Présidentielle au Sénégal : Ousmane Sonko appelle ses partisans « à traduire leur mobilisation en votes »

Lors de son dernier meeting de campagne jeudi à Pikine, en banlieue de Dakar, le rival de Macky Sall s’est une ultime fois posé en candidat de la rupture.

dans ce dossier

En bon patriote, il a débuté son meeting en faisant résonner l’hymne national. Pour le dernier grand rendez-vous de sa campagne, qu’il clôturera vendredi par une caravane itinérante dans Dakar, Ousmane Sonko avait choisi le stade Alassane Djigo de Pikine, en banlieue de Dakar. Là même où son adversaire Macky Sall avait rassemblé ses militants deux jours plus tôt. Si les moyens déployés par sa coalition n’étaient pas à la hauteur de ceux de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), la figure montante de l’opposition est parvenue à mobiliser autant de monde que le président sortant dans l’enceinte pikinoise. Ils étaient ainsi plusieurs milliers à être venu acclamer celui qui, depuis des semaines, se présente comme le candidat « anti-système ».



Au lendemain de la démonstration de force de Macky Sall à Guediawaye, son challenger a donc rétorqué en montrant les muscles à Pikine. Signe, s’il fallait le rappeler, que Dakar et sa grande banlieue seront l’une des principales batailles du premier tour de la présidentielle de ce dimanche 24 février.

Entrée triomphale

Après plusieurs heures d’attente, Ousmane Sonko a fini par faire son entrée au milieu d’une foule chauffée à blanc, qui venait de reprendre en chœur la chanson « Saï Saï au cœur » du groupe de rap Keur Gui dénonçant les promesses non tenues par Macky Sall depuis 2012.

Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Ousmane Sonko : voilà la lumière qui fera sortir le Sénégal des ténèbres !

Aux côtés du candidat de la coalition Sonko président était présent son principal allié, Pierre Goudiaby Atepa, qui a mis son siège de campagne à sa disposition après le saccage de celui de Pastef par des individus non identifiés fin janvier. « Ousmane Sonko : voilà la lumière qui fera sortir le Sénégal des ténèbres ! », a lancé l’architecte et ex-ministre conseiller d’Abdoulaye Wade, qui avait fait partie de la vingtaine de candidats recalés à la présidentielle par le Conseil constitutionnel. Puis ce fut au tour du célèbre rappeur Nitdoff Killah de haranguer le stade, plaçant Sonko dans la lignée de grandes figures panafricaines telles Thomas Sankara et Patrice Lumumba.

Miser sur la jeunesse

Pour l’ultime meeting de sa première campagne présidentielle, le candidat souverainiste, qui défend le patriotisme économique, a récité ses classiques : en finir avec la corruption, « les mallettes d’argent » et le « vol des caisses de l’État ». « Nos acteurs politiques traditionnels n’ont rien compris. La jeunesse est décidée à prendre son destin en main. Nous avons connu cinquante-neuf ans de mensonges et de trahisons. Cette fois-ci c’est la bonne ! », a asséné l’ex-inspecteur des impôts devenu député. Et d’encourager ses sympathisants « patriotes » à se rendre massivement aux urnes dimanche pour « traduire leur mobilisation en votes ». Objectif : contraindre Macky Sall à un second tour, lequel a toujours été fatal aux présidents sortants.

Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique



Pour cela, Ousmane Sonko aura besoin de faire le plein de voix au sein de la jeunesse, sensible à son discours de rupture et largement représentée dans les travées du stade de Pikine. « Nous avons les mêmes dirigeants depuis plus de trente ans. Sonko, lui, incarne le vrai changement et n’hésite pas à dénoncer ce qui ne va pas, comme la corruption généralisée ou le maintien du franc CFA », estimait Cheikh Bamba Gueye, étudiant en informatique de 25 ans.

Comme lui, tous se disaient lassés de Macky Sall, accusé de tous les maux et, surtout, de « n’avoir rien fait pour eux ». « J’avais voté pour lui en 2012 mais il m’a beaucoup déçue car il n’a rien respecté de ce qu’il avait promis pour se faire élire. Je ne lui fais plus confiance », déplorait Awa Diop, commerçante trentenaire de Pikine. Dimanche, elle votera Ousmane Sonko. Reste à savoir combien feront de même, ce qui constitue pour l’instant l’une des principales inconnues du scrutin.






Répondre