aussi bien à Conakry que dans les villes de l’intérieur. Parce que n’eut été cet appui financier important de sa part, tout pouvait s’écrouler ; parce que le secteur est resté pendant près de 15 ans, 20 ans sans aucun investissement. Nous on appelait ça ici des investissements de rattrapage. Donc ces moyens qu’il a mis à notre disposition pendant les 100 premiers jours de son mandat à travers la coopération qu’on avait avec la SAUR, on a fait le tour de toutes les villes de la Guinée. On a sécurisé d’abord ce qu’on avait sous la main, parce qu’avant de penser à développer le secteur, il faut déjà être sûr que ce qu’on a sous la main tient. Heureusement, ça nous a permis d’avoir la tranquillité nécessaire d’élaborer les autres plans d’actions. Une fois qu’on a sécurisé, maintenant on a fait les projets structurants et ce sont ces projets-là pour certains qui sont en train de voir le jour. On a donné l’eau à une partie de Boké. C’est vrai qu’à Boké le taux d’accroissement de la population aidant avec l’activité minière s’est développée vers les zones périphériques. Mais aussi ces plans d’actions ont permis de réaliser aujourd’hui le projet d’adduction dans cinq (05) villes au moment où je vous parle,  et grâce aux efforts personnels du Chef de l’État au plaidoyer qu’il a eu à faire avec les différents bailleurs de fonds, les villes de Gaoual, de Lélouma, de Lola et de Tougué, sont en train d’être équipées ; ça ce sont ses efforts personnels. Au-delà de ça, nous venons de boucler un projet avec la Banque Islamique pour le renforcement de la desserte en eau de la ville de Conakry. Si vous vous rappeler, il y trois (03) ans, tous les jours, le tuyau qui traverse la zone de Kissôssô éclatait ; grâce aux efforts du Président tout ça n’est qu’un lointain souvenir. Aujourd’hui, on est sorti de cette zone de turbulence. Donc on est en train de nous concentrer sur l’amélioration de nos rendements technico-commerciaux et financiers pour pouvoir être une société assez performante.

La Guinée château d’eau de l’Afrique de l’ouest  et cependant beaucoup de robinets sont aujourd’hui sans aucune goutte d’eau. N’est-ce pas un paradoxe ? Et qu’est-ce qui bloque à ce jour votre société dans l’atteinte de ses objectifs ?      

La Guinée est effectivement le château d’eau de l’Afrique de l’ouest. Vous savez l’eau on l’a de façon naturelle. C’est le lieu pour moi de faire un plaidoyer auprès des bailleurs de fonds, auprès des institutions financières, auprès des partenaires au développement pour pouvoir davantage accompagner le secteur. L’eau  lorsqu’elle est disponible à l’état naturel, il faut aller la capter, la traiter, l’acheminer sur la ville de Conakry, la distribuer, l’envoyer dans les différents ménages. Ces différentes actions nécessitent quand même des moyens qui ne sont pas à la seule portée du gouvernement, c’est le cri de cœur que j’ai fait aux partenaires au développement pour pouvoir fortement assister la Société des Eaux de Guinée en mettant en place des projets de la taille de KALÉTA par exemple. Un projet de la taille de SOUAPITI. À ce jour, on n’a pas un projet de cette dimension. Le jour qu’on aura un projet digne de KALÉTA, vous verrez que ces problèmes seront résolus. Toujours dans le cadre des efforts du Gouvernement, la Banque Mondiale a bien voulu injecter 30 millions de dollars US qu’on est en train de dérouler actuellement.  Une partie du montant sert à  élaborer le schéma-directeur qui nous sera remis bientôt, parce qu’une entité publique qui n’a pas de schéma-directeur, c’est comme si tu faisais de la navigation à vue. Une fois le schéma-directeur finalisé, les différents programmes d’investissement et de tous les scénarios qui y figurent vont être clairement définis, c’est suite à ça que les bailleurs donneront une suite aux différentes requêtes formulées avec les différents bailleurs avec l’appui du Chef d’État.  

Propos recueillis par BAYO Ibrahima Kalil