PROCES DU 28 SEPTEMBRE : Me Cheick Sako fait le point.

Sa sortie était très attendue. Mais à l’arrivée, la communication que le ministre de la Justice a faite hier sur le processus allant vers le procès du 28 septembre ne dissipe pas toutes les interrogations notamment des victimes de ces odieux massacres. De fait, la seule véritable information qu’on peut en tirer, c’est celle ayant trait au budget procès, estimé à 78 milliards GNF. Mais pour ce qui est de la date et du lieu, le ministre renvoie la réponse à plus tard.

 

Le garde des sceaux s’est particulièrement montré évasif au sujet de la date. « Je ne la connais pas », a-t-il avoué. Avant d’ajouter : « Je dis simplement que ce procès aura lieu en Guinée et très bientôt ».

Sur le lieu non plus, le ministre de la Justice n’a pas révélé grand-chose. Il s’est borné à rapporter que le comité de pilotage a passé une heure et demie à débattre du sujet sans réussir à trancher. Un camp se serait dégagé en faveur de Conakry, un autre pour l’intérieur du pays. Bien que faisant partie de ce second groupe, le ministre a indiqué que ce sont les partisans de la tenue du procès dans la capitale qui ont triomphé. Mais là non plus, le lieu précis « n’a pas été déterminé ». Mais il assure qu’on devrait être fixé sur ce point en septembre. D’ores et déjà, une chose est certaine, assure-t-il : « ce ne sera ni à la cour d’appel, ni devant les trois tribunaux de Conakry ». C’est un autre lieu plus « neutre » qui devrait être aménagé pour accueillir un procès qui « devrait durer entre 4 mois et 6 mois ».

Au sujet du budget par contre, le ministre est très précis. Le montant nécessaire à l’organisation du jugement est estimé à 78 milliards GNF. Tout en rappelant que les Etats-Unis et l’Union européenne ont déjà promis des contributions, il met néanmoins en exergue le fait que « sans argent, on ne peut pas faire ce procès ». Il en a aussi profité pour donner des garanties quant à la bonne gestion qui sera faite des montants qui seront réunis. S’il est notamment question de fonds devant aller aux victimes, il assure qu’ils iront effectivement à ces derniers. D’autant que le mécanisme qui sera mis en place impliquera les donateurs.

En tout état de cause, il précise que du côté guinéen, il ne faut peut-être pas en attendre grand-chose. « On a demandé 60 milliards GNF à l’Etat, mais on a rien eu encore, on n’a même pas eu de réponse », révèle-t-il en effet

Faut-il y voir une manière subtile de mettre la communauté internationale devant ses responsabilités. Une communauté internationale à laquelle la Guinée (reproche) manifestement de mettre la pression dans le sens de la tenue du procès.

Balla Yombouno

 






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